«Bonsoir Potter.
- Malefoy. Que me vaut l'honneur de ta visite à mon misérable chevet? Demande Harry de sa voix enrouée.
- Je suis venu voir de mes propres yeux l'agonie inespérée du Survivant. Je suis sûr que le Seigneur des Ténèbres doit se remuer dans sa tombe en apprenant qu'un petit virus de rien du tout a mis K.O l'insupportable Potter.
- Sûrement, réplique-t-il dans un sourire.
- J'aime beaucoup ton maquillage cadavre, ça te fait un look d'enfer! Par contre, les lèvres tremblantes c'est pas trop ça, faudrait revoir une partie de ton déguisement.
- J'y penserai... Mais maintenant, si tu me disais quelle est la vraie raison de ta présence?
- C'est que même mourant il est perspicace le petit Potter! Je suis impressionné, exagère le blond avec un petit sifflement d'admiration.
- Je m'étonne moi-même parfois.
- Bon, assez discuté de ton ego surdimensionné. Parlons de choses sérieuses Potter. À savoir, mon parrain.
- Oui...?
- Je vais pas y aller par quatre chemins Potter. Tu sais sûrement toute la merde dont a été victime Severus. Après des années d'un renfermement sur soi le plus total, il sort de son trou paumé pour se tourner vers toi. Donc t'as pas intérêt à merder Potter. Avant de t'engager à quoique se soit, soit certain d'être sincère. Parce que j'ai fait des pieds et des mains pour le décoincer un peu et, si tu le brises, il ne s'en remettra probablement jamais. Enfin, pas au fond du moins. Il t'accorde sa confiance et bien que je ne comprenne pas très bien pourquoi, tu te dois d'être à la hauteur. Autrement, je serai là pour te casser la gueule et toi non plus tu ne t'en remettras pas.
- C'est bon? Maman-poule a fini son petit speech?
- Déconne pas avec ça Potter...»
Le regard du Gryffondor se durcit et il réplique avec sérieux:
«Je sais tout ça Malefoy. Je ferai tout mon possible pour être digne de sa confiance. Rassures-toi, le blesser est bien loin de mes intentions. Je veux juste l'aimer. Qu'il me retourne mes sentiments ou non cela ne changera rien. La seule chose importante à mes yeux est qu'il soit enfin heureux. Et si son bonheur s'épanouit quand je suis loin de lui, alors soit, je respecterai son besoin. Mais jamais, au grand jamais, je ne le blesserai. Ou tout du moins, pas intentionnellement.
- Je te crois. Reste à voir ce que ça donnera sur le long terme.»
Après un dernier sourire narquois, le blond se dirige vers la sortie. Arrivé à l'encadrement, il s'arrête, une main sur le mur, l'air de rien. Sans se retourner, il déclare:
«Et Potter, si tu veux une chance, fais-le premier pas. Severus n'osera jamais faire une chose pareille. Surtout si c'est toi.»
Et dans un ultime ricanement, le Serpentard s'en va pour de bon.
Harry n'a pas le temps de souffler que déjà Severus apparaît à l'entrée de la pièce. L'homme jette un regard suspicieux en direction de son filleul déjà loin dans le couloir, se doutant de la discussion étrange qui devait se tramer quelques instants plus tôt.
«J'ai une potion pour vous. Cela fait maintenant cinq jours que j'examine votre diagnostic sous toutes ses coutures mais je ne trouve pas de solution concrète à votre maladie. Cependant, je pense avoir trouvé une combinaison d'ingrédients qui devrait agir comme une potion de lucidité, combinée à un produit qui soigne la fièvre, cela devrait faire l'affaire. Cela vous convient-il Potter?
- On est repassé à Potter, murmure-t-il faiblement. Mais oui, c'est parfait Severus, merci beaucoup.
- Je vous en prie, je suis là pour ça après tout.»
Un bref silence s'installe avant qu'il ne soit coupé par Harry:
«Severus, je suis désolé de t'avoir traité de lâche. Je ne le pensais pas. Tu es loin de l'être.
- Non. C'est vous qui avez raison. C'est lâche de ma part de fuir la discussion. Mais je ne veux pas en parler.
- On dirait que c'est toi qui es malade à ma place.
- Ce n'est pas le cas. Mais c'est moi qui porte le fardeau de votre maladie.
- Donc tu reconnais que c'est grave?
- Laisses-tomber, j'ai compris que tu ne dirais rien...»
Un temps de latence s'écoule où chacun des deux sorciers est plongé dans ses pensées. Finalement, le Gryffondor tente d'une petite voix:
«Severus? Je peux te poser une question?
- Techniquement vous venez déjà d'en poser deux... Mais oui, vous pouvez.
- Pourquoi t'être enfermé dans ton coin après la guerre?
- Je vous l'ai déjà expliqué, répond simplement le sorcier.
- Je sais. Mais pourquoi ne pas avoir gardé contact avec ton filleul au moins?
- Je n'ai pas la réponse à cette question, soupire-t-il. J'imagine que je m'étais mis en tête que disparaître était la meilleure des options pour quelqu'un comme moi. Je n'aurais pas eu ma place dans la société...
- Tu n'as jamais souhaité être épargné ce jour-là, pas vrai? Tu aurais préféré mourir.
- Oui. Mais vous aussi pas vrai? Vous auriez préféré mourir pour de bon plutôt qu'être obligé de revenir parmi nous.
- Oui, c'est vrai. Mais je devais tuer Voldemort. Autrement personne ne l'aurait fait. Et le monde aurait sombré dans le chaos.
- Quelle importance? Cela n'aurait plus été votre affaire une fois mort.
- C'est vrai... Je ne sais pas exactement ce qui m'a poussé à achever le travail... Sûrement ce fameux complexe du héro. Je me devais de le faire pour tous les gens que j'aime j'imagine.
- Ou alors était-ce votre foutu instinct de Gryffondor qui vous poussait au devant d'un énième danger.
- Peut-être, rigole Harry de bon cœur.
- Sûrement même.
- Tu sais Severus, je ne l'ai jamais fait correctement mais je tiens à te remercier. Pour toutes les fois où tu m'as sauvé la vie, tout ce que tu as fait qui a permis la chute de Voldemort, pour tout ce que tu fais encore. Juste merci. C'est incroyable tout ce que tu fais et les gens oublie bien souvent le rôle capital que tu as joué et joue encore.
- Qui vous dit que je fais ça pour vous?
- Je t'en prie, pourquoi serais-tu là à parler avec un mourant si ce n'est pour lui tenir compagnie et lui faire plaisir?
- Parce que je n'ai rien d'autre à faire.
- Cela fait bien longtemps que tu restes ici alors que tu pourrais être tranquillement chez toi, dans ta jolie petite maison de pierre. Au lieu de ça, tu t'infliges une famille entière de Gryffondor.
- C'est vrai... Mais de toute façon, ce n'est pas comme si ma présence là-bas allait manquer à quiconque...
- Eh bien j'en suis bien content, parce que sinon, tu me manquerais à moi.
-Ah oui?
- Oui.
- Et pourquoi donc? Mon odieuse compagnie vous est-elle si chère que cela? Demande-t-il amusé.
- Non, parce que...»
Harry tourne sa tête et ancre son regard à celui de Severus, un air sérieux plaqué sur le visage.
«Parce que je t'aime, Severus.»
Et voici un petit chap pour vous :)En espérant qu'il vous plaise !
