«Severus? Marmonne Harry en reprenant petit à petit conscience du monde qui l'entoure.

- Harry? Comment te sens-tu?»

Severus dépose un léger baiser sur le sommet du crâne de son Gryffondor et se décolle de quelques centimètres pour plonger son regard dans le sien.

«Mal à la tête, déclare-t-il faiblement.

- Je vais te chercher quelques potions, je reviens.»

Severus se lève doucement, veillant à ne pas brusquer le malade. Il s'engouffre dans son laboratoire pour en ressortir avec deux fioles à la main. Il tend à Harry un liquide de couleur translucide supposé évacuer les résidus d'alcool dans le sang du Survivant. Puis Severus lui donne ensuite la potion de l'habituelle teinte vert pomme qui annihile la maladie de Harry. Du moins pour un temps...

Severus se rallonge près de son amant. Il l'attire contre son torse et vient caresser son dos d'un geste tendre. Le Gryffondor entre ses bras sent les brumes de son mal être refluer et la journée de la veille revient avec une force dévastatrice dans sa mémoire. Harry ferme douloureusement ses paupières et se laisse aller contre Severus.

«Il est mort, constate-t-il avec douleur. Ron est mort et je n'ai rien fait pour empêcher ça. J'ai fui lâchement devant le fait accomplit et ai abandonné mes amis alors qu'ils avaient besoin de mon soutient. Je suis lâche.

- Chuuut. Ce n'était pas de ta faute Harry. Tu étais sous le choc du moment, comme tous les autres. Tu n'as pas à t'en vouloir. Tu sais, s'il y a bien une chose que j'ai appris c'est que, peu importe à quel point on regrette nos actes, cela ne change rien. Le fait est qu'ils sont là. Et plutôt que de regretter un événement passé sur lequel on a aucune prise, mieux vaut penser à ce que nous pouvons faire maintenant et à l'avenir pour les réparer.

- C'est vrai, soupire-t-il. Mais je ne pense pas être prêt à affronter Hermione et Ginny. Pas maintenant. C'est... Je ne peux pas.

- Tu n'as pas à le faire pour l'instant.

- Oui... Est-ce que tu peux faire quelque chose pour moi?

- Tout ce que tu veux Harry, murmure-t-il d'une voix douce.

- Appelle Malefoy. Je veux tout de même savoir ce qu'il s'est passé après ça.»

Si Severus est surpris par la requête, il ne le montre en aucun cas. Il se contente de s'arracher du corps chaud de son compagnon afin d'enfiler une tenue décente.

Une fois la tâche accomplie, Severus s'en va en direction du salon.

Quelques instant plus tard, la porte s'ouvre à nouveau pour laisser un sorcier aux cheveux blond platine.

«Alors Potty? Je manquais tellement à ta vie que tu n'as pas pu t'empêcher de me faire venir? Ricane-t-il.

- C'est exactement ça la fouine, sourit Harry en s'adossant au mur.

- Bon. Plus sérieusement. Qu'est-ce que tu me veux?

- J'ai pas mal de questions à vrai dire.

- Oh chouette. On va s'éclater, remarque-t-il avec un soupir exagéré.»

Le blond s'avance avec élégance jusqu'à la chaise sur le côté gauche du lit et y prend place avec une attitude presque royale. Il croise ses jambes fines devant lui et s'appuie avec nonchalance sur le dossier en bois.

«Donc? Je t'écoute, commence donc ton interrogatoire.

- Tout d'abord... Pourquoi avoir choisi de m'inclure à nouveau dans l'enquête subitement?

- Une question perspicace pour quelqu'un comme toi. Cependant, je pense que Granger me tuerait si je te l'annonçais moi-même. Ce droit ingrat lui revient, étant la plus calme et logique de nous deux...

- Bon. Très bien. Alors dans ce cas, explique-moi ce qui s'est passé quand j'ai transplané.

- Ben... Weaslette a fondu en larmes dans les bras de Granger.

Kingsley et moi avons essayé de sortir le fou furieux qui ricanait de la mort de son frère le plus jeune. Weasley était dans un état assez effrayant. Des cernes comme je n'en avais jamais vu parcourait son visage recouvert de cendre et ses habits avaient cramé par endroits. Kingsley a essayé de le calmer pour l'inciter à rejoindre Saint Mangouste et recevoir des soins pour ses blessures. Mais je pense très clairement que c'était plus pour troubles mentaux. Le rouquin s'est mit à ricaner de plus belle et il a prétexté que ce n'était pas nécessaire. Il a été pris d'une quinte de toux impressionnante et c'est comme s'il avait craché toute sa hargne avec. Il a ensuite dégagé une aura incroyablement vulnérable à un tel point qu'il a supplié avec désespoir que Kingsley l'achève.

À mon avis, cela aurait été préférable. À l'heure actuelle, le pauvre Weasley n'est plus qu'une loque vide qui erre sans but dans les couloirs de Saint Mangouste.

Bref, Kingsley a fini par envoyer ce misérable en soin intensif et nous nous sommes tournés vers la baraque détruite. Nous avons évacués les parties potentiellement dangereuses et récupéré le corps calciné de Weasley junior... Cela a eu pour effet de faire redoubler les sanglots et nous l'avons envoyé aussitôt dans un lieu convenable pour la préparation d'obsèques. Kingsley m'a ensuite congédié et s'est chargé d'escorter les demoiselles en détresse. Voilà. Il n'y a rien de plus.

- D'accord..., répond-il en tremblant légèrement. Et, cette Marque qui flottait dans le ciel, vous savez comment le coupable l'a fait apparaître?

- Ce procédé ressemble fortement aux habitudes du feu seigneur des Ténèbres comme tu l'as sans doute remarqué. D'ailleurs, Kingsley a émis la théorie d'un Nouveau Mage Noir en ascension.

- Mais c'est impossible. Cette personne, bien que meurtrière, n'a rien à voir avec un Mage Noir. La preuve étant qu'elle a commencé par tuer tous les Mangemorts restants. Et puis, à l'inverse de ceux précédents, elle semble déterminée à agir seule et mener sa propre vengeance. Elle ne mène pas de lutte ouverte contre la société sorcière et ne semble pas prompte à s'encombrer de partisans.

- Exactement ce que j'ai répliqué. Théorie d'autant plus renforcée par le parchemin qu'il a laissé sur son passage.

- Un parchemin? Que dit-il?

- Je te l'ai déjà lu. Mais je suppose que ton petit cerveau était bien top surchargé pour écouter le moindre mot que j'ai prononcé, je me trompe?

- Non, soupire-t-il un peu honteusement.

- Bon. Puisque moi j'ai un cerveau brillant, j'avais anticipé ton manque d'attention et j'ai pensé à l'apporter.»

Le Serpentard sort un papier de la poche de sa cape et le déplie de ses doigts agiles. Drago s'éclaircit la gorge et commence sa lecture:

«Chers Aurors,Je dois vous avouer que cette petite flambée ne faisait point partie de mes plans. Mais j'ai vu ce magasin se dresser de toute sa splendeur alors même qu'il y a longtemps qu'il aurait du être réduit en poussière et j'y ai vu une occasion excellente de vous faire passer mon message.Je vous avez mis en garde, de ne pas traîner dans mes affaires. Vous ne m'avez pas écouté. Vous vous entêtez à découvrir qui je suis en bons Aurors stupides et curieux que vous êtes. Ce que vous êtes crédules. Ils sont beaux les rescapés de guerre, incapable d'apprendre de leurs erreurs.Pendant que vous faîtes mine de fouiller sans trop oser y toucher, je vous montre ma pleine puissance, histoire de bien vous faire comprendre à qui vous vous attaquez. Comment espérez-vous m'arrêter? Je suis invisible, agile, et doté d'une ruse que vous ne possédez visiblement pas. Vous pensez encore, en bon petits héros, pouvoir sauver d'odieux criminels de leur sort funeste. Car vous, les gentils, vous considérez par votre héroïsme écoeurant que tout le monde mérite une vie peu importe à quel point les crimes commis sont graves. Vous êtes pathétiques.Maintenant, laissez-moi ouvrir vos petits yeux fragiles. Voici venue l'heure de la justice. De mes pleins pouvoirs, j'orchestrerai ses étapes avec soin. Il est temps que la Mort reprenne son droit sur la Vie. Chers Aurors, chers citoyens, nous entrons dans une nouvelle ère.Je vous souhaite la bienvenue dans l'Éveil de la Mort.Bien cordialement, Le Maître

Harry reste pensif un instant.

«Il y a quelque chose que je ne saisis pas.

- Encore une, tu veux dire? Raille Drago.

- Jusque là, les meurtres semblaient suivre une logique vengeresse envers les gens qui m'ont fait du 'mal'. Sans vouloir me vanter. Mais le coup d'Ombrage le démontre assez bien. On peut donc en déduire que c'est une personne assez... proche de moi.»

Cela le met mal d'exposer ainsi cette théorie. Mais Drago n'en semble pas choqué puisqu'il hoche la tête avec gravité, comme si lui aussi en était parvenu à cette conclusion.

«Or, continue-t-il la gorge nouée, cette fois-ci, le tueur s'est attaqué à un endroit qui me tient à cur. On aurait pu en déduire que lui aussi aime cet endroit. Mais visiblement non... C'est à ne plus rien comprendre.

- Je me suis posé cette question également. Et je n'ai pas trouvé de réponse. Peut-être que Granger pourra nous éclairer de son génie quand elle sera remise de la mort de Weasley... À ce propos Potter, je sais que c'est dur pour toi aussi, mais prends soin d'elle. Ça a toujours été vous trois contre la Terre entière. Alors... Je pense que dans un moment pareil, elle a besoin de toi. Prends le temps qu'il te faudra pour te remettre, mais ne l'oublies pas. Ta femme non plus d'ailleurs. Même si vous n'entretenez pas de relation de couple, je pense ne pas me tromper en affirmant que vous restez de bons amis.

- Je- Oui. Merci. Je... Peut-être que voir Hermione me ferait du bien en fin de compte... Je crois que je vais passer chez elle.

- Sage décision si tu veux mon avis. Je t'accompagnes jusqu'en bas? Je crois que Severus ne me pardonnerait pas si son Gryffondor mourrait malencontreusement dans une chute du haut des escaliers.

- Je veux bien, merci.»

Harry se lève avec lenteur du lit de Severus. Il se met en marche sur ses jambes légèrement tremblantes et se dirige vers l'escalier en compagnie de Drago. Gryffondor et Serpentard effectuent ensemble la lente descente de l'escalier de marbre.

Ils arrivent dans le salon alors que Severus et Ginny entretiennent visiblement une conversation difficile et privée puisqu'il se taisent brusquement à leur arrivée.

«Harry, tu vas mieux? Demande calmement Severus.

- Oui merci Severus.

- Où vas-tu? s'enquit-il.

- Chez Hermione.

- Je vois...»

Harry se tourne vers Ginny pour lui adresser un mot mais son regard noisette refuse tout contact avec le sien. Un peu perplexe face à cette réaction, Harry se laisse pousser machinalement vers l'âtre. Il prend une poignée de poudre dans un geste automatique et énonce clairement sa destination. La cheminée s'illumine d'une fumée verte dans laquelle il entre après une lourde inspiration. Harry sent son corps être aspiré et ballotté dans tous les sens avant de finalement sentir le contact brutal du sol sous ses pieds.

Harry débarque avec maladresse dans le salon de son amie. Il remarque qu'elle l'observe d'ailleurs, assise dans le canapé de cuir. Des cernes soulignent son regard vague et rougi par les pleurs.

«Bonjour Harry, déclare-t-elle avec un sourire triste.

- Bonjour Mione...»

Un temps de latence inconfortable s'écoule durant lequel Harry se balance d'un pied sur l'autre.

«Tu... tiens le coup? Demande-t-il assez piteusement.

- Non.Et toi?

- Je n'en mène pas large non plus.»

Hermione adresse un sourire sans joie à son ami. Ce-dernier vient prendre place à côté d'elle.

«C'est étrange de se dire que tout est fini... commence-t-il. Que tous ces moments n'existeront plus. Il n'y aura plus de moments à trois. Plus de réprimandes sur ses commentaires maladroits. Plus de faux agacement cachant une tendresse infinie. Plus de voix aux accents si caractéristiques. Plus de regard bleu rieur. Plus de blagues maladroites pour tenter de détendre l'atmosphère. Plus de fous-rires partant d'un rien. Plus d'estomac qui gargouille à tout va. Plus de nous trois. Plus de Trio d'Or. Plus de Ron.»

Harry sait que ses mots sont durs et douloureux. Aussi bien pour lui que pour Hermione d'ailleurs. Mais il sait aussi qu'il sont nécessaires dans la phase d'acceptation.

«C'est si dur Harry. Si dur de se dire qu'il ne sera plus jamais là. Je ne peux pas imaginer ma vie sans lui. Elle ne l'a jamais été depuis mes 11 ans. Il ne peut pas partir d'un coup et laisser ce grand vide derrière lui. Je ne peux pas le supporter. Je- Oh Harry, sanglote-t-elle contre son épaule.»

Le concerné se réajuste sur l'assise de cuir de sorte à prendre son amie dans ses bras. Il caresse son dos avec douceur et dépose un baiser mouillé de larmes sur son front.

Harry a conscience que cette épreuve ne sera pas facile à traverser. Mais il est persuadé qu'ils y arriveront. Et ils n'en ressortiront que plus forts.


Hello !

Bon, je suis enfin de retour chez moi donc je vais pouvoir faire des publications plus régulières ! Je pense poster un chap chaque jour puisque cette publication traîne en longueur et avec la rentrée j'aurais d'autres choses à penser... j'ai d'ailleurs 2 autres fic que je publierai bien ici mais il faut encore que je voies.Bref, je vous souhaite une bonne journée à tous !