Harry et Severus sont allongés sur le canapé, profitant avec paresse d'une belle journée d'automne. Severus caresse avec automatisme le visage appuyé sur son torse, tandis que leurs jambes sont entremêlées dans un joyeux enchevêtrement de membres. Tous deux contemplent les arbres aux feuilles dorées à travers la grande baie vitrée du salon.
Soudain, une sirène aux intonations stridentes vient briser la sérénité des lieu. La baguette de Harry se met à vibrer et frotter avec frénésie le tissu fin de son pantalon (NDA: on parle du bout de bois -à ne pas confondre avec celui dur comme du bois- qui lance des sorts et des étincelles -bien que l'autre produise aussi des étincelles. Je précise, juste comme ça. Au cas où...). Harry sursaute contre le torse de Severus et s'empare de l'élément perturbateur. L'objet émet une vive lumière rouge. Harry l'agite avec empressement tandis qu'il se met sur ses deux pieds. Il se précipite sur sa cheminée et s'empare d'une grosse poignée de poudre dans un pot posé sur le coin du cadre. Il se retourne vivement vers Severus, le temps d'échanger un regard d'excuse avant d'être avalé par les flammes vertes de l'âtre.
Il atterrit dans le bureau de Hermione avec maladresse. Son amie et Drago sont déjà réunis au centre de la pièce, tendus et le visage grave. Hermione passe une main stressée dans sa chevelure touffue.
«Bon. Il semble que l'heure est arrivée. À vrai dire, je ne pensais pas que le Tueur réagirait le lendemain de notre mise en place. Ce qui m'encourage sérieusement à vous dire de ne vous détourner de nos objectifs sous aucun prétexte.
- Ézéchiel n'est pas là? Demande Harry d'une voix nerveuse.
- Non. Il arrivera en renfort si besoin. Il dit que cette affaire est entre nous et qu'il serait de trop. Toutefois, il reste en alerte et je peux le contacter au moindre problème par le biais de ma baguette.
- D'accord, répond-il laconiquement.
- Vous vous rappelez du plan qu'on a établi n'est-ce pas? On entre dans la maison, on lance un sort d'attraction sur les reliques -Harry la cape, Malefoy la pierre et moi la baguette-, on énonce l'incantation pour les rendre non-magiques et on les détruit avec un Expulso. Tout est clair?
- Oui, répliquent-ils d'une voix où tremble l'anxiété.
- Dans ce cas, ne perdons pas plus de temps et allons-y.»
Harry et Drago saisissent le bras de la brune et transplanent sans plus attendre.
Les trois sorciers se retrouvent transportés devant la porte d'une maison un peu en retrait de la ville. Un petit jardin délimité par une clôture en bois à la pelouse bien verte, se dresse fièrement autour d'eux.
Les trois Aurors s'approchent avec prudence de la façade gris crème. Avec agilité, ils pénètrent dans la maison sans un bruit. Il dépassent le hall et s'avancent à pas de loup dans le couloir menant au salon.
La pression augmente et tend leurs muscles d'appréhension un peu plus chaque seconde. Harry sent son coeur tambouriner avec une force qui se ressent dans chaque parcelle de son être.
Finalement, ils arrivent devant ladite porte. Ils inspirent un bon coup, dans une tentative vaine d'évacuer la pression pesant sur leurs épaules. Les trois sorciers entrent dans le salon avec un grand fracas digne des films d'action moldu. Tous trois s'écrient à l'unisson
«ACCIO!»
Suivit de leur objet attitré. Et...
Rien. Il ne se passe rien.
La forme holographique de Rodolphus Lestrange les observe d'un drôle d'air, se demandant sûrement s'ils sont sains d'esprit.
Les enquêteurs se lancent un même regard effaré, faisant travailler follement leurs neurones dans le but de comprendre ce qu'il se passe.
Un rire lent, aux accents métalliques et tranchants d'un sort de modification vocale retentit derrière eux.
Harry, Hermione et Drago se retournent d'un même bond.
«Ce que vous êtes crédules, pauvres petites choses. Vous auriez du voir vos visages, agités de tics nerveux mais pourtant si déterminés. Vous êtes vraiment hilarants.»
Un autre ricanement secoue la forme invisible qui se déplace tout autour d'eux. Hermione serre ses doigts sur sa baguette, s'apprêtant à envoyer un signal à Ézéchiel.
«Tututut. Expelliarmus.»
Trois baguettes volent dans les airs pour atterrir dans une main gantée, vite avalée par les pans invisibles de la cape.
«Où est donc passé le sens loyal et fair-play des Aurors, mh? Ne le prenez pas comme ça, je peux voir d'ici vos mines déconfites. Je vous les rendrai vos petites baguettes! Mais d'abord, nous avons à parler. Tout d'abord les présentations. C'est la moindre des politesses tout de même! Après tout, cela n'est que notre première rencontre. Un événement pareil, ça se fait dans les règles de l'art. Qui veut commencer? Susurre la voix rocailleuse dans leur dos.»
Un même frisson parcourt le trio alors que celui-ci se retourne vivement, bien que vainement.
«Personne? Bon. Alors je commence. Je suis... Le Maître de la Mort. Vengeur et serviteur de la Mort. Enchanté. Et vous êtes?»
Silence.
«Allez Harry. Ne fais pas ton timide, ose te lancer.
- Vous savez pertinemment qui je suis. Mais soit. Je suis Harry Potter. Survivant et Sauveur du mode sorcier. Auror au Ministère de de la Magie... Et, j'ai une question sur votre présentation.
- Oui Harrychou?»
Le concerné fronce légèrement les sourcils à l'entente du surnom. Cependant, il ne s'en occupe pas outre-mesure et continue d'une voix posée.
«Afin d'établir une présentation dans les règles du métier. Ne devriez-vous pas ôter cette cape, que nous puissions voir à qui nous avons à faire?
- Alalala, mais c'est qu'il est perspicace mon Ryry. Mais non. Puisque vous avez fait une entorse aux règles de bienséance, je me permets cet écart de politesse. Voyez-vous, le secret de mon identité me tient très à cœur. J'aime beaucoup vous observer pendant que vous vous acharnez à découvrir mon visage, sans jamais y parvenir. J'espère que tu me le pardonneras, mon petit Harry. Bon maintenant, continuons avec cette chère Hermione.
- Je suis Hermione Granger. Auror au Ministère de la Magie.»
Les pas du Maître de la Mort résonnent sur le sol synthétique. Une pulsation sinistre et angoissante rythmant l'orchestre de leur anxiété.
«C'est tout? Un peu succin pour si brillante élève. Finissons donc avec ce bon vieux Drago.
- Malefoy. Je ne crois pas vous avoir autorisé à employer mon prénom. Je suis donc Drago Malefoy, fils de Lucius Malefoy que vous avez assassiné sans remords aucun, sous un prétexte quelque peu flou, Auror au Ministère de la Magie.
- Mais mon cher Drago, je crois que tu n'es pas en position de riposter quoique que se soit, murmure-t-il avec onctuosité, un objet pointu caressant avec nonchalance la colonne vertébrale du blond. Quant à ton cher Père, ose me dire droit dans les yeux que sa vie t'importait encore après l'avoir laissé pourrir à Azkaban sans jamais lui rendre visite. Ose.
- Encore faudrait-il que je puisse voir vos yeux, grinça-t-il, la mâchoire violemment contractée.
- Bon bon, les présentations sont maintenant faîtes, bien que vous n'ayez pas été très prolifiques, vous auriez pu faire mieux franchement. Mais soit. Je ne vous en tiens pas rigueur. Maintenant, j'aimerais débriefer avec vous de votre petite embuscade. Sincèrement, je dois avouer que ce plan était ingénieux. Et s'il n'était pas parvenu à mes oreilles, je serais sûrement tombé dans le panneau. Cependant, vous avez fourni vous-même l'arme de votre défaite. Mais je n'en dirai pas plus. Je vous laisse gérer les conflits intérieurs, ce n'est pas mon problème. Maintenant, abordons votre plan d'attaque. Très bonne idée tout ça. Seulement, vous apprendrez que les sorts d'attractions sont inefficaces sur les reliques. Elles sont moi de même façon que je suis elles. De la même manière que vous ne pouvez m'arracher de membres, vous ne pouvez vous emparer des reliques avec un simple petit sort d'attraction. Ensuite-
- Pourquoi nous fournir le bâton pour vous battre? Le coupe Harry.
- J'adore ton sens de l'observation et ta bravoure mon chou, ronronne-t-il en effleurant sa joue d'une main invisible. Voyez-vous, j'aime relever les défis. Et je suis convaincu que même avec une petite aide, jamais vous ne viendrez à bout de ma personne. Je suis bien trop puissant dorénavant. Cependant il me plaît de vous montrer vos erreurs. Contrairement à ce que vous avez l'air de penser, je ne suis pas votre ennemi. Je pousserais même le vice à dire que nous sommes amis. Vous êtes simplement trop aveugles et bornés pour l'apercevoir.
Mais bon, reprenons la liste de vos petites erreurs. Bien déjà, vous faîtes trop confiance. Vous savez que je suis proche de Harrychou et vous ne surveillez même pas les informations qui filtrent. C'est ridicule. Une erreur de débutants.
Ensuite, vous négligez bien trop mon aspect invisible. Comment espérez-vous battre quelqu'un que vous n'apercevez même pas? Autant vous bander les yeux.
Et puis, le dernier point. Vous n'utilisez pas les atouts à votre disposition. Vous avez beaucoup de paramètres de votre côté. Utilisez-les bon sang.»
Un claquement agacé de langue se fait entendre.
«Sinon, je crois n'avoir rien à ajouter. Je vais donc vous rendre vos baguettes, vous laisser établir un autre plan, puis nous nous reverrons dans une autre de vos embuscades. Espérons pour vous qu'elle sera plus réussie que celle-ci.
Et n'oubliez pas, je sais tout. Je suis là, à surveiller vos moindres mouvements. Le poison est infiltré au cœur même de votre plan. À laffût du moindre mouvement, je suis toujours là. Toujours.
Sur ce, prenez bien soin de vous mes amis, surtout toi mon petit ange, ajoute-t-il en frôlant la nuque de Harry.
Et à une prochaine.»
Le coupable s'enfuit sans que les Aurors ne puissent faire un seul geste pour l'arrêter, laissant sur son passage, trois baguettes sur le seuil de la porte.
Haha ! Première rencontre en face à face avec Le Maître de la Mort !
J'ai semé BEAUCOUP d'indices dans ce chap ! Donc j'espère que vous en avez au moins saisi quelques uns et que ça vous avance dans l'identité du Maître de la Mort !
Voila voila, je pose ça là et je m'en vais :)
Bises à tous.
