Une chaleureuse lumière dorée nimbe la cuisine aux tons clairs. Harry, d'un t-shirt kaki et d'un pantalon en toile vêtu, se tient aux côtés d'un Severus à la chemise blanche, retroussée jusqu'aux coudes. Tous deux se tiennent devant une table d'ingrédients organisée avec soin.

«Bon alors, quelle corvée nous as-tu planifiée?

- Je te signale que tu ne dois notre corvée qu'à toi et ta proposition de laisser ta femme se reposer.

- Très juste...

- Mais pour répondre à ta question, nous allons cuisiner une spécialité française nommée "coq au vin".

(NDA: pour des raisons évidentes de compréhension, veuillez vous rappelez que nos deux protagonistes parlent anglais. Ceci est un détail important si vous voulez comprendre la blague douteuse qui va suivre.)

- Un 'coq'? Raille-t-il avec un sourire mesquin. Laisse-moi deviner de quelle viande il s'agit.

- Mais non sombre crétin! Ce pauvre volatile n'a rien à voir avec les machinations de tes pensées perverses, cingle-t-il en prenant ladite viande entre ses mains, le gratifiant au passage d'un regard noir.

- Oh mais c'est un poulet!

- Non. C'est un coq, réplique-t-il

- Ouais... ben ça sonne mieux en anglais en tout cas.»

Severus lève les yeux au ciel, passablement agacé par le comportement puérile de son amant.

«Arrête de dire des âneries et épluche-moi ces carottes!

- À vos ordres, chef! Lance-t-il, faussement solennel.»

Harry dépose un baiser rapide sur le joue de Severus alors qu'il se penche pour attraper les carottes et leur éplucheur, et Severus se sent s'attendrir -bien que malgré lui- à cette marque d'affection.

Le potionniste, lui, décide de s'attaquer à la dure tâche qui consiste à découper la volaille en morceaux. Il se munit d'un couteaux et, avec des gestes précis et assurés, entaille la chair à des endroits stratégiques.

Harry découpe maintenant ses carottes en rondelles soignées et met le tout dans un grand saladier. Severus lui indique de s'occuper des oignons, ce qu'il fait sans plus tarder.

Une fois sa tâche terminée, les lamelles d'oignons s'en vont rejoindre les carottes, vite suivis des morceaux de coq.

«Maintenant, il faut ajouter le vin et l'assaisonnement, déclare Severus.»

Harry acquiesce et se saisit de la bouteille d'alcool. Severus hache le persil de ses longs doigts sur les ciseaux tranchants. Il rassemble du thym, du laurier et de l'ail écrasé à proximité et fait signe à son Gryffondor de s'approcher.

Comme précédemment dans le laboratoire, c'est tout naturellement que Harry vient se lover entre la table et Severus. Il ôte le bouchon de la bouteille de vin rouge et verse le liquide pourpre dans le récipient contenant le coq. Severus vient caler sa tête contre celle du Gryffondor avec douceur et ajoute les différents assortiments d'herbes avec une cuillère à soupe d'huile.

Une fois la marinade finie, Severus se permet un moment de distraction et vole un doux baiser à Harry. Celui-ci lui répond avec la même douceur.

Il finissent par se séparer à contrecoeur, le devoir se rappelant à eux.

«Bon, normalement nous devrions le laisser mariner toute une nuit mais comme nous avons l'avantage d'être des sorciers, nous n'allons pas nous en priver (Non ce n'est PAS parce que l'auteur vient de s'en rappeler en même temps qu'eux).»

Severus sort sa baguette de sa poche, jette un sort au malheureux animal déserté de toute vie depuis maintenant bien longtemps, range son ustensile, et se détache à regret de son Gryffondor.

Severus s'approche des plaques chauffantes et sort une poêle qu'il enduit légèrement d'huile. Puis, il fait signe à Harry de s'approcher avec le saladier, tandis que lui même va chercher le lard et une planche à découper.

Harry dépose les morceaux de coq dans la poêle. Un doux grésillement vient s'ajouter au hachement régulier des coups de couteaux de Severus, pendant qu'une agréable odeur de poulet grillé envahit doucement l'air.

Severus ajoute les lardons et quelques oignons à la cuisson et en profite pour enlacer son amant par derrière. Le Maître des Potions s'empare d'une cocotte dans un placard situé à leur droite et transvase le coq et les lardons en son sein. Il fait signe à Harry d'aller chercher leur marinade. Le jeune homme s'exécute et verse le tout dans la cocotte. Harry remet soigneusement le couvercle. Il se retourne pour observer son amant couper les champignons avec une agilité redoutable. Severus les jette sur la poêle encore grésillante et les fait sauter avec adresse.

Severus les ajoute à la préparation et se retourne vers son amant, qui l'observe toujours avec un air contemplatif.

Un rictus déforme les lèvres du Serpentard alors que ses mains viennent enserre les hanches de Harry. Severus dépose un léger baiser sur le front juvénile. Puis, ses lèvres se déplacent sur une paupière fermée. Et enfin, sa bouche rejoint sa jumelle et l'embrasse avec affection.

Harry fait pianoter ses mains le long du dos de Severus pour finalement se perdre dans les mèches corbeau du potionniste, ainsi que sur sa joue pâle, pour donner plus de tendresse à leur échange.

Ils passent un temps certain à se câliner, alternant tendresse et douceur sous les effluves enivrantes de leur plat mijotant avec douceur.

Avec une certaine réticence, Severus s'arrache pourtant à ces caresses et fait fondre du beurre. Il demande ensuite à Harry de verser une cuillère à soupe dans le mélange à moitié liquide que forme le beurre. Le Gryffondor obéit. Severus s'empare d'une cuillère et remue le tout avec prudence et dextérité. Alors qu'il finit de verser sa préparation dans la cocotte, Severus reçoit un choc au bas du dos.

Il se retourne, le regard noir, et découvre le fautif, en train de glousser, de la farine maculant ses mains hâlées.

«Alors comme ça, stupide Gryffondor, tu ose défier un Serpentard?»

Un sourire mesquin se forme sur ses lèvres fines alors qu'il s'approche de son compagnon d'une démarche prédatrice.

Avec une rapidité remarquable, Severus attrape un bloc compacte de farine et le lance à la figure de Harry. La poudre le fait tousser et ôter ses lunettes devenues inutiles. Severus ne se fait pas attendre et enchaîne avec un autre projectile qui macule le joli haut kaki de Harry. Ce dernier semble enfin se réveiller alors qu'il s'écarte de justesse d'une nouvelle attaque.

Le Survivant se saisit de la première chose à sa portée -à savoir le fond de marinade- et se prépare à le lancer sur son amant. Seulement, c'était sans conter sa légendaire maladresse car il trébuche et se renverse tout le contenu du saladier dessus. Severus rattrape le récipient de justesse avant qu'il ne s'écrase au sol et le repose avec un mouvement de bras désinvolte. Il s'approche ensuite de Harry, prend son visage en coupe, et constate, une pointe d'amusement perçant dans sa voix grave:

«Tu sais que tu es un idiot terriblement stupide et maladroit, n'est-ce pas ?

- Je sais, répond-il simplement.»

Et Harry se frotte à son amant, histoire de partager gracieusement le liquide qui lui colle à la peau. Severus ne peut s'empêcher un rire contenu face au spectacle ridicule que lui offre Harry. Il l'enserre dans ses bras pour l'empêcher de gesticuler d'avantage et lui murmure d'une voix suave:

«À cause de tes âneries, je crois qu'une douche s'impose.

- À cause? Grâce, plutôt!! glousse-t-il.»

Severus range la cuisine de plusieurs coups de baguette maîtrisés, éteint le feu, et suit Harry en direction de leur chambre commune.

Le Survivant l'entraîne dans la salle de bain. D'un sort informulé, Harry les débarasse de leurs vêtements poisseux et sales. Il pousse ensuite son aîné dans la cabine de douche et allume un jet d'eau tiède qui s'écoule alors sur leurs corps plein de farine et de sauce.

Les deux sorciers se dévorent un instant du regard, leur désir respectif embrasant leur pupilles dilatées.

Finalement, Severus comble la distance qui les sépare et s'empare avec un une passion contenue par une bonne dose de tendresse, du corps mince de Harry. Très vite, leur bouches se scellent et leurs langues se rejoignent pour danser un ballet alliant à la perfection sensualité et douceur.

Puis, les lèvres de Severus partent en exploration le long de la mâchoire de son amant. Sa peau est un mélange savant entre sa senteur habituelle et une délicieuse touche d'herbes à l'ail.

Très vite, le Maître des Potions se rend compte que le corps contre le sien est enduit de cette substance au goût aromatisé.

Il se met alors à lécher la moindre parcelle de peau avec application, tandis que des gémissements s'échappent de la gorge de Harry et que des doigts viennent s'emmêler dans sa chevelure sombre avec possessivité.

La cabine de douche devient vite trop embuée pour continuer à décerner la scène avec précision. Seul se distinguent deux ombres floues, deux corps qui s'aiment, deux âmes qui fusionnent dans les brumes du plaisir, deux silhouettes mouvantes à l'aube de la jouissance, deux amants unis aussi bien charnellement quémotionnellement, et un seul amour, pulsant avec puissance sur leurs destins scellés.


J'aime tous ceux qui ont compris ma blague pourrie du début (les autres aussi, soyez pas jaloux XD).

Brefons. Je vous dis à demain

En attendant, une belle journée à vous tous :)