Harry atterrit avec son adresse habituelle dans le salon de son amie. Il remarque que Drago et Hermione sont déjà là, la brune assise dans le canapé, et le Serpentard négligemment installé dans un fauteuil de cuir.

Harry leur sourit avec chaleur. Il prend place à côté de sa meilleure amie et lui passe un bras avenant autour des épaules.

«Alors? Pourquoi voulais-tu nous voir 'Mione?

- Avant de m'expliquer, voulez-vous du thé?

- Je veux bien Granger. Avec deux sucres s'il te plaît!

- Et toi Harry?

- Je veux bien aussi, merci 'Mione.»

La brune hoche brièvement la tête avant de disparaître momentanément dans la cuisine.

«On est fatigué Malefoy? Tes cernes se voient à des kilomètres.

- Haha. Merci de ta sollicitude Potter. En réalité j'ai passé une mauvaise nuit. Scorpius était malade...

- Oh je vois...»

Harry se rend compte que bien qu'une sorte d'amitié se soit installée entre eux, il ignore tout de la vie quotidienne du blond.

«Elle est comment?

- Qui?

- Ta famille.

- En quoi cela t'intéresse? Demande-t-il en plissant les yeux.

- Rien. Je me posais juste la question...

- Bien tu connais ma mère, Astoria également et Scorpius... me ressemble paraît-il. Moi je dis qu'il a le visage de sa mère mais on ne m'écoute jamais de toute façon, ronchonne-t-il.

- Et ils te rendent heureux?

- Tes questions sont étranges Potter, conclut-il. Mais oui. Je me sens bien avec eux. Je ne pensais pas qu'une vie était possible pour moi après mon passif de Mangemort. Et quelque part, cela me suivra toujours où que j'aille. Mais cela fait aussi partie de ma rédemption j'imagine. Cela me rappelle que tout acte à des conséquences. Et je me suis forgé et reconstruit grâce à cela. Parfois, je regarde avec une certaine nostalgie le petit crétin que j'étais enfant et je me dit que j'ai de la chance d'être ce que je suis maintenant, entouré des gens que j'aime.

- Je comprends, acquiesce-t-il lentement. Et je suis content pour toi également.»

Hermione choisit ce moment pour réapparaître, un plateau avec trois tasses fumantes dans les mains. Elle sert à ses invités leur boisson et se rassoit à côté de Harry.

«Bon. Si je vous ai fait venir c'est parce que j'ai du nouveau par rapport au Maître de la Mort.

- Nous t'écoutons.

- J'ai donc fait des recherches sur les Reliques de la Mort et je dois avouer que les livres sur le sujet sont assez rares. Cependant, un certain Curtis Wilson, a écrit un ouvrage assez complet. Du moins, comparé aux autres..., conclut-elle en amenant un mince livre à la reliure abîmée sur la table basse. Un passage en particulier à retenu mon attention.»

Hermione tourne les pages quelques instants. Elle prend le maigre volume sur ses genoux et commence sa lecture:

«Je pense pouvoir affirmer que les Reliques de la Mort sont des objets plus diaboliques qu'ils en ont l'air. En effet, n'oubliez pas que selon le conte de Beedle le Barde, ces reliques ne seraient en réalité qu'une manigance de la Mort pour assouvir son besoin de vengeance.

J'avoue ignorer quelle est l'origine de leur réelle fabrication. Peut-être la légende est-elle vraie ou peut-être n'est ce qu'une manigance de ces chers frères pour ne pas dévoiler leurs secrets.

Toutefois, il m'est possible d'affirmer que ces objets sont dangereux pour un sorcier. En effet, une relique aussi puissante, pour être aussi efficace et ne pas faiblir, doit être alimentée en magie. Je pense donc qu'une sorte de pacte, conscient ou non, s'effectue entre l'objet et son possesseur. Celui-ci consisterait à provoquer une sorte de fusion des deux puissances magiques afin que l'énergie puisse circuler librement et fluidement entre la relique et son détenteur. De ce fait, le sorcier devient alors dépendant de l'objet puisque celui-ci finit par n'être qu'un prolongement de lui-même. En somme, la relique devient vitale pour son possesseur.

Cependant, il existe, à mon sens, des exceptions à la règle. Je pense que si une des reliques est léguée dans un objectif consenti, (lors d'un héritage ou bien d'un désarmement pour la baguette de Sureau par exemple) la relique se plie à la volonté de son maître. Peut-être y a-t-il d'autres conditions mais dans ce cas, je ne suis pas en mesure de les saisir à l'heure actuelle.»

Un silence concentré accueille la lecture du paragraphe. Harry prend le temps d'enregistrer correctement les données qui lui sont transmises.

«Donc... Où veux-tu en venir? Se lance finalement Drago.

- Eh bien c'est simple. Nous avons sous les yeux le moyen de vaincre le Maître de la Mort.

- Ah oui? Demande Harry, pas certain de la conclusion.

- Oui. Il faut détruire les Reliques de la Mort.

- Mais 'Mione, déjà avec une seule des reliques, le tueur possédait de grandes chances de ne pas y réchapper. Dans ce cas là, c'est la mort assurée pour lui, non?

- En effet. J'y ai longuement réfléchi. Mais je ne vois pas d'autre solution. Nous ne pouvons pas simplement tenter de le mettre sous les barreaux. Après tout, il possède la plus puissante baguette que le monde sorcier ait jamais créée, peu de choses pourraient venir à bout de ce meurtrier. La seule solution est donc de couper sa plus grande source de pouvoir, à savoir, les Reliques de la Mort. Et puis, si nous lui retirions simplement, rien n'indique que cela ne provoquerait pas le même phénomène. Or, ces objets sont bien trop dangereux pour continuer à exister. Il ne faudrait pas donner une chance à d'autres personnes de devenir comme le tueur que nous traquons à l'heure actuelle.

- Je- Oui. C'est sensé en fait.

- As-tu déjà trouvé le moyen de les détruire Granger?

- Hélas non. Et quelque chose me dit que cela ne risque pas d'être de toute simplicité. Ces objets possède une puissance magique énorme. Comme nous avons pu le constater, il ne suffit pas de les casser pour leur enlever tout pouvoir. C'est aussi pour que vous m'aidiez à réfléchir à ce sujet que je vous ai convoqué.

- D'accord, j'y penserais de mon côté et je vous redis si je trouve quoique se soit. En attendant, j'ai bien peur de ne pas pouvoir rester plus longtemps. Je dois retourner aider Astoria avec Scorpius. Donc si personne n'a plus rien à dire, je vais gentiment prendre congé, déclare le blond en sautant sur ses deux pieds.

- Je pense y aller moi aussi 'Mione. C'est le jour de repos de Gin' et j'aimerais en profiter pour m'entretenir avec elle. Au sujet de... tu sais...»

La brune hoche la tête, la mâchoire légèrement crispée mais le regard déterminé.

«Dans ce cas, à plus tard. Et prenez tout de même le temps de réfléchir à tout ça.

- Compte sur nous Hermione! Bonne après-midi!»

Harry se lève lui aussi tandis que Drago se fait déjà aspirer par les flammes vertes de l'âtre. Harry prend une poignée de poudre de Cheminette et la lance dans le feu avant de réitérer le gestes du blond quelques instants auparavant.

Le brun est maladroitement expulsé de la cheminée. Il prend quelques instants pour épousseter ses robes. Puis, il se dirige vers son ancienne chambre avec un pas déterminé.

Une fois arrivé, il toque avec douceur à la porte de bois verni.

«Entrez. Fait une voix distraite.»

Harry se glisse avec douceur dans la pièce qu'il partageait autrefois avec sa femme. Ginny est allongée sur son lit, ses cheveux roux éparpillés autour de sa tête tels des rayons de soleil brûlants. Elle écarte l'ouvrage de son champ de vision et se redresse pour faire face à son époux.

«Bonjour Harry, répond-elle avec hésitation.

- Bonjour Gin'.

- Que me vaut l'honneur de ta visite? Demande-t-elle d'une voix plate.

- En fait... je voulais parler. Ça fait deux semaines maintenant Ginny. Et chaque fois que j'essaie de te parler tu m'évites. Est-ce que... j'ai fait quelque chose de mal?»

Un lourd soupir parvint aux oreilles du Survivant tandis que la rouquine lui fait un geste vague pour lui indiquer se d'asseoir. Ginny tourne délibérément sa tête vers la fenêtre qui donne sur le jardin fleuri par l'été. Elle commence alors d'une voix lasse:

«Je sais. Et ce n'est pas contre toi. Je sais que tu veux bien faire mais j'avais besoin d'un temps à moi pour faire le point sur mes pensées et mes sentiments. Et je sais que- rien. Laisse-tomber c'est stupide.

- Non, dit! Tu sais que si tu as besoin de moi, je suis toujours là, pas vrai? Ce n'est pas parce que nous ne... n'entretenons plus la même relation qu'auparavant que je ne t'affectionne plus profondément.

- Je sais. Merci Harry, murmure-t-elle en plantant finalement son regard dans le sien.

- Alors...?

- Eh bien... C'est idiot mais... si je t'avais laissé m'approcher avant... Je n'aurais pas pu me retenir. Je me serais accrochée à toi comme une bouée de sauvetage, encore une fois. Parce que je suis faible. Tu me rends faible. Et un espoir aurait encore une fois envahi mon coeur imbécile, qui sait pourtant très bien que c'est impossible. Alors c'est pour ça que je suis... restée distante. Entre autre. Pour ne pas me faire plus de mal.

- Hé Gin'! S'exclame-t-il alors que des larmes menacent de dévaler les joues mangées de tâches de rousseur. Je suis désolé. J'ai conscience que cette situation n'est pas facile à gérer pour toi. Mais je t'aime tu sais. Peut-être pas comme un époux aime sa femme mais je tiens beaucoup à toi. Et c'est important que tu le saches.»

Harry se glisse sur le lit aux côtés de la rousse et s'adosse contre les oreillers.

«Mais sinon, dis-moi... comment tu le vis?

- Je- Je ne sais pas. Je devrais être mal. C'est injuste. Mon père et ma mère souffrent de sa mort et je le vois. Et moi... Moi je n'en sais rien. J'ai eu un choc, c'est certain. Mais je me sens juste... vide. Je ne sais pas ce qui ne va pas avec moi. Ni pourquoi je ne suis pas triste. Mais je ne le suis pas.

- Tu n'as pas à t'en vouloir pour ça. En fait, je pense même que c'est assez normal. Soit tu n'as pas encore pleinement conscience du fait, soit ton corps réagit ainsi dans un mécanisme de défense, pour se protéger d'une douleur qui pourrait être trop importante.

- Sûrement.»

Harry jette un coup d'oeil à Ginny et remarque que des larmes coulent silencieusement sur sa peau pâle. La rousse les essuie avec un geste rageur.

«C'est pitoyable. Je pleure alors que je n'éprouve aucune tristesse.

- Ce n'est pas pitoyable mais normal. Parfois le corps à besoin d'évacuer un surplus d'émotion sans que l'âme ne s'en rende forcément compte.

- Je me sens faible.

- Ce que tu n'es pas.»

Harry se redresse pour venir prendre en coupe le visage de son amie. Il la regarde un instant avant de venir déposer un baiser tendre sur son front. Les larmes de Ginny redoublent d'intensité et dans un automatisme, ses poings viennent enserrer la chemise de Harry avec force et désespoir.

«Je t'aime Gin', répète-t-il en la prenant avec précaution dans ses bras.

- Moi aussi, déclare-t-elle d'une voix douloureuse.»

Ils restent ainsi de longues minutes. Dans cette position étrange pourtant pleine de tendresse, une subtile teinte de douleur venant s'ajouter au tableau de leur étreinte.

Les pleurs de Ginny finissent par se tarirent et sa poigne desserre son étau du vêtement de Harry.

«Ça va mieux? Demande doucement Harry après une minute de silence.

- Oui, déclare-t-elle faiblement. Merci beaucoup.

- C'est tout naturel, la rassure-t-il en s'écartant doucement pour venir planter ses yeux dans les siens. C'est ce que font les amis après tout, non?»

Ginny inspecte un instant le regard émeraude plongé dans le sien, profitant encore un instant de la quiétude du moment. Après un moment de latence, elle finit par répondre, un sourire venant éclairer ses yeux rougis par les pleurs:

«Oui, c'est ce que font les amis.»

Harry hoche lentement la tête, satisfait de la réponse de son amie.

«Je pense que je vais te laisser maintenant, tu as visiblement de la lecture à terminer.»

La rousse opine avec reconnaissance.

«Oui. Merci d'être passé en tout cas, ça m'a fait du bien de parler.»

Le brun lui renvoie un petit sourire entendu, puis quitte les lieux.

Harry passe le pas de sa propre chambre et découvre Severus calé contre les oreillers, un livre à la main. Un sourire attendri vient chatouiller ses lèvres alors qu'il rampe sur le lit pour se glisser sous le bras du potionniste. Harry pose sa tête sur le torse de compagnon avec un soupir de contentement. Il écoute les battements réguliers du coeur de Severus, se laissant bercer par cette douce pulsation.

«Mon stupide Gryffondor est enfin de retour? Interroge-t-il, un sourcil levé narquoisement.

- Oui, glousse-t-il, la joue écrasée contre le corps de Severus.

- Bien.»

Severus pose son ouvrage sur la table de chevet. Il rabat ses bras autour du corps de Harry pour l'étreindre avec amour et douceur. Une main baladeuse se met à caresser le dos musclé avec une tendresse infinie. Le jeune homme se blottit un peu plus contre le torse ferme de son compagnon et soupire de contentement:

«Je t'aime Severus.»

Le potionniste ne répond pas et se contente de l'enserrer un peu plus fort avant de venir planter un doux baiser sur le crâne de son amant.

Tous deux restent ainsi un long moment, à savourer la présence de l'autre avec une délectation insatiable. Parce que le reste du monde n'a aucune importance face à leur amour immortel.


Hello !

Comment allez vous ?

Voici donc un nouveau chap ! Nous approchons dangereusement de la fin ! Je dois avouer que c'est étrange de relire les chap de cette fic, j'avais totalement oublié certaines parties XD

Enfin bref, en tout cas, je vous souhaite une belle journée à tous 3