Le dernier chapitre de l'histoire de Sola et Tom !
Chapitre 15- Epilogue : Sola – septembre 1959
La hall du Ministère de la Magie est littéralement bondé. Des centaines de personnes sont serrées les unes contre les autres en face de la grande estrade installée pour l'occasion. Il n'y a déjà plus assez de place pour tout le monde et pourtant, le flux de nouveaux arrivants ne se tarit pas.
Pour ma part, je ne suis pas inquiète. Tom m'a assuré nous avoir réservé des places aux premières loges.
En effet, Alphard et moi avons à peine mis un pied hors de la Cheminée qu'un jeune employé nerveux fond sur nous. Il est grand, brun, et visiblement à la limite de la crise de panique.
« Mr et Mme Black ? », haleta-t-il, se remettant de sa course. « Lord Gaunt m'a ordonné de vous escorter jusqu'à votre siège. Tenez, prenez ces badges. », dit-il en nous les tendant. Ils sont très simples. Il y est juste écrit 'Invité spécial de Tom Gaunt'. J'imagine que ça suffit. Aucun sorcier ici ne prendrait le risque de provoquer la colère de mon frère. « Personne ne vous cherchera des noises, avec ça. Si vous voulez bien me suivre… »
Pour la tranquillité d'esprit du pauvre garçon, nous acquiesçons, et bientôt, nous nous frayons un chemin dans la foule compacte. Les gens râlent un peu lorsque nous les poussons, mais un simple coup d'œil à nos badges suffit, comme prévu, à les calmer.
Nous atteignons bientôt l'avant de la foule, et là, je découvre deux carrés de chaises séparés par une allée centrale. Toutes sont déjà occupées. Nous sommes apparemment les derniers. Nous nous empressons donc rejoindre nos sièges dans le côté attribué aux invités de Tom, et immédiatement, notre accompagnateur nous abandonne, arguant avoir d'autres missions à accomplir.
Je me permets de souffler de soulagement en m'affalant sur mon dossier. Je suis heureuse de ne pas être comprimée dans la masse derrière moi. Je plains ces pauvres gens. En ce mois de septembre, il fait encore très chaud en Angleterre, et rien que le fait d'enfiler de lourdes robes de cérémonie par cette température s'est révélé être une véritable épreuve. Tom peut s'estimer heureux que je l'aime suffisamment pour m'infliger cette torture.
Alphard a encore moins de chance que moi. Ses robes distinguées semblent tout sauf confortables. Son visage est figé dans une expression sévère et sérieuse. Je sais combien il déteste ces évènements sociaux. Il a fui avec moi en grande partie pour éviter cette vie, après tout. Mais il a fait l'effort de venir pour moi et pour Tom, et je lui en suis reconnaissante.
« Sola ? Sola Lovegood ? »
Je sursaute. Ca fait si longtemps que je n'ai pas entendu cette voix que je pense l'avoir hallucinée.
Mais non. A mes côtés, mon ancienne amie de Serdaigle me sourit timidement.
« Phileane ! », m'exclamai-je simplement, abasourdie. « Quelle surprise de te voir ici ! »
Elle hoche la tête. Le temps n'a fait que l'embellir. A trente-quatre ans, comme moi, elle arbore des cheveux bruns courts et lisses, un visage doux mis en valeur par un discret maquillage, et des rides très discrètes témoignant des années durant lesquelles nous nous sommes perdues de vue. Sa robe ne fait rien pour cacher son ventre rond.
« Toutes mes félicitations ! », dis-je en souriant. « C'est pour bientôt ? »
« Pour le mois prochain », acquiesce-t-elle. « Nous espérons un garçon. Je ne sais pas si Tom te l'a dit, mais nous avons déjà des jumelles. Noxance risque de se sentir submergé avec quatre filles à la maison. », plaisanta-t-elle.
J'avais en effet appris que mon ex petit-ami avait épousé Phileane quelques années après être sorti de Poudlard, mais j'ignorais que le couple avait eu des enfants. Avec Alphard, nous ne vivons plus vraiment dans le même monde que nos anciens camarades. Les enfants ou le travail sont des choses si éloignées de notre réalité que nous nous retrouvons…déconnectés de la vie « normale ». En fait, sans l'insistance de Tom, il est peu probable qu'Al et moi nous serions mariés un jour. Mais nous avons fait un effort pour sa campagne électorale, et nous ne le regrettons pas. J'aime taquiner Al en l'appelant mon « mari », ou mon « cher époux ». Et je ne me lasse pas de me faire appeler 'Mme Black'. La mère d'Al a failli faire une crise cardiaque en entendant que nous nous sommes mariés sur une plage brésilienne, nous moquant totalement des traditions de Sang-Pur. Ce dernier en a ri pendant des jours et des jours, regrettant de ne pas avoir été là pour voir sa réaction de ses propres yeux.
« Et vous deux ? », enchaina la jeune femme assise à côté de moi. « Toujours pas d'enfants en vue ? »
Un coup d'œil à mon nouveau mari suffit à me convaincre que nous sommes sur la même longueur d'onde, de ce côté-là.
Je secoue furieusement la tête.
« Nos vies sont trop…instables pour un bébé. Ce ne serait pas juste pour lui que ses parents soient trop occupés à sauter de pays en pays pour se soucier de lui. Je ne suis pas sûre que je ferais une bonne mère, de toute façon », ajoutai-je avec un sourire.
« Crois-moi, on n'en est jamais sûres. », répliqua Phileane avec un clin d'œil.
Visiblement, une partie de sa timidité s'est envolée depuis Poudlard. La jeune adolescente que je connaissais ne pouvait pas enchainer trois phrases sans ressentir le besoin de s'enterrer sous un livre.
« Dis donc, je me demandais… Où est Noxance ? Il ne vient pas soutenir Tom ? »
« Oh, si ! Lui et Abraxas ont des rôles à jouer ce soir auprès de Tom. Ils seront sur l'estrade », expliqua-t-elle en haussant les épaules.
Je la regarde, prête à l'interroger davantage, mais soudain, un sorcier sur l'estrade à la voix magiquement amplifiée nous demande le silence.
Je reporte mon attention sur lui.
« Sorciers et sorcières ! Nous sommes réunis ce soir pour, comme vous le savez bien, découvrir le résultat de l'élection de notre nouveau Ministre de la Magie. Nos citoyens ont voté. Je ne vais pas vous faire attendre plus longtemps. Je laisse la place à nos deux candidats : Lord Tom Gaunt ; et Lord Ignatius Tuft ! », lança-t-il en se tournant vers les nouveaux arrivants.
Des deux côtés de l'estrade, les deux hommes montent les petits escaliers, suivis de leurs principaux supporters. Tom arrive de la gauche, accompagné de Rosalind, Abraxas, Noxance, et cinq ou six autres sorciers et sorcières que je ne reconnais pas de vue. Tuft, à droite, se pavane avec arrogance comme s'il avait déjà gagné. Tout cela parce que le précédent Ministre de la Magie était sa mère.
Je renifle. Tout le monde – ou du moins, quiconque avec un cerveau- sait qui l'emportera ce soir. Et ce ne sera certainement pas Tuft.
Chacun des deux candidats s'avance, saluant la foule avec charisme.
Ce soir, mon frère est plus beau que jamais. Sa femme, à son bras, est l'image même de la grâce et de l'élégance.
« Cet écran derrière moi affichera le visage de notre nouveau Ministre. Sur le compte de un…Deux….Trois… »
Le sorcier présentateur s'écarte et comme je l'avais prévu, c'est le visage de Tom qui apparait. Il est filmé en direct, son sourire heureux -à peine suffisant- étalé sur l'écran. Les applaudissements retentissent de toutes parts et n'en finissent plus. Rosalind affiche un visage radieux, tandis que Noxance et Abraxas s'accordent une poignée de main victorieuse -fait surprenant, car ils n'ont jamais su s'entendre.
Tom ne tarde pas à s'avancer au centre de l'estrade, accordant un sourire narquois à son adversaire contraint de s'éclipser. D'un coup de baguette, sa voix est amplifiée et il s'adresse à la foule qui ne cesse de l'acclamer.
« Amis sorciers, amies sorcières ! Bonsoir. Je tiens d'abord à vous remercier d'être venus si nombreux ce soir. Trop longtemps, la politique a fonctionné sans considérer l'avis de ses citoyens, déconnectée de la réalité. Je me suis promis que, si j'avais l'honneur d'être élu pour vous représenter, je n'oublierais jamais de rester humble, et à l'écoute de vos besoins. », dit Tom, d'un ton grave et solennel. « Mon programme, je ne vous l'ai jamais caché. Et j'ai bien l'intention de respecter chacune de mes promesses. La pierre angulaire de mon mandat consistera à révolutionner la gestion de nos Nés-Moldus : tantôt oubliés, tantôt surprotégés comme des bébés incapables d'accomplir quoique ce soit ; leur place reste trop peu claire dans notre société. Il est temps que cela change. Ma femme, Lady Gaunt, aura quant à elle la responsabilité d'assurer que la moitié féminine de nos concitoyens soit enfin reconnue à sa juste valeur. Les droits des sorcières doivent évoluer. Nous ne sommes plus guère au Moyen-Age, mes amis ! A ce jour, l'Europe est au retard. En Asie, aux Etats-Unis, toutes ces questions ont déjà commencé à être abordées. Mon objectif : que la Grande-Bretagne sorcière soit la pionnière de l'Europe dans le domaine social. Mais pas que. Je vous fais le serment que d'ici cinq ans, nous aurons relancé l'économie. Cela passera par l'amélioration de nos relations avec nos voisins. Il faut que nous acceptions de nous ouvrir au monde. Avec des échanges internationaux intelligemment élaborés, notre pays deviendra le moteur du continent. »
Chaque âme dans le grand hall du Ministère l'écoute religieusement, suspendue à ses paroles. Tom est un orateur d'un grand talent, avec un charisme inné. Il a beaucoup appris sous le mentorat de l'avant-dernier Ministre, Spencer-Moon. Mais ce qui l'a aussi forgé, c'est d'avoir pris la direction de l'opposition face au Ministre suivant, Wilhelmina Tuft. Il a beaucoup progressé en diplomatie et en gestion de conflits. Son poste l'a apaisé, là où le Tom de Poudlard était si prompt à la colère. Aujourd'hui, j'ai devant moi le grand sorcier qui auparavant n'existait que dans mon esprit ; celui qui révolutionnera notre ère et nous portera vers de nouveaux horizons.
Mes yeux sont légèrement humides. Jamais je n'ai été aussi fière de lui.
Un instant, je croise son regard. Il m'adresse un sourire sincère, que je lui rends.
« Dans ces premières heures de mon mandat, je tiens à vous présenter mon bon ami, Mr Noxance Mulciber, héritier de son nom, qui assurera le poste de Chef du Département de la Justice. », annonça-t-il en désignant l'homme à sa droite.
Noxance a bien grandi. Le grand adolescent rieur a laissé place à un homme imposant, avec une barbe d'une taille respectable et des yeux verts sérieux -où l'on discerne à peine l'éclat malicieux de sa jeunesse. Le revoir ne me procure aucun sentiment de nostalgie, contrairement à ce que j'aurais pu croire. Mon histoire avec lui fut très belle, mais restera un amour d'enfant. Ce que je ressens pour Al est incomparable, bien au-delà de cette tendresse qui restera toujours dans mon cœur pour Nox.
« Et voici Lord Abraxas Malfoy. », poursuivit Tom avec un signe vers le grand homme blond au sourire arrogant. « Nouveau Seigneur de sa maison, il briguera, avec mon soutien, le poste de Chef du Mangemagot. Souhaitons lui bonne chance dans sa future campagne, qui l'opposera à notre cher Directeur de Poudlard, le Professeur Dumbledore. »
A nouveau, une série d'applaudissements suivirent les paroles de notre nouveau Ministre.
« Mais assez de politique pour ce soir ! », s'exclama-t-il, en frappant dans ses mains. « J'essaierai tant que je peux de vous épargner les longs discours inutiles de mes prédécesseurs. En cette soirée de ma nomination, je veux que tout le monde s'amuse et profite pleinement de l'occasion. Un buffet est mis à votre disposition, et des serveurs vous offriront toute la nuit des rafraichissements. N'hésitez pas à les interpeller. Bonne soirée à tous. », termina-t-il avec un sourire charmant.
Sur ce, il descendit de l'estrade en compagnie de sa suite, aussitôt entouré de toutes parts par des journalistes de la Gazette du Sorcier. C'est une simple formalité. Je sais de source sûre que Leon Rosier, l'un des proches de Tom, en est le nouveau directeur. Rien de ce qui sortira de ce journal n'aura pas été approuvé par mon frère au préalable. C'est une dictature, sous l'apparence d'une démocratie. Je ne sais pas quoi en penser. Ce n'est pas comme si avoir une véritable démocratie avait apporté beaucoup de bien à l'Angleterre, ces dernières années. Peut-être un changement était-il indispensable. Rien de ce qui stagne ne peut survivre bien longtemps. C'est la loi de la nature.
« J'ai hâte d'assister aux prochaines années ! », lança Merlin en sautillant à côté de moi. « On va bien s'amuser ! »
« Dois-je m'attendre à ne plus te voir aussi souvent ? », lui demandai-je en haussant les sourcils. « Je vais devenir jalouse. »
« Oh, Sola, tu resteras ma préférée », répondit le jeune garçon avec un air penaud. « Mais c'est juste que ton frère est si intéressant ! C'est dommage qu'il ne peut pas m'entendre. », soupira-t-il. « J'aurai tellement de choses à lui dire. Tant d'erreurs à éviter… »
« Ses erreurs le forgeront. », dis-je simplement. « Et si tu as vraiment quelque chose à lui conseiller, tu pourras toujours me le dire. Je le lui transmettrai. »
Merlin hocha furieusement la tête, ravi. « Je vais voir ce qu'il y a au buffet ! », s'exclama-t-il. « Parfois, j'aimerai tellement pouvoir manger. Votre nourriture moderne est étrange, mais ce que ça sent bon ! »
Sur ce, le grand sorcier courut en direction de la salle de réception, s'amusant à passer au travers des sorciers qui ne pouvaient pas le voir.
« C'était Merlin ? », demanda Al à côté de moi. Je confirme d'un signe de tête. « Toujours aussi obsédé par ton frère ? »
« Toujours ! », acquiesçai-je avec un petit rire. « Viens. Fondons nous un peu dans la foule. Je mourrais pour un petit verre de champagne. »
L'heure suivante passe vite. Toutes les quelques minutes, d'anciennes connaissances de Poudlard nous interpellent, nous félicitant pour notre récent mariage. J'apprends qu'untel a eu un enfant, qu'untel est décédé, qu'un autre s'est marié. Le temps a passé en Grande-Bretagne, je ne peux pas l'ignorer.
Je suis en pleine conversation avec Flora Bones, née Prewett, une ancienne colocataire, lorsqu'un regroupement attire mon attention. Je m'excuse gracieusement, ma curiosité me poussant à découvrir de quoi il s'agit. Alphard me suit, silencieux.
La scène qui s'offre à nous me ramène des années en arrière.
Tous les anciens Chevaliers de Walpurgis sont là, en demi-cercle autour de leur chef, comme au bon vieux temps.
Ils ont tous changé, c'est certain.
Aucun homme n'est seul. Tous sont venus avec leur femme. Leon Rosier a épousé une ancienne camarade de Serdaigle, Irina Ivanov. Nous ne nous sommes jamais vraiment entendues, mais elle m'accorde un sourire en me reconnaissant, sourire que je lui rends volontiers. Noxance est là, une Phileane radieuse à son bras. Il a l'air heureux, et son sourire me confirme qu'il n'y a plus de mauvais sang entre nous. Abraxas Malfoy a visiblement épousé sa promise. Il a de la chance. La jeune Maisha Malfoy, née Nott est devenue une jeune femme resplendissante.
Mon cœur se serre lorsque mes yeux tombent sur Ralphus et Wael. Ils sont côte à côte, plus proches l'un de l'autre que de leurs femmes respectives. Leurs regards complices me confirment que leur liaison n'a jamais réellement pris fin. Je ne reconnais pas la femme de Ralphus, qui a l'air complètement perdue dans cette grande foule. Ses yeux timides balaient tout le monde sans jamais se fixer sur une personne en particulier. Elle évite mon regard lorsque je lui souris. La femme de Wael m'est plus familière. Marielle Avery, née Bulstrode, était une Serpentarde de mon année. Je n'en garde pas un très bon souvenir et son air pincé m'informe vite qu'elle n'a pas changé depuis notre temps à Poudlard.
Tom m'aperçoit vite, et me fait immédiatement signe de m'approcher.
Les Chevaliers sont au complet, pensai-je ironiquement, une drôle de nostalgie m'envahissant.
« Sola ! Viens, je t'en prie. Ca fait longtemps que les autres ne t'ont pas vue ! »
« En effet », dis-je en hochant la tête. « Al et moi avons été très occupés. »
« Mes amis, je suis certain que vous vous souvenez de Sola, ma sœur ? Et bien entendu, son mari, Alphard Black. »
Nous sommes accueillis plus ou moins chaleureusement, et, pendant un temps, il y a un drôle de silence qui s'installe, durant lequel aucun n'ose prendre la parole.
Finalement, Abraxas se jette à l'eau.
« Comment va mon cher cousin ? », demanda-t-il sur le ton de la conversation. « Je n'ai pas vu Xeno depuis…quoi ? Un an ? Avec la maladie de mon défunt père, j'ai bien peur d'avoir été un temps coupé du monde, si on peut dire. »
« Xeno va bien. Il a une petite amie, maintenant. Pandora Ollivander, l'une de ses camarades de maison. »
« Une fille de bonne famille. », approuva Abraxas en levant son verre. « Ils auront des enfants forts. »
« Oh, eh bien, à cet âge, je ne pense pas qu'il y pense encore », dis-je, un peu gênée. « Mais ils sont très mignons ensemble. J'espère que leur relation va durer. »
« Abraxas pourrait tuer le romantisme, si c'était une personne », se moqua Rosalind en me prenant le bras pour m'éloigner un peu des hommes qui en profitent pour reprendre immédiatement leur conversation ultérieure. « Comment vas-tu, Sola ? »
« Oh, très bien. Et toi ? Pas trop fatiguée, avec toute cette frénésie liée à l'élection ? »
Un sourire satisfait étire ses lèvres.
« Oh non. Je suis très fière de ton frère. », clama-t-elle en regardant Tom, qui la regarde avec agacement. « Toutes les femmes n'ont pas la chance d'avoir un mari Ministre de la Magie. » Elle se penche vers moi. « Et je compte bien apporter ma touche personnelle à son mandat. », me glissa-t-elle, si bas que je suis la seule à pouvoir l'entendre. Je retiens mon rire.
J'aime beaucoup ma belle-sœur. C'est une femme de caractère. J'ai beaucoup de respect pour elle.
Quiconque peut gérer Tom au quotidien mérite mon admiration, de toute manière.
« J'ai hâte de voir ça », répondis-je avec sincérité. « J'espère avoir de vos nouvelles régulièrement. »
« Nous aussi. », répliqua-t-elle. « Ton filleul te réclame. Depuis que tu lui as ramené cette fausse baguette magique, Anthelme ne jure plus que par toi. J'en serais presque jalouse. Et il jette des étincelles à toute heure de la nuit. Tom a menacé de la faire exploser s'il nous réveille à nouveau. »
Je rougis.
« Oups ? », risquai-je, en lui jetant un regard d'excuse. « Mais, si je peux me permettre, ce n'est pas une fausse baguette. Elle fonctionne grâce à la magie d'Anthelme. Il sera un sorcier très puissant, s'il est capable de s'en servir tant que ça. Avec un enfant normal, elle ne devrait pas fonctionner plus d'une demi-heure par jour. »
A mes paroles, Tom interrompit sa conversation avec Abraxas pour échanger avec Rosalind un regard arrogant. Je résiste à l'envie de lever les yeux au ciel. Al, à mes côtés, serre les lèvres pour cacher son amusement.
Mon mari et moi avons déjà spéculé sur les raisons pour lesquelles Tom a choisi Rosalind, parmi toutes ses admiratrices. Nous en sommes venus en la conclusion que Rosalind, c'est Tom en féminin. C'est le mieux qu'il pouvait faire, sans s'épouser lui-même.
« D'ailleurs, à propos d'enfants… », poursuivit Rosalind, avec discrétion.
« Non ? », l'interrompis-je, les yeux écarquillés.
« Si. », acquiesça-t-elle, ravie.
« Je pensais que Tom n'en voulait plus. »
« Heureusement qu'il n'est pas le seul avis qui compte dans ce couple. », rétorqua-t-elle avec espièglerie.
« Félicitations ! », m'écriai-je en la serrant dans mes bras. « J'ai tellement hâte. J'espère que si c'est une fille, vous lui donnerez mon prénom. », la taquinai-je.
« Tom veut un autre héritier », me confia Rosalind. « Mais j'espère secrètement une fille. Ton frère deviendra fou quand elle ramènera des garçons à la maison. J'ai hâte de voir ça. »
Je partage le sentiment. Quand il le veut, mon frère peut être particulièrement surprotecteur. Sa possessivité ne connait pas de limites.
« Rosalind ? Tu peux venir une seconde ? », l'appela Tom. « Il faut que tu rencontres Mr Spencer-Moon. »
En effet, Tom et un sorcier plus âgé discutent amicalement, clairement à l'aise l'un avec l'autre. Ma belle-sœur me quitte avec un clin d'œil, et bientôt, Al et moi sommes à nouveau seuls au milieu de la foule. Les anciens disciples de mon frère sont tous engagés dans des conversations, et personne ne nous arrête quand nous nous éclipsons discrètement.
Je prends la main de mon mari et nous quittons la salle de réception, prêts à reprendre notre voyage.
Je me retourne une dernière fois. Les yeux noirs de Tom plongent dans les miens, riches de mille mots qu'il ne prononcera jamais mais que j'entends quand même. Je lui souris de tout mon cœur. Le coin de sa lèvre se soulève.
Puis le moment passe, et il se détourne pour parler à ses admirateurs fascinés.
Ce soir-là, en reprenant ma route, j'ignore que, grâce à moi, le destin de la Grande-Bretagne sorcière a changé.
Lord Voldemort est mort, et ce, avant même d'avoir réellement existé.
Longue vie au Ministre Gaunt !
Voilà, c'est fini !
Ca m'a fait plaisir de réécrire un peu, même si je n'ai plus le temps avec mes études de gérer des projets de l'envergure d'Harry Parker. Je ne l'abandonne pas définitivement, mais l'écriture de la suite est compromise au moins pour les deux ans à venir. Je prépare l'internat de médecine et ça occupe toutes mes journées :(
J'ai écrit Sola pour moi, car l'écriture me manquait. Je voulais quelque chose de court, de touchant, mais sans trop défigurer le personnage de Tom. J'espère avoir atteint ces objectifs ^^
Laissez moi un petit mot si l'histoire vous a plu !
Eclat d'Argent
