«Harry.»
Le concerné adresse un faible sourire en réponse à Ézéchiel, prenant place sur la chaise en face de lui. Le Gryffondor s'accorde un instant pour admirer l'espace végétalisé du Bloomy Coffee. Ézéchiel n'a pas menti quand il a dit que ce café était impressionnant. En effet, une multitude de plantes aux feuillages chatoyants sont disposées un peu partout dans une grande verrière aérée. Les tables en verre accompagnées de chaises en bois de chêne sont éparpillées avec stratégie dans la grande salle, de sorte à ce qu'elles soient séparées les unes des autres, à tel point qu'on a tendance à se croire seul au milieu de la nature et occulter le fait qu'on est en réalité dans un petit café londonien.
«Impressionnant n'est-ce pas?
- Oui... Ces moldus sont tout de même drôlement ingénieux.»
Un sourire ravi étire les lèvres de l'homme aux yeux gris.
«Alors, comment vas-tu en cette belle journée du mois de juin?
- J'ai connu des jours plus glorieux, disons, décrète Harry en se raclant la gorge.
- Ah oui? Qu'est-ce qu'il y a? Tu es malade?
- Oui, j'ai la gorge un peu enrouée.
- Je vois ça...»
Les deux sorciers se taisent alors qu'un serveur vient s'enquérir de leur commande. Harry prend une tisane avec du miel, dans l'espoir de rendre sa gorge un peu moins sèche, tandis que Ézéchiel commande un café noir.
«Dit, j'ai une question.
- Mais je t'en prie mon petit Harry, je suis là pour ça après tout. Enfin, entre-autre, pour le plaisir de ta charmante compagnie aussi... mais je m'égare. Parle, je t'écoute.
- Enfin quelqu'un qui accepte de répondre, bougonne Harry. Je ne te demanderai pas qui est le meurtrier, puisque visiblement tout le monde s'évertue à garder les indices qu'il a pour lui... Mais je veux juste savoir pourquoi tu ne refuses de m'en dire plus.
- Pourquoi? Parce que ce n'est pas mon rôle de t'apprendre ça.
- Mais... qui détient ce rôle alors? Personne ne veut rien me dire. J'ai l'impression d'être à nouveau le gosse auquel l'Ordre du Phénix refusait de faire confiance.
- Parce que la vérité est bien trop dure à voir en face Harry. D'autant plus que si tes amis en sont arrivés à la même conclusion que moi, je pense qu'ils attendent un signe concret qui confirme leur théorie.
- Mais s'ils me parlaient tout serait tellement plus simple... tout le monde m'ignore et fait comme si je n'existais pas...
- Parce qu'ils t'aiment Harry, ils veulent te protéger.
- Mais je n'ai pas besoin de leur protection! Je ne suis pas plus un gamin qu'eux! Et merde, j'ai tout de même vaincu Voldemort!
- Je sais Harry...
- Tu penses que c'est pour ça qu'il ne veut pas de moi? Parce que je ne suis qu'un gamin immature à ses yeux?
- Qui ça 'Il'?
- Severus.
- Ah. Ce bon vieux Severus, déclare Ézéchiel avec une amertume non-feinte. Encore et toujours lui. Je ne sais pas pourquoi il t'évite. Mais en tout cas, il passe à côté de quelqu'un de merveilleux et c'est tant pis pour lui... Mais, tu tiens vraiment à lui, n'est-ce pas?
- Oui. Mais lui ne veut pas de moi j'ai l'impression.
- Je ne peux pas me permettre de juger. Je n'ai jamais vu comment il se comportait en ta présence, et je ne tiens pas particulièrement à le savoir.
- Qu'est-ce qu'il s'est passé entre vous deux? Il y a plus que cette histoire avec Lucius, pas vrai?
- Oh oui. Bien plus. Trop même.
- Raconte!
- Non.
- Pourquoi?
- Tu es bien trop attaché à ton petit Sevychou. Tu prendrais sans cesse sa défense et ce serait insupportable. Et puis, il faut dire que je n'aime pas vraiment cette personne que j'étais avant la défaite de Voldemort. Ma vie était assez misérable.
- Qui n'a pas eu une vie misérable en temps de guerre?
- Crois-moi, je n'étais pas beau à voir. Maintenant je suis Ézéchiel Jones, j'ai avancé et je me suis forgé une vie. Mais avant, je n'étais qu'un misérable petit asticot qui se tortillait pour avoir un semblant d'affection. J'étais bien pathétique.
- Je me suis toujours demandé, quelle place as-tu occupé dans cette guerre? Avec Lucius pour amant...
- Je n'ai pas envie d'en parler. Repasse quand tu auras conquis le cur de ton prince des ténèbres de tes doux yeux verts, et là, quand tu seras enfin rassuré par la pensée qu'il t'aime et que ton point de vue sera un tantinet plus objectif, reviens me voir.»
Et Ézéchiel s'en va, laissant un billet d'argent moldu derrière lui à un Harry à moitié désemparé, sa tasse de thé suspendue à mi-chemin entre ses lèvres et la table.
OoOoOoO
Severus descend nerveusement les escaliers menant au salon. Il aperçoit Ginny et la hèle immédiatement:
«Miss Weasley!
- Oui Rogue?
- Je pars.
- Et où sont donc vos bagages?
- Je n'en ai pas besoin.»
L'expression de la rousse se transforme, comme si elle venait de comprendre un point capital.
«Vous. N'irez. Nul. Part. Est-ce bien clair Rogue? Harry a besoin de vous aussi bien au sens médical que moral. Vous ne pouvez pas l'abandonner. Vous n'êtes pas un lâche.
- Vous n'avez aucun droit de me retenir ici, Miss.
- Il se trouve que si, justement. Avez-vous oublié?
- Satané rouquine! se lamente Severus. Elle finira par avoir ma peau.
- Écoutez Rogue, reprend-elle plus doucement, vous êtes une des seules choses sur cette planète qui donnez un tant soit peu de vie à Harry. Vous n'avez pas le droit de fuir au prétexte que ses sentiments vous effraient.
- Vous ne comprenez pas-
- Severus?»
Drago apparaît dans l'encadrement de la porte, cherchant à fuir la discussion volcanique entre Hermione et son mari qui a lieue dans la cuisine.
«Drago...
- Alors, comment ça va avec Potter?»
Ginny s'éclipse après un dernier regard d'avertissement pour le potionniste, sentant que les deux hommes ont besoin d'être seuls.
«J'ai réussi à lui concocter une potion qui semble réussir à lui faire tenir le coup... Mais elle est moins efficace que la première.
- Je ne parlais pas de ça Severus. Et tu le sais parfaitement.
- Il n'y a rien d'autre à dire.
- Putain Severus, tu ne vas pas me la refaire à chaque fois, je suis pas con, merci. Alors, quand est-ce que vous vous avouez enfin que vous vous aimez et que vous vivrez heureux avec beaucoup d'enfants jusqu'à la fin des temps?
- De-que-Comment?
- Roooh allez Sev', arrête de faire comme si tu n'avais rien remarqué!
- Déjà, ne m'appelle pas Sev', grimace-t-il. Ensuite, il n'y a et n'aura rien entre Potter et moi.
- Severus... soupire le blond. Il faut que tu arrête de nier tes sentiments. Tu sais, ce n'est pas nuisible et ça ne va tuer personne. Bien au contraire, je suis à peu près sûr que cela remonterait le moral de Potter. Et pas qu'un peu si tu veux mon avis.
- Tu ne comprends rien, n'est-ce pas? Ça le détruirait totalement! Je n'ai pas le droit de lui infliger ça dans un besoin égoïste de bonheur. Il n'existe pas d'avenir heureux qui nous attende au bout du chemin. Juste de la douleur et de la souffrance.
- Non Severus. Tu te trompes. L'amour ce n'est pas la douleur et la souffrance. C'est avant tout le bonheur et la joie. Et tu ne peux pas savoir où cela va vous mener si tu refuses d'essayer.
- Je ne veux pas le briser...
- Je sais. Mais c'est en le repoussant que tu lui fais du mal.
- Je sais...
- Promets-moi d'essayer Severus.
- Mais à quoi bon? Si je connais déjà l'issue d'une telle relation.
- Non, tu ne la connais pas! Tu n'as même pas essayé! Promets-le moi Severus.
- Non.
- Severus, regarde-moi.»
Le Maître des Potions lève son regard un peu à contrecoeur pour venir le planter dans celui de son filleul.
«Je veux que tu me le promettes.
- Et si...
- Et si ça fini mal Potter aura des tas d'amis pour l'aider à se relever et moi je serais là pour toi. Allez, jure-le.
- Mais-
- Jure-le.
- Je...
- Jure-le!
- Si-
- JURE-LE! JURE-LE! JURE-LE!
- D'accord, d'accord, pas la peine de crier-
- Hum, actuellement si.
- Oui bon...
- Alors?
- Tu as gagné.
- Je veux te l'entendre dire.
- Tu es puérile, rétorque Severus en levant les yeux aux ciel. Je te le jure. Tu es content?
- Oui, très.»
Et Drago adresse un sourire fier à son parrain, digne du Serpentard qu'il est.
Vous croyez vraiment que j'allais vous dévoiler le coupable bien gentiment ? Tututut, c'est pas comme ça que ça marche ici XD Vous allez devoir poireauter encore quelques -ou plus- chapitres.
Et le premier qui critique mon petit Ézéchiel sans avoir entendu son passé je le fais exploser ! (eh oui, moi aussi j'ai des bombes).
Bref, sinon je vous aime hein, pour de vrai :)
À la prochaine !
