Titre : Rien

Auteur : lovePEOPLEandCOWBOY

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OOOOOO

Tu ne comprends pas ?

Tu es stupide ?

Carlos se sent lessivé. Il a honte et il ressent de l'amertume pour avoir imaginé que les choses seraient différentes sur Auradon. Un poids pèse sur ses paupières, sur sa poitrine, et sur tout ce qui pourrait le faire avancer. Il reste derrière, contrairement à ses amis qui seront bientôt hors de portée.

L'univers a décidé pour lui, et ça fait mal. Carlos n'en vaut pas la peine.

Carlos est devant son miroir et il tamponne sa lèvre fendue qui saigne toujours. Elle va gonfler mais il s'en moque. Il a le cœur lourd car il n'est pas digne. Il revoit Atila s'emporter, se confondant presque avec sa mère.

Peut-être que les choses ne changeront jamais.

Sa lèvre fait mal pourtant il appuie plus fort car ça le soulage d'une certaine manière, et ça atténue la voix dans sa tête qui lui rappelle qu'il n'est pas digne d'être aimé.

C'est tout ce que tu mérites.

Bâtard.

« Carlos ! »

Carlos est tellement bouleversé par la voix de sa mère qu'il n'a pas entendu Jay rentré dans leur chambre, et ce dernier se tient maintenant à l'entrée de la salle de bain avec un visage défait alors qu'il découvre celui abîmé de son ami.

« Laisse-moi tranquille, Jay. » Crache le décoloré avant de lui fermer la porte au nez.

Carlos ne veut plus que Jay le voie ainsi, comme l'enfant qu'il était autrefois.

Pas ici.

Pas à Auradon.

OOOOOO

Jay sent un frisson le saisir après avoir croisé le regard inanimé de Carlos. Il ne pensait pas revoir cette noirceur dans les yeux de son ami. Elle ne devrait plus subsister avec autant de force destructrice, pourtant Jay a l'impression d'avoir croisé le début un cataclysme et il se sent comme un bateau en pleine tempête.

Jay est tendu en sortant de la chambre. Il sort un téléphone de sa poche arrière et il commence à écrire un message alors qu'il se dirige vers la chambre des filles. Il appuie tellement fort sur l'écran de son téléphone qu'il donne l'impression de vouloir le broyer.

Carlos a la lèvre fendue.

Tu sais ce qu'il s'est passé ?

La colère irradie en honte épaisse autour de lui alors qu'il attend une réponse d'Atila, le petit ami de Carlos.

Non.

Il va bien ?

Jay ressemble à un ogre en entrant sans frapper dans la chambre des filles, et Evie sursaute alors que la porte se referme violemment derrière lui.

« Si tu viens ici pour te défouler, tu t'es trompé d'endroit. » Siffle Mal pour avertir Jay de se calmer.

Seulement, Jay n'arrive pas à se calmer. Il repense aux yeux perdus de Carlos juste avant qu'il ne lui claque la porte au nez. Ce regard terrorisé et coupable qu'il portait autrefois, et qui torturait Jay plus qu'il ne voudra jamais l'admettre.

Ils leurs a fallu du temps pour s'ajuster à la vie ici, et ça a été plus compliqué pour certains que d'autres mais au final, ils y sont arrivés. Ensemble.

Alors ce retour en arrière, ça ressemble à une mauvaise blague.

« Quelqu'un a frappé Carlos. » Balance nerveusement Jay.

Evie et Mal cessent toutes les deux leurs activités pour se concentrer sur Jay. Il est énervé, mais Evie et Mal comprennent que son tempérament cache seulement de l'inquiétude. Jay est toujours un peu trop protecteur quand il s'agit de Carlos.

« Il va bien ? »

« Il m'a claqué la porte au nez, Evie ! » S'emporte Jay, mais l'information est suffisante pour laisser entendre aux filles le niveau de gravité du contexte. Quand Carlos se referme comme une huître, ce n'est jamais bon signe.

« Atila est au courant ? » Demande Evie, plus par curiosité que par réel intérêt.

« Il ne sait rien. »

Mal renâcle dans son coin, « bien sûr qu'il ne sait rien. Il ne sait jamais rien. »

Evie et Jay ne commentent pas le dernier propos de Mal. Eux non plus, Ils ne sont pas fans d'Atila mais ils font des efforts pour Carlos.

Atila est un garçon séduisant mais arrogant avec une haute estime de lui, puissant et très athlétique, avec une réputation de Don Juan qui n'est plus à prouver. Avant, Carlos ne se serait jamais retourné sur ce genre d'individu, seulement il a eu le cœur brisé le jour où Jay et Lonnie ont commencé à sortir ensemble. Une vérité que seule Evie connait. Carlos était vulnérable, et Atila a commencé a traîné autour de lui… L'ironie du sort fait qu'aujourd'hui, Jay est célibataire alors que Carlos…est devenu dépendant de son petit ami. Une relation malsaine comme le rappelle si souvent Mal.

OOOOOO

Toc. Toc. Toc.

« Carlos ? Tu peux ouvrir la porte ? Ce n'est que moi. » Demande Evie qui est à présent dans la chambre des garçons, sa trousse de beauté dans les mains.

Elle entend le bruit des pas, puis le cliquetis de la porte qui s'ouvre et elle découvre la tête de Carlos qui lui sourit tristement alors qu'il tient Camarade dans ses bras. Camarade est le soutient indispensable dont Carlos a besoin quand il ne sait pas trouver du réconfort. Camarade est sa bouée quand il n'ose pas crier à l'aide, comme en ce moment.

« Ça ne fait pas si mal. » Dit-il pour la rassurer en baissant les yeux sur le carrelage. « Je ne sens rien. »

« Comment ça ne pourrait pas faire mal ? » Demande-t-elle en s'avançant vers lui pour déposer le bout de ses doigts sur la lèvre tuméfiée. Carlos doit forcément mentir. La lèvre et une partie de sa joue commence déjà à bleuir.

Carlos hausse les épaules car il ne sait pas quoi répondre, avant de demander :« Jay n'est pas fâché ? »

Evie peut voir l'inquiétude dans son regard. Carlos ne supporte pas de se disputer avec Jay, ça le rend presque malade, et l'idée d'avoir contrarié son ami le mine déjà. A côté de cela, Evie n'est pas dupe, et elle sait que c'est parfait pour changer un sujet de conversation où Carlos se sent mal à l'aise.

« Non. Pas vraiment. Il s'inquiète pour toi. » Répond Evie comme on sème des graines pour en récolter ses fruits, et Carlos affiche brièvement un sourire désolé. « Qu'est-ce qu'il s'est passé ? » Demande doucement Evie en faisant un signe de tête vers la lèvre blessée.

Carlos détourne encore les yeux en serrant Camarade plus fort contre sa poitrine avant de s'éloigner d'elle. « Une histoire stupide, vraiment. Je suis rentré dans la porte d'un casier qui était resté ouvert. Tu imagines ? »

L'explication de Carlos est tellement surfaite qu'elle n'y croit pas du tout. « Non, pas vraiment. »

Carlos soupire lourdement en se baissant pour relâcher son chien. Après toutes ces années, il devrait savoir qu'il ne sait pas mentir à Evie. « D'accord… » Dit Carlos pour avouer à demi-mot son mensonge avant d'ajouter « je ne veux pas en parler. » Dit Carlos d'une petite voix qui cache à peine la honte qu'il ressent.

Et Evie n'aime pas ça.

« Comme tu voudras, » dit pourtant Evie avant de lui attraper la main. « J'ai pris de quoi nettoyer correctement tout ça, et j'ai même apporté du fond de teint. » Sourit-elle et Carlos lève les yeux au ciel, même si la présence de son amie lui fait beaucoup de bien.

Carlos se sent déjà beaucoup mieux quand ils vont s'asseoir sur son lit, et il ne pense presque plus à sa dispute avec Atila. Peut-être qu'il s'est trompé, et que ce n'était pas Atila qui embrassait cette fille dans le parc. Il a tellement peur de le perdre qu'il en devient jaloux. Il est peut-être un peu trop parano, en fin de compte.

Evie oblige Carlos à s'allonger sur le lit, la tête de son ami sur ses cuisses, avant de commencer son traitement avec des mains expertes et douces qui font presque dériver Carlos vers le sommeil. Carlos se laisse bercer par sa voix, et par l'odeur familière de son parfum. Il est carrément détendu au bout de quelques minutes, jusqu'au moment où quelqu'un vient frapper à la porte.

« A-atila. » Se redresse vivement Carlos, faisant perdre son pinceau à Evie.

Carlos a reconnu le rythme des coups, la sonorité, la force qui sont propre à son copain.

De son côté, Evie observe curieusement Carlos qui ne devrait pas ressembler à une bête traquée. Evie a souvent le sentiment que Carlos ne sait pas comment réagir en présence de son copain. Dans ces moments, il ressemble juste à l'ancien Carlos.

« P-pardon. »

« Ce n'est pas grave. Va ouvrir. » Rassure Evie qui se lève du lit pour ramasser son pinceau, alors que Carlos se dirige vers la porte.

« Jay m'a envoyé… » Commence Atila avec humeur avant de se rendre compte qu'Evie est dans la chambre.

« Bonjour, » se radoucit Atila en attrapant Carlos par la taille pour le tirer vers lui, avant de sourire à Evie.

« Bonjour. » Répond poliment Evie sans vraiment lui accorder l'attention qu'il voudrait.

Un peu frustré, Atila se tourne vers Carlos. « Montre-moi ça, bébé. » Atila tire le visage de Carlos vers lui. « Une petite éraflure ?! Jay m'a inquiété pour rien. » Soupire le garçon en relâchant le visage de Carlos.

Evie remet de l'ordre dans la trousse qu'elle a apporté, observant attentivement l'attitude de son ami en présence de son compagnon.

« Oui…trois fois rien » Abdique Carlos comme un toutou. Il est toujours d'accord avec Atila, et Evie trouve cela écœurant.

« Ne remets pas en cause l'envergure de mon travail. » Intervient Evie sans la moindre émotion pour Atila qui ne semble pas réellement s'inquiéter de l'état de son compagnon. « C'est carrément moche ce qu'il y a en-dessous ! »

« Dans ce cas, merci d'avoir fait des merveilles. » Plaisante platement Atila, et il ne parle pas que de la lèvre. Non, il se moque de Carlos en général, ce qu'Evie n'apprécie pas puisqu'elle sait combien Carlos est complexé par son physique.

Atila se retourne avec un petit sourire enjôleur pour Carlos, avant de l'attirer vers lui pour lui picorer le cou et se faire pardonner, ce qui déclenche un petit rire chez Carlos qui semble gêné que tout cela se passe devant son amie. « Arrête. »

« Je vais vous laisser. On se voit demain. » Dit Evie avant de disparaître le plus vite possible et le plus loin possible.

Elle ne supporte pas ce garçon.

A suivre...