Auteure : Amanda A Fox
Série : Stranger Things
Couple : Billy/Steve
Genre : Romance/Hurt/Comfort
Résumé : Steve n'aurait jamais imaginé rendre visite tant de fois à Billy Hargrove durant sa convalescence après le drame du 4 juillet. Il n'aurait jamais imaginé non plus que cette attirance qu'il pensait voir mourir avec le temps, continue de fleurir de jour en jour une fois Billy sortit de l'hôpital. Billy de son côté, essaie de faire la paix avec ses démons et de reprendre un train de vie normal, aidé par sa sœur et par cette bien étrange famille qui semblait s'être ficelée autour de lui.

Petit blabla introductif : Bonjour bonjour. J'ai réussi à survivre sans me faire spoiler la fin de la série, et j'ai terminé le visionnage de la saison 3 y'a deux jours. Comme il n'y'avait eu aucun leak je me suis dit « tranquille, la fin doit pas être si terrible que ça sinon je me serais pris des spoilers bien dans la figure », et bien, il se trouve que j'ai eu tort D:

ALORS ATTENTION SPOILERS DE LA SAISON 3 DANS CETTE FIC

De ce fait, me voilà avec une fanfic se situant tout juste un mois après la saison 3, et où Billy a survécu de justesse. Ainsi, ceci contera le récit de Steve Harrington aidé par Robin (et Erica !) concernant un certain crush qui n'a pas l'air de vouloir s'en aller, et de Billy Hargrove tentant de reprendre une vie normale, aidé par sa sœur le groupe très hétéroclite.

Sur ce, je vous laisse découvrir le premier chapitre en espérant qu'il va vous plaire. Kiss !


Hold my hand and recover

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Chapitre 1
Je te revaudrai ça
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Lundi 5 août 1985 – 14h28

Alors que Steve Harrington marchait aux côtés de Max Mayfield dans les longs couloirs de l'hôpital, il se demandait encore une fois ce qui le prenait. Sincèrement, la première fois qu'il avait emprunté cette direction pour rejoindre la chambre numéro 33, il n'aurait jamais imaginé faire plusieurs fois le voyage après cela.

Il n'aurait imaginé passer dans ces couloirs d'abord deux fois par semaine pour ensuite fouler le même sol pratiquement tous les jours. Aujourd'hui, il avait un magazine d'automobiles dans une main, et un briquet dissimulé fermement dans sa paume droite. Max qui marchait près de lui tenait fermement une boîte en fer contre sa poitrine, où était apposée la marque d'un thé que buvait très certainement sa mère.

La chaleur était oppressante dans les couloirs de l'hôpital, elle l'avait toujours été –et pour Steve qui détestait les hostos, ça ne l'aidait en rien à apaiser l'angoisse qu'il avait toujours avant de passer la porte 33 et échapper à cet odeur médicale et aux passages de personnes malades ou blessées-. À l'extérieur, on atteignait des piques de températures très élevées, les plus importantes des vacances estivales, et Steve espérait que le ventilo de la chambre 33 fonctionnait toujours bien et qu'un patient ne l'avait pas réquisitionné –ce ventilateur avait été piqué en secret par lui et Max dans la chambre d'un homme ronchon qui s'était cassé la jambe à cheval-.

« Ça fait un mois pile, aujourd'hui, » lâcha soudain Max lorsqu'ils arrivèrent devant la porte close numéro 33. « Un mois… C'est ouf. »

La fillette fixait la porte l'air pensive, et Steve s'arrêta près d'elle tout en réfléchissant à la date du jour. En effet, on était bien le 5 août, et un mois s'était écoulé depuis l'incident à Starcourt. Un mois depuis la fermeture définitive de la seconde porte, de la disparition de leur shérif Jim Hopper et du démantèlement de ce groupe russe.

Puis, Max sourit et leva les yeux vers Steve qui attendait patiemment devant la porte.

« Il s'en est plutôt bien remis, tu trouves pas. En un mois, » lui dit-elle,

Ça avait été dur pour elle, Steve le savait pertinemment. Malgré la relation houleuse entre Maxine et son demi-frère, l'avoir presque perdu avait remué bien des émotions chez elle. Après tout, depuis novembre dernier et la fermeture de la première porte dans le laboratoire de Hawkins, ils avaient tous deux commencé à un peu se rapprocher. Certes ils n'étaient pas comme les deux doigts de la main, mais Steve avait pu sentir la différence.

Et cette convalescence derrière la porte 33 était on ne peut plus positive.

« Totalement, » lui répondit Steve en souriant lui aussi. « T'as entendu le doc, d'ici une ou deux semaines, il sera dehors à gambader à l'air libre. »

« Yep, à chouiner aussi sur sa bagnole qui a rendu l'âme et à H24 me prendre pour sa boniche, puisque monsieur semble être maintenant habitué à avoir toutes les infirmières sous ses ordres. »

Steve ricana à cette remarque, concédant que c'était tout à fait vrai. Après tout on ne changeait pas un homme, et Billy avait réussi à séduire la moitié des internes de l'hôpital rien qu'en étant allongé sur son lit.

« Et puis, il reviendra t'emmerder au boulot, » appuya ensuite la rouquine avec un sourire en coin. « T'as beau plus bosser à Scoop, il va pas lâcher l'affaire. »

« Ça m'avait presque manqué, » lui répondit Steve avec un petit rire, ses yeux se reportant sur le chiffre 33 de la porte.

En effet, parfois, quand il bossait encore au grand centre commercial, Billy Hargrove venait et comme un gosse –il avait parfois comparé Billy à Erica en se plaignant à Robin-, venait lui mener la vie dure. C'est-à-dire, se baladait dans l'échoppe comme si elle lui appartenait, venait sans cesse goûter les mêmes échantillons gratuits pour finir par ne rien prendre ou bien tout simplement venait se moquer ouvertement de ses habits et de son service.

Voilà, ça avait été le train-train habituel de Hargrove, au moins une fois par semaine. Cependant, ils n'avaient pas été amis pour autant. Certes leur relation n'était plus basée sur la haine ou la rivalité, mais Steve n'aurait jamais considéré l'autre garçon comme son ami. Mais ce mois de juillet avait été quelque peu curieux.

La première fois qu'il avait traversé ce long couloir, il pleuvait énormément à l'extérieur. C'était le jour où Joyce Byers avait révélé tristement d'avoir à vendre la maison et un autre calvaire pour Steve suite à son père qui était rentré de déplacement et qui lui avait mis la pression pour trouver un autre job –il avait à nouveau obtenu la morale habituelle comme quoi il n'aurait aucun avenir comme ceci, s'il ne bougeait pas un peu ses fesses et que son père avait honte de lui-. Bref, ce jour-là avait été une réelle torture.

Et tout le monde était occupé. Sauf lui, dans la cuisine seul à éplucher les petites annonces du journal –il espérait vraiment que Robin avait plus de chances de son côté-. C'était à ce moment-là que la sonnette de sa maison avait retenti, et il s'était agi de nul autre que Maxine Mayfield à l'imperméable rouge.

Cette dernière avait reçu un appel à la maison, c'était l'hôpital, et l'hôpital avait eu de bonnes nouvelles à partager. En réalité, quand Steve Harrington apprit que Billy Hargrove, anciennement possédé et sauvé de justesse grâce l'immunité de la créature encore dans son organisme avant que ce métabolisme ne s'éteigne pour de bon, venait de se réveiller, il y croyait à peine et était resté complètement figé devant sa porte d'entrée.

Car les médecins avaient été clairs. Il avait été grièvement blessé, et le coma dans lequel il se trouvait aurait pu être incurable. Ainsi il avait mis un peu de temps à se faire à l'idée que le type venait de se réveiller et qu'après tout ce qu'il avait vécu, il était en vie, et un sourire soulagé avait fini par s'étirer sur les lèvres de Harrington.

Ce jour-là, après l'appel, Max avait aussitôt averti sa mère qui se trouvait au boulot hors de Hawkins. Susan avait apparemment elle aussi été dans tous ses états et avait dit à sa fille qu'elle arrivait à la maison d'ici une heure minimum, mais la rouquine n'avait pas pu attendre et avait sauté sur son vélo malgré la pluie pour pédaler jusqu'à la maison la plus proche : Les Harrington.

« Emmène-moi le voir, s'il te plaît ! Je te revaudrai ça ! » lui avait supplié Maxine en ayant retiré sa capuche, ses cheveux roux décoiffés comme jamais.

Max savait que ce n'était plus réellement une guéguerre entre son frère et Steve, mais elle avait semblé coupable à l'idée de demander ça au papa de l'équipe. Cependant, Steve n'avait pas réfléchi à deux fois, avait récupéré les clés de sa voiture dans l'entrée et sans même se changer pour se protéger de la pluie, avait conduit Max jusqu'à l'hôpital de la ville.

« Ton cousin ? Ton cousin vraiment vraiment lointain du coup, on n'a pas un petit brin de ressemblance toi et moi, » avait répondit Steve en entrant dans le bâtiment après que Max lui avait dit vouloir le faire passer pour son cousin afin de lui permettre de venir lui aussi jusqu'à la chambre.

En premier lieu, Steve s'était demandé pourquoi la fillette voulait qu'il vienne lui aussi, après tout, c'était son frère, elle aurait certainement voulu quelques minutes seule avec lui. Il avait ensuite pensé que c'était peut-être parce qu'elle avait peur qu'il se reproduise un drame et qu'il s'en prenne à elle, mais non. Finalement, il comprit plus tard que la rouquine voulait simplement quelqu'un à ses côtés pour l'épauler lorsqu'elle le verra les yeux ouverts.

« Je peux pas dire que tu es mon petit ami, c'est ultra glauque ! » avait répondit Max qui marchait rapidement à ses côtés, les cheveux tout aussi trempés que ceux de Steve, n'ayant pas pris soin de mettre sa capuche. « Et puis, Lucas va ultra mal le prendre, encore une fois. Les mecs, vous êtes relous parfois. »

Eh oui, le droit de passage était réservé à « family only ».

« Dit à la dame de l'accueil que je suis ton frère adoptif, que ta famille est tombée sous mon charme et vous n'avez pas pu résister à faire de moi votre fils. »

« Pas sûr que ça puisse s'avaler, ça, » lui avait répondit Max d'un air sceptique alors qu'ils étaient à un pas de l'intendance.

Et quand la rouquine avait tourné la tête elle se trouvait devant la secrétaire de l'hôpital qui levait les yeux de son magazine féminin.

« On vient voir Billy, » avait commencé Maxine en ayant pressé deux mains contre le comptoir. « Billy Hargrove, c'est mon frère. »

La secrétaire n'avait pas été longue à rechercher son nom et lui dire qu'il se trouvait dans la chambre numéro 33 depuis son réveil, puis ses yeux soupçonneux s'étaient ensuite dirigés jusqu'à Steve qui était resté silencieux jusque-là –depuis l'affaire d'il y a deux semaines dans l'hôpital, là où son ex-petite amie avait failli perdre la vie, les visites étaient plus restrictives, il y avait même quelques policiers qui trainaient, Steve pouvait les voir du coin des yeux-.

« Oh lui, il vient avec moi, » avait ensuite dit Max en ayant désigné vaguement Steve derrière lui qui laissa donc la rouquine mentir à sa place, elle avait l'air de vraiment savoir ce qu'elle faisait. « C'est mon beau-frère. Steve. Euh… »

Les yeux de Steve s'étaient arrondis dans la seconde tout en tirant un regard scotché vers la rouquine qui finalement, ne savait peut-être pas trop ce qu'elle faisait.

« Steve Hargrove, » ajouta-t-elle l'air de rien en se retournant vers la secrétaire.

« Quoi… ?! » avait lâché Steve tout bas, totalement désemparé.

Mais la secrétaire n'avait pas cherché plus loin, l'enfant étant très persuasive, et leur avait offert les autocollants des visiteurs à coller sur leur pull ou veste et Steve avait presque louché sur son prénom encré aux côtés du nom de famille de Billy.

« Relax, regarde ça a fonctionné, elle doit s'imaginer que tu as demandé la main de la sœur de Billy, » avait dit Maxine avec un sourire en coin, retenant à peine son excitation.

Sœur que Billy n'avait évidemment pas et Steve avait levé les yeux au ciel en collant le papier rouge sur son torse, contre le t-shirt qu'il portait et avait pris soin de dissimuler le tout sous la veste légère qu'il portait.

« Je persiste à croire que me faire passer pour ton frère adoptif aurait été plus crédible, » avait ensuite soupiré Steve en fourrant les mains dans ses poches.

Et c'était ainsi qu'il avait rendu visite à Billy Hargrove. Steve le voyait pour la première fois réveillé depuis sa possession, et la dernière fois qu'il lui avait parlé datait de la semaine avant le drame lorsqu'il avait conduit le trio Lucas, Max et Mike à la piscine municipale.

Hargrove avait été dans les choux mais leur avait un peu parlé. Max avait pleuré et pour la première fois, avait serré Billy dans ses bras, ce dernier se remettant petit à petit de ses blessures, avait grimacé. Mais malgré son esprit encore engourdi par les médicaments, il avait pris soin de commenter sarcastiquement la coiffure ruinée de Steve suite à la pluie. Et le rire rauque qui s'était échappé des lèvres de Hargrove suite à ses propos mesquins n'avait en rien irrité Steve, non. Ça l'avait plutôt soulagé.

Après cela, Steve avait appris que Billy avait eu la visite de Susan, même de son père. Il y eut aussi Joyce et Murray qui lui avaient expliqué la situation, que tout avait été couvert, que rien n'était sa faute. Eleven était venue elle aussi pour lui assurer que tout ceci allait passer, qu'il ne devait en rien se sentir coupable. Car Billy Hargrove se rappelait de pratiquement tout.

Steve savait de sources sûres que ça avait été dur au début. Il cauchemardait chaque nuit, ne supportait pas d'avoir la fenêtre ouverte, surtout la nuit et peinait à regarder Eleven dans les yeux.

Mais ça s'était aussi un peu amélioré courant juillet. Il guérissait de ses blessures et même si son esprit sera pour toujours marqué par le passage du Mind Flayer, certaines cicatrices se refermaient. Il pouvait à nouveau regarder Max sans avoir envie de vomir en voyant la légère cicatrice qu'elle avait contre la tempe par sa faute. Il était capable de marcher jusqu'à sa fenêtre et rester à observer Hawkins qui brillait la nuit. Il mangeait plus et avait recommencé à fumer –en cachette bien évidemment-, tout ça étant plus comme le Billy Hargrove avant le drame.

Ainsi, un mois après, Steve et Max se trouvaient devant la porte numéro 33, et Steve ne tenait plus le compte du nombre de fois qu'il avait passé cette porte de chambre –mais il fut presque certain que quelque part dans le vidéo-club où ils bossaient, Robin tenait un tableau comme à Scoop Ahoy et faisait les comptes pour lui-.

Passant le magazine sous on bras pour avoir une main libre et rapidement réarranger ses cheveux sans que Max ne puisse voir son manège, Steve prit ensuite une plus ample inspiration et serra plus fermement le briquet argenté dans sa main droite.

Ce fut Maxine qui ouvrit la porte, après avoir toqué ses quatre coups habituels à intervalles irréguliers, comme pour signaler à Billy qu'il s'agissait d'elle. La chambre était éclairée par le soleil de l'après-midi qui brûlait littéralement tout Hawkins et le convalescent était sur son lit, assis en tailleur, dos contre le mur derrière lui à regarder avec ennui la télévision.

« Je suis presque heureux de te voir, Maxine, je me fais tellement chier ici, » commença Billy sans lâcher des yeux l'écran de télévision qui passait une série médiévale. « En plus de ça, le directeur m'a confisqué mes clopes, faut que j'aille demander à Stella de me filer un autre paquet. »

En effet, Steve pouvait presque sentir une fine odeur de nicotine dans la chambre. Même si Hargrove aérait quand il allumait une cigarette, l'odeur persistait.

« Ouais, on sait qu'on est inestimable à ta vie, » répondit Max en s'avançant dans la chambre, sourire malicieux sur les lèvres. « En plus je ramène un truc spécial. »

Cette fois-ci, Billy tourna la tête au « on » et Steve croisa les pupilles bleutées et ennuyées de Hargrove, et vit son visage pâle s'éclairer soudain d'un petit sourire railleur.

« Salut, » lui fit Steve en un bref signe de la main.

Il avait repris tout de même quelques couleurs. Des cernes maquaient certes toujours le creux de ses yeux et la cicatrice rougie sur sa joue droite faisait réel contraste avec sa peau, mais il y avait quelque chose qui semblait se réparer doucement chez lui. Steve le pressentait. Jamais il ne retrouverait le Billy Hargrove de l'époque, mais on percevait petit à petit le personnage.

« Oh, et Harrington est là aussi, » lâcha Billy en arquant un sourcil à son adresse. « Quelle surprise. Cinq fois cette semaine. Tu peux plus te passer de moi ? »

Alors lui aussi tenait des comptes ? Steve lui offrit une expression ironique avant de s'approcher du lit et lancer le magazine de voitures sur ses genoux.

« Ta sœur a besoin d'un chauffeur. Et je reprends le boulot à 15h, » lui fit Steve, ce qui n'était pas vraiment un mensonge –Max pouvait très bien aller en bus jusqu'ici, elle l'avait fait plusieurs fois, mais la rouquine sembla ne pas se soucier de leur échange-. « Je reste pas longtemps. »

En réalité, ses visites ici étaient rapides. Entre dix et vingt minutes -parfois un peu plus quand Billy semblait avoir besoin de compagnie- mais ça semblait bien assez pour poursuivre une certaine amitié qu'ils semblaient construire.

Billy quant à lui récupéra le magazine dont il inspecta curieusement la couverture quand Max déposa la boîte en fer sur le matelas.

« El' a eu l'idée de te faire des cupcakes, » lui fit Max en ouvrant la boîte. « Je l'ai aidé c'était sympa mais pas facile alors déguste, OK ? Lucas en a chouré trois, j'en suis navrée, » ajouta-t-elle ensuite de façon plus moqueuse.

Alors que Billy se penchait pour voir ce qu'il pouvait bien y avoir dans cette boîte en fer, il leva aussitôt la tête vers sa jeune sœur, lui lançant un regard blasé.

« Quoi ? Tu sors encore avec ce loser ? » lâcha-t-il.

« Il s'est excusé. »

« Tu peux vraiment pas t'empêcher de lui retomber dans les bras. T'es une fille facile, Maxine Mayfield. »

Max récupéra vivement le magazine qu'elle roula pour frapper le sommet de son crâne et Billy ricana plus fort alors que la rouquine lui grognait quelques insultes. Steve resta silencieux à les observer, sourire amusé sur les lèvres. C'était un peu triste à dire, mais avant l'incident, Max et Billy n'étaient pas aussi proches. Certes, ils s'étaient un peu rapprochés depuis novembre dernier mais ça n'égalait en rien ce qu'ils partageaient à aujourd'hui.

Ayant déjà mangé avant qu'ils n'arrivent, Max rangea la boîte près de sa table de nuit, aux côtés de magazines que lui avait rapportés Steve lors de certaines de ses visites.

« Uh, tu te rappelles quand tu nous avais parlé du briquet de ta mère, » fit soudain Steve, ce qui poussa le frère et la sœur à se tourner vers lui, mais le regard de Steve était essentiellement rivé vers Billy. « Que tu regrettais l'avoir perdu. »

Max jeta un bref regard vers son frère, sachant elle aussi combien ce briquet valait pour lui. Tout comme le collier qu'il portait autour du cou.

« Ouais… » commença Billy d'une voix trainante, ne voyant pas trop où voulait en venir l'autre garçon.

Steve se gratta rapidement le nez –tic qu'avait remarqué Max quand il était nerveux-, puis passa cette même main derrière sa nuque pour ensuite tendre vers Billy un poing fermé.

« Je suis allé à la décharge, » lui expliqua Steve alors que les yeux de Billy tombaient curieusement sur ce poing fermé. « Désolé de t'apprendre que ouais, ta bagnole est bien morte, mais j'ai aussi trouvé ça. »

Et alors qu'il ouvrait le poing, les yeux de Max Mayfield s'écarquillèrent à la vue de l'objet qui brillait à la lumière du soleil qui pénétrait dans la chambre d'hôpital. Restant tout d'abord sans voix Billy entrouvrit la bouche mais fut incapable de dire quoi que ce soit, et tendit une main vers l'objet contenu dans la paume de Harrington.

Comme s'il s'agissait de quelque chose de hautement fragile, Billy récupéra délicatement le briquet argenté qui était à peine égratigné. Il se rappelait l'avoir eu dans la poche de son jean quand il avait été possédé par le Mind Flayer et plusieurs fois il avait tenté de se concentrer sur cet objet pour faire passer la créature en second plan, cependant, il n'avait pas été assez fort.

Et après ça, après son réveil, on lui avait dit que les seuls effets personnels qu'ils avaient retrouvés sur lui étaient son collier et un paquet de Marlboro écrasée dans poche arrière de son jean.

« Il était dans ta caisse, sous le siège avant, » précisa Steve plus détendu en souriant doucement. « J'ai aussi pu récupérer tes cassettes de musique. Enfin, seulement trois, la quatrième a vraiment morflé. Je te les rendrais quand tu seras sortir de l'hosto. »

« Sérieusement ? T'as retrouvé mes cassettes aussi ? »

« Non, je t'offre juste de faux espoirs car j'adore lire la déception sur ton visage. »

Billy ricana alors et Steve sourit davantage, heureux de pouvoir faire passer un peu de bon temps à Billy qui devait s'ennuyer comme un rat mort ici, souvent seul dans des pensées sombres et douloureuses.

« Donc t'es vraiment allé faire les poubelles, Harrington ? » lâcha Billy en reportant un regard presque épaté vers lui. « C'est pas vraiment un endroit pour les Pretty Boy de ton genre. »

Ignorant le surnom, Steve lui offrit un sourire ironique puis haussa les épaules.

« Si tu veux me payer le service, libre à toi, » lui fit Steve. « Et puis, c'est quand même moi qui aie porté le coup fatal à ta caisse, considère ça comme un dédommagement. »

« Tu te fous de ma gueule ? »

Steve reporta un regard surpris vers lui et Max resta silencieuse, n'osant interrompre cet échange, mais l'incertitude semblait marquer ses traits.

« Quoi ? »

« Tu cherches à réparer quelle faute, exactement ? » lâcha Billy en serrant fermement le briquet dans sa main droite, ses sourcils se fronçant dangereusement. « De quelle faute est-ce que tu me causes là ? De la fois où t'es venu m'empêcher de buter ta copine ? Est-ce que tu t'entends parler, Harrington ? »

Steve et Max se lancèrent un regard hésitant. Ça faisait bien un moment que Hargrove n'avait pas monté le ton ainsi.

« T'as rien à te racheter, Harrington, » reprit durement Billy en captant à nouveau son regard dérouté. « Si tu n'avais pas fait ce que tu avais fait, ta copine serait morte, tu m'entends. Arrête de jouer au bon samaritain, JE suis le seul fautif. Ma caisse est déglinguée par ta faute, et c'est très bien, tu m'entends ? Mieux vaut ça que la mort d'une autre personne sur ma conscience. »

« Non, ce n'est pas ta faute, et tu le sais ! » s'exclama Maxine en s'agitant devant lui. « Arrête de chercher le mal, Steve est allé récupérer ton briquet dans une décharge ! Et tout ça c'est de la faute de personne, OK ? Juste celle du Mind Flayer ! »

« Ouais, ouais, bien sûr ! » lâcha Billy sarcastiquement.

« Billy ! »

Steve resta un instant silencieux, le cœur serré. Ce n'était pas la première conversation houleuse concernant ses actions durant sa possession qu'entendait Harrington. La culpabilité le rongeait toujours et cela, malgré toutes les bonnes paroles.

« Mec, Eleven est celle qui est la mieux placée pour savoir ce qui s'est réellement produit dans ta tête, » glissa donc Steve d'une voix un peu plus forte pour couper la dispute dans laquelle s'étaient lancée les deux autres occupants de la pièce. « Rappelle-toi de toute ce qu'elle a dit. Tu avais beau voir ce que te faisait faire le Mind Flayer, tu ne pouvais rien faire. Aucun de nous n'aurait pu faire quoi que ce soit non plus si on avait été dans la même situation que toi. »

Pour soutenir ces propos, Max hocha vivement la tête, mains sur les hanches en reportant un regard appuyé vers son frère qui avait refermé la bouche et qui semblait se renfrogner, mais Billy n'ajouta rien de plus.

Le silence retomba dans la petite chambre de l'hôpital, où seul le bruit du ventilateur se faisait entendre. La télévision avait été éteinte par Max quand elle avait rangé les gâteaux sur le côté du lit et la respiration lourde de Billy était inaudible.

« Merci, Harrington, pour le briquet, » lâcha soudain Billy après un moment, rouvrant sa paume de main pour scruter pensivement l'objet entre ses mains. « Sincèrement. »

Max sourit doucement et jeta un regard vers Steve qui semblait à nouveau nerveux.

« Mais bon, tu devrais arrêter de fumer pendant un temps, ça va freiner ta convalescence, » lâcha précipitamment Steve après un raclement de gorge, ignorant son cœur plus rapide. « Et imagine tu fais je ne sais quelle réaction à la nicotine couplée à un médoc ? Ça pourrait être fatal. »

« Ça m'étonnerait beaucoup, ça, Harrington. D'après les croyances populaires, je suis immortel, » ironisa Billy en portant vers lui un sourire narquois tout en se laissant retomber tranquillement contre le mur derrière lui, bras pliés derrière son crâne.

« Ouhla, tu vas te calmer tout de suite Schwarzy, c'était juste un gros coup de chance. Là ton corps est lavé de tout poison, et donc plus de superpouvoir. Bye bye le surhomme. »

« Ta préoccupation envers ma santé me touche beaucoup, Pretty Boy. »

Qui aurait cru en hiver dernier qu'en effet, la santé de Billy Hargrove importerait à ce point à Steve Harrington ? Personne. Tout bonnement personne. Tant de chose s'était produite cette année.

Steve croisa les bras contre sa poitrine et allait répliquer lorsque la porte s'ouvrit derrière lui et Billy dissimula sans attendre le briquet sous la couette et prit un air plus dégagé en voyant la jeune infirmière entrer.

« Hello, Madison, » lâcha suavement Billy en lui souriant de façon séductrice.

Max leva les yeux au ciel, et Steve lança un regard atterré vers Billy et son abus. C'était comme ça qu'il avait gagné beaucoup de privilèges ici. C'était comme ça qu'il se procurait gratuitement des cigarettes, des desserts au chocolat en plus dans ses plateaux de repas et infirmières prêtes à tout pour lui.

Billy restait finalement Billy.

« Bonjour, Mr Hargrove, » sourit la jeune femme au calepin pressé contre sa poitrine que Steve confirma être de plutôt bonne taille. « Mademoiselle Mayfield, » continua-t-elle en saluant Max. « Mr Hargrove, » ajouta-t-elle en terminant par Steve qui blêmit sur le coup.

Mais alors que les sourcils de Billy se fronçait à l'appellation, Max se jeta presque sur son frère pour passer un bras autour de ses épaules et le secouer amicalement.

« Alors qu'est-ce que mon frère a fait encore comme bêtise, hein ? » s'exclama-t-elle en voulant noyer le poisson. « Il n'est pas allé encore emmerder la 35 parce qu'il avait rien de mieux à faire quand même ? »

Non habitué aux élans d'affection de la part de la rouquine, Billy lui lança un regard totalement stupéfait mais la rouquine l'ignora et souriait toujours largement à l'infirmière qui paraissait ne pas être perturbée par le spectacle.

« Oh non, pas de soucis, » leur avertit l'infirmière en question pour ensuite lancer un doux regard vers Billy. « Je viens juste vous prévenir que vers 18h, Monsieur Franco viendra discuter de vos conditions de sortie avec vous. Je sais que vous attendez ce rendez-vous avec impatience. »

Alors que Steve avait coupé sa respiration suite à la gaffe, il retint un soupir exaspéré en voyant Billy répondre par un clin d'œil à la jeune femme « vous n'avez pas idée ». Et le pire dans tout ça, c'est que l'infirmière rougit sans pudeur et répondit elle aussi par un clin d'œil. Puis, après un signe de tête à toute la bande, elle quitta les lieux non sans un regard long et suggestif vers Billy Hargrove toujours contre sa sœur dont le bras fin était pressé contre ses épaules.

Une fois la porte refermée, Maxine relâcha brutalement le corps de son frère et son sourire disparut pour laisser place à une expression agacée.

« T'es obligé de draguer tout ce qui bouge ?! » s'exclama-t-elle en tapant ensuite son épaule d'un revers de la main.

« Cette charmante Madison se décarcasse pour me ramener à chaque fois double ration de pâtes, je dois lui être un minimum reconnaissant, voyons, » lui répondit Billy d'une voix plus trainante en étirant ensuite ses bras, se réinstallant en position assise sur le rebord du lit. « J'aimerais par contre comprendre pourquoi Harrington se fait passer pour mon père, » ajouta-t-il en pointant le concerné du bout de son index.

Steve qui avait mis jusqu'à présent, un point d'honneur à dissimuler l'autocollant portant son nom derrière la veste sans manches qu'il portait à l'instant présent, sentait presque ce papier brûler la peau de son torse, bien que ça ne soit techniquement pas possible.

« Pas exactement ton père, non, » glissa Max qui se rassit en tailleur sur le lit. « Me regarde pas comme ça. Tu crois que Steve faisait comment pour venir aussi régulièrement jusqu'ici si on ne lui avait pas donné une couverture, hein ? »

À nouveau, le regard de Billy se planta dans ceux de Steve qui sentit ses joues se mettre à brûler. Il avait su que la stupide idée de Max allait le mordre en retour et il déglutit.

« Je te présente mon beau-frère, » ajouta donc la rouquine en désignant Steve d'un geste de la main. « Il est marié à ta sœur imaginaire. »

Oui, voilà, marié à la fausse sœur de Hargrove, c'était moins embarrassant et Steve hocha hâtivement la tête en croisant les bras contre son torse. Ricanant à cette nouvelle, Billy se leva –plus adroitement que toutes les autres fois, ceci prouvant un bon rétablissement- et se planta donc devant Steve qui n'avait pas bougé d'un iota.

C'était la première fois qu'ils se faisaient tous les deux face depuis l'incident. Il n'avait jamais été aussi proche du Hargrove depuis ça, et une odeur médicale saupoudrée de nicotine chatouilla les narines de Steve. Il reconnaissait son odeur, malgré l'absence de toute eau de Cologne qu'aimait s'asperger Billy Hargrove et qu'avait pu sentir tant de fois Steve en le croisant dans les couloirs du lycée, au basket ou bien quand il se penchait légèrement sur le comptoir de Scoop Ahoy.

« Ainsi donc, tu es un Hargrove, toi aussi, » lui fit Billy, sourire moqueur sur les lèvres, sa langue venant se glisser subtilement sur ses lèvres. « Quel effet ça fait, hein, Pretty Boy ? »

« Ça… démange, » lâcha Steve quelque peu sur ses gardes. « Pas ouf en réalité. »

Puis, Billy prit le pan de la veste de Steve dans l'une de ses mains et Steve coupa son souffle. Ce genre de proximité alarmante datait maintenant, et son sang ne fit qu'un tour. Bon sang, c'était bon. Bon de le retrouver sur pieds.

Il ouvrit donc la veste de Steve et ses yeux tombèrent sur l'autocollant rouge de l'hôpital et Steve retroussa ses lèvres, anticipant la réaction hilare de Hargrove. Du lit, Maxine les observait tous les deux en silence, yeux plissés.

« Steve… Hargrove, » lit alors Billy d'une voix rauque et presque provocante. « Étrange. Mon beau-frère n'a pas gardé son nom mais a préféré prendre celui de sa dulcinée. »

« Demanda à Max, elle a orchestré toute cette histoire, » lâcha Steve, peut-être un peu bas, perdu dans les yeux bleus de l'autre homme qui avait à nouveau capté son regard.

Ils se fixèrent droit dans les yeux durant l'espace d'un petit instant. Instant que ne sut périodiquement pas calculer Steve et finalement, Billy lâcha le pan de la veste sans-manches de Harrington et tapota son torse du plat de sa main, là où se trouvait à nouveau dissimuler l'autocollant.

« Bienvenue dans la famille, Steve, » continua donc Billy d'une voix plus forte pour ensuite désigner Max derrière lui du bout de son pouce. « T'en fais pas, la renarde derrière a beau paraître dangereuse, elle ne mord pas. Ou du moins pas encore. »

Max lâcha un « ha ha, hilarant » sans quitter le lit sur lequel elle se trouvait. Puis, l'expression de Billy devint soudain plus sérieuse et alors que Steve avait légèrement ri à la provocation envers Max, son sourire s'effaça.

« Petit conseil, Princesse, » reprit donc le blond en pointant son index contre le torse de Steve, près de l'autocollant. « Ne laisse pas mon père voir ça. »

« C'est pas comme si vous étiez marié ou je sais pas quoi, » marmonna Max de sa position.

« Tu es bien naïve, Maxine, » lui répondit Billy en tournant la tête vers elle.

Neil Hargrove. Steve avait entendu Joyce râler à son propos plus d'une fois, l'ayant croisé dans l'hôpital. Apparemment, c'était un vrai « connard » comme l'avait dit Madame Byers et pourtant même avant ça, quand il était encore au lycée, les rumeurs couraient comme quoi Mr Hargrove était un ancien vétéran mais aussi, une personne très stricte et violente. Max n'aimait pas parler de lui.

« Ça fait des semaines que je cache ce stupide autocollant, t'as pas de soucis à te faire à ce niveau-là, » lui assura Steve d'une voix qu'il espéra légère. « Et puis c'est bientôt fini. Tu sors bientôt, n'est-ce pas ? »

Un éclair de gaité passa sur le visage de Hargrove qui hocha lentement la tête. Il n'avait qu'une envie, quitter au plus vite cet hôpital et commencer à se reconstruire. Cette chambre lui donnait la nausée quand il était seul, et la nuit étant intenable.

« Première chose que je fais en sortant de ce trou, c'est de m'éclater la panse à Burger King. »

« Euh… Burger King a été ravagé, » glissa Maxine, désolée. « C'est fermé, ainsi que le centre commercial… »

« Ah oui, putain… » maugréa Billy dans la réalisation en passant une main dans ses cheveux toujours si bien coiffés –Steve était prêt à parier qu'il avait réussi aussi à s'accaparer tout un tas de produits pour cheveux malgré les interdictions sanitaires et que tout était caché dans la salle de bain-.

« Y'a toujours KFC, hein Steve ? » renchérit Max soudain plus vivace. « Il kiffe ça, Steve. Il pourrait t'y emmener. »

Max jeta un regard innocent à l'égard de Steve qui lui offrit une expression purement perplexe. Mais il dissimula rapidement sa surprise puisque Billy reportait un regard suspicieux jusqu'à lui.

« Ouais… Si t'as besoin que je t'y emmène, pas de problème, » lui fit Steve. « KFC c'est la meilleure chaîne, comment refuser ? »

Billy plissa les yeux à son encontre, comme détaillant les propos de l'autre garçon. N'ayant plus de voiture pour un temps, le blond était dans l'incapacité de se déplacer partout comme il en aurait envie sauf s'il prenait le bus bondé d'été ou bien volait le vélo de Max.

« T'as pas besoin de faire ça, » lâcha Billy d'une voix rauque.

« Avant que tu ne rabâches un énième discours sur la pitié, non ce n'est pas par pitié que je fais ça. Ça me branche, j'te jure. »

Oui, et ce n'était pas un mensonge. Jamais lui et Billy n'avait fait quoi que ce soit ensemble en dehors du lycée, les quelques rencontres à la piscine ou à Scoop Ahoy n'étant pas considérées comme de réelles sorties. Et sous ses propos, Billy parut se détendre.

« Ouais, peut-être un jour du coup, » concéda Billy ses yeux détaillant un instant le corps tout entier de Steve. « Il me manque presque ton petit uniforme de Scoot Ahoy, » ricana-t-il ensuite.

« Dommage pour toi, je l'ai brûlé dès que j'en ai eu l'occasion, » grogna Steve en levant les yeux au ciel. « Plus jamais tu ne verras cette horreur. »

Bon sang, il avait failli répliquer quant à l'uniforme que Billy portait lui sur son lieu de travail. Ou plutôt « avait porté » qui était un simple short de piscine juste pour épater la galerie et faire baver les filles. Mais il s'était rattrapé au dernier moment, concédant que ce n'était pas une bonne idée de remémorer tout ça. Et surtout, le fait qu'à présent, la peau de son torse devait avoir de belles séquelles irréversibles suite à l'attaque violente du Mind Flayer contre lui.

Il laissa ses yeux dévier légèrement jusqu'au t-shirt blanc que portait Billy et qui cachait toute la peau qui avait potentiellement pu être marquée. Seules quelques fines cicatrices sur son bras droit surement dues au crash de sa voiture étaient un peu visibles. Ses bras étaient d'ailleurs toujours fermes et musclés, et cela sans même avoir eu recours à quelques séances de sport, ça le rendait presque jaloux. Il avait pourtant perdu quelques kilos, mais sa musculature paraissait ne pas avoir subi grand chose.

Se rendant soudain compte que ses yeux lorgnaient peut-être un peu trop sur les biceps de Billy Hargrove, il se racla nerveusement la gorge et jeta un coup d'œil à sa montre. Il était vraiment temps de partir, Robin allait lui taper sur les doigts s'il était à nouveau en retard.

« Bon je vais devoir y aller, Max, » intervint donc Steve vers la fillette en lui adressant un sourire jovial. « Robin va m'assassiner si je la laisse encore une fois seule avec le boss. »

« Toujours aussi inséparables que Starsky et Hutch ou les Blue Brothers, » fit remarquer sinistrement Billy en croisant les bras, et Steve eut l'impression de lire une étincelle de dégoût dans son expression faciale.

À Scoop Ahoy, rares étaient les fois où Billy et Robin avaient interagi ensemble, et de son point de vue, Steve pensa que Billy était tout ce que détestait sa très chère collègue. Et au vu de la réaction du Californien convalescent, c'était réciproque.

« Ouais, faut croire, » fut la réponse de Harrington qui ne put empêcher un petit sourire narquois de naître sur ses lèvres. « La prochaine fois que tu voudras emprunter un film, tu seras obligé de passer par nous. Depuis la fermeture du centre commercial, c'est le seul VHS club à des kilomètres à la ronde. »

Steve sentit alors son âme être analysée par les yeux immensément bleus de l'autre garçon. Il se demandait bien quelles pouvaient être les pensées de Billy Hargrove à cet instant-là, il avait toujours été difficile à lire, et le restait même à présent.

En réalité, lorsqu'il s'ennuyait à Family Video, il s'était pris à espérer voir Billy Hargrove passer le pas de l'échoppe, tout comme il l'avait fait de temps à autre à Scoop Ahoy et même s'il venait pour lui mener un réel enfer, c'était toujours plus intéressant que l'ennui mortel parfois. Mais non, tout ceci était des utopies puisque Hargrove se trouvait à des kilomètres de là dans une chambre d'hôpital, et puis Steve ne voyait pas le blond être le type de personne à venir emprunter des films, non.

Billy était plutôt du genre à sortir dès qu'il en avait l'occasion, et fuir son domicile. Il n'avait donc tout bonnement aucune fichue raison pour se rendre où Steve travaillait alors qu'avant, à Scoop, les chances étaient plutôt de son côté. Tout le monde aimait les glaces, surtout l'été.

« Moi je passerai surement, » intervint Maxine toujours assise en tailleur sur le lit, et Steve sursauta presque, n'ayant pas remarqué qu'il s'était perdu dans ses pensées et dans le regard de l'autre homme. « Lucas et moi on se fait une soirée film demain. »

« Ta mère est au courant ? » lâcha aussitôt Billy en se retournant vers sa sœur pour ensuite marcher jusqu'à la fenêtre.

Max poussa un profond soupir et marmonna un « oui, on sera chez lui pas chez nous » avant de reporter un regard exaspéré vers Steve qui prit un air navré pour elle. Dès que Billy avait appris malgré lui que sa sœur sortait avec Sinclair il y a quelques mois de cela, il avait tenu Lucas bien à l'œil n'aimant pas trop quand des garçons tournaient autour d'elle –il était un garçon lui-même et savait jusqu'à où ils pouvaient aller-.

Puis, Steve les salua et ouvrit la porte de la chambre numéro 33, mais avant qu'il ne puisse abaisser la poignée, la voix de Hargrove l'arrêta :

« Hey, Harrington. »

Il se tourna vers l'autre homme près de la fenêtre entrouverte où il s'était accoudé de façon nonchalante –s'il avait son paquet de clopes sous la main, Steve fût assuré qu'il en aurait allumé une- et Billy lui montra le briquet toujours dans sa main.

« Je te revaudrai ça, » lui fit-il alors en ouvrant le briquet d'une main experte pour le refermer aussitôt dans un clac sonore.

« Y'a pas de quoi, mec, » lui répondit Steve sous le même ton un peu las, bien qu'un sourire s'étirait légèrement sur ses lèvres.


Ce chapitre était comme une grosse introduction (j'espère pas trop étouffante) pour arriver aux choses plus sérieuses. La suite sera plus pétillante normalement !

Dans le prochain chapitre on aura la présence de Robin et Erica dans un certain Family Video à discuter histoire de cœur au grand dam de notre pur petit Steve.

Faites-moi part de vos avis, les retours font toujours super plaisir, vraiment ^u^