Hello ! Me voila donc sur une nouvelle fic, avec de nouveaux personnages, mais toujours Regulus en vedette :)


Prologue

Novembre 1981

Des pleurs de bébé attirent l'attention d'une jeune femme. Cette dernière se dirigea vers la chambre d'enfant où deux enfants identiques étaient couchées dans le même lit. C'est l'un de ces enfants qui pleurait alors que l'autre continuait de dormir paisiblement.

- Chut, murmura la femme. Ce n'est qu'un cauchemar. Tu devrais te rendormir, ta sœur dort à poings fermés.

Elle jeta un regard au lit qui n'était pas vide et à sa deuxième fille qui ouvrait et refermait son poing dans son sommeil.

La femme jeta un regard par la fenêtre. Franck et Alice, chez qui elle vivait, étaient sortis à cause d'un signalement de grabuge pas loin d'ici. Avec un frisson, elle aperçut des sorciers à capes noires qui les entouraient. Son cœur ne fit qu'un tour en constatant qu'ils étaient plus nombreux que le couple. Elle posa sa fille dans son lit et prévint Augusta. La vieille femme monta à l'étage surveiller ses deux filles ainsi que Neville, son petit-fils.

Serena rejoignit les époux Londubat, ignorant la peur qui était la sienne. Il était hors de question qu'elle laisse ses amis seuls. Elle avait bien trop perdu durant cette guerre pour continuer ainsi. Le père de ses enfants, avant même qu'elle ne sache qu'elle était enceinte. Devenu mangemort. Son frère, également mangemort. Les Londubat avaient deviné qui était le père de ses filles, mais n'en avaient soufflé mot. Elle leur en était reconnaissante, c'était bien trop dur pour elle de l'évoquer.

Harry Potter avait mis fin à la guerre il y a quelques jours. Le monde sorcier était en liesse. Pour sa part, elle devait faire face au fait qu'un de ses amis les avait trahis et était à Azkaban. Elle n'était entourée que de traîtres… Un autre qui était anéanti et ne répondait pas à ses lettres. Et deux autres, qui étaient morts le jour où Harry avait défait Voldemort.

Serena arriva auprès des Londubat et saisit sa baguette.

- Si ce n'est pas cette chère Rogue !

Serena abaissa doucement sa baguette en entendant cette voix. Elle le reconnaissait, elle l'avait cotoyé au collège.

- Barty ? Toi aussi…

Comment Voldemort avait-il pu rassembler tant de gens en qui elle avait confiance autour de lui ? Les pousser à trahir ? Croupton junior eut un rire qui ne lui allait pas.

- Pour qui tu me prenais ? Un pauvre débile d'amoureux des moldus ?

- Ca ne peut pas être toi. Tu n'aurais jamais…

- Tu ne me connais pas, Serena.

La brune releva son bras en ignorant la trahison qui lui broyait une fois de plus le cœur. Elle commençait à s'y habituer à force. Voldemort, cette guerre, lui avait tout pris. Il ne lui restait que ses deux petits trésors. Et pour elles, elle se devait de ne pas craquer. Pas maintenant.

- Antonin ne parlait que de toi, dit Barty avec un sourire méprisant.

Serena ferma les yeux. Elle ne voulait pas penser à Dolohov. Il croupissait à Azkaban et c'était parfait de cette façon.

Une femme soupira et les mangemorts lancèrent les hostilités, les interrogeant sur Voldemort, cherchant à le faire revenir. Serena jetait de réguliers regards vers la maison, mais Augusta avait pris soin de ne laisser aucune lumière allumée. Les mangemorts étaient trop. Ils étaient quatre contre trois. Bientôt, les cris de Serena, Franck et Alice retentirent dans la rue. Serena roula sur le côté quand la torture cessa. Les pieds de Barty furent devant son visage et il s'agenouilla devant elle.

- Vous feriez mieux de répondre. On ne s'arrêtera pas tant qu'on aura pas de réponses, vous savez.

- Comment veux-tu que je sache quoi que ce soit ? Je n'ai même pas fait partie de leur ordre.

- Oui, on le sait. Tu t'es contentée de te terrer comme une lâche. Pour protéger les deux bâtardes qui font de toi une mère célibataire.

Serena vit rouge et tenta de se relever alors que les cris de Franck et Alice continuaient et lui vrillaient les oreilles.

Barty eut un ricanement et la repoussa sur le sol. Serena se força à se lever. Elle se le devait, pour ses filles.

- Tu as toujours été si acharnée, Serena. C'est ce que les profs adoraient chez toi.

Les cris d'Alice cessèrent et Serena tourna la tête vers elle.

- Ils ne savent rien, grogna Rabastan Lestrange.

Il n'intervint pas lorsque Bellatrix et Rodolphus s'acharnèrent sur les deux aurors. Il se tourna vers Serena qui peinait à rassembler ses idées.

- Il voulait tellement que tu le rejoignes, articula lentement Rabastan. Ton frère et toi, vous auriez fait l'un des meilleur duos.

Serena serra la mâchoire. Elle ne voulait pas penser à lui. C'était l'une de ses plus grandes blessures. Severus avait toujours été son meilleur ami, son frère adoré. Même alors qu'ils n'étaient pas dans les mêmes maisons. C'était peut-être elle qui l'avait trahi en premier lieu quand elle avait sympathisé avec Remus. Mais sa trahison à lui était bien pire que la sienne.

Elle revint sur terre quand les cris de Franck cessèrent également. Elle n'eut pas le temps de réagir que Bellatrix et son mari s'acharnaient également sur elle. Rabastan observait ce qui se passait d'un air détaché. Quant à Barty, il leva sa baguette et lança un sort violet vers elle. Avant que ses yeux ne se ferment et qu'elle ne s'évanouisse, Serena vit des aurors qui arrivaient, les tenues vertes des médicomages. Elle pensa avec regrets à ses filles avant que la douleur de son corps ne l'emporte.


Cornélius Fudge triturait son chapeau melon. Ce qui arrivait était regrettable. Il était choqué de ce qu'il avait appris sur les deux filles de Serena Rogue. Celle-ci avait laissé une note au cas où il lui arrivait quelque chose. Ce n'était bien entendu pas à lui d'apprendre au père des jumelles qui il était pour elles. Ignorant ce que Serena avait indiqué en cas de disparition, il se trouvait devant le manoir Malefoy. Les deux brunes étaient silencieuses et se serraient l'une contre l'autre.

Le manoir était effrayant pour deux enfants comme elles. Lucius fut sur le pas de la porte et haussa un sourcil face à Fudge et aux deux enfants. Il appela sa femme, qui s'occupa des deux petites pendant qu'il s'entretenait avec leur Ministre.

Narcissa ne se mêla pas de la conversation et rassura les deux enfants comme elle le pouvait. Plus tard, quand les deux jumelles dormirent l'une contre l'autre, Narcissa descendit et son mari se contenta de lui dire qu'elles faisaient partie de la famille et qu'au vu de l'accident arrivé à Serena Rogue, ils devaient s'occuper des deux jumelles. Narcissa serra les lèvres en songeant à Serena Rogue, sachant sa sœur responsable au vu des rumeurs entendues. La blonde se sentit triste pour les deux petites mais ne posa pas de question. Elle les élèverait comme il le fallait.

Les deux jumelles ne se sentaient pas bien toute seules dans la pièce. Elles auraient préféré que la femme blonde reste avec elles. Où était la chaleur de maman ? Ses câlins et ses berceuses ? Elles se collèrent l'une contre l'autre avec effroi, sentant malgré leurs un an, que leur vie allait changer à partir d'aujourd'hui.


Deux ans plus tard, Novembre 1983, Manoir Malefoy

Comme toujours, Amaryllis Rogue fut la première des trois enfants à ouvrir les yeux. Tante Narcissa avait dit qu'elle tenait ça de sa maman, mais la fillette ne se rappelait plus d'elle. Elle n'avait qu'un vague souvenir, tout comme sa sœur jumelle. Avec lenteur, elle se glissa hors du lit et passa la tête par l'entrebâillement de la porte. Les bruits provenant du bas indiquaient qu'il était assez tard pour que Dobby prépare le petit-déjeuner.

Amaryllis prit sa robe de chambre et descendit les escaliers. Dans la cuisine, il n'y avait que Lucius. Il était toujours debout avant elle. Les jumelles n'avaient jamais compris ça. Il ne travaillait que tard et était toujours debout très tôt à lire et étudier le journal, et pas plus elles que Drago ne comprenaient. La brunette tenta de passer devant la grande cuisine sans se faire voir.

- Amaryllis. Dit Lucius sans même lever les yeux de son journal.

La fillette se figea et alla s'asseoir à table en maugréant.

- Je t'ai déjà dit que tu n'étais pas autorisée à te rendre dans le parc toute seule. Tout comme tu n'as pas à te torturer et à attendre que Drago et Cassiopée se lèvent pour manger.

Amaryllis croisa les bras d'un air boudeur. Oncle Lucius ne se laissait jamais avoir et ça l'énervait.

Lucius leva les yeux de son journal et regarda Amaryllis. Ses cheveux noirs étaient à l'heure actuelle lâchés et arrivaient au bas de son dos et ses yeux gris étaient emplis de frustration. Narcissa refusait tout bonnement de couper les cheveux des deux enfants. Elle aimait bien trop les materner, d'autant que c'étaient des filles. Non pas qu'elle n'aimait pas Drago, mais c'était très différent.

Tous les jours, Amaryllis se levait tôt. Au début, elle se cachait dans les étages et attendait qu'au minimum sa sœur Cassiopée se lève avant de manger. Lucius avait fini par la trouver alors qu'elle tentait de sortir dans leur grand parc pour aller jouer, bravant l'interdiction qu'ils avaient mis dessus. Il y avait des étangs, un accident était bien trop vite arrivé. Lucius se replongea dans le journal et hoqueta face à ce qu'il venait de lire. Il allait devoir avoir une conversation avec Cornélius Fudge. Il ordonna à Dobby de servir le petit-déjeuner à Amaryllis et de l'empêcher de sortir avant de s'habiller rapidement et de se rendre au Ministère. C'était urgent. Si ce qu'il venait de lire était vrai, il était de son devoir de savoir quelle marche ils allaient devoir suivre. Il refusait de penser à l'évidence même. Cela briserait sa femme.

Alors que Lucius quittait le manoir, Amaryllis mangea le petit-déjeuner servi par Dobby en regardant par la fenêtre d'un air rêveur. Elle avait envie de sortir et de courir partout, mais ils n'en avaient pas le droit… C'était strictement interdit. Elle sourit quand Cassiopée entra dans la pièce, suivie de Drago. Ils mangèrent tous les trois ensemble avec animation, surchargeant le pauvre Dobby.

Heureusement, Narcissa ne tarda et s'occupa de la présentation des enfants après qu'ils eurent fini de manger. Cela ne prenait guère de temps pour Drago, mais elle adorait coiffer les cheveux longs d'Amaryllis et Cassiopée. Amaryllis adorait ce moment. Lorsque Narcissa le leur faisait le soir, cela la faisait somnoler et elle se sentait comme dans du coton. Cassiopée pour sa part rechignait et bougeait sur sa chaise en râlant. Elle avait horreur de ça et elle avait encore plus horreur de Drago qui les regardait en ricanant discrètement.

La brunette lui jeta son plus beau regard noir et croisa les bras d'un air boudeur en se laissant faire. Narcissa était toujours amusée des différences entre les deux sœurs. Cassiopée était beaucoup plus affirmée que sa sœur et adorait suivre Drago dans des aventures. Amaryllis était beaucoup plus réservée et se cachait souvent derrière sa sœur, voir même Drago.

Celui-ci adorait les fillettes et Narcissa était persuadée qu'elles étaient un bon élément dans sa vie. Un élément qui l'empêchait de ressembler un peut trop à son père. La guerre avait fait bien trop de mal et elle n'avait pas la moindre envie que sa famille se trouve dans la tourmente. Bien sûr, elle savait parfaitement que son mari cherchait son maître, mais elle faisait mine de l'ignorer. Elle ne souhaitait pas s'inquiéter de cela. Elle avait déjà assez à faire avec la peur que Serena Rogue se réveille et ne vienne les chercher. Elle ne voulait bien entendu pas que Serena reste dans un coma éternel et se savait égoïste de penser ainsi. Mais elle adorait les petites, Drago les adorait aussi et elles le leur rendaient bien.

Seul Lucius était un peu distant et dur. Déjà, parce qu'il s'agissait des filles de Serena. Serena n'avait certes pas combattu officiellement aux côtés des phénix, mais elle y avait des contacts. En plus de cela, elles étaient nées hors mariage, ce qui ne se faisait pas dans leur cercle. Lucius avait toutes les raisons du monde de ne pas se lier aux deux petites.

Narcissa accompagna les enfants à l'extérieur, gardant un œil sur eux. Elle esquissa un sourire en les voyant tous les trois si complices. Elle aimait les voir s'épanouir de cette manière. Elle imagina un instant ce que Serena aurait pu ressentir en se réveillant et en se rendant compte qu'elle avait perdu deux années avec ses filles. Elle eut un frisson. Elle ne supporterait pas une telle chose à sa place. Elle chassa ses pensées et se concentra sur la routine qui était la sienne. Elle refoula dans un coin de sa tête que Lucius était parti plus tôt que d'habitude et qu'il n'avait pas laissé la Gazette à la maison.


Sainte Mangouste, quelques heures plus tôt

Regulus Black enfila sa blouse et poussa la porte du bâtiment. Il jeta un œil aux patients, vérifia qu'ils n'avaient besoin de rien et se rendit au chevet de Serena Rogue. Comme toujours, elle dormait mais ses sourcils froncés indiquaient un sommeil perturbé. Regulus arrangea les rares fleurs qui étaient présentes dans la pièce, s'occupa de donner les soins à Franck et Alice Londubat et nettoya la pièce.

Il n'était devenu médicomage que depuis six mois. Il aurait voulu ne pas voir Serena dans cet état. Ses yeux sans cesse fermés le renvoyaient à son échec. Il n'avait pas su prendre les bonnes décisions. Il agrippa son bras gauche et eut une grimace. Il détestait ce réflexe, mais il était ancré en lui.

Il arrangea les fleurs envoyées par Remus Lupin. Celles-ci étaient en train de faner et il leur lança un sort pour les faire durer plus longtemps. Il vérifia la température de la pièce et remonta la couverture de Serena. La jeune femme avait été et serait toujours son grand amour. Il n'avait pas su agir comme il le fallait et il le regrettait chaque jour.

Lorsque le Ministère l'avait sommé de travailler à Sainte Mangouste, jamais il n'aurait pensé tomber sur elle. Il détournait pudiquement le regard quand Severus venait voir sa sœur, et se doutait parfaitement que son meilleur ami ne serait jamais passé si Serena avait été consciente de sa visite. Lui aussi, avait beaucoup de regrets. Severus arriva et lui parla des nouvelles de Poudlard.

Une flamme violette qui venait vers elle. Des pensées envers les amours de sa vie. Une souffrance incommensurable. Les aurors. Les blouses des médicomages. Le noir total.

Ses yeux papillonnèrent et Serena fronça les sourcils en voyant le plafond blanc. Elle tourna la tête et ses yeux s'écarquillèrent en voyant Regulus Black de dos. Une larme roula sur sa joue et elle sentit son cœur faire une embardée.

- Re… Regulus ? Marmonna-t-elle d'une voix éraillée.

Celui-ci se tourna avec la plus grande des surprises vers elle, alors que Severus écarquillait les yeux à côté de lui. Les deux hommes s'approchèrent, mais elle semblait avoir peur d'eux. Regulus échangea un regard avec Severus. Il fallait la comprendre. Serena ne savait rien des deux ans qui s'étaient écoulés, elle devait les croire encore de son côté. Elle ne savait pas ce qu'il s'était passé après cette horrible soirée.

Regulus regarda son air perdu avec tristesse et chercha son supérieur. Severus s'assit au chevet de sa sœur qui n'arrivait pas à décider de ce qu'elle ressentait envers lui. Elle serra les mains sur les draps blancs de Sainte Mangouste et refusa de le regarder, les sourcils froncés.

Comment Regulus avait-il pu finir médicomage ? Après ce qu'il avait fait ! Serena cligna des yeux pour repousser les larmes qui menaçaient de couler. Severus ne fit rien et posa juste sa main à côté de la sienne. Serena fixa cette main. Elle ne comprenait pas, elle ne comprenait rien. Elle tourna la tête et prit presque malgré elle la main de son frère dans la sienne.

Severus esquissa un sourire et serra sa main dans la sienne sans rien dire. Serena sursauta un entendant un bruit de papier froissé. Elle tourna la tête et vit Augusta Londubat au chevet de deux personnes. Un tout petit garçon était avec elle et Serena écarquilla les yeux en reconnaissant Neville. Le pire fut de voir Alice et Franck, les yeux dans le vide. Alice qui ne réagissait pas une seconde en entendant son fils qui l'appelait.

Severus serra la main de sa sœur en se rendant compte de qui elle regardait ainsi.

- Serena… Ils n'ont pas été dans le coma comme toi pendant les deux dernières années, mais leurs blessures sont irréversibles.

Il serra encore sa main en se rendant compte qu'elle luttait fort pour ne pas craquer, pour ne pas pleurer. Elle tourna la tête vers lui avec horreur.

- Tu as dit deux ans ?

Elle ne fit plus aucun effort pour cacher les larmes qui obscurcissaient son regard et qui dévalaient ses joues.

- On est en novembre 1983. Hier, ça a fait deux ans que Tu-Sais-Qui a disparu.

Ce fut à son tour de serrer sa main en pleurant plus encore.

- Mais… Mes filles…

Severus ferma les yeux avec force. Elle n'allait pas aimer chez qui elles vivaient. Il allait bien falloir que quelqu'un lui dise ce qu'il en était. Il inspira, prêt à faire face à ce qui l'attendait. Il n'eut pas le temps de commencer sa phrase que Regulus arrivait avec son chef de service. Gentiment, l'homme fit comprendre aux deux hommes qu'il avait besoin d'être seul avec sa patiente.

Neville observait cette agitation étrange avec curiosité. La dame aux cheveux noirs avait toujours dormi. A chaque fois qu'il venait. Et il venait très souvent avec grand-mère Augusta. Il ne savait pas compter, mais il savait qu'ils venaient un jour sur deux. La dame pleurait et ça le rendait triste de voir ça. Neville se retourna vers sa maman qui lui amenait un papier de bonbon.

Serena prit son mal en patience et laissa le docteur lui faire un check up complet, refoulant les questions qui ne cessaient de lui brûler les lèvres. Elle devait savoir, mais elle ne devait pas non plus brûler les étapes. Serena patienta, alors que le médecin lui lançait des sortilèges de toutes sortes. Sous l'œil curieux de Neville. Augusta ne s'approcha pas. Elle était heureuse que Serena se soit réveillée… Mais cela réveillait un doux espoir pour elle. S'il y avait une solution pour son fils et sa belle-fille. Si seulement…

Serena allait demander une nouvelle fois pour ses filles, mais ce fut cette fois le Ministre de la magie en personne qui entra dans la pièce. Serena s'empêcha de lever les yeux au ciel avec frustration. Heureusement que sa baguette n'était pas à portée de main.

Cornélius Fudge la salua, demanda des nouvelles de son état et lui indiqua où étaient ses filles. Sa réaction fut immédiate. Elle tenta de se lever de son lit. Ses jambes étaient cependant endormies du au peu d'activité de ces dernières années. Persévérante, elle se tint au mur en ignorant le Ministre et le médecin qui l'enjoignaient de prendre son temps. Du temps, elle en avait perdu bien trop. Elle retomba au sol malgré ses tentatives. Son corps était beaucoup trop affaibli.

- Mais enfin, mademoiselle Rogue, vous devez vous habiller ! S'exclama Fudge d'un air scandalisé.

- Parce que vous pensez que je vais laisser mes filles aux mains de ce mangemort ? Il n'est pas question que je perde encore du temps.

Cornélius attrapa son bras pour l'aider à se relever.

- Il n'est pas plus mangemort que vous ou moi. Ou que votre frère ou votre fiancé.

Les yeux de Serena devinrent ronds comme des billes. Comment osait-il !

- Regulus Black n'est plus mon fiancé. A partir du moment où il a pris cette marque il n'était plus rien pour moi. Et ne vous avisez pas de me contredire ou de m'empêcher de passer ! Vous n'avez pas respecté ma demande concernant mes filles. Elles auraient dû être prises en charge par les Tonks. Pas par eux !

Cornélius tourna son chapeau melon entre ses mains d'un air stressé et abandonna la lutte.

- Il faudra que nous parlions. D'Antonin Dolohov.

- Je n'ai rien à vous dire le concernant, trancha Serena. Si vous avez quelque chose à me demander, faîtes-le par lettre, s'il vous plaît. Je risque d'être occupée les prochains temps.

Sur ces paroles, Serena s'assit sur son lit et insista auprès du médicomage pour avoir un fauteuil roulant et quitter l'hôpital. Être sorcière permettait d'avoir des capacités, mais pas de guérir aussi vite de l'inactivité de son corps. Elle sursauta quand Severus attrapa son poignet en lui tendant des vêtements. Elle haussa un sourcil surpris.

- Tu ne penses quand même pas te présenter chez eux comme ça ?

- Que crois-tu faire ?

- Je viens avec toi pour t'empêcher de commettre un meurtre. Je n'ai pas envie que mes nièces…

Severus se tut en voyant Serena porter la main à sa bouche et refouler de nouvelles larmes. Il la prit maladroitement contre lui. Elle ne pleura pas mais serra les bras autour du corps toujours aussi maigre de son frère. Au bout de plusieurs minutes, Severus l'aida à rentrer dans les premiers toilettes qu'elle trouva et la laissa se changer. Cela prit beaucoup de temps pour le pantalon. Une fois prête, elle rejoignit son frère, qui avait cherché un fauteuil roulant durant le temps qu'elle se changeait. Serena ne dit rien, sachant que rien de ce qu'elle dirait ne le ferait changer d'avis. Ils se rendirent à l'accueil où l'on les fit patienter et remplir des papiers à la plus grande frustration de Serena, qui ignora avec force le regard de Regulus Black posé sur elle.


Manoir Malefoy

Drago Malefoy s'ennuyait. Et au vu des têtes de ses cousines, elles aussi. Ce n'était en général pas bon signe. Les trois enfants avaient trois ans et faisaient toujours les bêtises ensemble. Ils étaient soudés comme une grande fratrie, au grand dam de Lucius.

Narcissa pour sa part était heureuse d'avoir les filles auprès d'eux. Lucius ne voulait pas d'autre enfant, elle était donc satisfaite de pouvoir materner. Les deux jumelles lui apportaient une sacrée dose de bonheur. La blonde n'avait pas eu besoin que son mari dise quelque chose pour deviner qui était le père. C'était l'évidence même.

Elle était d'ailleurs surprise que le père des deux petites n'ait pas débarqué. Mais ensuite, elle se rappelait qu'il ne les avait jamais vues. A part les Londubat et le Ministre de la Magie, peu de personnes avaient vu les deux enfants. Lucius ne s'en vantait pas. C'était deux bâtardes, il ne fallait pas l'oublier. Et c'était une faute impardonnable pour lui.

Lucius entra dans le manoir. Il s'était entretenu avec Fudge et il jeta un regard étrange sur les deux petites Rogue. Il était plus ou moins ravi du réveil de Serena Rogue, mais… L'impact sur Drago allait être trop grand. Narcissa le maternait bien trop, et plus encore depuis l'arrivée des deux filles. Si elles n'avaient pas eu les cheveux aussi noirs, on aurait pu les prendre pour leurs propres filles. Il n'y a pas que pour Drago que le choc allait être rude.

Lucius s'assit près de sa femme et prit sa main dans la sienne sans le regarder. Il n'avait que très rarement ce genre d'attentions, aussi Narcissa comprit que quelque chose de sérieux se passait et que ça concernait les enfants. Elle plongea son regard dans le sien et il acquiesça avant de détourner le regard. Il ne faisait ça que pour laisser à sa femme le temps de se reprendre et de se recomposer un masque. C'était comme ça dans leur famille. Son regard se posa à nouveau sur les trois enfants et il fit la grimace en sentant son cœur se broyer. Il s'était aussi trop attaché à elles depuis ces deux dernières années.

Drago décida d'aller embêter Dobby et Amaryllis et Cassiopée le suivirent des mêmes petits pas rapides que lui. Des deux jumelles, Amaryllis était la plus peureuse. Celle qui avait également le plus besoin d'affection et d'être rassurée. Cela ne l'empêchait pas cependant d'être aventureuse et de suivre sa sœur partout où elle allait. Cassiopée pour sa part était curieuse de tout et n'avait pas conscience que la peur d'Amaryllis n'était pas inutile.

On sonna au manoir et les époux Malefoy échangèrent un regard. Lucius lâcha la main de Narcissa et se dirigea avec lenteur vers la grande porte de l'entrée. Narcissa le regarda faire, avant de finalement se lever et le suivre. Lucius lui jeta un autre regard et la dame acquiesça doucement. Le blond ouvrit alors la porte et ils tombèrent face à face avec Serena -dans un fauteuil roulant magique- et Severus Rogue.


J'espère que ça vous plait. La publication ne sera pas régulière, je n'ai aucun chapitre d'avance ! Je remercie Lawliette et MissHommeEnceinte qui ont été les premières à lire et à m'encourager ! A bientôt pour la suite :)