«Une petite balade dans le jardin Harry? Demande gentiment Ginny. Allez, tu peux bien accorder ça à celle qui te sert de femme, ajoute-t-elle devant l'air dubitatif de Harry.

- C'est que... Je dois me reposer.

- Depuis quand tu obéis à Rogue?

- J'arrive, répond-il avec un petit sourire amusé.»

Les deux sorciers enfilent leurs manteaux et commencent leur marche autour de la grande maison.

«Tu voulais parler, je me trompe? Demande le Survivant.

- Effectivement, c'était dans mes intentions.

- Je t'écoute.

- Comment vas-tu Harry? Et ne réponds pas 'Comme d'habitude'.

- Bien.

- BIIIIP. Mauvaise réponse. Je reprends: Comment vas-tu?

- Je ne sais pas...

- Toujours pas concluant, il va falloir développer.

- Comment vas-tu?

- Harry?

- Réponds-moi.

- Allez.

- S'il te plaît.

- J'ai pas envie...

- Allez.

- Non.

- Dis-moi.

- Harry?

- Non.

- Pourquoi?

- Tout ce que je veux c'est ton bien.

- Harry?

- Allez!

- Réponds...

- S'il te plaît.

- Je peux faire tout ce que tu veux mais il faut que tu répondes, déclare-t-elle d'une voix douce.

- Arrête...

- Non. Pas tant que tu n'auras pas répondu.

- Réponds.

- Réponds.

- Réponds.

- Réponds.»

Ginny répète ce mot en une litanie incessante et insupportable aux oreilles de Harry. La phrase enfle dans sa tête et envahit toute faculté à penser raisonnablement. Se sentant oppressé, il finit par hurler, le souffle court:

«STOOOOP! Non je ne vais pas bien putain! Mais ferme ta gueule. Vraiment. Laisse-moi vivre en paix, tu m'étouffe.

- Qu'est-ce qu'il y a Harry? Pourquoi tu ne vas pas bien?

- Pourquoi? Ricane-t-il amèrement. POURQUOI?! Peut-être parce que j'ai une putain de maladie qui s'aggrave de jour en jour et que tout le monde prétend que ce n'est rien alors que vous me regardez comme si j'étais un cadavre ambulant! J'ai l'impression qu'on m'a déjà enterré ! Ou alors peut-être parce qu'un putain de taré psychopathe court dans la nature!? À moins que ce ne soit juste parce que j'ai plus qu'une seule envie, c'est qu'on me laisse crever en paix, la dernière phrase est murmurée, comme un secret avoué sur le bout des lèvres.»

Ginny se tait un instant, laissant le temps à Harry de reprendre ses esprits.

« Ça fait du bien quand ça sort, non?

- Oui...

- Est-ce que tu es heureux?

- Sérieux Gin'? Demande-t-il avec un ton méprisant.

- Je voulais parler de Rogue.

- Ah. Je crois que oui. Je ne sais pas, c'est confus... Mais je crois que c'est ce qu'on appelle être heureux...»

Elle hoche lentement la tête, un faible sourire éclairant son visage pâle.

Les deux sorciers continuent leur marche, laissant un silence apaisant planer entre eux. Ils finissent par se retrouver face à leur porte d'entrée et avant de s'engouffrer dans la demeure, Ginny se retourne et décrète:

«Jamais je ne m'opposerai à ton bonheur Harry. Sache-le.»

Et sans qu'il ait le temps de réfléchir correctement à ces paroles, la porte se referme devant son nez, l'obligeant à s'extirper de ses pensées pour suivre sa femme à l'intérieur.

OoOoOoO

«On a du nouveau Harry!

- Super... Qu'avez-vous trouvé?

- On a relu l'article de journal et le témoignage de la personne qui a trouvé les corps et il se trouve que...

- C'est Ézéchiel! S'exclame Hermione

- Oui, voilà, grogne Drago.

- Oh. Laissez-moi deviner. Vous voulez que j'aille lui rendre visite, c'est ça?

- Parfaitement Potter. On a pas que ça à faire d'aller voir l'autre détraqué, on a du boulot, nous.

- Si ça te dérange pas, hein? Demande Ron un peu penaud.

- Non, non. J'imagine que je vous dois bien ça de toute façon, soupire-t-il.

- Super mon pote, t'assures!

- Je sais, je sais..., répond-il peu convaincu. Sinon, vous n'avez pas trouvé d'autres idées pour identifier le coupable? Vous avez tout de même trois cerveaux géniaux tournant à plein régime...

- Le mien est génial. Le leur, j'en doute.»

Harry sourit à la pique de Drago. À force de ses visites régulières, il a fini par trouver un côté attachant et amusant au Serpentard. Et il croit pouvoir affirmer que le sentiment est réciproque. Ou tout du moins Drago ne le déteste plus. Ce qui est en soi un progrès assez considérable.

«A vrai dire pas vraiment. J'avais pensé aux empreintes digitales mais nous sommes dans le monde sorcier, nous n'avons aucun moyen de les répertorier...

- Sinon ce qui ressort est que c'est assurément quelqu'un qui souhaite éradiquer les Mangemorts.

- Et à la façon barbare dont il tue, j'en ai déduit que c'était sûrement un sang-mêlé ou un né-moldu. Jamais un Sang Pur ne s'abaisserait à de telles manières, conclut Drago en fronçant le nez de dégoût.

- Ce que je me demande, c'est pourquoi ne pas continuer à tuer les Mangemorts à Azkaban? S'interroge Harry.

- Je me suis posé la même question...

- Il avait peut-être la flemme de faire le déplacement.

- Ça paraît peu probable...

- Vous vous rendez compte que vous êtes en train d'essayer de cerner la logique d'un psychopathe? Ce type est un fou, il ne faut pas chercher sa logique puisqu'il n'en tout simplement pas.

- Très juste.

- Merci Potter.

- Vous avez demandé à poster un système d'alarme sur les cellules d'Azkaban?

- Oui, mais lequel?

- On pourrait installer une sorte de caméra sorcière qui nous avertirait de la présence de quelqu'un.

- C'est une bonne idée, j'en ferai part à Kingsley.

- Bon eh bien c'est déjà ça... On se retrouve tout à l'heure pour faire le point, j'ai une peite visite à rendre à quelqu'un.

- Bonne chance mon pote!»

Oh oui, de la chance, Harry en aura besoin. Et du courage surtout.

OoOoOoO

«Je t'attendais plus tôt Harry.»

Harry n'est pas sûr d'apprécier particulièrement le tutoiement mais il ne fait aucun commentaire et se contente de s'installer dans le petit salon pour la troisième fois en un mois. Il n'est pas vraiment joyeux à la perspective de rendre de nouveau visite à Ézéchiel mais en même temps, il éprouve une certaine curiosité à l'égard de cet homme à l'allure imposante.

«Ah oui? Et pourquoi ça?

- Mon témoignage a été publié il y a 4 jours. Parce que c'est bien pour ça que tu es là, pas vrai?

- Oui. Avez-vous vu le coupable?

- Vaguement. Mais vraiment pas longtemps, il a transplané quand je suis arrivé.

- Et? Qu'avez-vous vu?

- Rien de plus que ce que j'ai témoigné l'autre jour.

- Avez-vous une idée de suspect?

- Pour être tout à fait honnête, j'ai ma petite idée sur le meurtrier. Et j'avoue qu'elle est des plus surprenantes.

- À qui pensez-vous?

- Tutoie-moi, veux-tu? Ça me donne l'impression d'être un vieux aigri autrement.

- Alors, à qui penses-tu?

- Ah mais je ne te le dirai pas!

- Et pourquoi?

- Vois-tu mon petit Harry, je t'aime vraiment beaucoup. Et c'est pour cette raison que je ne veux pas te choquer en t'exposant ma théorie. Elle est un peu effrayante pour tout te dire et puis... surtout un peu farfelue. J'attends de voir la suite des événements pour voir si elle tient la route.

- Mais... Pourquoi? Tu ne peux pas me donner un indice au moins?

- Mmmmmmmh... Très bien. Un indice. Mais c'est bien parce que je t'apprécie. À vrai dire, au vu des circonstances, je suis surpris que tu sois là, devant moi. C'est une des grandes failles de mon hypothèse que je n'arrive pas concrètement à expliquer. J'ai quelques idées mais je ne suis pas sûr.

- Donc c'est quelqu'un de mon entourage?

- Ah ça oui! Plus proche tu meurs, rit-il.

- Il me veut du mal?

- Un seul indice on a dit.

- Mais-

- Tututut mon petit chou. Ce n'est pas négociable. Reviens me voir la prochaine fois. Peut-être que j'accepterai d'éclairer ta si rayonnante lanterne si je suis de bonne humeur.

- Je-D'accord.

- A une prochaine petit chou. J'aime beaucoup ce petit surnom, je sens qu'il va rester celui-là.

- Au revoir...»

Harry sort de la maison, passant mentalement au peigne fin chacun des membres de son entourage proche.


HAHA ! Le cercle des suspects se resserre ! Des idées? Je vous laisse méditer l'identité du coupable, mon petit Zéké l'a trouvé lui, donc vous aussi vous le pouvez !Allez, bises, une bonne journée à tous et toutes.