Nous voici arrivés à la fin de cette histoire.

Je tiens à remercier tous ceux et celles qui ont suivi cette fic, l'ont commentée, mise en follow ou favoris. En faisant cela, vous lui avez donné vie.

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Merci à mon éternelle comparse, Cha pour son œil avisé, son soutien et ses mots surtout.

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On se retrouve en bas de chapitre pour une note d'auteur.

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Enjoy

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Chapitre XXXXI : " Visible "

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Castiel fixe ses nouvelles baskets en baillant. Sa nuit a été courte. Il n'a pas réussi à se rendormir après l'énième cauchemar qui a alerté Jimmy. Jimmy avec qui il a partagé un premier café alors que la lune régnait encore en maîtresse des lieux. Depuis, la peur demeure. Elle lui fait mal, physiquement. Malgré tous les exercices de relaxation ou même de méditation, elle est là, insidieuse. Il en est à douter du bien fondé de ses démarches quand la petite Ford Ka d'Andréa Barr vient se garer face à lui. Elle lui ouvre la portière en se penchant dans l'habitacle et l'incite à s'asseoir d'une tape sur le siège passager.

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Inspirer… Respirer.

S'il veut « rester », il doit se trouver…

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Ce sont les yeux cernés, les traits tirés et les mains moites qu'il se tient devant l'entrée. Andréa lui raconte en quelques mots le destin de ce couple tout en poussant la porte vitrée.

La directrice, Molly McNamara, une ancienne Miss Dakota du Sud devenue mannequin, a tout abandonné pour suivre son mari, vétérinaire, dans cette folle aventure. De son passé, elle a gardé le port élégant et la grâce. Toute la beauté aussi, affichant fièrement ses quelques cheveux gris et rides au coin des yeux.

Elle se tient dans le hall, échangeant quelques mots avec une jeune femme qui ne cesse d'opiner. Dès qu'elle aperçoit Andréa, elle salue son employée et vient les accueillir, le visage rayonnant et la poignée de main chaleureuse. Elle les invite à la suivre.

Assis face à son bureau, Castiel l'observe, répondant du bout des lèvres à toutes ses questions alors qu'il brûle d'en savoir plus. Andréa parle pour deux, répond pour un. Molly ne semble pas s'en offusquer ou lui en tenir rigueur. Elle a croisé assez de Castiel entre ces murs pour comprendre la raison de cette prudence proche de la pudeur, mais surtout de ses craintes et ses espoirs mêlés.

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Elle se lance alors dans un long monologue sur le fonctionnement du centre et son lien avec l'US Assistante Dogs International. La révélation de son mari. Le but de sa vie.

La mort d'un chien et le désespoir de son maître, un tétraplégique qui n'avait que cet animal comme compagnon.

Castiel écoute et garde le silence tout en laissant traîner ses yeux.

Sur le mur, des dizaines de photos. Certaines avec des célébrités locales. D'autres avec des hommes et femmes et leurs partenaires. Une bibliothèque sur le mur de droite, avec un nombre incalculable de livres qui s'accumulent dans un joyeux désordre. Une armoire en métal fermée avec des photos de chiens collées sur les portes. Un drapeau américain qui flotte à l'extérieur et passe comme un fantôme devant la fenêtre qui elle-même donne sur un jardin ombré par un énorme saule pleureur.

Il sursaute quand Molly se lève pour la visite des lieux. Ils quittent le bureau situé près de l'accueil pour entrer dans une pièce qui fait office de réfectoire, mais aussi, comme toutes les autres pièces de la maison, de lieu de sociabilisation et de mise en "condition".

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Y sont présents un homme à l'âge incertain avec, assis à ses pieds, portant son harnais d'identification, un labrador chocolat. L'animal ne le quitte pas des yeux tandis que l'homme le caresse distraitement.

Face à lui, une autre homme dont les gestes, bien qu'affirmés, gardent quelque chose de peu naturel, et, couché, un border collie avec la même tenue que son compagnon canin.

Molly prend le temps d'échanger quelques mots avant de passer à la salle suivante. Un salon où sont réunies plusieurs personnes, femmes et hommes accompagnés de leurs compagnons à quatre pattes.

Elle s'avance, interrompant la réunion. Un homme s'excuse et vient les rejoindre. Elle le présente : Jason. Il est éducateur canin. Il s'occupe d'organiser les sessions entre les stagiaires et leurs futurs chiens d'assistance.

Deux semaines obligatoires où ceux-ci dorment pour la plupart au centre même. La majorité d'entre eux vivant à des centaines de kilomètres de Sioux Falls.

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Parmi les stagiaires, deux vétérans. Molly souligne que la moitié des demandes des dix dernières années émanent de militaires, soit invalides de guerre, soit atteint de SPT.

Jason retourne à sa place et reprend son cours où il l'a laissé. Il cite les règles d'or. Parmi celles-ci : ne pas permettre à un étranger de s'approcher de leur animal sans leur autorisation. Le chien devant avant tout rester focalisé sur son lien avec son maître.

Ils l'écoutent quelques minutes de plus avant de passer à la suite de la visite.

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Le chenil est le centre névralgique de l'association. Une dizaine de chiens en formation attendent qu'on vienne les prendre en charge. Ils ne restent jamais inactifs plus de quelques heures. Dressage, promenade, jeu et sociabilisation font leurs journées.

Molly précise que cinq autres chiens sont placés en famille d'accueil et viendront les rejoindre, comme tous les week-end, pour poursuivre leurs formations. Elle souligne aussi que cinq autres sont en formation dans la prison d'État, éduqués par des détenus ayant reçu une formation sur la base du volontariat. Elle aimerait bien élargir cette collaboration à plus de dix chiens. Les résultats étant plus que probants.

Elle rajoute qu'un chien met plusieurs mois voire années à être apte au service. Pendant qu'elle parle, Castiel s'est approché des cages. Il s'accroupit face à un jeune golden retriever, tout en se tenant aux grilles. Il n'a pas encore la maîtrise totale de tous ses gestes. Le chien vient immédiatement coller son nez au sien en balançant la queue.

Molly et Andréa échangent un regard complice.

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Ils finissent la visite en passant par la petite clinique à l'arrière. Quand ils entrent, ils retrouvent David McNamara, penché sur une femelle golden retriever et ses quatre chiots.

C'est lui qui explique les lignées, les pedigree, ce qui fait qu'un chien est apte ou non. Ce qui ne les empêche pas pour autant de travailler avec certains refuges.

Il y a souvent des chiens d'exception parmi les laissés-pour-compte, souligne-t-il tout en manipulant les chiots et caressant la mère.

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C'est là que les choses sont mises à plat. Les stages, leurs durées, les exigences…

Neuf mois pour faire ses preuves, après quoi, si le rapport est positif, une formation plus technique de deux mois. Un diplôme et la possibilité de travailler dans le centre. En tant que bénévoles à plein temps ou mi-temps rémunéré.

Ce sont les parcours qu'ils lui offrent. Castiel passe de l'un à l'autre. Dubitatif.

Il interroge Andréa du regard.

" Je ne leur ai rien caché ", se contente-t-elle de répondre. " Ils savent pour votre handicap et pour vos troubles post-traumatiques. "

Ça ne le convainc pas.

Comment lui-même, malade, pourrait-il éduquer des chiens dressés pour aider des gens comme lui ?

" Le stage est un test en soi… Ce sont les animaux qui décideront pour vous ", précise David, percevant l'insécurité de leur invité.

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Castiel glisse ses mains dans les poches de son pantalon et un léger pli marque alors le coin de ses lèvres.

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Alea jacta est.

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Quand le téléphone sonne ce soir-là, il ne parle pas du centre. Il écoute Dean se plaindre des rapports à mettre à jour. Mais surtout se réjouir de leur week-end à venir. Les émotions se mélangent, se confondent, se fondent et se lient.

Castiel doit d'abord savoir pour ne pas imposer. Il a demandé un délai de deux jours aux McNamara avant de signer son contrat. Il leur a expliqué pourquoi. Dean a déjà tant donné, il ne peut lui imposer cet autre choix. Aujourd'hui, il doit accepter de les faire à deux.

Et qui sait…

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Castiel maîtrise de mieux en mieux ses prothèses. Il continue ses entraînements, ses exercices et Corbett a rajouté quelques minutes de tapis roulant à ses séances.

Il peut grimper une pente sans aide et les escaliers en s'aidant de temps à autre de la rampe.

Pendant ce temps, Lemuel et Sully ont investi les cuisines de Baker's house. Pour leur départ, ils ont décidé de préparer le dîner.

C'est là que Castiel les retrouve en rentrant de Johnson.

Ils ont à leur côté Abner et Cesar et Rob, mais ce dernier se contente de les regarder, les bras croisés.

Castiel se joint à eux. Quand il reviendra dimanche, Sully sera parti.

Le lendemain, Lemuel suivra. Il a dû mal à se faire à ces départs tout en sachant qu'un jour, il en sera de même pour lui.

Deux nouveaux résidents sont attendus dans la semaine.

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Quand Dean appelle ce soir-là, la voix de Castiel est étouffée par les rires des autres convives. La conversation tourne court.

Ils se donnent rendez-vous le lendemain à 14 heures, Dean devant auparavant passer à l'agence pour une réunion de travail.

Il flotte entre eux tant de non-dits qu'ils les entendent hurler.

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Pas de cauchemars, mais une nuit agitée où Castiel a du mal à trouver le sommeil.

Il en est de même pour Dean qui tourne en rond entre ses quatre murs. Il a vidé la moitié d'une cafetière, rattrapé tout son retard sur Game of Thrones. Il s'est assoupi péniblement trois petites heures.

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C'est la mine déconfite qu'il débarque à l'agence le lendemain, sous les regards curieux et intrigués de ses acolytes. Ils savent pour ce week-end où ils ne seront que deux. Ils ne pourront pas rester dans le silence ou chercher refuge dans les conversations anodines.

Ils vont devoir parler. Toute leur relation s'est construite entre guillemets et pointillés. Il est évident que chacun veut plus, mais ils sont si désespéramment empêtrés dans leurs gaucheries et leurs doutes...

Dean les sent presque soupirer dans son dos.

Pour eux, tout est évident. Pour lui aussi. Mais ça ne résout pas tout pour autant.

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Et pourtant quand il arrive devant la résidence, il sait…

Dans l'attitude de Castiel, dans sa manière de se tenir, son regard fuyant, ses doigts qui triturent les sangles de son sac.

Et ça lui fait peur.

Il s'approche et hésite à l'embrasser. Castiel décide pour lui. Il lui saisit la nuque d'une main et écrase ses lèvres sur les siennes. Elles glissent, elles se rattrapent et Dean rit sur sa bouche avant d'ouvrir la sienne. Le baiser a un goût d'urgence.

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" Hello Dean ", en s'écartant.

" Hey, sunshine… Je t'ai manqué ? ", taquin en jouant des sourcils.

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Et le nœud se défait. Tout est si naturel entre eux, même quand tout dérape.

Castiel se tourne une dernière fois vers la maison. Sully est là, derrière le rideau. Il le salue timidement de la main. Ils savent qu'ils ne se reverront jamais.

C'est un adieu avec un écho de renaissance.

L'Impala quitte le parking et Sully rejoint Lemuel et les autres pour une pause-café. Ses nœuds à lui ne sont pas prêts de se défaire, mais qu'importe sa petite fille les vaut bien.

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Dean affiche un sourire permanent depuis le baiser échangé sur le parking. Il se craquelle parfois, mais ne cède jamais à l'angoisse même si elle lui tiraille l'estomac.

" On fait comme la fois passée ? " ose-t-il en refermant la porte derrière eux.

Castiel le fixe, perplexe.

" Tu sais ", en indiquant les escaliers de sa main qui porte toujours son sac.

Et Castiel lui offre ce putain de sourire et son cœur fait un vol plané.

Bang, dans les godasses.

" Génial ", bredouille-t-il, le visage qui s'illumine. " Fais comme chez toi ", en grimpant les marches deux par deux.

Arrivé dans la chambre, il pose le sac sur le lit et inspire un grand coup. Il rêve d'être ce soir.

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Il rejoint Castiel qui s'est débarrassé du caban. Souvenirs d'un passé pas si lointain. Il est debout au milieu du salon. Ne semblant savoir que faire de ce corps soudain trop envahissant.

" Café ? Bière ? ", en se dirigeant vers la cuisine.

" Café, merci ", en marchant dans ses pas.

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Le malaise est palpable. Tout a un avant-goût de ce que pourrait être l'avenir à deux. Castiel sait que c'est le bon moment.

Il s'assied, cale sa tasse entre ses mains et lève les yeux vers Dean.

" Quoi ? ", en se retournant, fesses contre la table de travail.

" Dis-moi que tu n'es pas allergique aux chiens ? " le plus sérieusement du monde.

" Pardon ? " reposant son café à peine saisi.

" Les chiens ? "

" Quoi, les chiens ? " plus inquiet qu'énervé.

" Allergie, Dean ", orbes dans orbes.

" Non, je ne le suis pas ", dubitatif, en croisant les bras. " Pourquoi ? Tu comptes te reconvertir en toiletteurs de toutous à leurs mémères ? ", sourire sarcastique et amusé à la fois.

" On m'a proposé un stage au Centre McNamara ", en détournant les yeux sur sa tasse.

" Il faudrait penser à m'en dire plus, Cass ", l'encourageant d'un sourire empli de tendresse.

" Ils forment des chiens d'assistance ", en observant sa réaction de biais.

" Genre les chiens d'aveugle ? ", incertain.

" Genre chiens d'aveugle ", confirme-t-il avec ce doux pli à la commissure des lèvres qui éclaire ses iris. " Mais aussi les chiens pour handicapés et… pour les personnes atteintes de troubles psychologiques ou médicaux ", rajoute-t-il.

" Je vois ", en décroisant les bras.

" Ils ont accepté de me donner deux jours de délai. "

" Un délai pour quoi ? " surpris.

" Dean ! ", avec affection, sur ce ton qui veut tout dire.

" Tu voulais savoir pour… pour moi ? ", touché, en se pointant.

" Tu es mon compagnon… Ça me paraît logique que ce choix se fasse à deux ", affirme-t-il avec cette innocence devenue si rare chez lui.

" Ton compagnon, hum ! ", voix blanche, en attrapant sa tasse de café.

Il le sent ce moment où tout bascule et ça lui donne envie de sourire comme un abruti.

" Tu m'as demandé de rester, tu te souviens ?! "

" Comment veux-tu que j'oublie un truc pareil, Cass ? ", offusqué.

" Je veux que les choses soient claires entre nous… Je veux participer au frais de la maison. Je veux verser un loyer ou payer les charges… Je veux que tu continues les chasses, même les plus longues…" Il lève la main pour faire taire Dean qui s'apprête à l'interrompre. " Ta vie doit continuer et la mienne doit commencer. "

Dean abdique en baissant la tête, faisant tourner son café dans sa tasse.

" Je fais toujours des cauchemars et des crises parfois violentes. Je peux aussi rester des heures sans parler, me montrer agressif, voire carrément odieux parce que je… parce que je ne peux pas encore tout contrôler… Tu dois le savoir parce que je refuse de te faire du mal. Je refuse surtout de te… de te perdre. "

" Ça n'arrivera jamais ", rétorque Dean, trop calme. " Ça veut dire… ", hésitant. " Ça veut dire que tu acceptes de… rester ? "

" Ça veut dire que je vais essayer ", en pensant à Portia, Lemuel et Sully.

" Wouah ", ne sachant pas trop comme réagir. " Et tu t'es décidé en une semaine ? "

Parce que c'est plus fort que lui. Le bonheur, Dean est persuadé que ça n'arrive qu'aux autres.

Il a fallu qu'il tombe sur le seul mec qui pense que c'est aussi son cas.

" Je devais d'abord mettre de l'ordre dans ma vie avant de venir mettre le bordel dans la tienne ", rire un peu amer.

" Deux ans trop tard ", réplique Dean avant de vider la moitié de sa tasse.

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Un long silence s'ensuit. Les tasses se vident. Les questions sont là. Et maintenant ?

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" Et si tu me parlais un peu de ce centre ? ", en tirant une chaise pour s'asseoir à sa droite.

" Que veux-tu savoir ? "

" Si ça signifie que je dois prévoir un coussin dans le salon ou une niche dans le jardin ", amusé.

" Il n'y a aucune obligation à être famille d'accueil donc, a priori, ça ne devrait pas être nécessaire. "

" Dommage ", distraitement, pour lui-même.

" Dommage ? " surpris.

" Quoi ? ", vexé. " J'aime bien les chiens… tant que je retrouve pas 15 kilos de poils dans ma bagnole ", précise-t-il avant de vider sa deuxième tasse de café.

" Okay ", peu convaincu.

" Puisque je te dis que je les aime ", vexé.

Et Castiel explose de rire. Un rire plus intérieur qu'explosé, mais ça suffit à Dean.

Ça suffit à briser la tension.

" Donc tu vas venir vivre avec moi ?! ", finit par relancer Dean en jouant avec sa tasse vide.

" Après mon séjour et si ça te va toujours et si tu acceptes mes conditions, oui ", répond-il.

" Ça fait beaucoup de si ", mine boudeuse.

" J'en ai besoin ", baissant la tête.

" Je sais ", opinant. " Je sais, Cass ", en se tournant vers lui.

" Tu en dis quoi ? ", en se mordillant les lèvres.

" J'en dis que tu devrais signer ce putain de contrat et qu'on devrait fêter ça devant un bon dîner… Je connais un chouette resto au… "

Castiel le stoppe d'une main sur la sienne.

" Trop tôt pour un resto en amoureux, c'est ça ? ", grimace embarrassée.

" Trop pour le resto… "

" Un fish and chips, ça te dit ? ", après quelques secondes de réflexion. " Je fais livrer ça et on mange ça au jardin. Juste toi et moi. "

" J'adore l'idée ", en lui offrant ce sourire qu'il n'a jamais eu que pour lui.

" Vendu ", en se redressant sur sa chaise, sourire de gosse… à la deanesque.

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Ils passent tout le week-end à parler de tout et de rien. Les silences qui ponctuent leurs journées sont paisibles et presque réconfortants.

La présence de l'autre suffit.

Ils se refont toute la trilogie du Seigneur des anneaux. Encore.

" En version longue ", l'a prévenu Dean.

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Ils se sont embrassés souvent, mais pas tout le temps. Ils ont dormi ensemble et réchauffé la place de l'autre.

Ils se sont aimés, simplement. Corps contre corps. Ça leur a suffi. Ils ont toute la vie pour se réapprendre.

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Le dimanche est compliqué. Castiel ne se sent pas encore tout à fait chez lui chez Dean, mais il ne se sent plus à sa place à Baker's house.

La transition est difficile à gérer, mais Visyak est là. Les autres aussi…

Abner prend la place de Lemuel.

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Un certain Gus Devine remplace Sully. Un homme taiseux au regard vitreux qui n'a pas quitté sa chambre depuis son arrivée.

Jimmy a repris son rôle de médiateur.

Castiel a cédé sa place.

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Le lundi matin, il contacte Andréa et c'est à deux qu'ils se présentent à nouveau devant les McNamara.

Il signe son destin au bas de trois pages pour neuf mois.

Quand il croise son reflet dans le miroir de sa salle de bains, il en touche son double.

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VISIBLE

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Un an plus tard…

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Assis sur la dernière marche du perron, vêtu d'un sweat-shirt zippé bleu, Castiel s'amuse. Atticus ne cesse de courir d'un côté à l'autre du jardin en secouant une épaisse corde dans sa gueule. N'avoir que trois pattes n'influe en rien sur sa vitalité. Il s'arrête et croise le regard de son maître posé sur lui. Il secoue la corde en grognant, la lâche et se relance à sa poursuite.

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Atticus et lui, c'est l'histoire d'un coup de foudre. Parti pour aller chercher un jeune labrador abandonné par ses propriétaires suite à un déménagement et correspondant en tous point aux critères d'admission du centre selon le directeur du refuge, Castiel en est revenu avec ledit chien et une option sur le dogue américain de la cage 15.

Il a fait quelques photos et, le soir même, il a présenté le chien à Dean. Dean qui s'est contenté de faire défiler les images, de sourire à chacune d'elles, de rire en voyant le chien tiquer comme le fait Castiel avant de reposer l'appareil. Tout en mordant dans son hamburger, il lui a demandé quand est-ce qu'il pourrait faire connaissance avec le futur gardien de la maison.

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Ce soir-là, Castiel l'a remercié de la meilleure des façons. Le souffle court et les joues rosies, Dean s'est tourné vers lui, éclat de sarcasme dans le vert dilaté.

" T'as jamais envisagé d'ouvrir ton propre refuge ? "

" Imbécile ", en se penchant pour l'embrasser longuement.

Accroché au mur, près de la table de chevet, le petit mot de séparation, tel un puzzle rappel de leurs parcours.

Ils s'y raccrochent quand le temps vire à l'orage.

Il apaise.

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Depuis ce jour, Atticus et ses trois pattes font partie de leurs vies, réussissant l'exploit d'avoir leur place attitrée sur le siège arrière de Baby.

Sur une bâche.

" C'est Baby ", s'est justifié Dean tout en caressant le molosse.

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Les mois se sont écoulés. Castiel a quitté Baker's House, mais il a gardé contact avec Mildred, Jimmy et Abner, devenu depuis un véritable ami adopté par Dean et les siens.

Deux mois plus tôt, ils ont invité Benny et sa femme à leur rendre visite.

Castiel lui devait d'être là et montrer le chemin parcouru était aussi une façon de prouver à Benny que son travail n'était pas vain malgré les échecs.

Depuis, ils se téléphonent toutes les semaines.

Ils ont promis de se retrouver en été, à Portland. D'ici là, Andréa devrait avoir accouché. Benny aussi a vu sa vie changer avec cette future naissance.

Un peu comme Gabriel qui a quitté l'armée en posant un genou à terre, à la grande joie de Khali.

Dans quelques mois, Castiel sera leur témoin de mariage.

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Chaque matin, Castiel court quelques kilomètres. Il a changé de pieds de prothèses. Il s'est fait faire de nouveaux capots. Dean lui a offert de nouvelles baskets sur mesure.

Tracy, la jeune double amputée, n'a pas eu cette chance. Son corps a rejeté sa prothèse. Chaque cas est différent.

Son frère, Don, s'en est inquiété. Mais sa sœur l'a une nouvelle fois étonné avec sa capacité à rebondir sur chacun des drames qui la frappent. Elle a repris ses cours de droit. Elle s'est trouvé un ami qui pourrait être un jour bien plus que ça.

Elle garde ses prothèses par pur aspect esthétique. La vie continue. Ils essayent de se voir une fois par mois.

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Ce matin en se levant, Castiel a trouvé une lettre dans la boîte. L'adresse a été barrée avant d'être renvoyée vers celle de Dean.

Il l'a ouverte en prenant son petit-déjeuner. Dean dort encore. Il est rentré tard la veille d'une longue chasse qui l'a mené à l'autre bout du pays.

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L'enveloppe repose encore sur la table. Castiel n'a pas pris le temps de la remettre dans son enveloppe.

Il a pris celui d'inspirer et de respirer.

Même si les crises et les cauchemars se font moins présents, ils demeurent tapis dans l'ombre et cette lettre a réveillé de vieux démons.

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Kevin Tran, le jeune infirmier de son ancienne unité, lui a écrit. Il cherche à reprendre contact avec ses anciens compagnons d'armes.

Castiel ne sent pas encore capable de faire face à ce passé, mais il aimerait malgré tout garder contact avec Kevin. Parce que ce même passé fait partie de lui et qu'un jour, il pourra peut-être lui faire face à nouveau.

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Il regarde l'heure. Il est bientôt temps de prendre la direction du centre. Il doit présenter deux nouveaux chiens à leurs futurs maîtres.

Castiel a été engagé par les McNamara dès la fin de son stage et de sa formation. Ils l'ont toujours soutenu, même dans les moments plus difficiles. Acceptant les risques d'une telle initiative.

À raison…

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Atticus s'arrête net. La porte s'ouvre. Castiel sourit.

Dean vient s'asseoir derrière lui. Il l'entoure de sa chaleur. Le sert dans ses bras. Menton au creux de son cou.

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Ils restent ainsi sans rien dire. L'instant se suffit à lui-même.

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Atticus reprend sa corde et fait le spectacle, trop heureux d'être le centre d'attention de ses deux maîtres.

Castiel noue ses mains à celles de Dean. Ce dernier l'embrasse à la base de la mâchoire.

Ces simples gestes qui veulent tout dire.

Ces " je t'aime " qui se hurlent en silence ou au creux du sommeil.

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Parce qu'il est son soldat et qu'il est son chasseur.

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FIN

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En espérant que cette histoire et cet épilogue vous auront plu. Merci pour tout...

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C'est le cœur lourd et, je dois avouer, après quelques larmes que je mets cette page sur pause. Je ne sais pas pour combien de temps ni même, pour être tout à fait honnête, si je reposterai un jour ici.

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SPOILER

Le final m'a coupé les ailes et a tout ruiné. Je ne peux plus écrire sur un duo qui n'en est plus un... Il n'aurait fallu qu'une seule phrase, une seule image, un seul mot.

Ça ne devait même pas être romantique... Juste eux... et pas cette gifle magistrale.

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Je ne suis pas de ces auteurs qui arrivent à passer outres le "canon", je peux jongler avec les sous-entendus ou les appels du pied mais je ne peux pas le faire avec les évidences.

Ils ont décidé que SPN, c'était et ce serait à jamais " Dean et Sam" et que la famille au-delà du sang ne serait jamais que des mots vides de sens. Que Castiel ne valait pas une balade en voiture ou un "bonjour" ou même un " comment va-t-il ? "... Voir Baby a fait plus d'effet à Dean que 12 ans d'amitié et un sacrifice. Ça m'a juste littéralement "tué"...

Je le ressens comme tel, avec mes sensibilités propres, ça ne veut pas dire que j'ai raison ou tort.

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FIN SPOILER

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Je ne vais pas fermer ce site, la page reste ouverte et je serais toujours là pour répondre à vos mots et vos messages. Ça permettra à ceux et celles qui le désirent de relire les fics que vous avez aimées et aux nouveaux de les découvrir.

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Je ne renie pas les années que j'ai passées ici ni aucune de mes fics (même si certaines ont mal vieilli XD)

Je dois énormément à Supernatural (si pas tout ). Je vais garder un pied sur le fandom parce que j'aime profondément les acteurs et tout particulièrement, Misha (mais ce n'est plus un secret pour personne) mais là, aussi, je vais prendre mes distances...

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Je vous dois encore plus d'ailleurs, c'est vous qui m'avez incitée à faire de certaines de mes histoires des "originaux" et si aujourd'hui, je suis publiée, c'est en partie à cause et grâce à vous et ça, je ne pourrais jamais l'oublier.

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Je ne quitte pas cette aventure de gaîté de cœur, sachez-le... Ce sont dix ans de ma vie, dix ans qui ont tout changés, c'est d'autant plus dur de leur dire au revoir. De vous dire au revoir.

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Mais comme je l'ai dit, je suis toujours là (ici comme ailleurs) et si jamais l'aventure vous tente, je continue d'écrire mais des originaux cette fois. Vous êtes le bienvenu dans mon autre univers.

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LOVE YOU SO MUCH

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Vous allez me manquer, n'hésitez pas à revenir par ici, ça me fera plaisir de vous revoir.