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Bonne lecture !
Pour la Horde.
A quelle pente glissante cette phrase pouvait-elle mener.
Pour la Horde.
Elle entendait cette phrase partout où elle se rendait : les grunt d'Orgrimmar la marmonnaient à chaque travail difficile les soldats la criaient à chaque charge, à chaque ennemi abattu, à chaque mort les chefs l'utilisaient pour justifier chaque décision. Pour la Horde.
Pour la Horde.
C'était ce qu'avait dit Baine, quand il avait du abandonner Saurcroc à Lordaeron. Il lui avait déjà dit, quand elle était venu plaider la cause de la paix, l'implorer de s'opposer au plan fou de la Banshee. Il n'interviendrait pas, maintiendrait l'unité au sien de leur faction. Pour la Horde.
Pour la Horde.
Saurcroc ne jurait que par ce mantra. Il le lui avait répété, dans les terres glacées du Norfendre, lorsqu'il l'avait sauvée du Dépiauteur et lorsqu'elle l'avait sauvé du monstre au visage de son fils. Il le lui avait répété lorsqu'elle s'était inquiétée de ses blessures, au siège de la capitale. Il le lui avait répété quand elle lui avait dit de ne pas suivre la Banshee, de ne pas les conduire à une nouvelle guerre meurtrière. Pour la Horde.
Pour la Horde.
La Banshee Bitch l'avait invoqué, devant les cendres chaudes de Vol'Jin, réclamant vengeance contre les démons. Elle l'avait clamé, durant la bataille de Lordaeron, ralliant les défenseurs épuisés contre les forces de l'Alliance. Elle l'avait persiflé, devant la Mage en colère qui lui crachait sa haine au visage, un sourire moqueur aux lèvres, car elle savait que Saëriel obéirait alors. Pour la Horde.
Pour la Horde.
Elle l'avait elle-même dit, crié, clamé, innombrables fois. Depuis que Quel'Thalas s'était associé à la faction guerrière, elle avait défendu sa nation et leurs alliés envers et contre tous, dans la victoire ou la mort. Elle avait combattu pour elle, elle avait grandi pour croire en sa cause autant qu'elle aimait Lune d'Argent. Face aux nombreux ennemis, extérieurs comme intérieurs, face aux alliés qui la remettaient en cause, elle était restée loyale. Pour la Horde.
Mais alors qu'elle regardait les Elfes de la Nuit, menés par une prêtresse vengeresse, déferler sur leur camp, elle ne parvenait pas à reprendre le cri de guerre des combattants à ses côtés. Sa gorge restait fermée, serrée par la fumée qui continuait de s'échapper de l'Arbre. En arrière-plan de la bataille, l'immense tronc noirci de Teldrassil lui lançait une accusation qu'elle ne parvenait pas à contrer. Devant elle, au milieu de la bataille, les nouveaux forestiers sombres de la Banshee obéissaient aux ordres du Flétrisseur, tuaient sans pitié leurs anciennes sœurs, enragées par leur mort et l'abandon de leur déesse. Par leur renaissance forcée qui les condamnait à une existence maudite.
Lorsque Sira Gardelune abattit une Sentinelle sous l'ombre de sa capitale détruite, Saëriel crut voir Sylvanas elle-même hurler sur les derniers défenseurs du Puits de Soleil corrompu.
Quelle différence y avait-il entre les deux situations ?
Lok'tar ogar, pour la Horde ! Les membres de sa faction hurlaient leur cri de guerre, assuré de leur bon droit dans toutes les morts qu'ils déchaînaient car c'était pour une noble cause.
Pour la gloire du roi-liche, était tout ce que Saëriel parvenait à entendre, le fanatisme du Culte des Damnés toujours frais dans sa mémoire.
Quelle différence y avait-il entre les deux factions ?
Pour la Horde.
Après des années de batailles, de guerres, de morts, de loyauté, face aux restes fumants de l'Arbre Monde, la Mage se rendait compte qu'ils avaient glissé cette pente à toute vitesse lorsqu'ils avaient allumé l'incendie sur ordre de la Banshee.
Sur ordre de leur nouvelle reine-liche.
Quelle différence y avait-il entre les deux morts-vivants ?
Pour la Horde.
Quelle pente glissante ils avaient dévalé pour cette phrase.
