Serpentant parmi les gravas une nouvelle fois, Le Tueur arpente les rues sombres, à l'affût d'une proie pour satisfaire son appétit meurtrier.
Il trouve sa cible parfaite, un peu plus haut, dans un passage légèrement plus fréquenté.
Son regard dément illuminé par la lumière des réverbères, il s'agite avec l'anticipation d'un plaisir imminent.
Il entend la foule grouiller de son bourdonnement assommant, une rue à côté seulement. Le danger d'être découvert ne fait qu'amplifier le feu ardent brûlant dans ses veines.
Un sourire miroitant d'une joie enfantine plaqué sur le visage, le Tueur s'élance dans l'allée, avec une vitesse enivrante.
Un coup de couteau, deux, trois, quatre, cinq, six...
Et autant de vies ôtées sous ses doigts experts.
Le Meurtrier continue sa course folle, son slalom de la Mort, les cris d'agonie ravissant son esprit ravagé, le sang divaguant sur ses pas meurtriers.
OoOoOoO
«Papa. Papa. Papa.»
Une petite voix enfantine simmisce dans les limbes du sommeil de Harry. Un enfant appelle son père.
Une main aux doigts fins s'agrippe à l'épaule de Harry.
«Papa, supplie-t-elle d'une voix faible.»
Le contact froid sur la peau nue de Harry achève de le réveiller. Il sursaute en prenant conscience de l'environnement de sa chambre et tourne un visage endormi vers sa fille. Lily le regarde, les yeux vitreux, ses maigres jambes tremblantes sous son poids.
«Lily? Sursaute à nouveau Harry»
Son léger bond a pour effet de découvrir son torse nu hors de la chaleur réconfortante de ses draps. Il prend brutalement conscience de la situation légèrement embarrassante dans laquelle l'a surpris son enfant. Il jette un bref regard gêné à Severus, toujours endormi, ses bras maintenant vide de sa présence. Puis ses yeux se posent à nouveau sur Lily. Il remarque qu'à son état, la pauvre enfant ne doit pas réellement se préoccuper qu'il soit nu, dans les bras d'un homme qui n'est pas sa mère.
«Qu'est-ce qu'il y a ma puce? Demande-t-il en s'efforçant de connecter ses neurones douloureux de sommeil.
- Je me sens pas bien.
- Approche-toi pour voir, ordonne-t-il avec douceur.»
La rousse s'exécute faiblement. Harry pose sa joue sur le front de sa fille et constate son évidente chaleur.
«Tu as de la fièvre. Est-ce que tu as mal quelque part?
- Oui, à la gorge.
- Je vais te chercher des potions, ne bouge pas.»
Lily opine faiblement. Harry se dépêtre avec maladresse de ses couvertures et des longues jambes de Severus, provoquant un grognement dans le sommeil du concerné. Une fois debout, il prend conscience que les maux de tête qu'il attribuait à son réveil brutal résultent en réalité de tout autre chose. Il sent également ses jambes trembler, sa faiblesse augmentant en flèche. Il se demande un instant s'il ne devrait pas prendre sa potion lui aussi, avant de se raisonner par l'idée qu'il sera de retour dans les bras chauds de son amant dans cinq minutes tout au plus. Harry enfile un caleçon et un t-shirt, toujours pas franchement à l'aise avec l'idée que sa fille l'ait surpris ainsi. Il s'engouffre dans le laboratoire (NDA: ça me fait penser avec nostalgie au Labinet ;-;. Me demandez pas pourquoi, ça a surgi comme ça, sans prévenir) de Severus et dégote deux potions pour Lily.
Harry revient dans la chambre le plus discrètement possible. Il fait ingurgiter à Lily les deux fioles de médicaments, puis il prend l'enfant dans ses bras afin de la ramener dans son lit.
Harry traverse le couloir dans l'air frais de la nuit. Il se rend dans la chambre de Lily, son précieux fardeau blotti contre son torse. Il dépose Lily avec délicatesse sur ses draps bleu ciel. Il rabat la couverture sur le petit corps brûlant et borde les draps avec soin. Il plnte un baiser frais sur le front de sa fille et s'apprête à retourner dans les bras sécurisants de Severus quand une main retient un de ses doigts.
«Reste avec moi s'il te plaît...Papa.»
Harry hésite un instant. Puis finalement, son besoin express de sommeil qui l'incite à se glisser aux côtés de sa fille, son petit être embrumé de fièvre, blotti tout contre son torse, protégé par le cocon sécurisant des bras de son père. Ainsi, c'est Harry qui se retrouve dans la position du protecteur. Et le Gryffondor prend conscience que des gens ont besoin de lui de la même façon qu'il a besoin de la protection de son Potionniste.
OoOoOoO
«Lily! C'est l'heure de se réveiller ma ch- Harry!?
- Mmmmmmh?»
Harry se réveille avec une difficulté significative, son mal de crâne se rappelant avec lui avec une force difficilement soutenable.
«Qu'est-ce que tu fais là?
- Lily. Malade.
- Oh, je vois. Bien, tu peux rester avec elle deux secondes? Je vais prévenir sa maîtresse.
- MhMh.»
Harry opine faiblement, de toute façon, ce n'est pas comme s'il avait la force requise pour se dépêtrer du lit.
Ginny revient plusieurs minutes après, un plateau déjeuner dans les bras.
«Je vais prendre ma journée pour m'occuper de Lily. En tout cas, merci de l'avoir géré cette nuit.
- Qui? Ah. Mmmh. Oui. Euh non. Tu n'es pas obligée. De prendre ta journée je veux dire. De rien. Je euh, peux m'en occuper.
- Excuse-moi mais là, j'ai comme quelque doute, rit-elle en déposant le plateau sur ses genoux.
«La nuit a été difficile?
- Mrlmlbli. Potion. Severus.
- Haha je vois. Je vais te chercher ça.»
La rousse se lève du lit où gît son mari terrassé par la maladie et sa fille encore dans les filets d'une nuit fiévreuse.
Ginny ouvre la porte de la chambre avec douceur, par précaution de ne pas réveiller son habitant. Cependant, cette prudence se révèle inutile puisque Severus est assis en tailleur sur le lit, le regard tourné vers les feuilles d'automne chutant avec grâce sur le sol.
«Où est Harry?
- Avec Lily. Elle était malade.
- Je vois..., déclare-t-il avec lenteur, tournant finalement son regard vers la rousse.Deuxième fiole. Étagère du bas.
- Merci.»
Ginny s'empare de la potion vert pomme et retourne dans la chambre de sa fille, après un vague signe d'au revoir à Severus.
La rousse tend la fiole à son mari, qui s'empresse de l'ingurgiter avec reconnaissance. Il attend quelques minutes, les yeux volontairement clos. Quand ses paupières se soulèvent, son regard a regagné toute sa clarté habituelle.
«Merci Gin'. Bon je disais donc, tu peux aller travailler si tu veux. Je m'occupe de Lily sans problème.
- Trop tard, j'ai déjà prévenu mon assistant. Cette petite chanceuse va donc avoir ses deux parents consacrés à ses petits soins une journée durant.
- Quelle veinarde, rétorque-t-il, le sourire aux lèvres.»
Et comme si elle avait deviné être le sujet de la conversation, la petite fille aux cheveux de feu ouvre ses yeux verts débordant de fièvre.
«Maman, Papa?
- C'est nous ma chérie.
- J'ai froid.
- C'est normal, tu as de la fièvre. Tu as faim?
- Non.
- Je vais aller te chercher des potions contre la fièvre. Ce serait bien que tu boives aussi, ça fait toujours du bien.»
Harry se lève du lit et s'engouffre dans le couloir pour se rendre dans la chambre qu'il partage avec Severus. Ce dernier n'a toujours pas changé de position depuis le passage de la rousse.
Cette-fois, Severus tourne son regard d'obsidienne vers le Gryffondor.
«Alors, qui est l'heureux élu qui a eu la chance de te voler à moi une nuit durant? Demande-t-il, un faible rictus plaqué sur ses lèvres.
- C'est Lily, elle était malade. J'espère que tu n'es pas jaloux.»
Harry s'approche de son amant et lui vole un bref baiser.
«Pourquoi, je devrais?
- Ah mais non! Ne dis pas de bêtises la pauvre enfant!
- Si facilement manipulable, soupire Severus en lui volant un second baiser.»
Harry sourit avec amusement à la pique. Il enfile un jean et exécute une brève toilette. Il récupère ensuite des potions pour Lily et, avec un baiser d'au revoir, retourne dans la chambre de sa fille.
Harry retrouve sa femme et sa fille dans un lit magiquement agrandit, Ginny lisant une histoire à la plus jeune. Harry pose les différentes potions sur la petite table de chevet, en donne une à Lily, et se glisse à la gauche de sa fille de façon à ce que celle-ci soit entre ses deux parents.
Après un nombre incalculable d'histoires, de rires, de jeux, de séances câlins et de tout ce dont les envies de Lily sont fournies, la famille réunie pour une journée feuillette avec attention un album photo.
Tous regardent avec nostalgie ces bons moments passés. Ou tout du moins, le feint. En effet, Harry, devant cet étalage de souvenirs d'un bonheur inouï pour sa femme, se sent simplement vide et étranger. Il regarde avec des yeux voilés toutes ces années passées à faire semblant de vivre. Tout ce que cet album lui inspire, c'est de la peine pour son double au sourire forcé. Ces photos, ces souvenirs, ce ne sont pas les siens. Ce sont ceux d'un autre Harry. Un Harry modèle, à l'écoute de sa famille, un Harry aimant sa femme, un Harry aimant sa fille, un Harry joyeux, un Harry qui aime toute cette vie parfaite construite pour lui. Un Harry faux. Mais un autre Harry quand même.
Et soudain, une prise de conscience lui saisit les tripes avec une violence angoissante. Cette bulle familiale que partage sa femme et sa fille, il n'en fait pas partie intégrante. Ginny n'est pas sa femme. Et Lily n'est pas sa fille non plus. Aussi horrible que soit ce sentiment, il sait qu'il est exclu. Aussi forte soit son affection pour ces deux êtres, il a conscience que jamais il ne fera partie de cette famille construite avec cette personne qui n'est pas lui.
Blblbl, ce chapitre est vraiment pas ouf XD
Heureusement, le prochain promet d'être plus intéressant
On s'approche à grands pas de la fin et j'ai à peu près autant hâte que peur de vous livrer le dénouement.
Bref, bonne journée à vous tous !
