Voici ma toute première fanfiction ! J'espère qu'elle vous plaira... N'hésitez pas à me laisser vos commentaires ! :)
Adrien était arrivé parmi les premiers dans la salle de classe, ce matin-là, et fut déçu de ne trouver aucun de ses amis. Chloé était là, bien sûr, mais il n'était pas spécialement d'humeur à écouter ses jérémiades. Il faut dire qu'il était plutôt épuisé par le combat qu'il avait dû mener, dés l'aube, contre un akuma. Chat Noir et Ladybug l'avaient vaincu, bien entendu, mais Adrien n'avait pas eu le temps de se recoucher et il manquait de sommeil.
Aussi, il s'installa à sa place au premier rang et se plongea dans son téléphone en attendant l'arrivée de ses camarades. Il découvrit alors un message de Nino, qui le prévenait de son absence en raison d'une angine. Adrien s'inquiéta aussitôt pour son ami, mais ce dernier lui renvoya un message rassurant, bourré de smileys : s'il avait attrapé une angine, c'était parce qu'il avait joué le DJ au cours d'une soirée en plein air chez des amis, la veille. Il était donc malade, mais heureux et fier de lui !
Malheureusement pour Adrien, cela signifiait qu'il était à la merci de Chloé, qui avait remarqué du coin de l'œil que la voix était libre vers son Adrichou chéri. Elle se tournait déjà vers lui, prête à lui raconter en moindre détail le week-end qu'elle avait passé à la montagne avec son père et tout un tas de célébrités parisiennes, qu'il devait forcément connaître…
— Pardon, Chloé, l'interrompit Adrien, mais j'ai un défilé prochainement et il faut que je réécoute la bande son, pour mieux me préparer…
Elle commençait déjà à lui poser des questions sur le dit défilé, persuadée de savoir déjà à quel événement il faisait référence, alors Adrien plongea la main dans son sac pour en tirer un casque, qu'il posa sur ses oreilles d'un air désolé. Il lui faudrait remercier Plagg, à ce propos. C'était lui qui avait demandé à Adrien de l'acheter, et de l'emporter au collège : cela lui permettait de s'occuper pendant les longues journées d'école, caché au fond de son cartable.
Chloé, donc, finit par renoncer et se tourna vers Sabrina pour continuer son récit, tandis qu'Adrien parcourait la liste de chansons que Plagg avait téléchargées sur son smartphone. En vain. Plagg et lui n'étaient vraiment pas compatibles sur le plan musical. Peu importait, finalement, car tout ce dont il avait besoin, c'était d'avoir l'air occupé. Il ne mit donc aucune musique en route, mais garda le casque sur la tête tandis qu'il fermait les yeux, adossé à sa chaise. Un moment de repos, en attendant le début du cours… La fatigue prenant le dessus, il somnola pendant que les autres pensaient qu'il révisait pour son prochain défilé.
Il n'entendit pas, donc, quand Alya le salua en entrant en classe. D'ailleurs, elle n'insista pas longtemps, car Chloé bondit aussitôt en montrant les crocs comme un petit chien, prétextant que personne ne devait déranger son Adrichou. Quand ce fut au tour de Marinette d'entrer en classe, elle n'essaya même pas de prononcer un mot. Elle se figea en le découvrant ainsi, les yeux clos, et son cœur fit un bond dans sa poitrine. Était-ce le visage qu'il arborait quand il dormait ? Oh, Adrien Agreste, et son visage d'ange ! Que ne donnerait-elle pas pour voir ce visage chaque matin au réveil ? Il était d'ailleurs la raison pour laquelle elle avait réussi à se tirer du lit ce matin malgré la fatigue, malgré tous les efforts de Tiki pour la sortir des draps. C'était la pensée de voir Adrien qui avait fini par la convaincre de se lever, et quel spectacle…
— Eh, Marinette, ressaisis-toi, tu vas finir par baver…
La voix d'Alya acheva de la ramener à la réalité et Marinette sursauta, émergeant de son fantasme : elle était déjà en train de se voir, mariée à Adrien Agreste, habitant une petite maison au balcon fleuri, avec leurs deux enfants, leur hamster et… Oh, voilà qu'elle recommençait ! Elle se secoua, se frotta les joues pour se réveiller, et gagna enfin sa place, alors qu'Alya riait doucement à ses côtés.
— Ce n'est pas drôle, Alya, il aurait pu t'entendre ! se plaignit Marinette en chuchotant à sa voisine.
— Il est plongé dans sa musique, répondit cette dernière en haussant les épaules, il ne m'a même pas entendue quand je l'ai salué, alors…
Marinette prit un air boudeur, et Alya ajouta :
— Et puis, sincèrement… C'est un miracle qu'il n'ait encore rien remarqué. C'est tellement évident, je ne comprends pas comment il fait pour ne rien voir !
— Je ne comprends pas comment je fais pour être aussi ridicule, oui ! gémit Marinette. Encore heureux qu'il ne s'en soit pas encore rendu compte…
Elle posa les coudes sur son bureau, la tête sur ses mains, et soupira en contemplant les mèches d'or du garçon assis juste devant elle. Son geste bouscula imperceptiblement son bureau, et par réaction la chaise adossée à ce dernier. Un mouvement infime, mais qui suffit pour réveiller Adrien de son demi-sommeil. Son instinct de Chat Noir sursauta en lui et il rouvrit les yeux, surpris de s'être laissé allé en pleine salle de classe. Il n'avait pas dormi longtemps, en revanche, car il entendait Chloé qui en était toujours à raconter comment elle avait chaussé les mêmes skis que le fils du préfet, et qu'elle avait dû aider ce pauvre imbécile qui avait voulu mettre les siens à l'envers. Alors, pour éviter tout risque, il garda le casque bien en évidence sur ses oreilles et se para d'un air concentré en attendant le professeur (qui, ils l'apprendraient plus tard, était en retard en raison d'un manque de sommeil, lui aussi !). Ce fut alors qu'il perçut, derrière lui, les voix d'Alya et Marinette.
— Tu n'es pas ridicule, Marinette. Tu es juste… désespérément amoureuse !
— Et lui désespérément hors de portée, soupira cette dernière.
— Et si tu lui disais vraiment ce que tu ressens pour lui ?
— Tu sais bien que j'en suis incapable. Chaque fois que je lui parle… Ce n'est qu'une bouillie de mots qui sort de ma bouche.
Adrien se figea, hésitant sur la conduite à tenir. Elles chuchotaient, persuadées qu'il ne pouvait pas les entendre à cause de son casque. Comment auraient-elles pu imaginer qu'il n'écoutait aucune musique et qu'il entendait parfaitement leurs voix ? Il aurait dû enlever les écouteurs et se retourner pour les saluer, mais il avait peur de les surprendre, et d'effrayer Marinette… La pauvre était suffisamment mal à l'aise en sa compagnie, il ne pouvait pas en plus l'interrompre pendant une telle conversation ! Il était persuadé qu'il finirait par lui provoquer une crise cardiaque. Après tout, elle sursautait toujours quand il s'adressait à elle, elle était toujours sur le qui-vive en sa présence…
Était-ce dû à leur première rencontre ? Il se doutait qu'elle ne l'appréciait guère, et qu'elle se méfiait encore peut-être de lui. Il avait pourtant fait des efforts pour être son ami, mais elle n'était jamais aussi à l'aise avec lui qu'elle pouvait l'être avec les autres. Ou alors était-ce parce qu'il était le célèbre Adrien Agreste, et qu'elle méprisait sa célébrité ? Même Chat Noir semblait attirer davantage sa sympathie, il avait plusieurs fois eu l'occasion de le constater. Chaque fois qu'il l'avait rencontrée sous sa forme de super-héros, il s'était étonné de l'assurance qu'elle dégageait. Elle était bien plus détendue et naturelle quand Adrien Agreste n'était pas là. C'était dommage, pourtant, car il appréciait Marinette, et il aurait aimé qu'elle soit aussi à l'aise avec Adrien qu'elle pouvait l'être avec Chat Noir.
La situation n'allait donc pas aller en s'arrangeant, car il avait perdu trop de temps à hésiter, et il entendait désormais une conversation qui ne lui était nullement destinée. D'un autre côté, il découvrait une facette de Marinette qu'il ne connaissait pas, et qui attisait sa curiosité. Marinette, amoureuse ? Le Chat Noir en lui avait dressé les oreilles, intrigué. Il aurait fallu ôter son casque avant d'en apprendre trop mais… C'était trop tentant. Marinette n'avait jamais avoué à Chat Noir qui lui avait brisé le cœur. Pourtant, il aurait pu l'aider, s'il avait su, non ? Alors, s'il continuait d'écouter, ce n'était que pour mieux la connaître, pour la soutenir… Enfin, c'est ce qu'il se répéta pour se convaincre.
— Il n'y a bien que dans mes rêves que j'arrive à aligner trois mots sans me ridiculiser, soupira Marinette.
— Ouh, tu as encore rêvé de lui ? chuchota Alya, intéressée.
Elle se pencha vers son amie, les oreilles attentives, tandis que celle-ci se cachait dans ses mains en devenant écarlate.
— J'ai, disons… enfin, oui, en quelque sorte…
Alya écarquilla les yeux devant l'expression de sa voisine et s'esclaffa.
— Nooooon ! Ce genre de rêve ? Marinette Dupain-Cheng, je n'en reviens pas !
— Shhh ! fit Marinette, on va t'entendre !
— Et il se passait quoi, dans ce rêve, on peut savoir ? demanda Alya, avide de détails croustillants.
— C'était… stupide, souffla Marinette, et ça ne voulait rien dire. C'est à cause de cette alerte akuma de cette nuit… Forcément, ça m'a fait pensé à Chat Noir, alors quand je me suis rendormie…
Elle s'interrompit brusquement, réalisant ce qu'elle venait d'avouer. Trop tard. Alya se mordait les lèvres pour se retenir de rire, mais ses yeux pétillaient de malice. N'y tenant plus, elle s'esclaffa de nouveau, essayant de se cacher dans ses mains pour ne pas révéler à la classe entière les fantasmes qui hantaient les nuits de Marinette.
— Chat Noir et Adrien Agreste ? souffla Alya, sourire aux lèvres, on peut dire que tu as un type d'hommes, Marinette !
Marinette la fusilla du regard et l'implora de se taire, de peur de se faire remarquer par le reste de la classe. Heureusement, les trépidantes aventures de Chloé avec le fils du préfet occupaient tout l'espace, et le blondinet assis au premier rang était toujours aussi immobile.
Il faut dire, Adrien Agreste ne pouvait plus bouger un muscle. La dernière phrase d'Alya l'avait cloué sur place, et ses mots résonnaient, encore et encore, dans ses pensées.
Chat Noir et Adrien Agreste ?
Chat Noir et Adrien Agreste ?
Chat Noir et Adrien Agreste ?
CHAT NOIR ET ADRIEN AGRESTE ?!
