Encore une fois, il erre dans la déchetterie de la ville magique londonienne. La partie sombre et souillée qui entache le côté de la lumière de sa pourriture. Cette même part d'ombre qu'on retrouve à plus grande échelle sur l'ensemble du monde magique. Cette part de lui qu'il essaie de refouler désespérément à coup d'ignorance et de fausse inconscience. Cette part qui se trouve finalement en chacun de nous, peu importe à quel point on essaie d'être bon et juste.
Et lui, il est justement submergé par son côté sombre trop longtemps refoulé. Parmi les ombres inquiétantes et la misère des rues, il déambule avec agilité. Cette noirceur qui l'attire et l'englobe tout entier jusqu'à ne faire plus qu'un avec lui.
Si un proche le croisait, à cet instant, il serait incapable de le reconnaître. Il ne verrait qu'une ombre au sourire carnassier qui s'empresserait de le dévorer. Car il n'est plus que l'ombre de lui-même. Son ombre. Sa part de noirceur.
Un petit couinement attire son attention. Son âme avide de sang remonte avec souplesse jusqu'à son origine.
Un enfant. Un enfant qui pleure de douleur, son corps roué de coups et de blessures sanglantes.
Un sourire ravi étire ses lèvres à la vue du petit corps recroquevillé. Avec toute la douceur dont son être est capable, il s'approche de l'enfant et passe une main rassurante dans ses cheveux.
Le petit garçon lève ses yeux mordorés vers lui, brillant d'un espoir et d'une peur non-contenus. Les larmes coulent silencieusement sur ses joues rebondies et d'un geste tendre, il les essuie avec son pouce.
Avec douceur, Le Tueur écarte ses bras, invitant l'enfant à s'y réfugier. Avec un geste hésitant, le gosse finit par accepter l'étreinte. Le Tueur emporte le garçon dans ses bras, embrassant doucement sa chevelure rousse tout en le berçant d'un mouvement de balancement régulier.
Une fois l'enfant calmé, il le dépose à terre et attrape son petit visage rond d'une main. Une fine coupure parcourt sa pommette et d'un geste lent, presque tendre, il sort sa baguette pour la sillonner du bois souillé.
Un petit gémissement de douleur s'échappe des lèvres de l'enfant et une lueur de terreur s'allume dans son regard d'or alors que Le Tueur lui offre son plus beau sourire de prédateur.
Et sans plus de préambule, il tranche sa gorge juvénile. Seul un faible gargouillis sort de la gorge de l'enfant alors que sa tête rousse roule à ses pieds.
Le Tueur lui jette un regard exaspéré. S'il y a bien une chose qui l'agace, c'est quand ses proies sont déjà abîmées et pleines de blessures. Cependant, s'il y a quelque chose qui l'horripile encore plus, c'est de devoir faire des efforts sans récompenses.
Alors, avec un plaisir évident, il saccage le torse inerte d'un milliers de petites griffures, juste pour le frisson de satisfaction qui envahit son corps à cette vue.
Ensuite, il découpe soigneusement la partie gauche de la cage thoracique et prend un plaisir malsain à contempler le corps qui se décompose sous ses yeux fous.
Pour finir, il prend entre ses doigts souillé le petit organe vital qui animait cet enfant maltraité. Il se lèche le bord des lèvres d'envie.
Et broie le coeur de ses mains nues, une joie enfantine brillant dans ses yeux déments.
OoOoOoO
Severus se réveille doucement et serre un peu plus fort le corps tremblant contre lui. Une main tendre vient caresser le dos du corps fiévreux de Harry.
«Harry? Appelle-t-il en embrassant sa tempe.
- Mhhmi
- Harry?
- Oui...? Répond-il de son regard voilé.
- Il est l'heure de se lever. Tes amis t'attendent aujourd'hui.
- Mmmmh. Pas envie. Veux rester avec toi.
- Je ne vais pas m'envoler tu sais. On se retrouve juste après.
- Mmmmh, grogne-t-il.
- Allez Harry, avale ta potion.»
Un grognement mécontent lui répond tandis que le jeune homme s'empare de la potion pour l'avaler d'un coup. La brise habituelle enivre son cerveau. Elle s'infiltre doucement dans chaque pore de sa peau et érige une barrière contre sa maladie. Harry soupire doucement et embrasse tendrement la peau blanche du cou de Severus.
«Allez, hors de mon lit! Grogne Severus d'une voix rauque.
- Tu es sûr? Tes yeux disent le contraire, réplique Harry en léchant le corps à proximité du sien.
- Dégage, sale gamin insatiable!
- Je suis à peu près sûr que ta bite n'a aucun problème avec ça.
- Harry, l'avertit-il. Tes amis.
- Rabat-joie, marmonne-t-il en se levant.»
Harry s'habille et après un bref baiser volé à Severus, se rend dans le salon.
Hermione, Ron, Drago et Ginny l'attendent, confortablement installé autour d'un bon café.
«Harry! S'exclame Hermione. Comment te sens-tu?
- Pas que ça nous intéresse, ricane Drago. Mais c'est juste histoire d'être poli.
- Bien. Et vous? Demande-t-il en s'asseyant dans un fauteuil.
- Ça irait mieux si on avait pas eu à attendre que Saint Potter daigne nous honorer de sa présence pendant une demi-heure.
- Désolé, c'est que ton parrain est un très bon oreiller.
- ENFIN!? Demande Drago avec espoir.
- C'est que, j'ai été déplacé dans sa chambre parce que c'était plus facile pour préparer des potions. Raison purement médicale, affirme-t-il avec un léger sourire.
- Purement médicale, répète Drago avec un claquement de langue agacé.
- Attends. TU DORS AVEC ROGUE?! S'exclame Ron, effaré.
- Oui.
- Mais comment tu fais pour supporter ce bâtard graisseux? Je veux bien que tu le subisses parce qu'il te concocte des potions mais de là à dormir avec lui... C'est quoi la prochaine étape? Vous allez coucher ensemble? Ricane Ron. Tu me diras si c'est un bon coup hein?
- Ron. Severus est quelqu'un de très agréable et je l'apprécies beaucoup. Tu me fera le plaisir d'arrêter de l'insulter.
- Severus? Il te laisse l'appeler par son prénom? Dit donc c'est le grand amour entre vous.
- Et si c'était le cas? Demande Harry agacé. Qu'est-ce que ça ferait?
- Mais enfin mon pote, dit pas de bêtises. Tu es marié avec Ginny et vous avez même eu une fille ensemble.»
Un silence glaçant s'abat brusquement sur la pièce. Hermione et Ginny évitent prudemment le regard de quiconque, se tortillant nerveusement sur leurs assises tandis que Drago, lui, semble se délecter silencieusement du malaise ambiant.
«Pas vrai vieux? S'interroge Ron pas très rassuré.
- Oublie Ron. J'ai rien dit.
- D'accord, souffle Ron, dubitatif.
- Et sinon, ça avance votre enquête? Puisque visiblement j'ai été automatiquement renié de cette affaire, déclare-t-il d'un ton neutre où on sent poindre une légère amertume.
- Harry..., commence doucement Hermione. On fait seulement ça pour te protéger.
- Me protéger de quoi? Je ne suis plus un gosse.
- Eh bien... ça n'allait pas fort ces-derniers temps. Alors on t'a laissé te reposer.
- Parfait. Dans ce cas vous pouvez m'expliquer maintenant que Severus a trouvé une nouvelle potion.
- Hum... C'est-à-dire que...
- On est sûr de rien Potter. On ne veut pas te mettre plus de sottises qu'il n'y a déjà dans ta tête.
- Bien sûr. Mais on est enquêteur, non? C'est normal d'avoir des hypothèses fausses. Alors peut-être que si vous m'exposiez la vôtre, je pourrais vous apporter mon point de vue sur la question, non?
- Oui mais...
- Papa!»
Une petite tornade rousse fait son apparition dans le salon et saute sur les genoux de son père pour l'enfermer dans ses petits bras.
«Dit, tu peux faire un jeu avec moi? S'il te plaît...
- Ma puce on parle-
- C'est une excellente idée! Tu n'oserais tout de même pas refuser ça à ta fille Potter? Pas alors que tu n'as pas pu lui accorder du temps depuis pratiquement un mois.»
Harry foudroie chaque adulte de la pièce d'un regard empli de reproche. Puis, prenant sa fille dans ses bras avec tendresse, il se dirige vers l'escalier. Mais au dernier moment, il se tourne de trois quarts et décrète d'une voix cinglante:
«Je me demande qui vous chercher réellement à protéger. Moi? Ou vous?»
Bon ben on a monté d'un cran en terme de glauque... On peut pas dire que j'avais pas prévenu !Je vous souhaite une bonne soirée autrement
