Helloooo~
Pour commencer, mes plus plaaaaaates excuses T^T !
Je sais que ça fait une plombe que je n'ai absolument rien publié et que vous attendez la suite... Toutes mes plus sincères confuses.
Je pense quand même que je vous dois quelques explications sur ma disparition à moi :') (celles pour Noa viennent juste après !)
J'avais tout simplement perdu le goût de l'écriture. C'était bien plus que le syndrome de la page blanche pour le coup, entre une séparation, deux déceptions scolaires de suite, un burn-out au boulot et une quasi dépression, je n'y arrivais plus. Dooonc j'ai tout changé dans ma vie et me revoilà x) (on fait simple et court)
Bref, j'arrête de vous raconter ma vie et place au tant attendu chapitre !
Disclaimer : Il n'y a que Noa qui est à moi, le reste est à Eiichiro Oda.
Rating : à cheval entre le T et le M (héhé)
Avant que j'oublie : j'ai écrit ce chapitre sur "I see red" de Everybody Loves An Outlaw. Comment vous dire que la chanson va du coup plutôt bien avec :)
- Mais puisque je te dis que je n'ai pas de nouvelles ! Oui, au début, elle me disait au moins si tout allait bien, même si elle ne voulait pas me dire où elle était, mais là… je n'ai absolument plus rien.
Noa était partie il y a deux mois maintenant et n'avait donné aucun signe de vie depuis. Ace savait que son frère Law était en contact avec. Cependant, le brun n'était pas plus avancé que lui visiblement. Ils l'avaient cherchée partout durant ces dernières semaines mais rien, pas même une piste. Elle avait disparu.
- Toi non plus, Cora, tu n'as pas d'infos ?, demanda Law.
- Je te l'aurais dit. Le souci, en plus de ça, c'est que comme ta sœur est majeure et qu'elle a clairement annoncé son départ, du point de vue de la loi, on ne peut rien faire.
Le père de Noa était avec eux. Ace avait retrouvé Law chez lui pour discuter un peu et son père les avait rejoint. Ace savait qu'il était dans la police mais pas qu'il était si haut gradé. Commissaire divisionnaire sous le commandement du commissaire général Sengoku. Rien que ça. Il était donc le premier à savoir tout ce qu'il se passait dans la ville et si Noa avait pu être vue quelque part. La tête basse, les jambes et bras croisés, une clope à la bouche, le blond semblait réfléchir.
- On ne peut pas lancer un avis de recherche. En plus, des témoins l'ont vue monter de son plein gré dans une berline noire mais personne pour se rappeler de la plaque. Et mes hommes sont, pour la plupart sur une enquête qui dure depuis des années, mais on a peut-être un début de piste. Une de mes jeunes recrues s'est infiltrée dans ce bourbier et impossible de prendre un moment pour rechercher Noa. Tout ça m'énerve plus que vous, vous ne pouvez pas savoir. J'ai toujours tout fait pour ma fille et là, je suis incapable de mettre la main sur la moindre petite information la concernant. Tout ce que j'espère, c'est que là où elle est, elle n'est pas malheureuse.
Ace fut frappé par l'expression de son visage. On pouvait lire un mélange de plusieurs émotions qui trahissaient son inquiétude, marquée par la peur pour sa fille et la frustration de ne pas pouvoir avancer.
Luffy avait quasiment la même expression depuis quelques temps. Il était méconnaissable et était constamment sur les nerfs. Depuis qu'ils avaient trouvé l'appartement de Noa vide, Luffy était dans l'incompréhension la plus totale. Il ne comprenait pas pourquoi elle était partie, pourquoi elle l'avait quitté et pourquoi elle était partie sans rien dire. Son frère était pourtant du genre à aller directement voir la personne pour régler ses comptes mais il était au même niveau que les autres : sans indice sur le lieu où se trouvait Noa et sans réponse.
Noa n'en pouvait plus. Ça faisait plus d'une heure que la séance photo aurait dû être terminée et son mannequin avait vraiment du mal à se lâcher, si bien que le photographe n'arrêtait pas de s'énerver et de recommencer. Sauf que la situation était même encore plus compliquée qu'elle n'en avait l'air.
- Pouvons-nous faire une très courte pause ?, demanda-t-elle en s'adressant au photographe. Juste une minute ou deux, le temps que je lui parle.
Le photographe hocha la tête et Noa fit signe à son mannequin de venir.
- Koby, s'il te plaît, fais un effort. Tu sais très bien que Il n'est pas patient et que si tu ne lui rapportes pas assez, il va détruire ta vie.
- Je fais ce que je peux !, répondit le jeune homme aux cheveux roses en face d'elle. Mais c'est pas évident, tu sais, ça ne fait même pas une semaine que j'ai commencé !
- Je sais mais vraiment, oublie deux secondes la pression, essaye simplement de prendre plaisir à te faire photographier et on y va !
La brune ne lui laissa pas le temps de répondre et le remit devant l'appareil photo en voyant le professionnel s'impatienter.
Une demi-heure plus tard, c'était enfin fini et Koby et elle revenaient au siège. L'endroit était une énorme bâtisse, un immeuble d'une quarantaine d'étages tous plus luxueux les uns que les autres qui renfermaient bureaux, habitations et lieux de shooting.
Noa avait par ailleurs son appartement dans ce bâtiment. A l'avant dernier étage, comme quelques membres de la famille. Elle avait près du double de surface par rapport à son ancien logement et elle ne manquait d'absolument rien. Il faisait tout pour ça.
Quand Koby et elle furent dans le hall, Koby rejoignit le côté du bâtiment réservé aux mannequins. Ils avaient leurs chambres, leurs cuisines et leurs salles de bain. Le rose la salua avant de disparaître par l'escalier.
- Je ne sais pas ce que tu as fait mais le maître veut te voir, on dit qu'il n'est pas trop content d'ailleurs, mais c'est normal. A manager pitoyable, mannequin pitoyable.
- Boucle-la, Dellinger, claqua Noa.
Il se tenait devant Noa, un air moqueur perpétuellement collé sur le visage qui agaçait Noa au plus haut point. Quand on l'avait présenté à la famille, il était l'un des membres qui l'avait le plus irrité. Dellinger était un jeune homme blond, de quelques mois son cadet, aux allures très efféminées, qui ne savait que mépriser les autres, les regarder de haut et se vanter. Il faisait néanmoins partie des mannequins numéro un et rapportait énormément à la famille.
Noa le poussa d'un coup d'épaule et se dirigea vers l'ascenseur. C'était parti pour le dernier étage… Son étage. Tout ce qui s'y trouvait lui était réservé. Cet homme collait des sueurs froides à Noa. Elle frissonna de tout son corps quand elle entra dans son bureau. La pièce était d'une grandeur extraordinaire, décorée d'or et de marbre. Il était assis dans un énorme fauteuil en cuir à son bureau et dos à une fenêtre immense, l'air d'une élégance rare dans un deux-pièces rose framboise taillé sur mesure. Mais aucun luxe ne pouvait enlever cette tension qui planait dans la pièce. Il avait son sourire froid, soulignant sa cruauté sans nom, et son air de psychopathe accroché au visage. C'était lui, son oncle. Doflamingo Donquichotte.
- Entre, Noa, que je puisse m'entretenir avec toi. Je voulais savoir déjà, si tu te sentais chez toi dans ta nouvelle famille. Ta vraie famille. C'est important que tous les membres se sentent à leur aise, lui dit-il d'une voix doucereuse.
- Oui, ça va. Je… commence à prendre mes marques.
- C'est bien, très bien.
Son oncle n'avait l'air qu'à moitié convaincu. Le ton que Noa avait employé s'était voulu le plus détaché possible mais elle avait dû faire une pause pour empêcher sa voix de trembler. L'homme en face d'elle lui donnait la chair de poule. Il lui faisait penser à une bombe à retardement, prête à exploser au moindre faux mouvement. Elle savait qu'en tant que membre de sa famille, de sang qui plus est, Doflamingo ne la tuerait pas. Mais rien ne le retenait de la torturer, psychologiquement surtout, si elle ne convenait pas et ne se pliait pas à la volonté de la famille.
- Ma chère nièce, reprit Doflamingo, comme tu le sais, les règles de la famille sont strictes et non négociables. Quand une mission est assignée à un de ses membres, il se doit de la mener à bien avec le plus de soin et de bonne volonté possible. Les deux précédents mannequins dont tu t'es occupée ont mis fin à leur contrat et sont partis avant même que l'on ait pu discuter ensemble. Et je sais que c'est toi qui leur a conseillé de partir. Cependant, je tiens à te prévenir avant que l'idée ne te traverse de nouveau l'esprit : le travail de ton nouveau protégé doit être bien plus rentable que ça. Sinon c'est moi qui m'en charge. Est-ce bien clair, Noa ?
Il n'y avait aucune violence dans l'intonation de sa voix. Elle avait été calme et presque monotone. Et ça la rendait encore plus effrayante. Noa hocha la tête, montrant qu'elle avait compris le message. Elle aperçut une veine de colère qui était apparue sur la tempe de son oncle. C'était limpide, Koby devait absolument faire en sorte d'avoir plus de contrats, et elle aussi.
Doflamingo la congédia et Noa rentra dans sa chambre, à l'étage en dessous. Elle s'allongea sur son lit, morte de fatigue. Les quelques minutes passées dans le bureau de son oncle l'avait épuisée.
Noa repensa à ce qu'il venait de lui dire. Bien sûr que non, elle n'était pas heureuse ici. Ou, plus précisément, elle était la plus heureuse des oiseaux en cage. Une belle cage dorée que son oncle avait pris grand soin de lui construire à la vitesse grand V. Sa chambre était digne d'une suite d'hôtel de luxe, avec salle de bain attenante, dressing contenant une garde-robe complète achetée selon ses désirs, un lit au format king size et un balcon avec une vue imprenable sur la ville. Et elle n'avait qu'à appeler les cuisines pour manger ce qu'elle voulait, puisque tout lui était apporté sur un plateau d'argent dans sa chambre. Elle avait une vie de princesse. Mais de princesse prisonnière.
Elle savait que Doflamingo la faisait suivre quand elle sortait dehors seule, elle devait demander la permission pour tout et il lui avait confisqué son téléphone. Son oncle l'avait remplacé par un nouveau, un des derniers modèles sortis. Même le téléphone était magnifique. Mais tout ce qui était dans son ancien portable avait été effacé, et elle était prête à parier qu'il traçait le moindre de ses faits et gestes aussi sur son téléphone. Impossible de joindre qui que ce soit… même pas son frère ou son père. Il était même certain que ce serait leur tête qui sauterait si elle tentait de les joindre. Elle était donc coincée de toute part, à servir son oncle et à lui obéir, comme la gentille nièce qui lui demandait d'être.
Si elle avait su… Elle ne serait pas montée dans sa voiture la première fois, elle ne l'aurait pas appelé, elle ne se serait pas enfuie. Elle avait tellement eu peur d'affronter Sabo et Luffy, de l'impact qu'elle avait eu dans leur vie comme celui qu'ils avaient eu dans la sienne. Elle avait tout gagné : elle était seule, complètement seule. Les trois frères lui manquaient terriblement et sa meilleure amie Kaya aussi. Law et son père, sa famille, sa vraie famille pour le coup… elle aurait donné n'importe quoi pour les revoir. Comment son père et son oncle pouvait être de la même famille ? Son père était la bonté incarnée, un modèle de compassion qui faisait en sorte de rendre le monde meilleur chaque jour grâce à son métier. Comment pouvait-il avoir un lien de sang avec le monstre qui vivait à l'étage juste au-dessus d'elle ? Ils n'avaient rien en commun. Son père lui avait toujours répété que le plus important était la justice et la liberté. Rien à avoir avec les principes de Doflamingo. Pour peu qu'il en ait, des principes. La justice n'existait pas pour lui, il n'y avait que les plus forts qui régnaient sur les faibles et la liberté ne se prenait pas, elle s'achetait. Le seul point sur lequel il était intransigeant, c'était sur le fait qu'on ne touchait pas aux membres de sa famille, dans le cas où les membres respectaient la condition de vivre selon ses lois à lui.
Quand Doflamingo lui avait proposé de travailler pour lui, il ne lui avait absolument pas vendu cette vie-là. La première fois qu'ils s'étaient vus, son oncle lui avait dit qu'il était ravi de compter un nouveau membre de sa famille, qu'il pouvait lui proposer un travail de manager dans son entreprise, pour des mannequins, et qu'elle aurait tout ce qu'elle avait toujours voulu.
Évidemment, quand Noa avait entendu ça, elle s'était imaginé la vie parfaite où elle pouvait faire tout ce qu'elle voulait comme elle l'entendait. Pas qu'elle lui servirait de pion. Elle s'était bien faite avoir sur ce coup-là.
Noa se mit en boule sur sa couette, les genoux repliés contre elle. La liberté. On ne s'en rend pas compte quand on l'a mais dès qu'on ne l'a plus… Elle pensa à Luffy et sa quête ultime de liberté et elle comprenait enfin le vrai fond de son rêve. Le brun ne rêvait pas d'être simplement libre. Il rêvait d'être libre à jamais, pour le restant de ses jours et quoi qu'il fasse. Son sourire s'imposa dans l'esprit de la brune. Se souvenir de lui était de plus en plus douloureux. Noa se sentait plus seule que jamais en cet instant et elle savait que la présence du brun aurait pu lui remonter le moral. Après tout, il avait toujours su le faire. Lui changer les esprits, la rassurer, la consoler, être là pour elle et prendre soin d'elle quand il le fallait.
Les yeux humides et le cœur lourd, la brune attrapa le t-shirt qui était posé à côté d'elle et le serra contre elle. C'était un t-shirt que Luffy avait oublié après un passage chez elle et le vêtement tenait encore son parfum. Le nez dans l'encolure, Noa s'endormît enfin, une larme roulant sur sa joue.
Le lendemain, le réveil fut très difficile pour Noa. Elle n'avait fait que des cauchemars et s'était réveillée en sursaut de nombreuses fois. La journée avait été très longue en plus de ça. Koby avait fait des efforts, c'était clair, mais Noa savait que ce n'était toujours pas suffisant. Pour les deux mannequins dont elle s'était occupée avant Koby, elle avait eu un mauvais pressentiment vis-à-vis de Doflamingo. Elle avait donc tout fait pour qu'ils quittent la boîte. Mais cette fois-ci, concernant Koby, Noa avait été prévenue, si elle lui conseillait de partir, son oncle rectifierait tout de suite le tir. Elle était bloquée.
Noa sursauta en entendant son téléphone sonner. C'était Diamante, un des gros bonnets de la famille, qui lui ordonna de revenir au siège avec Koby. Apparemment, il y avait urgence. Noa s'inquiéta. Diamante était le responsable communication et cela n'annonçait rien de bon. La brune fit part du message à Koby, ainsi qu'au photographe, et ils repartirent tous les deux.
Koby sortit en premier de la voiture. Noa le suivit mais faillit tomber. Des hommes tenaient un Koby évanoui à bout de bras. Le rose avait une marque rouge sur la joue, comme si quelqu'un lui avait donné un coup si violent qu'il en était tombé dans les pommes.
- Vous m'embarquez ça ailleurs et vous me le mettrez avec les autres, comme d'habitude.
Le regard de Noa se posa sur l'homme qui venait de parler. Grand, des cheveux noirs plaqués en arrière, un cigare entre les lèvres, une cicatrice lui barrant horizontalement le visage, Crocodile se tenait là, avec son costume noir et son manteau de fourrure posé sur ses épaules. Il ne faisait pas partie de la famille mais c'était un des hommes à tout faire de Doflamingo. En général, quand il était dans le coin, c'était même plutôt pour « faire le ménage ».
- Crocodile !, s'écria Noa en s'approchant de lui. Qu'est-ce qu'il se passe ? Que veux-tu à Koby ? Où l'emmènes-tu ?
- Ça, ma jolie, c'est sur ordre du grand patron. Je suis chargé de m'occuper de ce gamin et on m'a donné l'autorisation pour m'occuper de toi juste après, ajouta Crocodile en attrapant Noa par le menton.
- Pardon ?
Crocodile eut un rictus. Il la lâcha et claqua des doigts en direction de ses hommes. Noa resta interdite. Koby était en train de se faire embarquer par ces enfoirés et elle ne pouvait rien faire. Enfin, peut-être que si.
La brune se rua à l'intérieur du bâtiment et sauta dans l'ascenseur. Elle tapa du pied jusqu'à ce qu'elle arrive au dernier étage. Elle se dirigea presqu'en courant vers le bureau de son oncle et ouvrit la porte sans aucune cérémonie. Noa abattit son poing contre le bureau de marbre. Doflamingo daigna lever les yeux de son journal, l'œil torve.
- Oui, Noa ?
- Pourquoi as-tu appelé Crocodile ? Pourquoi doit-il emmener Koby ? Et qu'est-ce que c'est que cette histoire de s'occuper de moi ?, s'écria Noa.
La brune était clairement en colère. Ses joues la brûlaient. La situation était plus qu'injuste, parce qu'elle savait très bien pourquoi son oncle « renvoyait » Koby. Pourtant leur discussion à ce propos ne datait que de la veille ! Elle aurait pensé qu'il lui aurait accordé plus de temps pour faire ses preuves.
Doflamingo referma son journal et sourit, visiblement très amusé.
- Je t'avais prévenu. Plus de rentabilité était nécessaire et tu n'as pas tenu parole.
- Mais ça ne fait qu'une journée ! Qu'est-ce que tu vas faire de lui ? Que va-t-il arriver à Koby ?
- Ce ne sont pas tes affaires, répliqua Doflamingo. Tout ce que tu as à savoir, c'est qu'à partir de maintenant, il sera rentable. Et toi, un petit nouveau te sera attribué dans peu de temps.
- Tout n'est donc qu'une affaire d'argent pour toi ? De combines et d'arrangements quand ça t'intéresse ?, s'énerva Noa.
- Bien sûr que oui. Tu penses vraiment que l'on construit un empire sans quelques sacrifices, ma chère nièce ? C'est pourquoi j'ai pris une décision te concernant. Crocodile est une personne de confiance pour moi, que je compte bien rallier à la famille. Tu es majeure mais sous ma protection. Et je compte bien faire de toi sa future femme. Tu es exactement ce qu'il recherche. Jeune, fraîche, pleine de vie et dans la fleur de l'âge pour tenir une maison et enfanter. J'ai encore quelques projets à terminer et l'alliance se fera.
Noa n'en croyait pas ses oreilles. Elle resta muette plusieurs minutes, le temps de digérer les informations et de les enregistrer.
- Tu plaisantes ? Il en est hors de question ! Je ne suis ni un objet ni ta propriété ! Ne me traite pas comme une esclave et encore moins comme si j'étais ta fille !, hurla Noa. Mon père est Rossinante et tu ne lui arriveras jamais à la cheville ! Lui, ne m'aurait jamais fait ça, il…
- T'aurait dit d'être libre et vivre ta vie comme tu l'entends ?, coupa Dolflamingo. Il n'a pas changé de disque en vingt ans. Il a toujours été pour la liberté et la justice. Je peux t'assurer que tu es bien sa fille. Le même regard, la même posture, la même détermination. Il aurait pu te faire tout seul, ça aurait été le même résultat. Rebelle, toujours à me tenir tête. C'est ce qui plaisait à ta mère quand elle l'a rencontré. Et oui, je l'ai connu. Je sais aussi que tu as ce sujet en horreur. Alors écoute-moi bien, espèce de gamine écervelée, reprit Doflamingo d'une voix froide. Tu fais partie de la famille et c'est moi qui décide le sort de chacun de ses membres, peu importe qu'ils soient d'accord ou non. Tu vas épouser Crocodile, point à la ligne. Mais comme tu es capable de t'enfuir, je vais te donner une bonne raison de m'écouter.
Doflamingo ouvrit un tiroir de son bureau et prit une enveloppe. Il déchira le pli et étala devant Noa son contenu. Il y avait une photo de chacune des personnes qu'elle aimait le plus au monde. Son père, Law, Luffy, Ace, Sabo et même Kaya. Elle prit la photo avec son père dessus. Il avait sa cigarette entre les lèvres, son costume et sa gabardine noire qu'il portait pour se rendre au commissariat. Il ne faisait donc aucun doute que Doflamingo savait où il travaillait, habitait, ce qu'il faisait.
- Une préférence pour ton père ? Aurais-tu un syndrôme d'Œdipe ?, ricana son oncle.
Il fit le tour de son bureau et arracha la photo des mains de Noa. Il prit un briquet et enflamma la photo qui tomba en cendres sur le sol. Doflamingo éteignit le reste de braises d'un coup de talon.
- Le message est-il assez clair ? Une insubordination de ta part et c'est la tête de ton cher père qui saute.
Son oncle éclata d'un rire sinistre. « Il est fou, complètement fou » se dit Noa. Elle avait les jambes en coton. Elle réussit néanmoins à tourner les talons et à s'enfuir de la pièce.
Noa était en larmes en arrivant dans sa chambre. Elle était prise au piège. Son oncle pouvait bien faire d'elle ce qu'il voulait. Car c'était sa mort à elle ou celle des gens qu'elle aimait. Et ça, il en était hors de question. Savoir que son père était le premier à être sous la menace de Doflamingo la rendait dingue. Elle aurait voulu porter secours à Koby aussi, mais elle n'avait aucune idée de ce qu'il allait devenir ni où il était actuellement. C'était donc totalement impossible. Là, elle avait juste le droit de se taire, de faire son travail et, dernier point qui lui donna des frissons de haine et de dégoût, devenir la gentille petite femme au foyer de Crocodile. Son ventre se tordit de douleur à cette pensée. Il était hors de question qu'elle porte en plus de ça les enfants d'un connard pareil.
Noa s'assît devant sa coiffeuse, en proie à une crise de panique, et se regarda dans la glace. Elle retourna dans tous les sens ce que Doflamingo lui avait dit sur son père, sur sa ressemblance avec lui, et sur sa mère. Elle faisait un rejet total sur ce sujet. Elle ne voulait absolument rien savoir de cette femme et préssentait que Doflamingo ne se gênerait pas pour balancer des informations. D'accord, elle répétait sans cesse ne pas vouloir en entendre parler et pourtant, la curiosité avait toujours été présente à son sujet. A quoi elle ressemblait et qui elle était. Sauf que ça ne lui aurait rien apporté. A part plus de frustration et de questions. Son père était le seul qui comptait. Et à cause de son impulsivité et de son manque de courage, il allait y passer.
Noa envoya son poing dans le miroir, le brisant en mille morceaux. La main en sang, elle détruisit tout ce qu'il y avait dans sa chambre. La douleur qui lui lacérait la main ne la perturba pas plus que ça. Elle finit par balancer la dernière chaise contre le mur.
Elle était certaine d'avoir inquiété tout l'immeuble. Tout ce qui était en verre avait été brisé, son lit retourné, ses draps déchirés et ses meubles cassés.
Sa porte s'ouvrît à la volée. Sa tante était là et lâcha une expression de surprise devant la scène. Viola se précipita sur Noa et inspecta sa blessure à la main.
- Il faut absolument la nettoyer ! Tu as des bouts de verre enfoncés dans la plaie. Suis-moi.
Sa tante la força à se relever. Elle la prit par la taille et heureusement. Noa n'avait pas du tout la force de marcher. Ses jambes ne répondaient pas plus que ça mais elles arrivèrent à la transporter jusqu'à la salle de bain. Viola la fit s'asseoir sur le bord de la baignoire. Des larmes coulaient toutes seules sur les joues de Noa. Elle n'avait plus envie de rien. Son esprit était complètement vidé.
Noa sentit Viola lui prendre la main et entreprit de retirer morceaux par morceaux les brisures de verre qui étaient restées coincées à la pince à épiler. Noa grimaça plus d'une fois mais se laissa faire sans broncher. Il avait un petit bout de temps qu'on ne s'était pas occupé d'elle. Viola nettoya avec de l'alcool et du savon la plaie et le sang qui avait coulé sur son bras. Elle lui fit un bandage et lui lava d'un coup de gant de toilette son visage. L'eau chaude fit du bien à Noa.
Viola prit un tabouret et s'installa en face d'elle après avoir tout rangé. Elle prit les mains de sa nièce dans les siennes et les massa doucement de son pouce.
- Est-ce que tu veux bien me dire ce qu'il s'est passé ?, demanda Viola d'une voix douce.
Noa ouvrit la bouche plusieurs fois sans qu'aucun son n'en sorte. Elle inspira et expira de longue fois et raconta sa récente entrevue avec Doflamingo. Sa voix était rauque, presque cassée, et basse. Viola l'écouta sans l'interrompre. Quand Noa eut fini, Viola ne sembla pas surprise.
- J'aurais dû m'en douter, dit Viola. Doflamingo fait toujours en sorte de détruire la vie des gens pour avoir le plus de pouvoir possible.
- Comment fais-tu pour rester mariée à un monstre pareil ?, lâcha Noa. Tu es pourtant douce et gentille. Avec moi, en tout cas.
- Crois-moi que je ne suis pas comme ça avec tout le monde. Et je n'ai pas le choix, que ce soit à l'époque de l'épouser ou de rester encore aujourd'hui.
- Comment ça… ?, demanda prudemment Noa.
- Doflamingo finançait l'entreprise de mon père. Les affaires ont fini par ne plus marcher aussi bien qu'avant et Doflamingo a menacé de mettre le feu à l'entreprise et de tuer mon père pour « recommencer cette affaire à zéro », comme il disait. Je me suis sacrifiée pour mon père. J'ai supplié Doflamingo de laisser l'entreprise et mon père tranquille. Et qu'il pouvait faire de moi ce qu'il voulait en échange. Alors il m'a prise pour compagne. A l'heure actuelle, l'entreprise est toujours debout. Mon père fait tout pour que ça fonctionne. Mais la menace de Doflamingo est toujours d'actualité si je pars ou si mon père ne fait plus fonctionner l'entreprise. Et ça dure depuis un peu plus de vingt ans maintenant. C'est pour ça que je comprends parfaitement ce que tu ressens et pourquoi tu veux protéger Rossinante.
- Je suis désolée…, répondit Noa dans un souffle.
- Tu n'y es pour rien. Viens avec moi. On va prendre l'air toutes les deux, ça te fera du bien.
Noa hocha la tête. Viola lui posa un châle sur les épaules et la conduit à l'extérieur de sa chambre.
En descendant les escaliers, quelqu'un lui rentra dedans. Noa eut un mouvement de recul et se frotta l'épaule.
- Ah mais c'est pas vrai ! Regarde où tu vas !, aboya la personne.
C'était un jeune homme à peine plus vieux que Noa, l'âge d'Ace peut-être. Il avait des cheveux verts en bataille et trois piercings à une oreille. Le teint mat, un corps finement taillé et des traits fins mais forts. Nul doute qu'il avait beaucoup de charme. Noa pouvait parier qu'il faisait partie des mannequins.
- C'est toi qui nous rentre dedans ! Qu'est-ce que tu fais aussi haut dans le bâtiment d'ailleurs ? Ne sais-tu pas que ces étages sont réservés à la famille ?, gronda Viola.
- Ouais ben, j'ai suivi les indications d'un type mais c'était pas les bonnes visiblement. Je cherche le bureau du patron, grogna le vert.
- Ah, ça me revient ! Tu es la nouvelle recrue ! Zoro Roronoa, c'est ça ?
- Ouais. Paraît que je dois voir mon futur manager après.
- Ne cherche pas, le coupa Viola. Elle est devant toi. Je suis Viola Donquichotte, la femme de Doflamingo et voici ma nièce, Noa Donquichotte. C'est elle qui va s'occuper de toi. Pour l'instant, elle a besoin de repos. Les présentations en détails viendront plus tard. En attendant, monte encore deux étages et tu seras quasiment arrivé devant le bureau de Doflamingo.
- Ah, d'accord.
Noa le sentit surpris. Elle hocha les épaules et le laissa monter. Si c'était ça, son nouveau protégé… elle n'avait pas envie de remercier son oncle. Le vert avait l'air d'avoir un sacré caractère et Noa n'avait pas ni l'énergie ni la motivation pour le confronter.
Elle se laissa guider par Viola jusqu'à l'extérieur du bâtiment. Elles s'assirent toutes les deux et Noa posa sa tête sur l'épaule de sa tante, histoire de se reposer un peu, apaisée par la présence de sa tante et le parfum au jasmin qu'elle dégageait.
Rossinante était assis à son bureau. Le commissariat s'était vidé de ses membres. L'enquête n'avançait décidément pas. Elle reculait presque. A chaque fois qu'il arrivait à mettre la main sur un indice, une information, elle disparaissait aussitôt. Il avait pu mettre la main sur quelque chose et l'avait enregistré informatiquement. Bizarrement, ça avait disparu. C'était maintenant clair : il y avait une taupe dans le commissariat.
Rossinante et son équipe travaillaient depuis des années sur un trafic d'humains et de vente illégale d'esclaves. Non seulement ces ventes se présentaient mondialement, mais à la tête de ces agissements se trouvaient son propre frère. Doflamingo. Il était sous couverture d'une agence de mannequinat, la plus grosse du pays, et possédait également tout le personnel nécessaire entre photographes, couturiers, coiffeurs, maquilleurs et tout le gratin qui allait avec.
Le commissaire tira sur sa cigarette. Il savait très bien que c'était Doflamingo qui était derrière tout ça, il l'avait vu de ses propres yeux. Il s'était infiltré il y a un peu plus de vingt ans dans sa bande de mafieux et donnait des informations à son supérieur, le commissaire général Sengoku, dès qu'il le pouvait. A ce moment là, Rossinante avait déjà une belle position au sein de la police et rêvait de devenir commissaire. Le blond croisa les jambes sur son bureau et posa sa tête en arrière contre son siège, se remémorant ce qu'il s'était passé.
*Vingt ans plus tôt*
Rossinante venait de fêter ses vingt ans. Entre l'école de police et la classe accélérée de droit, il avait réussi à sortir major de sa promo. Ne restait qu'à passer le concours pour rentrer en formation pour devenir commissaire. Aussi loin qu'il s'en souvenait, c'était le métier qu'il avait toujours voulu faire.
Il avait du mal à croire qu'il avait pu s'en sortir jusque là. Sa famille biologique faisait partie de la noblesse royale. Ils avaient accès à tout et à de nombreuses richesses, Doflamingo et lui n'avaient manqué de rien. Jusqu'au jour où ses parents avaient décidé d'abandonner leur titre pour une vie plus modeste, proche du monde et de la nature, pour reprendre leurs termes. Rossinante avait cinq ans à ce moment-là et Doflamingo en avait sept. Malheureusement, son frère avait beau être jeune, Rossinante avait encore cette image de lui, humiliant leur père parce qu'il rejetait totalement leur nouvelle vie. Ce qu'ils avaient pu emporter entre argent et meubles, tout avait brûlé dans un incendie. Sa famille avait sombré dans une pauvreté sans nom. Sa mère mourut du manque de soin, d'hygiène et d'argent pour se soigner. La fièvre l'avait emporté encore plus vite que son père ne l'avait pensé. A partir de ce jour, Doflamingo devint fou. Lui qui vivait déjà avec l'idée que seuls les riches étaient au-dessus du monde, il partait plusieurs fois semer désolations et destruction sur son passage. Son père ne savait plus quoi faire, que ce soit pour gérer son fils ou pour rapporter de l'argent à la maison. Jusqu'à un anniversaire de Doflamingo. Il prenait dix ans et martyrisait leur père au point qu'il le mit tout simplement à la porte. Rossinante apprit des années plus tard qu'il était mort sous les ponts, rongé par la famine et les rats. Devant la cruauté de son frère, Rossinante avait tout simplement fui. Il avait erré quelques jours et avait eu cette chance immense de tomber sur Sengoku. Cet homme l'avait soigné, nourri et pris sous son aile. Il était, pour Rossinante, ce qui ressemblait le plus à un deuxième père. Il lui avait tout appris. Sa position dans la police permit à Rossinante de voir les problèmes que ce monde pouvait avoir. Il y avait si peu d'égalité, de justice et de bienveillance… Ce qu'il voulait faire de sa vie était donc clair : réparer ces injustices et tout faire pour rendre la vie de gens meilleure. Sengoku lui avait souri pour la première fois lorsqu'il lui avait annoncé qu'il voulait être comme lui et qu'il allait tout faire pour devenir commissaire. Rossinante avait choisi son lycée professionnel avec soin, avait bossé comme un dingue pour obtenir la meilleure place dans sa promo. Il restait cependant un point à régler : pour passer le concours de commissaire, il fallait de l'expérience et, sinon ou, de l'âge. Il n'avait clairement pas la patience d'attendre ses cinquante ans pour avoir le poste qu'il convoitait. Sengoku lui avait donc proposé un marché. Il lui parla d'une enquête qui débutait depuis peu dans le monde du grand banditisme. Son frère Doflamingo était devenu un grand de la pègre et était dans le trafic d'armes. Le souci était qu'ils avaient beau être quasiment certains qu'il était derrière la plus grosse organisation de vente d'armes illégales, ils n'arrivaient pas à mettre la main sur le moindre indice, ni sur une cession de vente. Le plan était que Rossinante s'infiltre et récupère le plus d'informations possible. Il devait rester sous couverture aussi longtemps qu'il pouvait, tant que sa vie n'était pas en danger. Si le plan fonctionnait, le préfet lui accordait le droit de passer le concours à titre exceptionnel, pour services rendus.
Évidemment, Rossinante avait sauté sur l'occasion. Il était gagnant en tout point dans cette histoire. Il allait pouvoir faire tout ce qui était en son pouvoir pour arrêter la folie de son frère et il pourrait obtenir le poste qu'il souhaitait.
Il avait repris contact avec son frère, uniquement au téléphone au début, le temps que Doflamingo lui fasse confiance et qu'il intègre son « entreprise », comme il l'appelait. Rossinante l'avait rejoint et avait intégré la famille, même si son frère lui assurait qu'il en avait toujours fait partie. Le blond lui avait fait croire qu'il s'était perdu en rentrant chez eux à l'époque et avait été adopté par un couple de vieilles personnes, décédées depuis.
Rossinante avait donc troqué son uniforme contre une tenue plus appropriée, offerte par son frère. Bonnet bordeaux, perfecto noir, jean blanc, t-shirt à manches longues rose pâle et bottines noires en cuir, Rossinante avait même fait piercer ses oreilles et arborait deux anneaux de chaque côté. Pour parfaire sa couverture, il s'était également mis à fumer. Si les premières clopes avaient été difficiles à avaler, le fait de fumer était étrangement devenu rapidement naturel.
Il errait à présent dans l'immeuble en cherchant comment il allait pouvoir mettre la main sur ces précieuses informations et ensuite les transmettre à Sengoku. Ça faisait plus d'un mois qu'il était ici et les membres lui fichaient la paix, répétant qu'ils lui faisaient confiance puisque c'était le petit frère de Doflamingo et que ce dernier lui faisait confiance aussi. C'était déjà un très bon point quand on savait à quel point ils étaient tous des emmerdeurs finis, des commères qui mettaient leur nez dans tout ce qui ne les regardait pas.
En tournant dans le couloir, il sentit un énorme poids se jeter sur lui et le fit tomber à la renverse. Sa tête cogna durement contre le sol, à tel point qu'il se mordit la langue. Rossinante se frotta la tête en se redressant.
Une jeune fille brune se trouvait au dessus de lui, enfin, assise sur lui plus précisément, et pointait un pistolet sur son front. La première chose qui le frappa n'était ni le flingue ni le fait qu'il ne l'avait jamais vu avant mais qu'elle était belle, vraiment très belle. Elle devait avoir son âge. Elle avait de longs cheveux noirs bouclés qui tombaient en cascade sur ses épaules, un visage d'ange avec des lèvres pulpeuses et deux grands yeux noisettes, et des courbes voluptueuses. Aussi canon soit-elle, elle était toujours en train de le menacer de son arme.
- Je peux savoir ce que tu fais ?, lui demande-t-il.
- Qui es-tu ? Comment es-tu rentré ici ? Tous les intrus se font tuer, ordre de Doflamingo. Alors parle !
- On se calme ! Je suis son frère. Je pourrais dire la même chose pour toi, d'ailleurs tu es…
- Encore un bobard et je tire, claqua la brune en enlevant la sécurité de son pistolet.
Rossinante sentait la colère monter. Pour qui elle se prenait ? D'où c'était une façon de recevoir les gens ? Et elle sortait d'où ? Surtout qu'elle avait beau poser des questions, elle ne semblait pas vouloir entendre les réponses. Il n'y avait plus qu'à mettre à contribution ce qu'on lui avait enseigné à l'école de police. D'un revers de main, il envoya le flingue valser. Il se redressa et attrapa par les poignets la jeune fille. Il se mit debout et tenait la brune à bout de bras qui ne touchait plus le sol de quelques centimètres.
- Tu vas pouvoir m'écouter maintenant. Je suis le frère de Doflamingo, Rossinante. Je suis ici depuis un mois maintenant. Demande lui, si tu veux confirmation. Et maintenant que tu es plus encline à la conversation, c'est quoi ton nom ? T'es qui pour te balader armée comme ça ?
- … Viola. Si tu veux tout savoir, je suis sa femme, à Doflamingo. Donc lâche-moi. Et je n'ai pas besoin de recevoir d'ordre pour avoir un flingue avec moi.
- Si tu le dis.
Aussi jolie que folle visiblement. Elle lui rappelait un chaton sauvage. Même s'il n'avait pas eu vent de ce soi-disant mariage, elle allait parfaitement avec son frère. Elle avait l'air tout aussi aimable et saine d'esprit que lui. En attendant, il avait d'autres chats à fouetter et la planta royalement au milieu du couloir.
Depuis ce jour-là, les échanges entre Viola et lui étaient aussi cordiaux que le premier jour. Ils ne communiquaient qu'en se disputant. Rossinante ne supportait pas son air supérieur, sa façon de se vanter à tout va et de croire que tout lui appartenait. Elle avait l'air d'être très jalouse de tout aussi. Et d'après Viola, elle détestait Rossinante pour son côté tête en l'air, maladroit et parce qu'il n'écoute jamais rien ni personne.
Cette fille lui prenait tellement la tête qu'il en oubliait parfois pourquoi il était dans la famille. Et il avait eu raison : Viola était exactement du même âge que lui. Au détour d'une conversation, il sût enfin pourquoi elle n'était pas là à son arrivée. Elle était apparemment partie en formation pour être photographe et aider dans l'entreprise. Et il apprit aussi que son frère l'avait épousé quelques temps avant que Rossinante ne débarque mais que c'était plus un mariage d'arrangement que d'amour. C'était peut-être pour ça qu'elle avait toujours l'air irrité, se dit Rossinante sur le moment. Étonnement, le fait d'être au courant de ça avait changé un peu la vision qu'il avait de la jeune fille. Il commença à ressentir de la compassion pour elle. Ça ne devait pas être évident non plus de se retrouver mariée à un homme que l'on n'aime même pas.
A côté de ça, Rossinante faisait tout pour essayer d'avoir des informations sur les ventes. Les nouvelles n'étaient détenues que par Doflamingo et il les transmettait qu'à ses informateurs. La plupart des membres ne savaient pas du tout ce qu'il se passait mais s'en moquaient. Tout ce qui comptait, c'était la qualité de vie que Doflamingo leur offrait et sa protection.
Un jour, Rossinante sortit dehors pour fumer un peu. Comme il y avait des enfants, des orphelins recueillis par Doflamingo, le blond évitait de trop fumer à l'intérieur du bâtiment. Il se posta dans un coin du jardin qui bordait l'immeuble. Des pleurs étouffés l'interpellèrent. Rossinante s'approcha et tomba sur Viola, assise sur un banc, en proie à une crise de larmes. Il posa une main qui se voulait chaleureuse sur son épaule. La brune releva des yeux brillants vers lui. Son expression changea radicalement quand elle vit qui était en face d'elles, se faisant plus dure, et elle le repoussa d'une main.
- Lâche-moi, Rossinante.
- Moi qui commençais à ressentir un peu de pitié pour toi… Je peux savoir ce que je t'ai fait, à la fin ? T'es comme ça depuis que je t'ai rencontré !
- Parce que… parce que toi, tu es libre !, explosa Viola. Parce que Doflamingo ne tient pas toute ta famille dans le creux de sa main ! Parce que tu peux partir et faire ce que tu veux ! Parce que ton père ne t'a pas offert pour rembourser ses dettes ! Voilà pourquoi !
- C'est pour ça que tu pleurais… ?, demanda Rossinante, effaré par ce qu'il était en train de comprendre.
La brune hocha la tête. Elle avait l'air de ne plus en pouvoir et d'être au bout du rouleau. Rossinante était en train de lui découvrir une sensibilité qui était bien enfouie jusqu'à présent. Elle semblait si fragile. Le chaton sauvage avait abandonné les armes. Sans trop savoir ce qu'il faisait, il prit la brune dans ses bras. Elle resta stoïque voire raide mais finit par se détendre au bout de quelques minutes et se laissa aller contre son torse. Elle tremblait de tout son corps.
- Si je comprends bien, tu n'es pas du tout du côté de Doflamingo ?, demanda Rossinante.
- Je ne suis du côté de personne. Je veux juste qu'il nous laisse tranquille, moi et ma famille.
- Et si je te disais que je fais tout pour qu'il tombe ? Qu'il foute enfin la paix à tout le monde ?
Le blond ne savait pas trop pourquoi il venait de dire ça. Peut-être avait-elle réveillé le côté dévoué à défendre la veuve et l'orphelin qu'il avait toujours un peu eu.
- Ce n'est pas la peine de me dire ce genre de choses. Si c'est de l'aide que tu me proposes, n'y pense pas. Je ne te croirais pas. Tout ceux qui me l'avaient promis, m'ont trahi ensuite. Et tu feras pareil.
Viola ne lui laissa pas le temps de répondre. Elle se dégagea de son étreinte avant de tourner les talons et de rentrer dans le bâtiment.
Rossinante la regarda s'éloigner. Il pouvait se retourner l'esprit autant qu'il le voulait, il n'y avait rien à faire. Il ne la voyait plus de la même manière à présent.
En l'espace de quelques minutes, la jeune femme s'était révélée. Sous ses airs farouches, elle était quelqu'un de sensible et profondément blessé. Elle avait visiblement plus souffert que la plupart des gens et la confiance était une notion qui lui était devenue étrangère. Et Rossinante n'avait qu'une envie : porter secours à cette demoiselle en détresse.
Il était donc devenu bien plus doux avec elle, se surprenant même à être serviable. Elle ne le rejetait pas mais s'était refermée sur elle-même, comme un coquillage, et le fuyait. Quand elle posait les yeux sur lui, son regard oscillait entre la méfiance et la curiosité.
Un soir où Doflamingo était parti en mission et avait emmené bon nombre de membres de la famille avec lui, Rossinante en profita. Il fallait qu'il aille voir Viola, qu'il lui fasse comprendre qu'il n'avait rien à voir ni avec son frère, ni avec les autres personnes qu'elle avait pu connaître avant.
Après avoir demandé à Jora, la nourrice des enfants, Rossinante se dirigea vers la chambre que Viola partageait avec Doflamingo. Il entra sans frapper. La pièce était de bonne taille, le lit contre le mur et une cheminée ornait le fond de la pièce. Deux fauteuils étaient installés devant et la jeune femme se trouvait assise dans l'un d'eux. Elle avait les yeux rivés sur le feu qui crépitait. Quand elle se rendit compte de la présence de Rossinante, elle se leva d'un bond.
- Qu'est-ce que tu fais ici ?, l'apostropha-t-elle. Tu veux mourir ou quoi ?
- Non, merci. Je voulais juste te voir. Et te parler.
- Et moi, je n'ai envie de ni l'un, ni l'autre. Alors, s'il-te-plaît …
- Non, vraiment, écoute-moi !, coupa Rossinante en se postant devant elle. Je sais que tu as du mal à me croire mais je ne suis pas mon frère, ni les autres hommes que tu as pu connaître. Je ne suis pas un monstre. Être ici ne m'apporte aucune joie, je cherche vraiment un moyen d'arrêter Doflamingo. Cette cruauté m'insupporte. Il n'y a rien de juste ou de bon dans ce qu'il fait. Savoir qu'en plus de ça, il n'a pas réussi qu'à détruire notre famille mais la tienne aussi, ça me rend triste. Tu ne mérites pas ça. Personne ne mérite ce que tu vis et d'être traité d'objet qui ne sert qu'à rembourser des dettes. Je veux sincèrement améliorer ta vie, je …
Rossinante n'eut pas eu le temps de finir. La belle brune avait posé ses lèvres sur les siennes et l'embrassait à pleine bouche. Il ne tarda pas à lui rendre son baiser. Parce que c'était évident : cette fille lui avait fait tourner la tête.
Ils passèrent la nuit ensemble ainsi que de nombreuses autres. En cachette et en prime sous le nez de Doflamingo. En toute franchise, Rossinante avait le cœur comblé. Viola était une femme superbe. Elle avait le cœur noble et bon, savait très bien se défendre toute seule, dansait comme une déesse et avait le même sens de la justice que le sien.
Tout bascula cependant cette nuit-là.
Rossinante était dans la famille depuis bientôt un an et Viola partageait ses nuits depuis six mois. Doflamingo était de sortie. Le blond avait rejoint la chambre de sa belle en toute discrétion.
A peine passé la porte, la brune se jeta sur lui. Sa langue ne tarda pas à rejoindre sa jumelle dans une danse effrénée. Sans se lâcher, Viola fit tomber la veste du blond qui l'emmena ensuite jusqu'au lit. Il retira lui-même son t-shirt et son pantalon pendant que la brune se délaissait de sa robe prune. Positionné au dessus d'elle, Rossinante parcourut du bout des doigts les courbes de la brunes qu'il connaissait pourtant déjà par cœur. Il passa sa langue le long de son cou puis entre ses seins. Il descendit lentement sur son ventre plat et lui retira d'un geste vif la barrière qu'il restait entre sa langue et le fruit défendu. La brune savait très bien ce qui l'attendait et passa ses mains dans les cheveux du blond, appuyant légèrement dessus pour montrer son impatience. Amusé, Rossinante ne lui donne pas tout de suite satisfaction. Il lécha l'intérieur de ses cuisses, la griffent de temps à autre, la mordant presque. Quand il sentit qu'elle commençait à trembler sous ses caresses, il consentit enfin à lui donner ce qu'elle voulait. Il passa un premier coup de langue sur son point de chair. Il repassa plusieurs fois, toujours plus lentement, et dut maintenir les hanches de la brune pour ne pas qu'elle bouge trop. Le blond inséra un doigt en elle tout en continuant ses mouvements de langue. Un deuxième doigt rejoint rapidement le mouvement de va-et-vient qui finit par avoir raison de la belle. Rossinante la sentit se contracter violemment autour de sa main dans un gémissement.
Sans un mot, la brune le retourna et s'assit à califourchon sur lui. Elle le libéra de son boxer et le prit à pleine main. Elle joua à ralentir ou accélérer le rythme jusqu'à ce que Rossinante perde patience. Il se redressa et la pénétra sans plus attendre. La cadence était saccadée, profonde et puissante. Ils se retrouvèrent rapidement en sueur. Se sentant venir, le blond prit possession des lèvres de la brune et se libéra en elle.
Après s'être nettoyés et posés, Rossinante prit Viola contre lui. Il devait lui dire avant de partir. Le blond se rhabilla néanmoins, essayant de trouver les mots. La belle était allongée sous les draps, un bras sous sa nuque, et le regardait faire. Il enfila sa veste et s'assit à côté de la brune qui se redressa, le drap contre sa poitrine.
- Tu sais, Viola. Je voulais te dire… je ne suis pas un membre de la pègre. Mon vrai boulot, c'est flic. Je peux te protéger. Je veux t'emmener avec moi. Parce que je t'aime, lui avoua Rossinante avant de l'embrasser.
- Oh, je… je ne… Je m'en doutais un peu, je…, balbutia Viola puis le réembrassa. Tu sais, je suis…
- Oui, Viola. Dis-nous tout. Tu es quoi au juste ?
Rossinante se retourna d'un bond vers la porte. Doflamingo se tenait là, dans l'entrée de la chambre. Une veine de colère était visible sur son front. Il souriait mais d'un sourire qui n'avait rien de doux ni d'humain. Rossinante se leva du lit. Viola n'avait pas bougé d'un pouce.
- Doflamingo. On peut tout t'expliquer c'est …
Il ne put finir sa phrase. Son frère lui avait envoyé avec force son poing dans le ventre, lui coupant toute respiration. Rossinante eut violemment envie de vomir et toussa à s'en rompre les bronches.
- Relève-toi, ordonna son frère. Assume et fais-moi face.
Rossinante se tenait encore l'abdomen. Doflamingo l'attrapa par le col et lui envoya l'autre poing dans la mâchoire.
- Doffy, ça suffit ! C'est de ma faute, je t'en supplie, laisse-le !
- Ferme là, espèce de traînée. Tu me le paieras plus tard. Quant à toi, claqua froidement Doflamingo en se tournant vers Rossinante qui se frottait la joue, je ne veux plus te voir ici. Je t'ai accueilli et voilà comment tu me remercies. En te tapant dans mon dos ma propre femme.
Rossinante écarquilla les yeux. Il n'avait pas entendu le fait qu'il était flic ? C'était déjà ça.
- Maintenant, je veux que tu partes de chez moi. Je pourrais te tuer, j'ai mon flingue avec moi. Par respect pour le lien de sang que nous avons, je ne le ferais pas. Mais quand tu passeras cette porte, tu ne seras plus mon frère. Tu ne feras plus partie de ma famille, qu'elle soit de cœur ou de sang. Ne t'avises pas non plus de fouiner dans mes affaires, parce qu'il n'y aura plus rien pour te protéger. Est-ce clair ?
Rossinante se remit difficilement sur pied. Il jeta un coup d'œil vers Viola dont les traits du visage trahissaient une horreur sans nom. Elle tourna les yeux vers lui. Silencieusement, elle prononça un seul mot. « Adieu ».
Rossinante était parti aussi vite qu'il le pouvait. Sur le chemin, il détruit tout ce qui se trouvait sur son passage. Non seulement il n'avait pas pu mener à bien sa mission de déterminer les agissements de son frère mais en plus il avait dû laisser Viola là-bas.
Il était rentré dans un état épouvantable et avait tout rapporté à Sengoku.
Presque neuf mois s'étaient écoulés. Le préfet avait jugé qu'il avait suffisamment risqué sa vie en partant un an en mission d'espionnage, peu importe le résultat final. Sengoku avait passé sous silence la relation qu'il avait eu avec Viola.
Rossinante était chez lui. Il venait de finir ses examens pour rentrer en école et être enfin commissaire. Bizarrement, cette victoire, celle d'avoir finalement pu passer le concours et d'être le plus jeune officier à le passer, n'avait pas la même saveur que ce qu'il s'était imaginé. Il n'avait pas pu sauver Viola ni arrêter son frère mais il se jura qu'il ferait tout pour y arriver.
Rossinante relisait le mail de la police avec la date des résultats du concours quand on sonna à la porte. Quand il ouvrit, il n'en croyait pas ses yeux. Viola était devant lui, encapuchonnée d'une longue cape en velours bleu nuit. Elle avait des cernes et des traits fatigués qui lui creusaient les joues. Pourtant, elle était aussi belle que la dernière fois qu'il l'avait vue.
- Je suis désolée, Rossinante, je ne peux pas rester. J'aurais voulu te prévenir. Je voulais te le dire ce soir là. C'était impossible, je n'ai pas réussi. Mais c'est la seule chose que je peux faire, pour elle.
Rossinante ne l'avait pas remarqué. Le landau à ses pieds. Viola se pencha pour le prendre et le mit dans les bras du blond.
- Je ne lui ai pas donné de nom. Je n'ai pas voulu la prendre dans mes bras non plus. Pour ne pas qu'elle reste avec quelque chose de moi. Si elle te demande un jour, dis lui que sa mère n'a pas voulu d'elle, qu'elle est le fruit d'un coup d'un soir. Je ne veux pas que Il la retrouve. Il m'a obligé à garder le bébé. Ma punition était de la tuer de mes mains dès sa naissance. J'ai convaincu le médecin de m'emmener dans un hôpital proche d'ici pour ne pas qu'il sache. Il la tuera s'il la retrouve. Elle est née hier, le six octobre. Garde-la avec toi, élève la, aime la. Fais ça pour nous deux, je t'en prie, Rossinante.
- Mais.. elle.. je … c'est moi le … tu es sûre ?, fut tout ce que Rossinante put dire.
- Certaine. Doflamingo est stérile. C'est son plus grand secret. A part lui par obligation, il n'y a eu que toi, répondit-elle dans un souffle. Je vous aime tous les deux.
Viola embrassa Rossinante comme une marque d'adieu et s'enfuit.
Il était resté sous le choc pendant plusieurs jours. Et il avait mis autant de temps à trouver un prénom à sa fille. Noa. Un prénom simple et court que Rossinante aimait bien. Il était discret et doux. La petite avait de grands yeux de la même couleur marron-doré que les siens et les boucles brunes de sa mère. L'enregistrement civil et administratif avait dû se faire sous contrôle d'ADN. Le résultat était tombé en même temps que ceux du concours : il était officiellement admis à l'école et père.
*Retour dans le présent*
Heureusement, le temps de sa formation, il avait pu la confier à Sengoku et de temps en temps à Bellemère, une voisine nourrice qui avait adopté deux sœurs orphelines. Il avait pu avoir ses week-ends et un maximum de temps libre pour être avec Noa. Sa fille était ce qu'il avait de plus précieux au monde. Elle était devenue le centre de sa vie. Et maintenant, sa fille était introuvable.
Rossinante glissa de sa chaise. La sonnerie de son téléphone l'avait surpris en même temps qu'elle l'avait tiré de ses pensées. Il décrocha en voyant le nom de son correspondant. Ce qu'il entendit le pétrifia. Sa cigarette atteignit le sol, commençant à faire des marques de braises.
- Allô, chef ? Infiltration réussie. Et j'ai retrouvé votre fille.
Et tadaaaaa !
Il vous a plu mon chapitre ?
Pas de panique pour la suite, elle arrive bientôt :3 (genre vraiment mdr, elle est en cours d'écriture)
Je reste toujours ouverte à vos commentaires !
A plus ~~
