Echo ; Conflits


Le jeune homme aux cheveux flamboyants soupira longuement, avant de se laisser tomber sur le bord du lit. La silhouette à côté de lui, ronflant allégrement, ne bougea pas d'un pouce, et il en profita pour se redresser totalement à nouveau avant de, cette fois, sortir pour de bon du lit.

Il se dirigea ensuite vers la fenêtre du petit appartement, et s'y colla pour pbserver les étoiles qui brillaient dans le ciel. Il ne les voyait pas quand il était dans l'entre-deux monde, l'atmosphère était trop obscure pour les distinguer. On ne les voyait pas beaucoup non plus au cœur de la ville, les lumières des bâtiments étaient trop fortes et la pollution trop épaisse.

Il soupira avant de poser son front contre la vitre froide. Il ne parvenait pas encore totalement à croire qu'il avait été assez stupide pour céder à ses sentiments pour l'autre idiot. S'il restait ici trop longtemps et que le Conseil le découvrait, il allait être sévèrement sanctionné. Déjà qu'il avait raté un grand nombre de grues ― même s'il était originellement en pause, il avait reçu du travail au bout d'un moment, travail qu'il avait ignoré. L'Ecrivain allait lui demander des comptes restait à savoir s'il était honnête ou s'il mettait au point un mensonge.

Dans le premier cas, il serait assurément sévèrement réprimandé. Dans le second, il le serait aussi, mais uniquement si on découvrait son mensonge.

La deuxième option semblait plus viable.

L'Ecrivain n'était en soi pas le vrai problème ― son aînée pouvait le contrôler un petit peu pour éviter qu'il ne prenne des sanctions trop grandes contre lui. Ce qui le gênait, c'était le Conseil des Anciens. Là où finissaient tous ceux qui parvenaient à dépasser les neuf cents siècles et qui n'étaient pas devenus l'Ecrivain.

La plupart d'entre eux n'avait pas connue le moment où Dazai avait été rendu immortel mais cela ne les empêchait pas de détester cette décision. Et ils ne se privaient pas de la rappeler quotidiennement à Mori, chargé de veiller sur lui en sa qualité d'Ecrivain, et à Chuuya, dont tout le monde savait qu'il était en permanence recherché par l'autre idiot momifié.

Il pouvait sentir tous els jours les regards lourds de sens des Anciens sur lui. Ils le tenaient pour responsable de la situation : s'il n'avait pas été aussi proche de Dazai étant petit, sans doute auraient-ils pu éviter tout ce fiasco. Encore que… Chuuya aimait dire que son ancien ami était une telle tête de mule trop curieuse qu'il aurait fini dans tous les cas par découvrir ce qui devait rester secret.

Il poussa de nouveau un long soupir, avant de se mettre en quête de son chapeau. C'était la seule de ses affaires qu'il n'avait pas encore retrouvées puisqu'il ne pouvait pas allumer la rande lumière au-dessus d'eux, il devait se fier aux formes discernables dans l'obscurité. Il ne pouvait évidemment pas repartir sans : si jamais Dazai se mettait en tête de l'utiliser, ils étaient absolument morts. Même si le brun était immortel, s'aventurer dans leur monde était un crime qu'il paierait de sa vie.

(La perspective était sans doute réjouissante pour cette idiot suicidaire, mais pas pour le jeune homme aux cheveux flamboyants qui voulait continuer de vivre. Il n'avait pas encore célébré ses trois cents ans.)

Il le trouva néanmoins au bout d'une dizaine de minutes et le posa sur sa tête dans un réflexe habituel. Immédiatement, son environnement devint encore plus sombre et il soupira à nouveau, tout en attrapant un bout de papier et en griffonnant quelques mots à l'intention de son compagnon. Il s'éclipsa ensuite par la porte d'entrée ― mais alors qu'il s'apprêtait à refermer celle-ci, un murmure résonna dans le silence de l'appartement. Sans doute l'autre était-il à peine réveillé, ou simplement pris dans un rêve trop profond pour qu'il s'aperçoive que ce n'était pas la réalité. Mais ce murmure le figea brièvement sur place, avant qu'il ne ferme définitivement la porte.

Un simple « Chuuya » ne suffirait pas à le faire rester.


As-tu une explication ?

J'ai été retenu.

Par quoi ? Par qui ?

Le futur a changé à cause de lui.

C'est ce qui t'a retenu pendant une nuit ?

J'ai cru que d'autres allaient mourir.

Ce n'était pas à toi de t'en soucier.

Leur mort n'était pas prévue.

Et alors ? Elle finira par arriver.

Mais s'ils ont encore du temps devant eux, rien ne sert de l'écourter.