«Harry... la cape et la pierre.

- Qu'est-ce que-

- Harry! On file chez toi!

- Mais-

- Il n'y pas de mais! On y va.

- Herm-»

Mais Harry n'a pas le temps de finir sa phrase que son amie a agrippé son bras et les fait tous deux transplaner devant les barrières de transplanage. Tenant toujours fermement son poignet, la brune l'entraîne d'une démarche pressée jusqu'à la maison des Potter.

«Où les ranges-tu habituellement?

- Dans la chambre-

- Bien.»

Elle le traîne une fois de plus dans la pièce attendue. Comprenant que ce n'est pas le moment de discuter, Harry ouvre l'armoire pour vérifier la présence de sa cape d'invisibilité, sur la plus haute étagère.

«Elles ont disparu.»

Un sentiment d'effroi parcourt le corps du Survivant alors qu'il exprime les faits à voix haute.

« J'en étais sûre...

- Mais comment... Hermione, j'ai passé quasiment tout mon temps allongé dans ce lit... c'est impossible.

- Forcée de constater que non. Ce n'est pas impossible.

- Mais les barrières de transplanage... Ginny. Severus. Le voleur n'a pas pu contourné toutes ces défenses... Et puis... Merde Hermione, il l'a pris sous mes yeux et je n'ai rien vu.

- Harry... Ce n'est pas de ta faute, tu es malade, tu dois dormir la plupart du temps... Et puis, il y a tout de même des fois où tu t'absentes... Trop de fois d'ailleurs, tu devrais faire plus attention, lutter contre une maladie peut être dangereux.

- Je-

- Allons interroger Ginny pour savoir si elle ne sait pas quelque chose, le coupe-t-elle doucement.

- D'accord, soupire Harry.»

Les deux amis se dirigent dans le salon et remarque que le blond et le roux sont affalés dans deux fauteuils.

«Alors? Demande Ron avec espoir.

- Disparu... répond Hermione en secouant la tête.

- Et merde...

- On peut m'expliquer? Demande Drago, les bras croisés.

- Et si vous restiez plutôt dîner pour discuter au calme de toute cette histoire? Propose Ginny en sortant de la salle à manger.

- Excellente idée! Je commençais à avoir faim!

- Tu ne changeras donc jamais Ronald Weasley...

- Bah quoi, c'est pas ma faute!»

Hermione lève les yeux au ciel tandis que les sorciers se dirigent vers la salle à manger. Chacun prend place et Drago reprend:

«Donc?

- Eh bien... par où commencer...

- Déjà, qu'est-ce que sont les Reliques de la Mort? Ce n'est tout de même pas cette légende pour gamins dans le conte des trois frères?

- C'est... précisément ça.

- Tu veux dire que ces objets existent vraiment?

- Oui... La baguette de Sureau, la Cape d'Invisibilité et la Pierre de résurrection.

- Eh bah, déclare le blond avec un petit sifflement admiratif.

- Oui. Tu as d'ailleurs possédé l'une d'entre elles.

- Quoi?!

- Oui, la baguette de Sureau t'es revenue le jour où tu as désarmé Dumbledore dans la Tour d'Astronomie... Jusqu'au jour où je t'ai désarmé. Voldemort n'a jamais possédé cette baguette, contrairement à ce qu'il a pensé en voulant tuer Severus.

- Oh. C'était donc ça, cette étrange obsession avec sa baguette...

- Quant à la cape d'invisibilité, je l'ai hérité de mon père et la pierre de résurrection m'a été légué par Dumbledore.

- Je vois... Donc celui qui a commis ces meurtres détient en fait Les Trois reliques de la Mort. D'où la signature 'Le Maître', comme Le Maître de la Mort.

- Exact...

- C'est carrément flippant.

- Je ne te le fais pas dire, je viens d'apprendre qu'on s'est introduit dans ma maison sous mon nez pour me voler deux objets puissants et potentiellement dangereux. À ce propos, tu n'aurais pas vu ou entendu quelque chose de suspect ces derniers jours Gin'?

- Mmmmh, réfléchit-elle une main sous le menton. Pas que je sache non... En même temps, j'ai été au boulot toute la semaine... Il faudrait demander à Rogue.

- C'est une bonne idée, j'y vais de ce pas.»

Alors que Harry commence à se lever de sa chaise, une voix grave retentit dans son dos:

«Me demander quoi?

- Severus...

- Potter, répond Severus d'une voix plate.»

Harry grimace légèrement à l'entente de son nom de famille, jetant un regard appuyé à son ancien professeur de Potions pour essayer de déterminer quelle est la raison de cette appellation.

«Nous nous demandions... Si vous n'aviez pas vu ou entendu des choses suspectes ces derniers jours.

- À part vos gémissements de douleur pitoyables? Non. Rien d'anormal.

- Vraiment? Parce qu'il se trouve que ma maison s'est faîte cambrioler sous mon nez.

- Ce n'est pas ma faute si vous avez des problèmes de sécurité.

- Maison dans laquelle vous logez Severus.

- Si ce n'est que ça... Je peux très bien partir.

- Ne soyez pas stupide...

- Ce n'était pas dans mes intentions.

- Êtes vous certain de n'avoir rien remarqué ?»

Après un haussement de sourcil, Severus reprend d'un ton désinvolte:

«Certain Potter.»

OoOoOoO

Drago s'éclipse volontairement de l'attablée, prétextant aller aux toilettes. Le blond monte les marches menant à l'étage de son parrain et frappe doucement à la porte de la chambre. Quand il entend un grognement lui donnant la permission d'entrer, il s'exécute pour voir Severus en tailleur sur son lit, mangeant son assiette de lasagne d'une main, un livre posé dans l'autre.

«Drago.

- Severus.»

Les deux hommes hochent la tête en guise de salut.

«Que fais-tu ici? Je ne vous ai pas laissé entre vous pour que vous veniez envahir mon espace vital.

- Il n'y a que moi... En fait, on a jamais vraiment eu le temps de parler ces deux dernières semaines mais... tu me dois des explications, tu ne crois pas?

- J'imagine que oui, soupire-t-il. Assieds-toi.»

Drago prend place sur une chaise en face du lit, faute d'autre place et fixe son parrain de ses yeux gris, attendant calmement une réponse.

«Je n'ai pas envie de m'étendre là-dessus.

- Je ne te le demande pas. Je veux juste savoir pourquoi tu es ici devant moi alors que tu es supposé être mort.

- Sauvé par un miracle, réplique amèrement le Potionniste.

- Vraiment?

- Oui. L'anti-venin que j'avais ingéré en prévention quelques années plutôt a permis de ralentir suffisamment la progression du venin pour que j'ai le temps de me soigner.

- Ah oui? Ça me semble un peu simple comme excuse, observe Drago les yeux plissés.

- C'est pourtant la stricte vérité, rétorque Severus calmement.

- Pour de vrai?

- Pour de vrai.

- Tu me le jures?»

Severus regarde son filleul dans les yeux, lui transmettant clairement son agacement face à un tel comportement avant de dire d'une voix assurée:

«Je te le jure.»

Drago hoche lentement la tête.

«Dans ce cas je te crois.

- Enfin.

- Et, avec Potter? Que se passe-t-il entre vous?

- Je ne sais pas ce que tu imagines, mais il n'y a absolument rien, se crispe Severus.

- Oh, et ton attitude le démontre parfaitement, ricane le Serpentard. Allez, racontes tout à ton gentil filleul!

- Gentil, gentil... sournois surtout, marmonne le concerné.

- C'est d'ailleurs pour ça que tu m'aimes!

- Tu n'as pas tout à fait tord.»

Severus s'autorise un faible sourire satisfait. De toutes les relations -pas si nombreuses que ça d'ailleurs- que Severus a stoppé, celle avec son filleul est celle qui lui a le plus manqué. Severus a toujours considéré Drago, non comme un fils, comme certains pourraient le croire, mais comme un égal. Il se retrouvait beaucoup en ce gosse, enrôlé bien trop tôt dans ce monde sournois qui le dépassait complétement sans être totalement conscient de ses actes. Severus n'a jamais ressenti de pitié envers le blond, juste une profonde compréhension. Et c'est ce qui a toujours créé ce lien fort entre les deux sorciers.

« Allez, crache le morceau!

- Eh bien je ne sais pas.

- Tu ne sais pas quoi?

- Quoi penser de toute cette situation... Je... Ce qui est sûr, c'est que je ne peux plus prétendre détester Harry comme je le faisais avant, ce qui est extrêmement ennuyant en un certain sens...

- Harry? répète-t-il avec un sourire amusé. Continue, continue, se reprend-il devant l'air renfrogné de l'homme en face de lui.

- Mais il y a autre chose...

- Qui est?»

Severus grimace, franchement mal à l'aise avec l'idée de parler si ouvertement de tous ces sentiments qu'il a du mal à s'avouer lui-même. Mais le regard suppliant du jeune blond force sa bouche à parler d'elle-même:

«Il y a cette... chose. Qui me pousse vers cet imbécile de Gryffondor. Et je sais que ce n'est pas une bonne chose-

- Et pourquoi?

- Parce que ça le détruira. Je le détruirai, ajoute-t-il dans un murmure.

- Arrête de dire ça! Je suis certain que c'est faux. Vous avez tous les deux besoin de l'autre et ça saute aux yeux!

- Tu ne comprends pas, ce n'est pas-

- Ce que je comprends, c'est qu'il t'aime, -désolé mais ça saute au yeux- et que tu eh bien... l'apprécies, déclare Drago sous le regard d'avertissement du Maître des Potions. Et le plus important c'est que... bordel Severus, tu as sacrifié toute ta vie pour réparer tes actions, il est temps de te pardonner. Tu es le seul qui ne l'as pas fait. Pardonne-toi et laisse-toi le droit d'être heureux. Même si c'est avec ce crétin de Potter, tu as le droit au bonheur.»

Severus fixe son filleul, le regard dans le vague. Un sourire indulgent fleurit sur les lèvres de Drago et il se dirige doucement vers la porte.

«Je crois que je ferais mieux de te laisser réfléchir à tout ça... Au revoir Severus.

- 'revoir, grommelle-t-il»

OoOoOoO

Harry débarrasse les restes du repas et aide Ginny à faire la vaisselle à l'aide de différents sort tandis qu'il déclare:

«Je vais prendre l'air, j'ai besoin de réfléchir à toute cette histoire... Je ne serai pas long.»

Et sans attendre la réponse de sa femme, Harry s'en va.

Il transplane sans vraiment réfléchir et cligne un instant des yeux face à sa destination assez inattendue.

Après quelques instants, il finit par hausser les épaules et songe que ce n'est pas une idée si terrible. Après tout, peut-être réussira-t-il à obtenir des réponses.

C'est donc de façon assurée et détendue que Harry frappe à la porte bleue de la maison d'Ézéchiel.


Hey ! Je sais que je devais sortir ce chapitre bien plus tôt mais j'ai été invitée à une fête qui a duré... longtemps. Je n'ai donc rien pu publier jusqu'à aujourd'hui; -;

Donc pour me rattraper, je vous sors les deux chap de vendredi et dimanche aujourd'hui :)