Severus se glisse doucement, presque à tâtons, dans la chambre du Gryffondor. Il s'assoit agilement sur la chaise et contemple Harry qui dort paisiblement. Son ancien élève paraît si fragile, ainsi étendu. Ses lèvres d'un pâleur inhabituelle s'entrouvrent légèrement pour laisser passer une respiration calme et paisible. Ses paupières closes frémissent nerveusement, trahissant un sommeil pas tout à fait paisible. Severus remarque alors la paire de lunettes posée négligemment sur le nez de Harry. Il se demande un instant si le Gryffondor a pour la drôle d'habitude de dormir avec ses lunettes quand une voix incertaine parvient à ses oreilles:

«Rogue?»

Severus se tend à la perspective d'être surpris entrain d'observer le jeune homme. Un regard vert se tourne vers lui et un petit sourire étire les lèvres de Harry.

«Comment vous sentez-vous aujourd'hui, Harry?

- Honnêtement, je ne sais pas, soupire-t-il. Cela fait un moment que je me sens las et fatigué. Et je vous avoue que ma prétendue maladie ne change pas grand chose à mon état habituel. Je ne sais même pas de quoi je suis atteint.

- À ce propos, j'étais venu vous voir pour effectuer un diagnostic.

- Vous pouvez détecter ce qui ne va pas?

- Oui. Je peux diagnostiquer de quelle maladie vous êtes atteints.

- Faîtes-donc.»

Harry se remet dans sa position initiale, le regard fixement tourné en face de lui. Severus sort sa baguette d'un geste souple et effectue quelques mouvements au dessus du corps de Harry. Une aura argenté aux reflets bleu glacial nimbe la pièce d'une lumière changeante. Harry attend sagement que la chambre reprenne ses couleurs normales pour se retourner vers Severus, une lueur d'interrogation animant son regard émeraude.

L'homme en noir le fixe de longues secondes. Sans jugement. Il plante simplement son regard noir dans les iris verts posés sur lui.

«Alors...? Qu'est-ce que ça dit?

- Un virus de passage. Rien de bien grave Harry.

- D'accord.

- Vous disiez que vous vous sentiez las et fatigué ces derniers temps. Pour quelle raison?

- Je ne sais pas vraiment... C'est assez complexe...

- Je vous écoute.

- Eh bien... Je crois que ça a commencé après la fin de la guerre... Je ne me suis jamais vraiment remis de cette partie de ma vie... Sauf peut-être ce jour où on s'est rencontré où j'ai commencé doucement à me détacher de tout ça... Mais je ne sais pas. Au début, je croyais que c'était simplement une phase temporaire, une phase de choc. Et j'ai laissé les choses se dérouler comme ce que tout le monde attendait. J'ai épousé Ginny. J'ai eu Lily. Je suis devenu Auror. Mais je ressens un détachement par rapport à tout ça qui m'effraie un peu... Je veux dire, cela fait dix ans maintenant. Et il n'y a pas eu de fameux matin comme je l'attendais où je me réveille en étant heureux et en aimant ma femme, ma fille, mon travail, tous ces éléments qui construisent ma vie, comme il se doit. Je suis juste... fatigué. Je ne sais pas ce qui ne va pas avec moi.

- Je vois... Vous me dîtes donc que vous feignez d'être heureux depuis maintenant... 10 ans?

- Oui... Mais cependant, récemment, quelque chose m'a rendu plus vivant et alerte.

- Quoi donc?

- Vous.

- Moi?

- Oui. Vous revoir m'a donné une sorte de décharge électrique. Je me suis secoué chaque jour dans l'optique de venir vous voir et... ça m'a vraiment fait du bien. C'est aussi une des raisons pour laquelle je tiens à vous. Vous me rendez vivant.»

Un sourire triste fleurit doucement sur le visage de Severus alors qu'il regarde Harry.

«C'est un comble Harry. Qu'un mort vous rende vivant. Vous ne faîtes décidément jamais rien comme tout le monde.

- Mais vous n'êtes pas mort. Vous êtes ici devant moi.

- Oui...

- Puis-je vous appeler Severus?»

Le concerné l'observe un moment, visiblement en train de livrer un profond dilemme intérieur. Il finit par hocher lentement la tête, faisant fleurir par cette occasion un joli sourire sur le visage du Survivant.

«Merci Severus.

- De rien.»

Les deux hommes restent un long moment à se contempler.

Le contact visuel est finalement brisé par Severus, qui se lève doucement de sa chaise.

«Je vais y aller, je pense que vos amis ne vont pas tarder à arriver et je crois qu'il serait préférable que nous ne nous croisions pas. Je reviendrai vous voir cet après-midi.

- Oui... à plus tard alors... Severus.

- A plus tard, Harry.»

OoOoOoO

«Qu'est-ce que ça veut dire? Demande Ron affalé sur le fauteuil de son salon.

- Je ne sais pas Ron. Je pense que ces deux meurtres sont liés. Ça paraîtrait trop étrange autrement... Mais dans ce cas, peut-on vraiment soupçonner la famille Prince? A-t-elle un lien avec Nott également? En tout cas les deux étaient des Mangemorts...

- Je pense que le mieux serait de demander à Ézéchiel c'est notre seul piste tangible pour l'instant.

- Je ne sais pas, il ne m'inspire pas confiance...

- Peut-être, mais il détient des informations que nous n'avons pas.

- C'est vrai... Mais je préférerais attendre le rétablissement de Harry pour lui rendre visite.

- Oui moi aussi... D'ailleurs, tu en sais un peu plus sur sa maladie? C'est bizarre tout de même.

- Ginny a quelques hypothèses... Mais elle attend le diagnostic de Rogue pour nous en dire plus.

- Je vois... À propos de-»

Ron est coupé dans sa phrase par le bruit caractéristique de l'utilisation de leur cheminée. Les deux sorciers se tourne vers l'âtre pour y voir apparaître, époussetant avec un geste dédaigneux la cendre accrochée à sa cape distinguée...

«MALFOY!? S'exclame Ron visiblement loin d'être ravi.

- C'est bien moi, Weasley.

- BORDEL MAIS QU'EST CE QUE TU FOUS CHEZ MOI !? DÉGAGE DE LÀ BORDEL DE MERDE!

- Hé, on se calme s'il vous plaît. Ne va pas croire que ça me fait plaisir de salir mes chaussures dans votre maison poussiéreuse. Je suis là parce que je n'ai pas le choix, grimace-t-il.

- Et qui t'oblige donc à ramener ta sale face de fouine chez moi?

- Kingsley.

- QUOI?! Oh il va m'entendre celui-là!

- On se calme Weasmoche. Je suis là parce que j'ai été assigné à l'affaire des meurtres d'Azkaban...

- Et pourquoi toi?

- Peut-être parce que mon père s'est fait tué? Ou alors parce que Potter était trop incompétent pour cette tâche, à voir, ricane-t-il.

- Il est malade Malfoy. Laisse-le tranquille.

- Oh oui, le pauvre petit bébé Potter. Il a un petit rhume donc il ne peut plus travailler.

- Tu ne sais rien Malfoy, alors ferme-là veux-tu?

- Je n'ai pas d'ordres à recevoir de quelqu'un comme toi Weasley.

- Espèce de sale-

- Stop! S'exclame Hermione. Nous ne sommes plus des enfants, par la barbe de Merlin! Cessez-donc de vous chamailler comme des premières années, nous avons un meurtrier qui court dans la nature.

- Euh... Oui. Pardon Mione.

- Malfoy, as-tu des informations à nous transmettre? Sais-tu qui aurait bien pu en vouloir à ton père et Nott?

- Non pas vraiment... Je sais par contre qu'il y a un type louche qui rendait visite à mon père lorsqu'il était à Azkaban.

- Tu parles d'Ézéchiel?

- Oui, répond-il en hochant pensivement la tête. Il prétendait être ami avec mon père mais il était toujours hostile. Ses intentions sont un peu louches... Vous l'avez rencontré?

- Oui. Il nous a appris que la Famille Prince en voulait à Lucius et du coup on pensait leur rendre visite.

- La famille de mon parrain? Ah non. Certainement pas. Ce n'est pas elle qui a fait ça.

- De qui-hein-quoi...euh? Rogue est ton parrain?

- Oui bien sûr.

- Excuse-moi mais ce n'étais pas évident.

- Je disais donc, c'est peu probable que ce soit eux. D'accord, ils lui en ont voulu pour l'explosion d'il y a deux ans, mais, ils se sont expliqués et ils ont fini par se réconcilier. Ils étaient en très bon termes avant qu'il ne parte pour Azkaban.

- Pardon? Ils ne l'ont jamais menacé?

- Non, pourquoi ça?

- Parce que c'est Ézéchiel qui nous a raconté ça...

- C'est totalement faux! Jamais la famille Prince n'aurait fait une chose pareille! C'était une famille très digne et bien que mon parrain crachait beaucoup dessus... ils n'auraient jamais été capables d'une chose pareille!

- Donc les Prince sont innocents, déclare Ron.

- Donc on avait tout faux depuis le début. Et on repart de zéro, constate Hermione.

- Non. Pas de zéro. Une petite visite chez Jones s'impose, affirme Drago.

- Je crois que oui, nous avons quelques petites affaires à régler.»

Et les trois Aurors s'adressent un sourire complice, enterrant une vie de conflit au profit d'une simple petite enquête.


Eh bien voilà ! Ce fut l'arrivée glorieuse de mon petit Draco !

Bon je crois que je viens de sauter à pieds joint sur le peu de confiance -si vous en avez jamais eu- que vous aviez pour mon petit Ange déchu. Pauvre choupi...

En attendant l'enquête régresse les amis ! XD

Je dis chapeau à celui qui réussira à trouver le dénouement avant que je ne le poste ;)

Prenez soin de vous,

Lueur Fictionnelle.