Retour aux sources

Après quelques mois d'absence, je reviens sur ce fandom que j'aime tant, délaissant un peu celui d'Haikyuu (que je pense avoir quand même bien fourni haha). Cela faisait un moment que cette fiction traînait dans mes « esquisses », je l'ai enfin transcrite ! Titre à double sens, en y repensant…

J'ai lu une super fiction l'autre jour (To Retrieve Music, de RedVoid), et l'auteur inversait China pour écrire Cihan (pour parler du pays natal de Feitan). J'ai bien aimé l'idée alors, je l'ai reprise et développé dans cette fiction.

J'espère qu'elle vous plaira, j'aime beaucoup l'écrire en tout cas !

PS : Je tiens à rajouter que le fait qu'il y ait un orphelinat géré par une "Mama" n'a aucun rapport avec The Promised Neverland. J'ai eu l'idée de cette fiction il y a au moins 6 ans. Mais je vous l'accorde, c'est une sacrée coïncidence (et je m'en suis aperçu il y a peu ^^') !

An-joie.

O_O

Chapitre 1 : Le retour des héros

- Whoa ! Ça fait un bail que je n'étais pas retourné ici ! s'exclama Sharnalk.

- Pareil pour moi, continua Phinks, ça doit faire deux ans. Tu y es retourné plus souvent toi, Fei ?

L'intéressé acquiesça.

- J'y suis resté trois semaines il y a six mois et cinq jours.

Sharnalk sourit. C'était incroyable comment Feitan avait une bonne mémoire pour les dates.

Il y avait seulement quelques jours, ils avaient mis fin à la reine autoproclamée qui avait jeté la terreur sur Meteor City. Elle s'était attaquée à la mauvaise ville et elle n'y avait pas non plus fait long feu, sans mauvais jeu de mots. Les membres de la Brigade Fantôme avait depuis eu du temps pour soigner leurs blessures. Ils connaissaient un médecin ici qui les guérissait toujours de bon cœur depuis qu'ils l'avaient sauvé d'une mort imminente. Il était d'ailleurs devenu un bon ami des voleurs. Feitan, qui était de loin le plus blessé de tous était presque totalement guéri. Il avait encore quelques fêlures aux côtes, mais ce n'était rien comparé à ce que le médecin avait soigné. Il lui avait dit de faire attention dans les jours qui suivraient et que d'ici une semaine tous ses os seraient réparés.

En attendant de repartir pour une nouvelle mission – Nobunaga pouvait définitivement se débrouiller seul – ils avaient décidé de rendre visite à un des orphelinats de la ville qu'ils affectionnaient tout particulièrement. Les enfants qui y vivaient était majoritairement originaires de Cihan, comme Feitan. Lorsque ce dernier était plus jeune, l'orphelinat n'existait pas encore. Un jour, une femme a commencé à recueillir les enfants dans les rues et a ouvert l'établissement. Feitan, Phinks et Sharnalk, alors adolescents, avaient aidé à sa mise en place. Feitan avait aussi tissé des liens avec les enfants y résidant. Il lui arrivait, lors de son temps libre, de venir aider Mama (c'était comme ça qu'ils l'appelaient tous) et il aidait les enfants à se faire une place en leur parlant dans leur langue natale.

Mis à part Bonorenof qui était reparti pour « un travail à finir en Cafira », tous les membres qui avaient participé à la défaite de Zazan étaient là, même Kalluto, la jeune recrue.

Ils entrèrent par la porte principale, Feitan en tête de cortège, et arrivèrent dans un hall quelque peu vétuste. Ils tombèrent aussitôt nez-à-nez avec une petite fille qui offrit à Feitan un grand sourire avec des dents de lait manquantes.

- Je vais chercher Mama ! leur dit-elle en s'éloignant vers une des portes communicantes.

Ils n'attendirent pas longtemps avant que la petite fille ne revienne avec Mama au bout de la main. Mama était une petite dame qui devait avoir la cinquantaine. Elle aussi était originaire de Cihan et il lui avait fallu beaucoup de courage et de patience pour se faire une réputation dans la ville maudite. Sa force de caractère faisait d'elle une personne respectée de tous ici. Son visage s'adoucit lorsqu'elle reconnut les visiteurs.

Elle se dirigea vers Feitan et l'embrassa comme son propre fils. Elle était un peu plus petite que lui.

- Je suis contente de te revoir, Fei-chan. C'est toujours un plaisir de vous accueillir ici. Les enfants vont être ravis !

Elle se dirigea vers Sharnalk qui se mit à sa hauteur pour l'embrasser.

- Bonjour Mama, tu es toujours aussi resplendissante.

- Et toi toujours aussi charmeur, ta légèreté m'avait manquée.

Elle se dirigea ensuite vers Phinks.

- Plus ça va, plus j'ai l'impression que tu grandis.

- C'est plutôt toi qui rapetisses, marmonna-t-il.

Elle monta sur un tabouret – qui se trouvait ici par hasard – et se hissa pour lui pincer les joues, déformant son visage en grimace.

- Ah Phinks… toujours prêt à faire des bêtises. Je crois que tu ne changeras jamais ! Dommage que tu aies un sale caractère car tu es un très bel homme !

Les autres se moquèrent gentiment et les membres restants, Shizuku et Kalluto furent introduits. Mama était enchantée de rencontrer de nouvelles personnes.

- Mais venez, venez ! Ne restez pas là, une partie des enfants sont ici.

Elle désigna la pièce qui faisait office de salle de séjour et les invita à y entrer. C'était une grande pièce bien éclairée malgré son style vieillot et sa peinture écaillée. Il y avait en effet plusieurs enfants qui se précipitèrent sur l'asiatique, à peine entré dans la pièce.

- Feitan ! Hé ! Feitan est revenu !

Il salua les jeunes enfants qui s'étaient attroupés autour de lui. Il leur parla un peu, sous les yeux amusés pour certains, choqués pour d'autres des membres de la Brigade qui ne le pensaient pas aussi populaire auprès des enfants. Les enfants retournèrent à leurs occupations et Feitan se dirigea vers une jeune fille qui devait avoir douze ou treize ans en fauteuil roulant. Un garçon de son âge qui lui ressemblait étrangement se trouvait à ses côtés.

- Lian, comment vas-tu ?

- Je pète le feu ! Je suis trop contente que tu sois rentré, ça faisait super longtemps ! Oublie pas les techniques que tu dois m'apprendre, je veux être capable de me défendre toute seule, et ne plus compter sur Wei !

- Même avec des « techniques » comme tu dis, ce ne sera peut-être pas suffisant, souffla son frère jumeau. Ça fait du bien de te revoir, sourit-il à Feitan.

Feitan présentait ses compagnons aux deux frères et sœur, qu'il affectionnait tout particulièrement, quand une voix retentit.

- Eh bien moi, je ne pensais pas que tu reviendrais aussi vite. Mais je suppose qu'on doit trop te manquer, non ?

- Mei ! s'exclama joyeusement Sharnalk pendant que la jeune femme arrivait dans la pièce.

Elle était aussi grande que Feitan. Comme les autres résidents, elle devait aussi venir de Cihan, vu ses traits et ses longs cheveux noirs.

Feitan sourit en coin et entra dans son jeu.

- Pour te revoir toi ? Pas du tout. Si ça ne tenait qu'à toi, je serais rentré beaucoup plus tard.

- Mais tu serais rentré quand même.

Ils soutinrent le regard de l'autre un instant avant que Mei ne lui saute dans les bras.

- Six mois et cinq jours, lui dit-elle en souriant.

Ils se séparèrent et il lui lança ironiquement.

- Content de voir que tu es encore en vie.

Elle le frappa affectueusement à l'épaule. Ensuite, Mei partit saluer Sharnalk et Phinks. Elle prit Sharnalk dans ses bras et ébouriffa les cheveux de Phinks. Elle savait que ça l'énervait, donc elle prenait un malin plaisir à l'embêter dès qu'elle le voyait. Le grand blond grogna et remit tant bien que mal ses mèches en place.

- Tu ne peux pas imaginer comme te taquiner m'avait manqué, Phinks !

Ce dernier n'eut pas le temps de répondre qu'une petite fille déboula à toute allure dans la pièce en criant : « Papaaaaa ! »

Tout le monde la suivit du regard, mais non, aucun doute, celui qu'elle appelait de la sorte était bien Feitan.

Il la prit dans ses bras et elle lui fit des bisous partout sur le visage, un gros câlin, il la reposa et elle repartit aussi vite qu'elle était venue. Il se retourna vers les autres qui le regardaient bizarrement.

- Ne faites pas ces têtes. Yunose n'est pas vraiment ma fille. Je passe beaucoup de temps avec elle et comme elle n'a que 3 ans et qu'elle n'a jamais connu ses parents, elle m'appelle comme ça.

Les autres semblèrent soulagés de l'apprendre. Feitan en père, c'était quelque chose qu'ils n'étaient pas prêts à accepter et encore moins concevoir.

Le reste de l'après-midi servit au groupe à s'installer dans le bâtiment. Il y avait une chambre assez grande pour eux tous avec assez de lits. Mama était prévoyante et l'orphelinat n'était jamais entièrement plein. Les adolescents ne revenaient que périodiquement, seuls les plus jeunes restaient à plein temps.

Après trente bonnes minutes, Mei partit voir si les quelques membres de la Brigade Fantôme s'étaient bien installés. Elle s'assit sur l'un des lits.

- Vous avez l'air de bien vous connaître tous les quatre, remarqua Shizuku.

- Oui, on peut le dire, dit Sharnalk, je crois que ça fait bien dix ans qu'on s'est rencontré.

- Neuf ans et huit mois pour être exacte, rectifia Mei.

- Tu as une aussi bonne mémoire que Feitan, nota Shizuku. Vous avez l'air proches tous les deux.

La jeune femme sourit doucement.

- Il vient souvent donner un coup de main, c'est pour ça. Tout le monde apprécie son aide ici. Enfin, quand je dis souvent, c'est déjà plus que vous deux !

Elle lança un regard faussement accusateur vers les deux blonds.

- On est trop occupés pour venir, expliqua Phinks. Nous aussi faut qu'on gagne notre vie ! Et puis passer mon temps libre dans cette ville maudite, non merci !

- Ça ne m'étonne pas de toi, tu es trop égoïste.

Elle lui tira la langue et avant qu'il puisse répliquer, elle s'adressa à Kalluto.

- Dis-moi, tu as l'air bien jeune. Je ne savais pas que la Brigade recrutait en-dessous de l'âge légal.

- Ce-… Ce n'est pas une question d'âge ! S'exclama maladroitement Kalluto. J'ai été accepté grâce à mes capacités !

- Eh bien, je suis impressionnée ! Tu as dû travailler dur pour arriver jusque-là !

- Il est de la famille Zoldyck, lui confia Sharnalk.

- Je vois… c'est pour ça.

- Mais… et vous, Mei-san, dit le jeune garçon, pourquoi n'êtes-vous pas dans la Brigade Fantôme ?

Elle lui offrit un grand sourire.

- Pas envie !

- Hein ?

- J'avais pas envie de dépendre de quelque chose. J'ai l'orphelinat, Mama et les enfants et c'est tout ce qu'il me faut.

- Tsk, avoue que tu n'es juste pas à la hauteur…, la taquina Phinks.

- Je te mets au sol quand je veux, continua-t-elle toujours avec un sourire radieux mais qui semblait plein de sous-entendus menaçants.

- Au fait, où est Feitan ? demanda Sharnalk.

- Tiens, oui, il ne s'est pas montré depuis un moment… Je vais voir ce qu'il fait.

C'était bientôt l'heure du repas, et Mei chercha Feitan pour lui demander de descendre et de venir tout installer. Elle le retrouva dans une des pièces de l'étage, celle où étaient les berceaux pour les plus jeunes. Feitan était allongé sur le canapé, Yunose couché sur lui. Ils dormaient tous les deux, Feitan ayant encore le livre qu'il lui lisait, posé sur le visage. Mei sourit et partit chercher ses coéquipiers qui revinrent sur la pointe des pieds observer la tendre scène. Sharnalk prit une photo pour immortaliser un moment qu'ils ne verront peut-être plus jamais. Leurs chuchotements ne furent pas assez pour réveiller Yunose, mais largement suffisants pour sortir le brun du sommeil. Il leur montra un air agacé.

Il se leva doucement, faisant attention de ne pas faire tomber Yunose. La petite fille ne fut même pas réveillée par le soudain mouvement. Le brun la tint contre lui et, d'un pas lent et engourdi, partit la déposer dans son lit, dans la chambre adjacente, sous les regards attendris des autres membres.

Ils descendirent tous au rez-de-chaussée pour prendre le repas. Celui-ci se déroulait dans la cuisine qui faisait aussi office de salle à manger. Une grande table était dressée au centre de la pièce assez grande pour accueillir les enfants et les adultes.

Le dîner se passa dans la bonne humeur générale où tous partaient de leur petite anecdote sur les moments qu'ils avaient passé. Le plus surprenant était Phinks qui se débrouillait étonnamment bien avec tous les marmots qui étaient captivés par ses récits. Il les racontait théâtralement et les enfants s'y croyaient tant qu'ils posaient des questions sur un ton très sérieux.

Le soleil se couchait doucement dehors, il n'allait pas faire nuit avant une bonne demi-heure, mais les rayons du soleil inondaient déjà le ciel de leur couleur rouge. Les petits étaient partis se coucher et les adultes (plus Kalluto) restants sirotaient une infusion.

- C'est bien que vous soyez revenus, commença Mei. Trois des adolescents ont été embrigadés chez les dragons rouges. Il faut qu'on les fasse revenir.

- Quoi ? fit Feitan. C'est une blague ?

- Non, et c'est pour ça que je vous en parle.

- Tu ne pouvais pas les surveiller ? C'est ton rôle, non ?

Le ton commençait à monter. Feitan la regardait durement et Mei n'en démordait pas. Personne d'autre n'osait parler.

- Mon rôle ? Tu plaisantes, j'espère ! Toi, tu n'es jamais là, et tu te permets de faire des remarques sur la sécurité ?

- Quand je suis là, aucun ne part je te ferai remarquer. Ce sont des enfants, tu es vraiment irresponsable.

- ESO ERIDER AÇ ! s'énerva-t-elle soudain ce qui la fit parler en cihanais.

- Ec en tnos euq sed snimag ! Neib rûs sli'uq en tnevuep sap es relliuorbéd slues ! continua Feitan dans la même langue.

Kalluto commença à avoir des sueurs froides. La seule et unique fois où il avait entendu Feitan s'énerver et parler sa langue natale, ils avaient été en danger de mort. Il se fit tout petit sur son siège.

Les deux se levèrent et partirent dehors pour continuer leur dispute.

- Ut se'n sap sniom elbapuoc ! En em etèjer sap al etuaf emmoc ut siaf à euqahc soif ! dit-elle pleine de colère.

Dans la cuisine, la Brigade Fantôme regardait les deux se disputer violemment, un peu inquiets.

- On-… On ne devrait pas aller les calmer ? demanda Sharnalk. Feitan peu perdre le contrôle de lui-même quand il est comme ça…

Ils se tournèrent vers Mama qui sirotait calmement son thé, comme si rien n'était en train de se produire. Elle finit par dire.

- Au contraire, je pense que vous devriez les laisser.

- Ah oui ? Et si Feitan la tue ? s'insurgea Phinks.

- Oh crois-moi, il ne le fera pas.

Les autres restèrent dubitatifs. Ils les entendaient encore se disputer dans leur langue natale. Et si c'était Mei qui le tuait le premier ? Ils étaient tous choqués de voir qu'ils avaient le même caractère de cochon. Devant leur réaction, Mama reposa son thé et leur dit : « Suivez-moi, vous allez voir ».

Elle les mena au troisième étage de la bâtisse, entra dans une pièce, prit une chaise et la plaça en face de la fenêtre. Elle s'assit dessus, scruta un point dans la cour arrière (assez grande) où Feitan et Mei se disputaient. Quand elle sembla enfin trouver ce qu'elle voulait, elle leur dit.

- Vous entendez ?

Ils se concentrèrent un moment. Phinks brisa enfin le silence : « Bah quoi ? »

- Justement, vous n'entendez plus rien. Ils sont en train de se disputer pourtant, non ?

- Ils ont déjà fini ? dit naïvement Shizuku.

- Ça m'étonne que Feitan arrête une dispute comme ça, pointa Sharnalk.

Mama leur fit signe de s'approcher de la fenêtre.

- Baissez-vous pour ne pas qu'ils vous voient et regardez derrière le pan de mur cassé près de la petite dépendance.

Phinks s'accroupit au niveau de la fenêtre, Sharnalk et Shizuku se mirent sur les côtés et Kalluto juste à côté de Phinks.

Ils plissèrent les yeux pour bientôt les agrandir de surprise.

Plus loin, derrière le mur, pensant être cachés, Feitan et Mei s'embrassaient passionnément. Feitan était dos au mur et tenait Mei contre lui. Aucun doute, ils ne se disputaient plus.

- Hein ?! s'exclama Phinks.

- Ah oui, j'avais oublié. C'est peut-être trop choquant pour toi, dit calmement Mama en lui cachant les yeux d'une main.

- Hé-

Il s'était à peine révolté que Sharnalk, sans même se retourner vers lui, lui mit la main devant la bouche pour le faire taire tout en articulant un « shhh ». Ils étaient absorbé par la scène.

- Mais alors, ils ne se disputaient pas ? demanda Shizuku.

- Pas du tout. Ce n'est pas la première fois qu'ils font le coup. Ça leur permet d'aller s'isoler pour se bécoter. Le pire, c'est qu'ils pensent que je n'ai rien remarqué. C'est aussi visible que le nez au milieu de la figure. Je suis sûre que vous aussi vous vous doutiez de quelque chose.

Sharnalk regarda Phinks (maintenant libre). Non, ils ne s'étaient doutés de rien.

- Aaargh ! Comment ça a pu nous échapper ! se lamenta Sharnalk.

- Ça ne fait peut-être pas si longtemps, on n'a pas eu le temps de s'en rendre compte…

- Ça fait huit ans, coupa net Mama.

- HUIT ANS ?! s'exclama Sharnalk.

- Je vous en prie, ils ne sont même pas discrets. Ils se lancent tout le temps des regards. Ils n'ont fait que ça pendant le repas, même s'ils étaient à deux endroits différents de la table. Et puis, depuis toutes ces années, je ne compte plus le nombre de baisers volés qu'ils se sont échangés. Même quand vous étiez là, ils ne se gênaient pas. En général, ils se tenaient toujours la main…

Sharnalk tombait des nues. Comment avait-il pu passer à côté de ça ? Comment avait-il pu louper cette information, lui qui habituellement était à l'affût de tout ? Si ça n'avait été qu'aujourd'hui, d'accord, mais là, ça durait depuis huit ans ?! À ce moment, il admirait et était encolère contre Feitan de les avoir berné aussi facilement. Il n'allait pas se faire ravoir de sitôt…

- Et… pourquoi nous dire ça maintenant, exactement ?

Mama se fit plus sérieuse.

- C'est à propos de Mei. Je m'inquiète pour elle et c'est un problème bien plus grave.

En bas, les deux tourtereaux avaient fini de s'embrasser et se câlinaient doucement en se disant des mots doux, Mei le nez dans le cou de Feitan.

- Il y a bientôt trois ans, Mei est revenue avec un bébé qu'elle avait trouvé dans un bâtiment adjacent. Du moins, c'est ce qu'elle a dit, mais il y a des signes qui ne trompent pas. Je sais reconnaître une grossesse, même cachée quand j'en vois une.

L'assistance ouvrit des yeux ronds.

- Ce bébé, c'était Yunose.

Nouveaux yeux ronds.

- C'est… vraiment inattendu comme déclaration, mais en quoi est-elle en danger ?

- Elle prévoit d'aller rechercher les jeunes embrigadés chez les dragons rouges dans les jours qui suivent. Comme vous le savez, eux aussi manient très bien le nen. Ils sont dangereux et si elle y va seule, j'ai vraiment peur pour sa sécurité. Je ne veux pas que Yunose se retrouve sans mère. Bien sûr, la petite ne le sais pas.

- Mais… et le père alors ?

Les traits de Mama s'adoucirent un peu et elle regarda l'horizon.

- Il ne sait pas qu'il a une fille…

Elle s'arrêta un instant et ajouta :

- Vous ne trouvez pas que Yunose lui ressemble beaucoup ?

Ils restèrent tous silencieux et échangèrent des regards d'incompréhension.

- Eh bien… non, puisqu'on ne sait pas qui c'est.

Mama se retourna vers eux et son sourire s'élargit.

- Oh que si, vous le connaissez même très bien.

Un nouveau silence.

Puis tout fit un déclic.

- NOOOOOOON ? s'écria Sharnalk.

- Haha, c'est pas possible. Non, il doit y avoir une erreur, dit Phinks en réfléchissant à toute allure.

- Hein ? Fit Kalluto.

- Le père… c'est… Feitan ? dit Shizuku en espaçant les mots comme si elle ne croyait pas ce qu'elle disait.

- Impossible, catégorisa Sharnalk.

- Hautement impossible, renchérit Phinks

- Plus que possible puisqu'elle tient plus de lui que de Mei, ça non plus vous ne l'aviez pas remarqué ?

Nouveau silence.

- Vous n'êtes vraiment pas croyables… Bref. Ne lui dites rien. Il faut que j'en touche deux mots à Mei. Il va falloir qu'elle lui dise à un moment ou un autre. Il ne peut pas rester dans l'ignorance. Enfin bon, il la considère déjà comme sa fille, donc ça ne changera pas grand-chose.

O_O

La nuit était tombée dehors. Feitan et Mei s'étaient assis mais se tenaient toujours l'un dans les bras de l'autre.

- Jusqu'à quand restez-vous ?

- Je ne sais pas. Je pensais rester pour une durée indéterminée, mais je ne sais pas ce que veulent faire les autres.

- Les enfants sont contents que tu sois revenu. Ils n'ont pas arrêté de parler de toi. Tu as vu comment Wei te regardait ? Il t'adore. Il a beaucoup de respect pour toi, c'est vraiment impressionnant.

- Et Lian parle exactement comme toi.

- Elle a vraiment hâte que tu lui apprennes d'autres techniques. Elle se débrouille bien avec le nen.

Elle s'arrêta un instant.

- Et puis, il y a Yunose.

À son nom, Feitan ne put s'empêcher de sourire.

- Elle est exceptionnelle. Elle connaît tous les grands principes du nen et en maîtrise trois. Elle a un potentiel incroyable.

- Mais n'oublie pas qu'elle est encore jeune.

Feitan soupira.

- Je sais bien… Mais ce monde ne lui fera pas de cadeaux, encore moins cette ville. Il faut qu'elle apprenne à se défendre et le plus vite possible.

- Je sais bien. Ne va pas trop vite, d'accord ? Laisse-là quand même un peu profiter de son innocence.

- Promis.

O_O

Ils retournèrent dans l'orphelinat. Ils retrouvèrent les autres adultes qui étaient redescendus aussitôt qu'ils avaient vu qu'ils rentraient. Ils parlèrent encore jusqu'à tard dans la soirée.

Cette fois, Sharnalk pu le constater. Évidemment qu'il y avait quelque chose entre Mei et Feitan. Ils s'étaient assis l'un à côté de l'autre et se tenaient la main discrètement. Oui, ils étaient discrets, ça on ne pouvait pas le nier. Et puis, ces regards ne trompaient pas non plus.

Ils finirent, tard dans la nuit, par décider à aller se coucher. Mei d'un côté et la Brigade Fantôme dans leur chambre préparée.

Feitan attendit d'entendre le souffle régulier de tout le monde avant de se lever de son lit et de se diriger sans faire de bruit vers le couloir.

- Où vas-tu, Feitan-san ? chuchota Kalluto.

Il fut surpris de le voir réveillé. Il lui adressa un sourire et posa un doigt sur ses lèvres pour lui demander de garder le secret. Il sortit ensuite de la chambre, traversa le couloir et entra dans celle de Mei. Il se coucha à côté d'elle et l'entoura de ses bras. Mei se redressa, et lui offrit un baiser avant de se rendormir.