Les jours passèrent et se ressemblaient pour les deux cousines. Leurs journées étaient rythmées par les entrainements quotidien et tuer le temps. Il passait lentement au QG, qu'elles ne pouvaient quitter que pour se balader dans le monde moldu et encore. Comme disait Emmanuelle : Elles se faisaient chier. Cette dernière essayait tant bien que mal d'occuper sa cousine, de la sortir de ses livres, mais rien à faire. Hermione était focalisée sur la mission que lui avait donné Dumbledore et profitait de chaque instant pour déterminer le plus rapidement possible tous les évènements importants qui allaient se produire lors de cette guerre. Emmanuelle était bien différente. Elle voulait profiter de la vie. Même si elle était bien consciente de la guerre qui grondait dehors, elle voulait se sentir vivante. Elle devint très vite amie avec les maraudeurs en particulier James et Sirius qu'elle trouvait en eux les frères qu'elle n'avait jamais eus. Enfin Benjy et elle flirtaient toujours autant sans être passé encore à l'action.
Après plusieurs jours et nuits passés dans ses livres Hermione trouva enfin l'information qu'elle cherchait. Enfin ça allait avancer ! Elle se précipita dans les escaliers pour atteindre le bureau de Maugrey. Arrivée devant le fameux bureau elle entra sans frapper.
- Maugrey il faut que je vous parle…
Mais elle s'arrêta nette quand elle remarqua que l'auror n'était pas seul.
- Ah Renard ! J'en avais justement terminé avec Black.
- Non Maugrey cette discussion n'est pas fini ! s'énerva Sirius.
- Black ! Il n'y a rien à rajouter ! Vous partirez en mission vendredi un point c'est tout ! Sur ce, vous pouvez disposer !
Sirius sortit furax en manquant de bousculer Hermione. Il lui jeta un regard remplis de colère.
- Vous vouliez me voir Renard ? enchaina comme si de rien n'était Maugrey.
- Oui désolée de vous déranger. Je voulais vous parler car j'ai trouvé quand sera la prochaine attaque. Ce sera le 24 aout lors de la final de la coupe du monde de quidditch en Irlande.
- Bordel c'est dans moins d'un mois ! Merci Hermione je vais de ce pas prévenir Albus et voir avec nos informateurs s'ils ont des infos là-dessus. Avant de sortir, je voulais vous prévenir que vous partez en mission vendredi avec Black.
- Mais je…
- Pas de mais. Vous êtes prête. Et je ne vous ai pas mis avec votre cousine pour la simple raison que merde Hermione depuis que vous êtes arrivée vous ne vous êtes pas sociabilisé plus que ça avec les autres ! Autant votre cousine s'entend avec la plupart de l'ordre, vous j'ai constaté que vous restiez enfermé dans votre chambre en dehors des entrainements.
- J'ai mes raisons, commença Hermione.
- Je ne veux rien savoir. J'ai besoin de cohésion. Et ce n'est pas en restant collé à votre cousine que ça va arriver. Bon houste je vous ai assez vu ! vous aurez plus d'info ce soir !
Hermione n'eut d'autre choix que d'obtempérer et sortit du bureau de l'auror.
Emmanuelle avait décidé pour tuer le temps de faire une petite séance de bronzette dans le jardin. Elle avait forcé Hermione de venir dehors avec elle pour la sortir un peu. Elles étaient donc les deux en train de cuire au soleil en maillot de bain, Hermione comme à son habitude un livre à la main.
- Hermione lâche ce bouquin un peu et détend toi vraiment !
- Soit déjà contente que je sois venue !
- Je ne sais pas ce que tu as depuis qu'on est arrivée, tu sembles distante. Pas de moi mais du reste de l'ordre. Je m'inquiète car ce n'est pas toi.
- Je sais mais j'ai encore du mal.
- Mione dis-moi tout ! Qu'est-ce qui te tracasse ?
Hermione respira un bon coup. Elle avait préféré garder tout ça pour elle car c'était plus simple. Plus simple que de dire qu'elle ne dormait plus, que ses pensées étaient parasitées par la vision des corps morts des gens qu'elle aimait. C'est pour cela qu'elle buchait autant sur la guerre. Elle voulait leur donner une chance de vivre une belle vie. Elle aimerait être aussi insouciante que sa cousine, ne pas avoir ces fantômes qui la hante. Mais de les voir ici, Sirius, Remus, James et Lily, de parler avec eux alors que Harry qui en avait rêvé ne peut pas, cela lui fend le cœur et trouve cela injuste et cruel. Mais c'était à elle que Dumbledore avait confié cette mission.
*Flashback 2 ans en arrière*
- Professeur vous avez demandé à me voir ? demanda Hermione sur le pas de la porte du bureau du directeur
- Oui Miss Granger, asseyez-vous. Vous voulez une patacitrouille ?
- Non merci professeur, refusa gentiment Hermione.
- Si je vous ai fait venir miss Granger, ce n'est pas sans raison. J'aimerais tout d'abord que vous ne parlez de ce que je vais vous dire à mister et miss Weasley. Quant à Harry il a bien entendu été mis dans la confidence. Comme vous le savez, nous vivons des temps sombres miss Granger, incertains. Il faut donc envisager toutes les possibilités. Vous vous rappelez, lors de votre 3e année ? Je vous ai parlé de ce qui arrivait à ceux qui jouaient trop avec le temps. Je vais me contredire je le sais, mais il faut, comme je vous l'ai dit, tout envisager même le pire. La tâche que je vais vous confier, j'ai mis du temps à me décider, car elle implique une décision difficile à prendre de votre part. Miss Granger si jamais le jour de la victoire de Voldemort devait arriver et qu'il ne reste plus aucun espoir, vous devrez, grâce à l'objet que je vais vous confier, faire un saut de 20 ans dans le passé. Pour être exacte le 20 juillet 1978.
Hermione, qui jusque là avait écouté attentivement chaque mot de son directeur et se rendant compte de l'importance de la mission qui lui était confiée, demanda intriguée :
- Mais professeur pourquoi cette date en particulier ?
- C'est à partir de là que tout à commencer.
*Fin du flashback*
Hermione se souvenait de chaque détail de cette discussion. De l'importance de chaque mot. Elle se rappela soudainement qu'elle n'était pas seule quand sa cousine interrompit ses pensées d'une voix douce :
- Mione, tu sais que tu peux tout me dire. Je n'aime pas te voir comme ça effacée.
- Je le sais Manu. Mais parfois il y a des choses qui sont difficile à partager sans inquiéter les gens qu'on aime. Mais ça va aller. De toute façon Maugrey m'a remonté les brettelles sur mon manque de sociabilité. Donc ne t'inquiète pas je vais faire des efforts ça va juste prendre du temps.
Emmanuelle regarda sa cousine attentivement. Elle voyait bien à ses cernes sous les yeux qu'elle ne dormait pas. Elle se doutait bien que la bataille de Poudlard la hantait mais elle aurait voulu que sa cousine se confie sur ce qu'elle ressentait plutôt que d'essayer de deviner ce qui n'allait pas.
- Bon si tu le dit. Mais au moins je t'en supplie quitte moi ce bouquin d'intello pour l'un de mes magazines ! Ce n'est pas de la détente si on doit réfléchir !
- Mais c'est de la détente pour moi, s'indigna Hermione. C'est le premier livre que je lis depuis qu'on est arrivé ici qui n'as rien à voir avec l'ordre !
- Alors que lis-tu ? demanda sur un ton moqueur Emmanuelle.
- De la poésie.
- Tu plaisantes ? C'est d'un ennui Hermione !
- Oh laisse moi à ma lecture et va plutôt perturber ce pauvre Benjy qui te dévore des yeux de l'autre côté du jardin.
Emmanuelle tourna la tête et vit Benjy accompagné des frères Prewett. Quand il croisa la regard de la jeune femme, il s'excusa auprès des deux frères et se dirigea vers Emmanuelle et sa cousine.
- Coucou les filles alors on fait bronzette ?
- Comme tu peux le voir, répondit Hermione.
- Je voulais savoir, vous n'avez rien de prévu après la réunion ? Car on comptait faire une petite fête pour fêter votre arrivée dans l'ordre et par la même occasion apprendre à se connaitre, termina t'il en lançant un regard à Emmanuelle. On voulait le faire depuis plusieurs jours mais Hermione semblait toujours occupée.
- Non on n'a rien de prévu. Hein Hermione ?
Emmanuelle supplia du regard sa cousine. Hermione soupira après tout ça ne lui ferait pas de mal et elle pourra prouver à Maugrey qu'elle n'est pas si asociale que ça.
- Non pour une fois nous n'avons rien de prévu.
- Parfait je me réjouis d'avance ! s'exclama le jeune homme.
Hermione sentit qu'elle allait le regretter. Elle soupira. Bon maintenant c'était trop tard pour changer d'avis.
