«Ici. Ça me paraît parfait.
- Ça y est? Monsieur a choisi son emplacement idéal?
- Oui! Allez! Amène-toi Severus.»
Le concerné s'exécute avec un petit soupir faussement agacé. Il pose son sac magiquement agrandit sur le sol plat et en extrait l'étui d'une tente moldue. Severus enlève la housse de protection avec précaution comme si une dangereuse créature se trouvait à l'intérieur. Finalement, la toile tombe sur le sol, toujours soigneusement pliée. Harry rejoint son compagnon, délaissant son sac en tissu derrière lui.
«Attends, je vais t'aider.
- Pourquoi tiens-tu absolument à ce qu'on fasse tout à la moldue?
- J'ai simplement dit que la tente était moldue, pas que nous devions tout faire comme les moldus.
- Nous faisons tout de même du camping, marmonne-t-il.»
Avec un rire franc, Harry défait les attaches qui maintiennent l'habitation pliée. Une tente vert foncé se déploie alors avec un majestueux claquement d'air. Severus sort sa baguette et vient planter des sardines dans le sol afin de bien fixer leur logis temporaire. Harry affiche un sourire satisfait alors qu'il extirpe de son sac un matelas gonflable, des oreillers et une couverture.
Severus ouvre la fermeture éclair de ce qui semble servir de porte et inspecte avec un air inquisiteur l'intérieur de l'objet moldu. Il se trouve dans un endroit de taille moyenne en arc de cercle, à l'image de l'extérieur, où il est obligé de fléchir les genoux et courber l'échine pour avancer. En face de lui, une deuxième porte le met au défi de l'ouvrir. Il fait glisser la fermeture avec un geste désinvolte et écarte le pan de tissu sur le côté. Ce dernier révèle une pièce plus grande en longueur et non en hauteur à son plus grand désespoir. Severus comprend alors que cela doit être le compartiment réservé à la chambre.
Cette dernière théorie se confirme alors qu'un Gryffondor chargé d'un matelas gonflé à bloc manque de trébucher sur lui. Severus ressort prestement de la pièce qui leur sert visiblement de chambre et regarde son amant se débrouiller pour leur faire un lit convenable. Avec un petit sourire attendrit destiné à Harry qui est toujours de dos, Severus va chercher leur deux sacs et en vide le contenu dans le premier compartiment. Harry débarque alors, les joues rougies par l'effort et les cheveux encore plus en bataille qu'à leur habitude.
«Et si on mangeait Severus? La marche ça creuse tout de même!
- La faute à qui si on a marché toute l'après-midi dans la montagne à la recherche de l'emplacement parfait?
- Oui eh bien c'était nécessaire. Et maintenant, à table!»
Harry sort de la tente et Severus le suit en levant les yeux au ciel. Les deux amants disposent une serviette devant leur logis de toile. Ils s'y installent d'un même geste, non sans un soupir de contentement pour Harry. Severus fait venir à lui un panier avec diverses plats conservés au chaud magiquement.
«Alors, que veux-tu?
- Je veux bien des pâtes au pesto s'il te plaît.»
Severus lui tend une assiette fumante tandis que lui-même se sert une salade avec des tomates, de la feta et de la sauce vinaigrette.
Tous deux contemplent le coucher de soleil embrasant les montagnes escarpées. Les arbres au feuillages touffus étirent leur silhouette élancée de leur ombre aux contours indistincts. En contrebas, une petite rivière serpente au milieu des roches abruptes, faisant miroiter le ciel dégagé dans son eau au reflet mouvant.
Severus jette un coup d'oeil discret à Harry. Le soleil illumine son visage de sa lumière crépusculaire. Ses yeux verts miroitent d'une teinte pure aux beaux reflets dorés. Ses boucles folles chatouillent doucement sa peau délicieusement hâlée.
Avec un sourire rusé, Severus empile leurs deux assiettes sur le côté. Harry le regarde, vaguement frustré de voir son repas ainsi envolé.
«Assez mangé, il me semble que tu m'as vanté un mérite assez intéressant du camping et j'aimerais attester de sa véracité maintenant.
- Tes désirs sont des ordres mon cher Severus.»
Et avant même que Severus n'ait le temps de répliquer, une bouche prend possession de la sienne et un corps s'installe à califourchon sur ses longues jambes. Harry embrasse Severus avec une infinie douceur, couplé à une légère pointe de passion.
Il entreprend d'ôter la chemise de Severus avec une habilité surprenante. Une fois la peau pâle exposée à la lumière rougeoyante du jour en déclin, Harry quitte les lèvres de son amant pour venir lécher tendrement le creux de son oreille. Il sent la respiration du Maître des Potions s'accélérer ostensiblement alors qu'il parsème le cou offert de baisers légers. Harry continue sa descente en goûtant le torse finement dessiné. Ses doigts explorateurs caressent avec douceur le dos dénudé de son ancien professeur.
Il sent le corps sous lui s'abaisser alors que Severus s'appuie sur ses coudes, le souffle court. Harry taquine un des tétons de Severus de sa langue mutine. Un grognement rauque lui parvient, ce qui a pour effet d'intensifier sa caresse sur la chair entre ses dents. Ses mains hâlées quittent le dos de Severus et viennent défaire la ceinture de son pantalon. Harry glisse doucement le long du corps de son aîné avant d'envoyer valser les derniers vêtements au loin. Harry poursuit son chemin infernal en évitant soigneusement tout contact avec le membre tendu de Severus. Il goûte d'abord la peau tendre de son ventre, puis celle de ses cuisses.
Le Survivant relève sa tête et son regard brille d'appréciation à la vue de Severus, la respiration saccadée, les joues légèrement rougies et son regard brûlant de désir. Avec un sourire satisfait, Harry plonge finalement sur le membre dressé de Severus. Il le lèche d'abord avec précaution et lenteur pour ensuite entamer une cadence plus soutenue, faisant des vas-et-vient sur la verge fièrement tendue. Des bruits de succions emplissent l'air calme du soir et Severus se sent totalement submergé par cette délicieuse attention.
Avec une volonté hors-norme, Severus tire Harry par les cheveux, savourant au passage la douceur de ses boucles folles.
«Stop. Je ne veux pas...venir comme...ça, déclare-t-il essoufflé.»
Severus essaie de reprendre le dessus avec une vaine tentative de faire basculer Harry sur le dos. Le Gryffondor, toujours fermement campé sur ses positions lui adresse un regard amusé.
«Oh non Severus. J'ai fait une promesse et je compte bien la tenir. Je m'occupe de toi. Toi, tu as juste à profiter de l'instant.»
Sur ces mots, Harry vient cueillir avec amour les lèvres de son potionniste. Ses vêtements s'évaporent d'un informulé. Sous cette bouche si attentionnée et le contact grisant de cette peau douce contre la sienne, Severus cède finalement et se laisse guider par son amant.
Harry sourit contre les lèvres de Severus. Il s'empare avec fermeté du sexe de son amant. Avant d'avoir pu réaliser ce qui était en train de se passer, Severus sent une antre chaude serrée autour de son membre palpitant. Un gémissement de surprise lui échappe ce qui a pour effet d'adoucir la grimace d'inconfort du Gryffondor. Le membre précédemment lubrifié par la salive de Harry ressort quasi-intégralement du corps du Survivant avant d'y être replongé avec force.
Harry s'empale doucement sur la verge de Severus, lui arrachant un petit soupir à chaque poussée. L'inconfort finit par s'évaporer et Harry augmente alors la cadence, changeant légèrement l'angle de pénétration afin que le membre gorgé de sang vienne taper sur sa prostate.
Les deux amants transpirent malgré la fraîcheur de la nuit. Leurs peaux s'entrechoquent, se joignant aux bruits de leurs gémissements incontrôlés. Leurs corps s'emboîtent ensemble encore et encore dans une ballet soutenu. Leurs âmes s'enfoncent chaque seconde un peu plus sûrement dans les brumes épaisses du plaisir.
Severus se contracte brusquement, son visage figé par l'extase rejeté en arrière. Il vient en se cambrant contre la peau hâlée de son amant. Harry, devant une telle vision, jouit aussitôt entre leurs de corps en sueur.
Le Gryffondor s'effondre sur Severus. Avec un geste doux, celui-ci l'enserre de ses bras et le fait rouler sur le côté pour avoir une meilleure prise sur ses hanches. Severus caresse tendrement le dos de Harry dans la fraîcheur de la nuit maintenant tombée. L'éclat pâle de la lune éclaire leurs deux corps enlacés.
Soudain, Severus sent la forme contre lui être parcourut de frissons. Il se décale légèrement, pensant que cette réaction est due au froid et s'apprêtant à suggérer qu'ils rentrent dans la tente. Cependant, quand son regard se pose sur le visage du Survivant, un éclat de panique traverse ses yeux noirs. Il enfouit son visage dans la chevelure corbeau de son amant, le serrant fortement contre lui, comme s'il avait soudainement peur qu'il lui échappe.
«Harry. Harry reste avec moi. Je t'en supplie. Ne pars pas. Pas maintenant. Je suis là d'accord? Tout va bien, déclare-t-il d'une voix paniquée en le pressant désespérément contre lui. On va y arriver ensemble. Aller Harry, tu ne peux pas abandonner maintenant. Je t'en supplies, reste avec moi mon Amour.»
