Author : TLIOM

Title : Target

Genre : Angst, Crime, Romance, OOC, Univers Alternatif

Pairing : Naruto x Sasuke

Rated : M. Ne convient pas aux enfants et adolescents de moins de 16 ans. Violence suggérée, langage susceptible de choquer, scènes de sexe explicites.

Disclaimer : Les personnages de cette fiction appartiennent à Masashi Kishimoto.

Summary : « Le cinquième corps en un mois. Toujours la même signature. Notre homme était insaisissable, un véritable courant d'air. C'était mon devoir de flic de le débusquer, de l'empêcher de commettre ces crimes... J'avais signé pour ça. Pourtant… Même si nous étions diamétralement opposés, quelque chose nous rapprochait : une indéniable soif de justice. »

Hello !

Je me lance dans une nouvelle fiction à chapitres et je vais mettre immédiatement un cadre autour de celle-ci !

Le Rated M a été choisi pour une très bonne raison puisque des scènes très gores seront disséminées un peu partout tout au long de cette histoire, en plus des futurs lemons prévus. Le genre « Angst » a également une réelle signification, c'est dans un univers très sombre dans lequel vous entrez... Donc attention pour celles (et ceux ?) qui y seraient trop sensibles ! Les scènes hard, choquantes, dures et autres synonymes de tout cela seront reconnaissables par le premier et dernier mot en gras.

Pour les autres, j'espère que vous aimerez ce monde que j'expérimente pour la première fois ! Désolée par avance pour les personnes qui espéraient une fiction où la guimauve coule à flots, mais malheureusement pour vous, je crois que je ne sais tout simplement pas en écrire ! XD

Pour celles et ceux qui concèdent à me suivre dans cette nouvelle dinguerie, je vous souhaite une très bonne lecture !

Votre dévouée,

TLIOM

Ps : Non, je ne laisse pas tomber Drowned ! De ce fait, les chapitres de Target seront publiés de façon aléatoire. Mais ce début me trottait trop dans la tête et j'avais un besoin viscéral de l'écrire !

¡ WARNING ! Fiction très hard !


TARGET

Chapitre 1


« Ne me tuez pas, par pitié… ! »

Une voix pleurnicheuse entrecoupée de saccades dans une respiration bruyante résonna.

Dos à sa victime terrorisée, un jeune homme à peine sorti de l'adolescence, à la silhouette tant élancée que prodigieusement bien bâtie, immobilisa ses gestes. Par-dessus son épaule, il observa froidement de ses yeux noirs comme un jour d'éclipse totale le sexagénaire au visage camouflé sous un sac en tissu, cet homme d'affaires qu'il avait kidnappé à sa sortie des bureaux, alors que ce dernier regagnait son véhicule dans le parking souterrain d'un building haut de quarante étages après sa longue et interminable journée de travail.

Au-delà de son timbre hachuré, il constata que son corps, transi de peur, tremblait frénétiquement, sans pouvoir s'arrêter et il perçut distinctement ses petits gémissements plaintifs, semblant implorer sa clémence.

Oui, il y aurait eu largement de quoi avoir pitié.

Installé de force sur une vieille chaise électrique hors d'usage, l'homme apeuré suppliait. Ses poignets, ses chevilles et sa taille étaient entravés par des sangles en cuir et elles étaient solidement serrées autour de ses membres. Il n'y avait nulle échappatoire. Tout avait été prémédité, parfaitement calculé, étudié minutieusement… Il avait attendu patiemment, réfléchi à toutes les hypothèses, pensa aux moindres détails qui pourraient faire remonter la police jusqu'à lui, et après de maintes réflexions et de nombreux réajustements, il avait finalement atteint le summum de la perfection. Le crime parfait. Ou plutôt, il était enfin parvenu à obtenir un début de justice. Et pour cela, il avait dû se salir lui-même les mains…

Son regard s'était perdu dans le vague quelques secondes. Et lorsqu'il le reposa sur l'être monstrueux assis derrière lui, sa fureur ne fut que croissante. Il puait la sueur. Une odeur acide et nauséabonde qui correspondait parfaitement à l'image qu'il renvoyait… Celle d'une infâme pourriture. Ses prunelles l'inspectèrent de haut en bas avec attention et se figèrent sur son entre-jambe. Une tâche se voyait comme le nez au milieu de la figure sur son pantalon beige. Il s'était pissé dessus en plus de ça. Ce fils de pute n'avait déjà pas d'honneur, mais là… à ce stade… Il n'avait même plus une once de dignité.

Sourd à ses complaintes, son bourreau continua tranquillement d'aiguiser la lame de son katana. La pierre à affûter au grain extra-fin, précédemment immergée quelques minutes dans une bassine d'eau afin d'éliminer les résidus d'affûtage, glissait sur la surface tranchante, la faisant reluire sous la lumière des quelques petites chandelles disposées çà et là dans la cave morbide aux allures de salle de torture. Sur les murs, des tomahawks de différents gabarits étaient épinglés, des poignards en tous genres, des cordes, des menottes, une batte de baseball parsemée de clous rouillés, des fouets aux lanières usées par le temps, un fléau d'armes impressionnant avec, à son extrémité, un morning star doté de longs dards pointus… L'arsenal typique d'un pur psychopathe.

Le crissement sur le métal fit glacer le sang du captif qui lâcha un jappement misérable.

« J-j'ai de l'argent ! Beaucoup d'argent ! Votre prix sera le mien, mais je vous en supplie ! Relâchez-moi… »

Une nouvelle fois, le jeune homme à la chevelure de jais hérissée à l'arrière du crâne suspendit ses mouvements de la base à la pointe de son arme. Il posa délicatement sa pierre d'affûtage sur le plan de travail, une vieille planche en bois pourrie, et contempla avec une pointe d'émerveillement dans les yeux son aiguisage soigné et pointilleux. S'il semblait être l'enveloppe d'une âme diabolique, sa voix, elle, était telle la caresse d'une plume sur un corps dénudé… mais profondément orageuse.

« Je ne peux pas faire ça… Vous êtes un prédateur… Shimura-san. »

L'homme glapit de nouveau et remua sur son siège, cherchant à s'extirper des griffes de son tortionnaire. Celui-ci se retourna finalement, sabre à la main et s'avança avec une tranquillité déconcertante vers sa proie.

« Pourquoi… Pourquoi faites-vous cela… QU'EST-CE QUE VOUS ME VOULEZ ?! » s'égosilla-t-il à s'en casser la voix.

Le tissu qui entravait sa vision fut retiré d'un coup sec. Le vieillard cligna des yeux pour s'habituer à la pénombre de la pièce et il grimaça en découvrant l'identité de son kidnappeur : un merdeux âgé d'une vingtaine d'années à peine… Mais ce n'était pas n'importe qui… Il le reconnut. Et ce constat ne fit qu'amplifier sa rage ; il secoua encore plus vivement son corps lesté pour se détacher.

« Toi… ? Petit enfoiré ! Dès que je sortirais d'ici, je vais te faire la peau, crois-moi ! »

Impassible, le brun se pencha lentement et ancra son regard glacial légèrement plissé dans celui colérique du vieil homme.

« Regardez-vous… Pensez-vous qu'il soit réellement pertinent de croire que vous sortirez d'ici un jour… Shimura-san ? »

« Sale petit… »

La lame fendit l'air dans un sifflement comparable à celui de mille oiseaux et scinda son oreille gauche, tranchant nettement un morceau de cartilage qui vola bien haut avant d'atterrir sur le plancher poussiéreux. Danzô poussa un hurlement strident, digne du porc qu'il était. L'hémoglobine sortit de la plaie en de petites giclées et coula le long de son cou, maculant la chemise blanche qu'il portait sur le dos.

« À combien d'autres d'enfants avez-vous volé l'innocence, Shimura-san ? Dites-le-moi, j'aimerais l'entendre tant que je vous octroie encore le droit de parler… »

Danzô geignit piteusement alors que la douleur lancinante lui faisait déjà tourner la tête. Il se trouvait en mauvaise posture ainsi privé de ses bras pour se défendre contre la folie grandissante de cet enfant de putain, celui-là même dont il avait abusé sexuellement dans sa tendre enfance…

« Vous souvenez-vous de cette nuit-là, Shimura-san ? Cette fameuse nuit où vous avez enlevé ma candeur à tout jamais… ? Non. Vous n'avez pas pu oublier… Et moi non plus. »


Danzô Shimura fut professeur des écoles, un professeur respecté de ses collègues et de la direction. Un homme strict, mais bienveillant, aux yeux et aux dires des parents d'élèves. Il avait un parcours relativement classique, sans l'ombre d'une vague, et s'il fut au tout début de sa carrière, à l'âge de quarante cinq ans, seulement présent pour de courtes missions de remplacements, on lui confia rapidement la charge de la scolarité de nombreuses classes durant, au total, quinze années d'enseignement. Des années terriblement longues, infernales, pour ces enfants hauts comme trois pommes, âgés pour la plupart de seulement dix ans, qui avaient dû enterrer au fond d'eux l'immonde secret qui les reliait au perfide et faussement doux Professeur Shimura… Et pendant sa dernière année à l'école élémentaire, Sasuke Uchiha fut l'un d'eux.

Le Sasuke d'aujourd'hui se demandait encore comment il en était arrivé là… Dans ses souvenirs tatoués à l'encre indélébile, il ne se souvenait pourtant pas avoir attiré de quelque façon que ce soit l'attention du Professeur plus qu'un autre élève… Bien au contraire… Poussé par l'exigence de son paternel, Sasuke s'était enfermé dans une bulle où nul ne pouvait l'atteindre et s'était concentré dans sa réussite scolaire uniquement. Garçon solitaire, il n'avait eu aucun ami sur qui se reposer ou ne serait-ce que pour échanger de simples mots d'enfants... Non, lui ne voyait que par ses études, la lecture et la poésie… Était-ce cet aspect-là qui avait intrigué son Professeur ? À cet instant crucial pour le restant de son existence, il ne connaissait encore rien des raisons obscures qui avait poussé cet homme à commettre l'irréparable.

Mais dans les tréfonds de son âme, Danzô, lui, savait…

Profitant de la timidité et de la réserve de cet enfant à la beauté mystique, il avait peu à peu réussi à l'isoler complètement de ses camarades, en prétextant des cours particuliers dédiés spécialement pour lui, le surdoué qu'il était, pendant les récréations ou à la fermeture des classes. Il avait convaincu les parents du petit brun de l'utilité de la chose, s'appuyant sur les résultats scolaires stupéfiants de leur fils cadet et leur jurant droit dans les yeux que s'ils acceptaient de lui confier Sasuke, il parviendrait à coup sûr à le faire intégrer l'élite.

Et l'observer pendant des semaines se donner à la tâche dans un mutisme total, résoudre des problèmes de plus en plus complexes et du niveau d'un collégien à l'aube de son entrée au lycée renforça sa fascination abjecte pour sa frêle stature et son incroyable intelligence. Comment résister à de tels yeux, aussi noirs qu'un ciel de nuit sans étoiles, et qui détaillaient déjà le monde avec tant de sensibilité et de compréhension ? Comment repousser le désir de capturer ses lèvres roses et pleines qui n'avaient encore jamais approché d'autres semblables ? Comment ne pas être obnubilé par cette langue qui léchait en toute innocence le capuchon de son stylo-bille alors que ses dents le rongeaient dans un même temps lorsqu'il réfléchissait à la résolution de son problème ? Comment tirer un trait sur ce corps minuscule encore vierge de toute intrusion, sur ces petites mains délicates, sur ces petits doigts fins et tellement gracieux quand ils repoussaient une mèche derrière son oreille ? Avait-il tenté à un seul moment d'empêcher le pire de se produire ? Avait-il songé à la gravité de ses actes qui suivirent sa demande subite pendant un cours d'histoire, alors qu'il n'y avait plus qu'eux dans l'établissement ?

« Sasuke… Sais-tu comment on fait pour embrasser quelqu'un ? »

Aussi perspicace était-il, Sasuke n'était qu'un enfant de dix ans. Pourquoi aurait-il dû se méfier de son Professeur alors qu'il avait promis de le prendre sous son aile pour le faire progresser et ainsi, l'aider à trouver grâce aux yeux de son père ? Le petit garçon qu'il était releva le nez de son devoir et hocha bien naturellement la tête, sans penser que sa vie allait être d'une minute à l'autre totalement bouleversée.

« Ah oui, tu le sais… ? Faisons une petite pause, tu l'as bien mérité. Approche, mon petit Sasuke, montre-moi comment tu embrasses ta maman. »

Cette demande-là parut bien plus étrange que la première et cette fois, Sasuke eut bien du mal à avaler sa salive alors que son Professeur patientait, avachi dans son fauteuil en triturant ses quelques poils de barbe. Mais pouvait-il vraiment refuser une demande qui émanait de son Professeur ? Allait-il recevoir une punition s'il ne quittait pas sa chaise pour le rejoindre à son bureau ? La petite boule dans son estomac, arrivée il ne savait quand, le força à baisser les yeux et à répondre dans un souffle hésitant :

« Je… Je préfère continuer mon exercice, Senseï… »

Danzô expulsa un petit rire que n'importe qui aurait pu qualifier de tendre. Mais en vérité, il s'agissait plutôt d'un rire nerveux, démontrant que son impatience l'avait fait agir bien trop hâtivement et que le petit brun s'était empressé de sauter sur la case prudence… « Quel gamin intelligent… » pensa-t-il. Il fallait trouver un moyen de l'amadouer et il savait pertinemment ce à quoi Sasuke était particulièrement sensible…

« Allons, allons, Sasuke… Cela fait déjà deux heures que tu travailles sans relâche. Monte sur l'estrade et jouons à un jeu, toi et moi. »

Et Sasuke n'eut d'autres choix que de s'exécuter. Un jeu ? Quel jeu ? Il n'avait pas envie de jouer, lui, mais plutôt de finir son devoir et rentrer ensuite chez lui pour se doucher et déguster les délicieuses brochettes yakitori que sa maman avait juré de préparer pour le dîner…

Il grimpa sur la scène et se tint à une distance raisonnable de son Professeur. Ce dernier fit pivoter son fauteuil et croisa les bras sur son torse en énonçant les règles du jeu.

« Je vais te poser trois devinettes. À chaque devinette, tu auras trois chances pour me donner la bonne réponse. Si tu gagnes, tu auras une récompense, un bon point que j'ajouterai à tes notes. Tu as donc trois chances d'avoir trois bons points. Avoir la reconnaissance de ton père, c'est ce que tu souhaites le plus au monde, n'est-ce pas ? »

Et Danzô la vit… Cette lueur d'espoir et d'intérêt qui s'alluma d'un seul coup dans les grands yeux noirs de son élève, signe qu'il avait tapé en plein dans le mil.

« En revanche, si tu perds… Tu auras un gage que tu devras honorer sans t'y opposer. Est-ce bien clair pour toi ? »

Sasuke opina du chef. Recevoir des bons points en plus de ses notes exemplaires ?! Il devait donner tout ce qu'il avait dans ces épreuves pour époustoufler son père ! Il espérait simplement que les devinettes ne seraient pas trop dures… Mais connaissant le Professeur Shimura, il allait sans aucun doute mettre à l'épreuve sa logique et son bon sens…

« Il suffit d'un oui ou d'un non pour que nous nous séparions. Qui sommes-nous ? »

Sasuke battit vivement les cils. Alors c'était ce genre d'énigmes que le Professeur lui lançait ? Lui qui pensait plutôt à des devinettes au sujet de ses cours, il s'en trouvait bien loin. Néanmoins, il se mura dans le silence pour réfléchir à la question, tordant sa bouche en une moue irrésistible que le Professeur Shimura apprécia en se pourléchant les lèvres.

« Mmh… Des parents qui se disputent ? »

Danzô écarquilla doucement les yeux, puis éclata de rire.

« Astucieux mon petit Sasuke ! Mais non, ce n'est pas la bonne raison… Attention, tu n'as plus que deux chances, réfléchis bien... »

Le petit garçon grimaça. Pas question de perdre à la première question ! Il se reconcentra pour détailler le plus justement possible l'énigme.

« Il suffit d'un oui ou d'un non pour que nous nous séparions… » répéta-t-il lentement.

Il scruta le visage de son Professeur, cherchant peut-être un indice sur celui-ci, mais ne remarqua que son sourire étiré, dévoilant ses dents légèrement jaunies, sur lequel il bloqua. Puis ce fut l'illumination.

« … Je sais ! Ce sont les lèvres. »

« Bien joué Sasuke ! Ce sont effectivement les lèvres… » répondit-il en passant sa langue dessus. « Sauras-tu répondre à cette deuxième devinette… Cadeau qu'on fait à un félin. Qui dans la poche parfois n'est point. Souvent tirée par les petits. La mauvaise vous calomnie. Qui suis-je ? »

Sasuke pressa ses lèvres l'une contre l'autre et laissa son regard voguer dans la salle de classe. Il avait déjà un bon point, mais deux, c'était mieux, non ?

Il chercha, chercha encore, essaya de donner du sens à cette devinette qui, il en était sûr, n'était pas si compliquée que ça…

C'est donc avec toute la nonchalance dont il faisait preuve habituellement qu'il planta ses orbes ténébreux dans ceux de son Professeur, levant le menton bien haut pour asséner avec une assurance presque prétentieuse :

« La langue. Donner sa langue au chat, ne pas avoir sa langue dans sa poche, les enfants tirent souvent la langue et les mauvaises langues disent du mal des autres. » expliqua-t-il.

Une nouvelle fois, le sourire de Danzô s'agrandit.

« Correct. Impressionnant Sasuke… Tu as fait mouche à la première réponse. Tu as vraiment du potentiel… » susurra-t-il en lorgnant sans gêne le petit corps engoncé dans l'uniforme bleu marine et blanc de l'école. « Troisième et dernière énigme. Si tu gagnes, ça te fera donc trois bons points, comme promis, et ils figureront dans ton bulletin de notes. Mais si tu perds, tu n'en obtiendras que deux et tu auras un gage… Plus j'ai de gardiens moins je suis gardé. Moins j'ai de gardiens plus je suis gardé. Qui suis-je ? »

Encore transcendé par ses deux précédentes victoires et sûr de ses capacités analytiques, Sasuke n'hésita pas à lâcher sa réponse, sans même y réfléchir plus d'une seconde.

« Un tableau. »

« Faux. » trancha le Professeur. « Plus que deux essais. »

Sasuke se mordilla la lèvre du bas et se répéta cette fois la question plusieurs fois de suite dans la tête. Il était tellement excité par l'obtention de ces trois bons points qu'il avait confondu vitesse et précipitation.

« Du calme Sasuke… Réfléchis… »

Comme pour les autres devinettes, la réponse devait être évidente. Cependant, il peina à trouver un quelconque accord avec les propositions qu'il s'énumérait mentalement. Puis timidement, il essaya :

« Un trésor… ? »

« Encore faux, Sasuke… Eh bien alors ? Cette devinette te donne du fil à retordre ? Tu souhaites donner ta langue au chat ? » demanda mielleusement le Professeur en s'imaginant déjà suçoter le muscle humide de son jeune élève.

« Non. Vous avez dit trois chances. Il m'en reste une, alors, laissez-moi réfléchir… »

Danzô s'enfonça dans son siège et écarta les jambes. Ses bras s'appuyèrent sur les accoudoirs et il joua sans trop s'en apercevoir avec le bouton de son pantalon. Quel spectacle de voir le jeune Uchiha se triturer les méninges pour des bons points imaginaires… Mais ces devinettes avaient le mérite de s'avérer utiles, puisque si Sasuke perdait maintenant, son vœu serait alors exaucé. S'il avait longtemps ignoré ses tendances, rencontrer Sasuke fut une sorte de libération, une façon de découvrir une sexualité totalement débridée. Il fantasmait depuis sur cet enfant, jour et nuit, et ce soir, il allait enfin toucher au but…

Les idées fusaient dans sa petite tête brune, mais visiblement, l'énigme ne trouvait pas sa solution. Sasuke fronça les sourcils et soupira d'agacement. Il pensait plus à la déception de son père lorsqu'il apprendrait qu'il n'avait pas fait un sans faute aux devinettes de son Professeur qu'à la stupide réponse que devait avoir cette maudite charade.

Ce fut donc en faisant la moue que Sasuke répondit sans certitude, grillant la dernière chance qu'il avait encore à son actif. Il allait paraître une fois de plus comme un bon à rien, en dépit de ses efforts…

« Un oiseau… »

Le rictus de Danzô fut démesuré à l'entente de cette mauvaise réponse. Le sort de Sasuke était scellé.

« Encore faux… Tu as perdu Sasuke… » souffla-t-il. « Mais tu peux t'estimer heureux, deux points, ce n'est pas si mal. Et je dois bien avouer que la dernière énigme était plutôt difficile. »

« Deux points, c'est nul. » grommela l'enfant. « Papa me dit toujours que c'est la première place qui compte… Je n'ai pas réussi et en plus, vous allez me donner un gage… »

« C'est exact… »

Danzô fixa son élève, le cœur tambourinant dans sa cage osseuse. Ce soir, il serait son entrée, son plat de résistance et son dessert… Et il comptait bien prendre tout son temps pour le déguster… Après tout, ses parents étaient partis en voyage d'affaires et la jeune nourrice qui s'occupait de lui pendant leur absence savait que le petit brun suivait des cours particuliers tous les soirs. Il n'y avait aucune barrière qui l'empêcherait de faire Sasuke sien…

« Et c'était quoi, la bonne réponse ? »

« Un secret, Sasuke… »

Sasuke lui jeta une œillade peu convaincue, mais plus il retournait l'énigme, plus la concordance se fit nette. C'est avec une certaine mauvaise foi que Sasuke baragouina sa pensée dite tout haut en sautant en bas de l'estrade.

« M'ouais… Elle n'est pas très logique, votre devinette, Senseï… Le trésor aurait pu aussi être la bonne réponse. »

« Où vas-tu ? Je ne t'ai pas demandé de retourner à ta place. »

Sasuke se figea dans l'allée et questionna son Professeur d'un regard un peu perdu.

« Mais… Mon devoir… »

« Oublie ce devoir. Tu as un gage à respecter. »

Son ton était autoritaire et Sasuke n'aima franchement pas ce timbre de voix. Il avait l'impression d'entendre son père juste avant de se faire gronder… Néanmoins, il se replaça sur le plancher surélevé et attendit la doléance du Professeur.

« Approche. » ordonna-t-il.

Sasuke fit un ou deux pas dans sa direction, mais cela ébranla considérablement la patience de Danzô, puisque celui-ci encercla son poignet fin de sa grosse main poilue sur les phalanges pour ensuite le tirer vers lui d'un mouvement brutal.

« Allons, du nerf ! Si je te dis approche, tu dois venir Sasuke, c'est la règle que je t'ai imposée au départ ! Maintenant, embrasse-moi. »

Sasuke le regarda avec des yeux ronds. Son souffle se coupa tandis que la demande de son Professeur se percuta à maintes reprises dans son cerveau d'enfant. Il initia un bref mouvement de recul, pas sûr de ce qu'il devait faire à ce moment précis. Embrasser ? Il devait embrasser son Professeur ? Mais c'était dégoûtant… Danzô le tira un peu plus fort et bien plus près de lui, si bien que son nez fut quasiment collé au sien.

« Sasuke, embrasse-moi. C'est ton gage. Tu dois l'honorer, tu te souviens ? Tu ne veux pas me désobéir, n'est-ce pas ? »

Les yeux de Danzô étaient terrifiants. Les veines rouges semblaient presque disposées à éclater et les pupilles remplissaient bizarrement l'iris… Sasuke n'avait jamais vu son Professeur dans un tel état et non, bien sûr qu'il ne voulait pas désobéir… C'était son Professeur… Celui grâce à qui son père voyait autre chose que la pâle copie de son grand frère Itachi…

Alors doucement, il se souleva sur la pointe des pieds et dirigea les jumelles ourlées vers la joue de son Professeur. Délicatement, il posa ses lèvres sur la large surface piquante, mais retira bien vite sa bouche de cette peau loin d'être douce et dont il n'avait absolument pas envie de s'attarder.

« Non, non, non ! Sasuke ! Ce n'est pas ce que je t'ai demandé ! Rah, laisse-moi faire. »

Le petit brun eut à peine le temps de reprendre son souffle que sa bouche tout entière fut englobée par celle de son Professeur. Choqué, Sasuke gigota comme un ver de terre, mais les bras musclés de Danzô s'enroulèrent autour de sa taille fluette. Ses yeux s'ouvrirent plus encore quand il sentit quelque chose de chaud et de gros rentrer à l'intérieur de sa bouche et prendre toute la place. C'était la langue de son Professeur ! Une alarme sonna dans sa tête alors que la grande main de libre de l'homme aux cheveux grisonnants passait dans son pantalon et titillait son prépuce avec engouement. Danzô soupira de bien-être contre les lèvres chaudes de Sasuke, bien décidé à décalotter la petite verge encore entourée de sa protection. Il entama un mouvement de va-et-vient sur le membre endormi de son élève, ravi d'être le premier à lui faire découvrir les joies du sexe. Mais Sasuke, surpris par les agissements de son Professeur, le repoussa avec véhémence.

Un filet de bave s'étira lorsque les deux bouches se séparèrent et tremblant, Sasuke posa une petite main sur le bras de son Senseï.

« S-Senseï ! A-Arrêtez, stop ! Qu'est-ce que vous faites ?! »

« Chuuut… Sasuke… Nous ne faisons rien de mal voyons… Reviens par là. »

Mais Sasuke ne l'entendit pas de cette oreille. Ce n'était pas normal. Il n'avait pas envie de faire ça. Il n'avait pas envie d'embrasser son Professeur, ni qu'il le touche de cette façon. Ça n'avait rien de normal. Il voulait partir, rentrer chez lui… Fuir loin d'ici. Mais si Danzô stoppa effectivement ses gestes et retira sa main, ce ne fut que pour le soulever du sol pour le faire s'asseoir sur ses cuisses en écartant les jambes. Sa bouche râpeuse repartit à la découverte de son petit corps et mordilla plusieurs fois la peau de son cou.

« N-non, arrêtez… Senseï, laissez-moi descendre ! »

Mais son Senseï n'écoutait plus que son désir… Il ôta son veston d'écolier qu'il envoya valser à travers la pièce, arracha la chemise blanche d'un mouvement brusque et les boutons de celle-ci volèrent aux quatre coins de la salle. Ses grandes mains d'ogre caressèrent sa peau en long, en large et en travers et sa barbe commençait vraiment à l'irriter. Il avait la peau tellement blanche que celle-ci devait à présent être rouge comme une tomate… Il sentit ses longs doigts se faufiler de nouveau dans son pantalon, mais plutôt à l'arrière, et Sasuke s'arcbouta brusquement en retenant un cri au fond de sa gorge lorsque l'un d'eux glissa entre ses fesses.

« Tu es si serré, Sasuke… » chuchota Danzô au creux de son oreille, qu'il léchouilla avec envie tandis qu'il fit bouger son majeur à l'intérieur de l'anneau de chair.

Les yeux de Sasuke se chargèrent de larmes alors que sa tête était rejetée en arrière. Qu'est-ce que ça voulait dire, tout ça ? Qu'est-ce que son Professeur était en train de faire dans ses fesses ? Et ça faisait tellement mal… Mais malgré ça, aucun son ne sortait de sa bouche. C'était comme si la parole venait subitement de lui être enlevée. Il avait pourtant envie d'hurler et surtout de s'enfuir ! Mais que pouvait-il faire contre son Professeur qui le retenait prisonnier contre lui ?

« Senseï… Pitié… »

Ce n'était qu'un murmure… Un sifflement à peine perceptible… Mais au lieu d'avoir pitié, comme le suppliait le petit brun, Danzô inséra son index dans la cavité étroite. Son souffle était tremblant d'excitation et il fit bouger ses doigts en de grandes amplitudes. Le corps de Sasuke se courba vers l'arrière alors que le fameux cri qu'il retenait jusqu'à présent emplit finalement ses oreilles. Ce fut la goutte de trop.

Sans douceur, il projeta son élève à plat ventre sur son bureau, baissa jusqu'aux genoux le pantalon de l'uniforme réglementaire et le sien ainsi que son caleçon suivirent le même chemin. Il cracha dans sa main et vint enduire généreusement de salive son pénis gorgé de sang. Il ne pensa nullement à faire dans la dentelle. Il écarta d'une main l'une des fesses de Sasuke et sans préavis, le pénétra.

Il n'y avait pas de place dans ce trou vierge et pourtant, de ce qu'il pouvait voir, la chair entourait délicieusement son gland. Cette vision lui fit d'ailleurs perdre le contrôle et il ne songea pas un instant à la douleur qu'il infligeait à cet enfant lorsqu'il déchira son anus en s'enfonçant totalement. Il roula des hanches pour le pilonner vigoureusement, attrapa celles si fines du brun pour contrôler au mieux la profondeur de ses coups de reins. C'était chaud et étroit. C'était comme il en avait si souvent rêvé.

Voir son sexe être englouti de la sorte avait quelque chose d'étourdissant. Il se mit à gémir sans retenue pendant qu'il se mouvait, sortait de ce corps immobile pour rentrer de nouveau de toute sa longueur. Son rêve était devenu réalité.

Sasuke, lui, semblait déconnecté. C'était son Professeur qui lui faisait ces choses… C'était son Professeur qui lui faisait du mal… Parce que ça n'avait rien d'agréable… Alors pourquoi son Professeur avait-il l'air d'aimer ça… ? La tranche d'un classeur lui rentrait dans les côtes et son visage écrabouillé dans les stylos, maintenu de force par la poigne de Danzô dans ses cheveux, devait certainement en prendre la forme.

Danzô se retira pour s'asseoir dans sa chaise à roulettes, mais ne laissa que peu de répit au petit brun. Il lui agrippa la taille et le positionna au-dessus de son sexe, dos contre son torse, les jambes bien écartées et soutenues par ses mains sous ses cuisses, il l'empala de nouveau. Il coulissait tellement bien… À croire que ce derrière exigu était fait pour son pénis. Il le martela en poussant des cris gutturaux, cherchant sa jouissance. Il ne pouvait pas tarder outre mesure, sans quoi, la jeune nounou employée par les Uchiha s'inquiéterait de l'absence prolongée du cadet. Il suait abondamment, mais accueillit toutes les sensations sur sa queue avec un plaisir inimaginable jusqu'alors. Même ses nombreuses séances de masturbation, pourtant délectables, n'étaient absolument pas comparables au feu qu'il éprouvait à cet instant dans son ventre. C'était exquis, inouï et surtout… inédit. C'était interdit aussi, mais quoi de plus excitant que d'enfreindre les règles et de se croire au-dessus des lois ? Il ne s'en souciait pas. Le plus important était le volcan intérieur qui allait d'une seconde à l'autre entrer en éruption. Et la métaphore ne put être mieux placée. Puisque dans un dernier à-coup, Danzô se déversa, tapissant le rectum pourfendu de son liquide seminal épais et collant.

Essoufflé, il garda cependant Sasuke contre sa chemise moite et embrassa sa clavicule, son épaule, sa nuque comme pour le remercier d'avoir été si docile pour sa première fois.

Ils restèrent dans cette position jusqu'à ce que les battements de son cœur reprennent un rythme normal. En inclinant la tête, il remarqua une traînée de frissons sur les bras nus du petit brun.

« Tu as froid… ? Je vais te rhabiller... »

La tête basse, Sasuke se laissa tomber à genoux sur le sol lorsque Danzô le reposa. Honteusement, il sentit le sperme glisser hors de son corps… Il entendit le froissement des vêtements de son Professeur, le zip de sa fermeture éclair, comme si tous ces sons lointains venaient d'une autre galaxie et frappaient son cortex frontal avec violence. Il se sentit si vide… dépossédé de tout.

Une main vint lui ébouriffer les cheveux et il cligna faiblement les paupières. Danzô lui passa doucement les bras dans les manches de sa chemise, mais se rendit rapidement compte dans l'état dans laquelle il l'avait mise. Il ne pouvait pas rentrer chez lui ainsi vêtu… Cela ferait forcément des histoires… Alors il retourna toute l'école pour trouver une chemise semblable.

La nuit était tombée. Sasuke rentrait habituellement seul chez lui, mais ce soir, Danzô le raccompagna en voiture. Recroquevillé sur le siège passager, le brun n'avait pas formulé un mot depuis son viol. Mais le Professeur veillait du coin de l'œil tout en conduisant de manière détendue.

« Sasuke. Tu te souviens de la dernière devinette que je t'ai posé ? Au sujet des gardiens ? Ce soir, il faut que nous soyons tous les deux des gardiens… Tu sais… Pour le secret. Ce qui s'est passé ce soir dans la classe, ça doit rester notre petit secret, rien qu'à nous… Tu peux faire ça, Sasuke ? Garder un secret ? »

Seul le silence lui répondit. Et lorsqu'il voulut caresser la chevelure brune, un coup d'épaule l'en dissuada.

Danzô soupira. Face au mutisme de l'enfant, il n'eut qu'une solution pour le faire réagir. Était-il encore à ça près ?

« Si tu parles… Je serais obligé de te faire encore du mal… à toi ou… ou à ta famille. »

La menace eut l'air de faire son petit effet puisque Sasuke releva la tête et lui jeta un coup d'œil biaisé derrière sa frange.

« Je savais que je pouvais compter sur toi… »

Il le déposa au bord de la route, juste devant le portail métallique qui sécurisait la magnifique résidence Uchiha, une luxueuse villa bien située dans le quartier le plus chic de Konoha. Les yeux vitreux, Sasuke observa le monospace s'éloigner, l'âme en morceaux, mais le cœur remplit de haine.


Si les sévices s'arrêtèrent là ? Bien sûr que non… Ils perdurent tout au long de l'année scolaire, et à chaque fois que son Professeur en ressentait le besoin, souillant un peu plus son innocence et la pureté de son âme d'enfant se teinta de plus en plus de noirceur…

Était-ce là le seul drame de sa vie ? Bien sûr que non… Les multiples épreuves qu'il traversa tout au long de son existence jusqu'à son dix-huitième anniversaire firent de Sasuke Uchiha un vengeur, un jeune homme devenant l'hôte d'une haine incommensurable.

Mais ce fut cette épreuve en particulier qui le poussa à enlever Danzô Shimura et à lui infliger cette lente persécution… en gage de paix pour sa mémoire torturée.

La respiration difficile de Danzô souleva sa cage thoracique et ses épaules alors que Sasuke finissait dans un souffle tremblant sa tirade vieille de huit ans. Il n'avait oublié aucun détail de cette soirée douloureuse… Elle se rappelait à lui chaque soir quand il fermait les yeux… Mais plutôt que de présenter des excuses, qui de toute façon auraient été vaines, il rigola. Un petit rire de singe qui fit frémir le brun et calma instantanément les secousses de son corps.

« Quitte à crever là… Sache que oui, tu étais vraiment très étroit… Ma queue frétille encore et se souvient qu'elle t'a enculé en profondeur. Je suis peut-être un violeur, mais toi… Tu porteras sur tes épaules et jusqu'à la fin de tes jours mon assassinat… Et crois-moi que je te maudirais au paradis. C'est peut-être ta chienne de mère que je baiserais dans l'au-delà ? Est-ce que son cul est aussi serré que le tien, Sasuke ? Non… J'en doute… »

Le visage de Sasuke se comprima en une furieuse grimace. Une lueur folle passa dans ses yeux noirs. Il décrocha une cordelette pendue à un clou au mur et attrapa l'hameçon à l'extrémité de celle-ci. Il lâcha le katana au sol et s'approcha d'un pas vers l'ordure qui avait l'audace de le salir encore, lui et sa défunte mère…

Il lui ouvrit la bouche de force et de sa main gantée, se saisit de la langue un peu trop pendue à son goût. D'un coup franc, il perça le muscle de la pointe du crochet et tira sur la corde pour tendre sa langue de vipère au maximum. La corde fut ensuite nouée à la poignée de la porte de la cave et Sasuke fit glisser ses doigts sur toute sa longueur. Il se pencha pour ramasser son sabre et se faufila d'un pas leste vers l'oreille de sa victime.

« Le paradis... ? Shimura-san… Même l'enfer ne voudrait pas de vous… N'ayez crainte, mes épaules sont tout à fait prêtes pour endosser ce rôle. Je l'attends depuis que votre bouche dégueulasse a touché la mienne... »

Il se décala sur le côté et plongea une dernière fois ses yeux dans ceux de celui qui fut pendant un an son bourreau, avant de brandir son arme au-dessus de sa tête. Lui, il n'était pas un bourreau… Il était juge et la sentence tombait aujourd'hui. Au nom de sa crédulité. Au nom de celle des autres.

« Vous avez péché, Shimura-san. »

La lame s'abattit sur la langue et la coupa net. Le hurlement de douleur de Danzô lui vrilla les tympans mais c'est un immense sourire de fou qui barra le visage de Sasuke. Le Professeur Shimura bougea dans tous les sens sur sa chaise, se débattait de toutes ses forces alors que son sang s'écoulait dans sa bouche et sur son menton. Il postillonna, toussa en gémissant, en pleurant honteusement. D'un coup de pied habile, Sasuke fit basculer la chaise en arrière. Il prit d'une main le manche de son fléau d'armes et vint surplomber de toute sa hauteur le visage rougi de sang de son ancien professeur.

Son regard se vida de ses émotions. Il devint froid, encore plus sombre alors que les flammes des bougies dansaient dans ses yeux.

« Et on ne doit pas pêcher. »

Le morning star flambant neuf rencontra avec fracas la sale gueule de ce fils de pute, laquelle se brisa et s'enfonça sous ses coups. Les os craquèrent, la boîte crânienne se fendit en deux et la cervelle qu'elle contenait fut réduite en une visqueuse bouillie rougeâtre. Sasuke fut inarrêtable. Il le martela de coups jusqu'à l'épuisement, alors même que Danzô succomba dès le premier assaut.

C'est le souffle court que Sasuke reposa son arme, qui tomba sur le plancher dans un bruit sourd, avant de se laisser lui-même choir sur les fesses.

Il contempla son œuvre en déglutissant péniblement. Sa muqueuse était épaisse et son front luisant de sueur. Il passa son avant-bras dessus jusqu'à ce que la pression redescende.

Enfin… Danzô Shimura était mort… Il avait accompli sa mission et grâce à sa ténacité, son âme retrouvait un peu plus de blancheur malgré la cruauté de son acte. Le soulagement d'avoir mené au bout sa vengeance produisit une douce chaleur dans son estomac. Il ferma les yeux une seconde, certain que ses cauchemars cesseraient après le meurtre de cette créature abominable.

Il finit par se remettre debout, retira les sangles qui maintenaient le macchabée à la chaise électrique, puis défit les boutons de sa chemise avant d'écarter les pans de celle-ci. Il sélectionna sa dague favorite dans son tableau, un magnifique objet au manche en titane sculpté et orné d'une sublicime tête de faucon, lequel possédait deux yeux en saphir. La lame était courbée au bout, comme les serres de la bête magistrale. Il la planta dans le buste encore chaud et dessina dans la chair. Parce que c'était son symbole, son emblème, sa signature depuis le premier meurtre et qui lui valait depuis un délicat surnom donné par tous les journalistes obsédés par ces affaires de meurtres non élucidées et qui perduraient maintenant depuis un mois. Le sang gicla sur sa peau blanche, mais il continua à tracer ses cercles dans la peau du cadavre de Danzô sans se soucier de ce détail.

C'était un surnom qui correspondait parfaitement à ses dessins sur le corps de ses victimes. Tous les flics de cette ville qui le recherchaient désespérément avaient eux aussi suivi le mouvement et l'avaient baptisé du même nom.

Une fois terminé, il s'installa sur ses talons et admira les courbes parfaites de son œuvre sanguinolente.

Ce n'était pas pour rien qu'ils avaient fait de lui « La Cible ».


À suivre...


Hey !

Y'a-t-il quelqu'un au bout de ce premier chapitre ? XD

Vous avez survécu ? Vous êtes curieux ? Qu'avez-vous pensé de ce début ? Êtes-vous plutôt solidaire de Sasuke ou au contraire, pensez-vous qu'il faille un flic hyper sexy pour le coffrer pour de bon ?

Très honnêtement, j'avoue que c'était très chaud d'écrire ce chapitre, mais j'espère que vous serez au rendez-vous pour la suite !

Merci à celles et ceux qui ont osé lire jusqu'au bout !

À bientôt. ;)

TLIOM