ALORS.
C'est un OS qui sera suivi d'autres OS, un jour, peut-être. Tout est de la faute de Loir. Et de la faute de Ya parce que Esmeralda bitch.
Ecrit pour la Nuit du FoF, sur le thème Malédiction.
Bonne lecture !
Chroniques de sorcières
Episode 1 : Sommeil
.
Esmeralda est assise sur un coussin de velours rouge, posé à même le sol. Devant elle, sur son foulard blanc, les cartes attendent d'être jouées. Elle allume un bâton d'encens et pose une main sur le paquet. Elle arrête son geste quand elle entend des pas précipités descendre de l'étage, résonnant dans toute la maison.
« Qui a touché à la sauge qui séchait dans le couloir ? C'était ma sauge !
— Ah ! C'est moi, pardon. »
Bientôt, la silhouette frêle de Nina se pose devant le foulard d'Esmeralda. La gitane range ses cartes, replie le foulard et éloigne l'encens des pieds de la plus jeune.
« Attention où tu marches, j'essaie de tirer les cartes.
— Et ma sauge, elle est où ?
— Je l'ai utilisée pour purifier la cuisine, je savais pas que c'était à toi. La prochaine fois, écris ton nom.
— T'es drôle, toi. »
Nina plisse les yeux et Esmeralda pince les lèvres, affichant un air sensiblement désolé. Elle va pour s'excuser à haute voix, mais la sonnerie de la porte les interrompt. Nina décroise les bras et saute par-dessus le canapé pour aller ouvrir.
« Couvent de Circée bonjour. Qu'est-ce que je peux faire pour vous ?
— Euh, c'est … C'est un sujet un peu compliqué. Il est possible d'entrer ?
— Bien sûr. Retirez vos chaussures. Installez-vous à côté de ma sœur. Vous buvez quelque chose ? Thé ? Café ?
— Un thé ce sera très bien. »
Nina opine du chef et désigne le salon à l'invité avant de prendre la direction de la cuisine. Elle met de l'eau à bouillir, passe la main sur la gazinière pour vérifier que le feu s'est allumé. Elle grogne en sentant que la théière n'a pas été rangée à sa place habituelle et doit faire le tour du plan de travail pour la trouver. Quand elle revient dans le salon, un plateau à la main, elle demande :
« Alors, qu'est-ce qu'on a ?
— Monsieur dit une malédiction. Son meilleur ami s'est endormi depuis quinze jours, et rien ne le réveille.
— Il a énervé une sorcière ? Vous avez une idée de qui aurait pu jeter le maléfice ?
— Euh, non. Non, pas vraiment. Il s'entend bien avec tout le monde, il est gentil, serviable.
— Et vous êtes certain que ce n'est pas un coma ? Qu'est-ce que les médecins ont dit ?
— Ils ont dit … Qu'il dormait. Qu'il fallait attendre qu'il se réveille. Il est sous perfusion, mais son corps n'a aucun traumatisme … Ah ! Il a des poussées de fièvre et le sommeil agité.
— Hm. Il n'a aucune marque sur le corps ? Quelque chose comme une blessure étrange, ou un dessin ? »
Le client fouille dans sa poche pour en sortir son téléphone. Il cherche dans ses photos avant de tendre l'appareil à Nina.
« Si. Il a cette marque, sur l'épaule. »
La sorcière opine du chef, mais ne fait pas le moindre geste vers l'appareil. Esmeralda le prend à sa place et Nina demande :
« A quoi ressemble le sigil ?
— C'est un genre de cœur.
— Dessine-le sur ma main. »
Nina tend la paume vers sa sœur, qui d'un doigt dessine le signe sur la peau sensible. Nina sourit.
« Votre ami n'est pas maudit. Il est possédé. Ce dessin, c'est la marque d'un démon du sommeil. Vous avez de la chance, les malédictions sont bien plus dures à lever.
— Je … vais devoir faire appel à un exorciste ?
— Je ne vous le recommande pas, ils ont des tarifs exorbitants. Je peux m'en charger, si vous me conduisez au chevet de votre ami. Esmeralda ? Tu irais dans le jardin me chercher du laurier ?
— Tout de suite ma chérie. Je te le confie. »
La plus jeune opine docilement du chef et se relève. Elle fait signe au client de ne pas bouger, et remonte les escaliers au pas de course. Quand elle redescend, elle a un sac avec elle, et porte autour de la taille une ceinture où pendent des herbes séchées. Elle tend la main devant elle et Esmeralda y dépose quelques feuilles de laurier, que Nina fiche dans sa poche. Elle se dirige vers la sortie, suivie par le client, et après avoir enfilé ses chaussures, elle se retourne vers l'intérieur de la maison, attendant que sa sœur vienne à elle. Elle ferme les yeux quand les lèvres d'Esmeralda se posent sur les siennes, et quand la plus grande s'écarte, elle souffle :
« Circée soit avec toi. »
Avant de la laisser partir.
.
« Bon … J'imagine qu'on mange encore des pâtes. »
Xion dépose son sac sur le canapé avant de s'y effondrer à son tour, posant la tête sur l'épaule d'Esmeralda.
« Pas cette fois ! Nina est partie faire un exorcisme, on a été payées la moitié à l'avance alors j'ai été faire des courses.
— Un quoi ? Elle n'est pas formée pour ça ! Elle va se faire tuer !
— Nan, nan, t'inquiètes donc pas. C'est juste un démon du sommeil.
— Un démon … du sommeil. Nan.
— Si.
— Non !
— Si. Fais pas la tête, pour une fois qu'on mange bien !
— Vous êtes folles. Autant l'une que l'autre. »
Esmeralda hausse les épaules. C'est plutôt un compliment pour elle.
.
« Et voilà. »
Le casse-tête dans les doigts de Nina frétille. Riku n'a pas rêvé. Il a vu quelque chose, quelque chose de noir et de jaune sortir du corps de Sora pour venir dans le casse-tête. Il ouvre grand la bouche.
« Vous … Vous avez vu ce que j'ai vu ?
— Non, pas vraiment.
— Ah, oui. J'oubliais. »
Nina hausse les épaules, habituée. Elle s'assied sur une chaise à côté du lit d'hôpital, attendant que le garçon se réveille pour être payée. Ça ne tarde pas, elle l'entend bouger.
« Sora !
— Riku ? Tu es là ? Alors tu n'as pas …
— Ça fait quinze jours que tu dors, tu te rends compte ?
— Que je dors ? Comment ? Où est Vanitas ?
— De quoi tu parles ?
— Sans doute des cauchemars apportés par le démon. Bon, ce n'est pas tout ça mais je voudrais rentrer.
— Bien sûr. Je vous raccompagne.
— Pas la peine. »
La sorcière tend la main à côté d'elle, et un balai y apparaît. Riku cligne des yeux.
« Mais, euh … Vous pouvez … Vous pouvez conduire ? »
Un claquement sec se fait entendre contre la vitre et Nina tâtonne un moment avant de trouver comment l'ouvrir. Le corbeau qui frappait s'arrête alors, et croasse vers la sorcière.
« Ténébris me conduira. »
Elle tend la main et, vaguement sidéré, Riku lui tend sa paie. Elle renifle les billets pour vérifier le compte et les enfonce dans sa poche avant de grimper sur la fenêtre, balai entre les jambes.
« Bonne fin de journée à vous.
— Euh … Pareillement. »
Et elle saute. Riku sent son cœur s'arrêter quand il la voit chuter avant de commencer à voler.
.
« Je suis rentrée ! »
Elle le précise, au cas où le vacarme qu'elle a fait en atterrissant dans sa chambre serait passé inaperçu. Bientôt, les pas de Xion, légers comme de l'air, se dont entendre et Nina sourit.
« Nina ! C'est quoi cette idée ?
— Sois pas si dramatique. Pour une fois que notre frère sert à quelque chose.
— Quinze jours ! Vous l'avez laissé en liberté pendant quinze jours ! Après tout le mal qu'on s'est donné à l'enfermer !
— Ouais, bah c'est pas toi qu'en as payé le prix, alors tu m'excuses, mais j'ai encore le droit de faire ce que je veux. Mais si tu veux rester pauvre, libre à toi, moi je monte un business.
— Et s'il a parlé de nous à l'humain qu'il a possédé ? S'il lui a demandé de venir le libérer ?
— T'auras qu'à lui effacer la mémoire. Bon, je vais ranger Vanitas et on mange ?
— Nan, amène-le à table. C'est grâce à lui qu'on a de quoi dîner après tout, il peut bien manger avec nous. »
Nina approuve la logique. Ténébris perchée sur son épaule croasse pour donner son assentiment et elles descendent toutes trois dans la cuisine, où l'odeur des épices recouvre tout.
.
Sora a les sourcils froncés à l'extrême. Riku lui a expliqué la situation en long, en large et en travers, mais il n'est toujours pas certain d'une chose.
« Mais un démon. Un démon. C'est méchant.
— Oui.
— Et ça fait peur.
— Oui.
— Et c'est pas gentil.
— En effet. »
Il fronce encore plus les sourcils. Il secoue la tête, mais la pensée ne peut pas disparaître. Il finit par se résoudre à l'évidence.
« Riku. J'ai un crush sur un démon. »
.
.
.
.
Voilà ? Je sais pas quoi en penser, on verra ce que ça donnera par la suite.
Normalement y avait pas Sora. Donc je ne sais pas où je vais.
A très vite !
