Une brise légère caresse son visage pâle. Il se déplace, sur les vieux pavés, sans aucun bruit. Ses talons se tournent vivement en direction d'une petite ruelle sombre et l'obscurité absorbe son corps, à l'abri de la lumière trop vives des réverbères. Il se meut dans la pénombre avec grâce et agilité, comme doté d'un sixième sens.
Il s'arrête soudainement et se tourne vers les voix provenant d'une ruelle adjacente. Un sourire diabolique étire ses lèvres pâles alors qu'il se dirige vers elles, baguette en main.
Plus ses pas le rapprochent de ses deux cibles, plus il sent cette force en lui vibrer et hurler à travers chacun des pores de sa peau. Cette puissance meurtrière assoiffée d'un sang impur, qui le pousse chaque jour un peu plus vers la folie. Un frisson de plaisir le parcourt alors qu'il pense aux deux victimes qui marchent tranquillement devant lui, sans se douter qu'elles auront perdu la vie dans quelques minutes.
D'un bond souple, il rattrape les deux sorciers et les plaque face contre le mur. Il retourne l'homme d'un geste sec et lui jette silencieusement un sort d'immobilité. Il s'écarte ensuite du mur, la femme collée contre son torse et lance un Doloris sur sa silhouette trapue. Il regarde avec délectation les pupilles du sorcier immobiles s'agrandirent avec peur et horreur. Un ricanement mauvais lui échappe alors qu'il lance froidement une succession de sorts de tortures sur le corps de la femme qu'il maintient fermement contre lui.
Pris par une vague d'impatience, il finit par achever la sorcière avec un sourire satisfait. Il entend des voix se rapprocher de plus en plus, sûrement à cause des cris stridents qu'a poussé sa victime quelques minutes plus tôt. Un peu agacé par ce contre-temps, il rend rapidement sa faculté de mouvement à son prisonnier et prononce l'impardonnable, une pointe d'ennui et de déception pointant dans la voix.
Il disparaît de la ruelle, laissant sur son passage deux cadavres poisseux d'un même liquide carmin.
OoOoOoO
«Que diriez-vous d'aller faire un tour Severus?
- Est-ce vraiment sage Harry? Ne préférez-vous pas vous reposer après la matinée que vous avez eu? De plus, j'en déduis que vous ne devez pas avoir très bien dormi non plus, au vu des profondes cernes qui sillonnent votre visage.
- Je vais bien Severus. Tout ce que je vous demande, c'est une petite balade. Ça ne pas me faire de mal, si?
- Je suppose que non... Allons-y.
- Merci.»
Les deux sorciers s'emparent de leur manteaux et sortent de l'immense demeure des Potter.
«Où voulez-vous aller?
- Je ne sais pas... Vous ne connaissez pas des coins sympa vous qui habitez dans la campagne?
- Pas vraiment non.
- Bon eh bien nous irons dans la forêt de Green.
- Qui a donné ce nom stupide à une forêt?
- Allez savoir, il devait être un peu fainéant. Mais en tout cas le lieu en lui-même est joli.
- Allons-y dans ce cas.
- Très certainement, voulez-vous bien prendre mon bras.
- Puisque je n'ai pas le choix...»
Severus saisit le bras du plus jeune et tous deux transplanent dans la forêt de Green.
Les deux sorciers atterrissent dans une clairière où filtrent quelques rayons de soleil qui viennent chatouiller leur visage d'une douce chaleur. Ils se mettent à avancer paisiblement, sans qu'une parole ne soit échangée. Leurs mains se frôlent de temps à autre alors qu'ils avancent avec quiétude dans le bois.
«Alors cette enquête, comment se porte-t-elle?
- Eh bien... Elle s'annonce difficile.
- Ah oui?
- Oui. Les frères Carrow ont été retrouvés morts ce matin dans une ruelle non loin de l'Allée des Embrumes. Nous n'avons aucune piste tangible, la seule chose que nous savons c'est qu'il s'agit à chaque fois de Mangemorts, que se soit à Azkaban ou non. Comme si quelqu'un cherchait à faire régner sa propre justice...
- Vous avez pensé aux rescapés de guerre?
- Je vous demande pardon?
- Les rescapés de guerre. Tous ces gens qui ont combattu, vous y avez songé? Une guerre pareille vous change la vie... Vous devriez essayer de creuser de ce côté-là...
- C'est une bonne idée. Merci Severus.
- Je vous en prie.»
Le silence revient alors qu'ils continuent leur promenade parmi les arbres aux jolies feuilles bien vertes.
«Dîtes... Comment connaissez-vous Ézéchiel? Demande subitement Harry.
- C'était l'amant de Lucius. Lucius me le présentait toujours comme la septième merveille du monde. Il était visiblement très fier de sa... trouvaille.
- Que représentait Lucius pour vous?
- C'était un ami. Un de mes premiers amis d'ailleurs. C'est peut-être pour cette raison que je n'ai jamais pu me résoudre à lui tourner le dos alors même que son attitude me répugnait. Parce qu'au fond c'est le seul à ne m'avoir jamais laissé tomber.
- Je vois... Et pourquoi n'aimiez-vous pas Ézéchiel?
- Il était sournois. Il y avait quelque chose d'effrayant dans cette aura de magie brute qui se dégageait de lui. Il ne m'inspirait pas confiance.
- Donc... Vous n'avez jamais été jaloux de lui?
-Est-ce une balade ou un interrogatoire?
- Répondez s'il vous plaît...
- Vous êtes allé rendre une visite à Jones visiblement. Je me trompe?
- Vous avez raison. Mais répondez.
- Et en quoi cela vous regarde, je vous prie?»
Harry retient la réplique qu'il a sur le bout des lèvres, réfléchissant à la question de Severus. Après tout, il a raison. Harry n'a absolument rien à voir avec toute cette histoire... Mais malgré tout, il ressent une certaine... Jalousie? À ce qu'a pu éprouver Severus à l'égard de Lucius. Jalousie totalement absurde. Après tout, ce n'est pas comme s'il considérait Severus au-delà d'un ami... Si? L'idée ne lui paraît pourtant pas si idiote ni choquante et il n'arrive même pas à en être désolé pour qui que se soit.
«Je suis curieux, vous savez bien... mon côté d'insupportable Gryffondor qui ressort.
- Vous avez bien raison sur ce point là. Vous êtes insupportable.
- Vous esquivez.
- Vous m'agacez.
- Répondez.
- Non.
- Pourquoi?
- Parce que ça ne vous regarde pas.
- Vrai. Mais répondez quand même.
- Et pourquoi?
- Parce que sinon je dit à votre filleul que vous avez fantasmé sur son père.
- Que-Quoi?
- Ne me tentez pas.
- Mais-
- Répondez Severus.
- D'accord.
- Répon-attendez, quoi?
- J'ai dit d'accord.
- Je vous écoute.
- Eh bien non, c'est faux. Lucius n'était pas mon genre.
- QUOI?! Et ça vous coûtait quoi de me le dire?
- J'ai de la fierté Harry, contrairement à vous.
- Mais-Je-Vous me désespérez, vous le savez ça?
- Il faut bien que je vous rende la pareille après tant d'années passées à essayer de faire rentrer la moindre petite chose dans votre foutu crâne.
- Mouais... Et donc, quel est votre type à vous? Une jolie femme rousse aux yeux verts?
- Par Merlin Harry, non. Lily n'était rien de plus qu'une amie à mes yeux. De plus, ça n'aurait jamais été possible entre nous je m'en rends compte maintenant...
- Et pourquoi ça? Demande Harry en sentant son coeur se gonfler d'espoir inconsciemment.
- Parce que je suis gay, c'est évident non?
- Pas tant que ça... Il n'y a pas vraiment marqué en gros sur votre front Je suis gay et fier de l'être.
- Eh bien, maintenant vous le savez, satisfait?
- À vrai dire non.
- Quoi encore? Soupire Severus.
- Vous n'avez pas répondu à ma question.
- Laquelle?
- Quel est votre type?
- Parce que vous étiez sérieux?
- Je suis toujours sérieux.
- Mais bien sûr..., réplique-t-il en levant les yeux au ciel.
- Répondez.
- Ah, vous n'allez pas recommencer!
- C'est vous qui recommencez, je ne fais rien du tout!
- J'imagine que vous n'allez pas me lâcher tant que je n'aurai pas répondu à votre foutue question?
- Non effectivement.
- Très bien. J'apprécie les... bruns... aux yeux... Vous savez quoi Harry? Je n'ai pas vraiment de préférences physiques. Seul le caractère compte.
- Ah oui?
- Oui.
- C'est une pensée bien noble.
- Si vous le dites.
- Je le dis.»
Un faible sourire s'épanouit sur les lèvres fines du Maîtres des Potions. Et à cet instant, Harry ne peut s'empêcher de lui trouver un charme envoûtant. Un charme bien à lui, mais d'une puissance impressionnante tout de même.
Oui, Harry éprouve définitivement des sentiments à l'égard de Severus. Lesquels, il ne sait pas exactement. Mais cela dépasse assurément la simple amitié.
Voilà, une douce avancée pour l'enquête et le snarry !
Oui, ce chapitre était un peu niais mais le moi du passé avait besoin d'un peu de gaieté, d'accord ? XD
Bref, j'ai semé des petits indice sur notre coupable dans la première partie du chapitre... Faites-y bien attention ;)
Bonne journée à tous mes chers lecteurs, je vous aime fort
