Salut !
Oui, je sais, ça fait longtemps, pardon ! Faut que j'arrête ce truc de garder un dernier chapitre sous le coude pour le poster plus tard car à chaque fois j'oublie ! Mais au moins ça m'a forcé à relancer ma traductrice et la suite devrait arriver doucettement.
On arrivera au bout de cette trad un jour, on y croit !
Bonne lecture.
Chapitre 20 : Panique
ooOO–OOoo
Trad par A-Key, relecture par Eclipse
Fic originale de Tobina
Ran se tenait avec Akamoto devant une porte close. Une femme brune venait de sortir pour leur dire qu'ils allaient devoir attendre un moment. Akamoto s'était mis à pester que ça ne serait pas de sa faute s'ils perdaient des données à cause de cette interruption.
Ran se contentait d'écouter d'une oreille. Elle était trop occupée à maudire sa malchance qui l'avait séparée du Kid et qui l'avait laissée là avec le scientifique, qui se comportait comme un fou furieux à présent.
« Allez, Kid ! C'est le moment rêvé pour l'un de tes tours de magie. Je ne comprends absolument rien à tous ces documents scientifiques. »
Elle jeta un œil à la femme brune et Akamoto qui, une fois calmé, s'était remis à fixer la porte comme si son regard noir pouvait la pousser à s'ouvrir plus vite. À la place, une porte proche de Ran s'ouvrit et un homme leur fit signe qu'ils pouvaient entrer. Akamoto adressa un geste impatient à Ran avant de quasiment la pousser dans la pièce – où elle se figea.
Un adolescent était attaché au lit – couvert de sueur, la respiration lourde.
Mon Dieu – combien avait-elle souhaité le revoir sous sa vraie apparence, et voilà qu'il se trouvait là, juste devant elle. Mais le voir ainsi lui déchira le cœur et des larmes vinrent lui piquer les yeux. Elle était sur le point d'étouffer un sanglot avec sa main lorsque les ordres d'Akamoto la ramenèrent à la réalité.
–Jashura-san, vérifiez les signes vitaux. Sakai-san, occupez-vous du capteur cérébral.
« Si je me trahis maintenant, ils nous tueront tous les deux. Shinichi a déjà l'air d'avoir atteint ses limites. Mais il est vivant ! Vivant ! Il nous reste encore une chance. »
Ran déglutit avec difficulté et s'approcha du lit. Elle fit de son mieux pour remettre de l'ordre dans ses pensées et tenta de se rappeler ce qu'elle savait sur les signes vitaux. Tout ce dont elle se souvenait lui venait des cours de premiers secours auxquels elle était régulièrement soumise avec son équipe de karaté.
D'une main hésitante, elle s'empara de son poignet et fit glisser la menotte pour prendre son pouls, lequel s'emballait sous sa peau brûlante, contre ses doigts froids et tremblants. Elle avait envie d'essuyer la sueur qui coulait sur son visage – histoire de faire quelque chose, n'importe quoi qui puisse le soulager.
– Jashura-san ! Qu'est-ce que vous fabriquez ? Prenez-moi ce bloc-note et notez ce que dit le moniteur. C'est pourtant pas si compliqué !
De nouveau la voix d'Akamoto l'empêcha de commettre une erreur des plus stupides. Elle attrapa la planche et, pour toute réponse, bredouilla un « Uhm». Quand bien même aurait-elle pu imiter les voix aussi bien que le Kid, la boule qui lui serrait la gorge l'aurait empêchée de prononcer le moindre mot.
Son regard nerveux passa du moniteur au document vierge sur la planche sans savoir ce qu'elle devait y écrire. Elle se mordit la lèvre en jetant un regard plein de détresse à Shinichi, comme si ce dernier pouvait lui donner une réponse.
Au lieu de ses paupières crispées, elle rencontra deux yeux interrogateurs. Elle plongea dedans – se noyant dans l'azur de son regard.
Puis elle réalisa qu'il la reconnaissait, et vit son expression passer de la douleur à la panique avant qu'il ne pousse un hurlement à lui glacer le sang. Elle voulut fermer les yeux et se boucher les oreilles pour cacher la scène qui se déroulait devant elle, mais plus que tout, elle voulait le prendre dans ses bras, lui prêter de sa force et le rassurer jusqu'à ce que la douleur se dissipe.
Mais elle ne put rien faire de tout ça. Impuissante, elle ne put que le regarder se débattre avant de finalement perdre connaissance. Un regard sur son corps parcouru de tremblements suffisait pour voir qu'il continuait de souffrir, même inconscient.
« Mon Dieu, que lui ont-ils fait ? Qu'est-ce que je peux faire et où se trouve ce fichu voleur lorsqu'on a besoin de lui ? »
Soudain le moniteur cardiaque se mit à émettre une série de « bips » à un rythme rapide, la faisant sursauter.
–Il fait un arrêt cardiaque. Jashura-san – défibrillation ! ordonna Akamoto.
Ran ne put bouger ou même dire le moindre mot. Elle se sentait toute engourdie à la vue de son ami en train de tressaillir ainsi qu'aux sons pressants de la machine. On la poussa violemment sur le côté et Akamoto se rua près du lit, les palettes de défibrillation dans les mains.
–Sakai-san ! Charge ! Reculez !
L'impulsion électrique parcourut violemment le corps de Shinichi dès que les palettes eurent touché sa peau, laissant de vilaines marques rouges sur sa poitrine. Quelques secondes plus tard, Akamoto répéta l'opération.
Ran était en état de choc. Son cerveau refusait d'admettre que le garçon qui se tortillait sur le lit, qui pouvait être déclaré mort d'une seconde à l'autre, était bel et bien son Shinichi.
« Non... Non non non NON ! C'est pas possible ! Pas lui ! Il va s'en sortir ! » se répétait-elle comme un mantra jusqu'à ce que, après un troisième choc, Sakai annonce :
–Rythme cardiaque de retour à la normale rythme sinusal.
Akamoto poussa un long soupir.
–Aaah – ç'aurait été dommage de le perdre avant son changement. Sa respiration est un peu lourde. Donnez-lui un masque respiratoire.
Il se tourna vers Ran et s'écria :
–Et vous, vous avez vu quoi aujourd'hui ? Vous avez perdu tous vos neurones pendant la pause déjeuner ?
Ran colla la planche contre sa poitrine comme s'il se fut agit d'un bouclier tandis qu'il continuait de se plaindre. « Il va le voir. Il va voir que je ne suis pas la vraie Jashura, et alors je serai fichue. »
La porte s'ouvrit avec fracas, ce qui détourna l'attention d'Akamoto.
« Enfin », pensa-t-elle, soulagée. « Il était temps, Kid. »
Elle se tourna vers la porte et se raidit aussitôt. Elle s'était attendue à y trouver Kid déguisé ou même dans son costume blanc, et non pas un homme aux longs cheveux d'argent, vêtu d'un manteau noir. Son regard perçant planait au-dessus son bras tendu, lequel tenait un pistolet. Avec une voix calme et dénuée d'émotion qui lui fit froid dans le dos, il déclara :
–Donnez-le moi.
Akimoto fixa le pistolet sans mot dire avant de retrouver son humeur habituelle.
–Hors de question ! Le boss nous a demandé ces tests et même pas toi, Gin, as le droit d'interférer ! Disparais et laisse-nous faire notre travail !
–Tu cherches à mourir prématurément ? gronda Gin. Tu n'es pas encore sur ma liste, mais lui, oui. De toute façon, tu n'auras plus le temps pour ton précieux travail puisque la police est sur le point de prendre le bâtiment. Donc si tu ne veux pas que ton nom se retrouve sur ma liste, donne-le moi. Tout de suite !
–La police ? Mais comment... pourquoi ? bredouilla Akamoto.
–Grâce à lui (Gin désigna le lit) et à cet inutile de Bourbon, ils nous ont trouvés. Mais je ne me laisserai pas abattre si facilement. Pas tant que je n'aurai pas eu ma vengeance, et il m'y conduira. Il me conduira à elle.
Akamoto se recula précipitamment. N'importe qui pourvu de bon sens ne resterait pas entre Gin et sa cible. Par conséquent, ce fut d'un air sidéré qu'il vit Jashura s'avancer entre l'adolescent sur le lit et le tueur en noir.
Gin se figea.
–Qu'est-ce que...
–Ne le touchez pas !
Ran se planta là – ses deux bras tendus de manière protectrice.
Gin la considéra, bouche bée. Il n'était pas habitué à ce qu'on n'obéisse pas à ses ordres, mais il se remit vite de sa surprise et retrouva son sourire narquois.
–Vous semblez tous tenir à ce que je vous tire dessus aujourd'hui. Enfin, si ça vous chante.
Il leva l'arme vers la tête de Ran, son doigt enroulé autour de la détente. Ran focalisa son attention sur un bidon. « Avec un coup de pied, en visant bien, peut-être... »
Pouf ! – Un nuage de fumée emplit la pièce, faisant tousser tous ceux présents sauf le voleur – à présent vêtu de son costume caractéristique – qui bondit sur Ran et l'entraîna au sol, évitant de peu la balle de Gin qui alla se loger dans le mur derrière eux.
A la vitesse de l'éclair, Kid détacha le détective qui était lentement en train de revenir à lui mais dont le corps était encore trop endolori pour se lever seul. Sans son masque respiratoire, Shinichi se mit à tousser comme tout le monde dans la pièce.
–Vite ! siffla Kid à Ran. Aide-le à sortir d'ici. Je vais te montrer le chemin et distraire notre ami à la gâchette facile.
Ran sentit bientôt le poids de Shinichi glisser sur elle, le cala aussi bien que possible sur ses épaules et se mit à suivre le Kid. Soudain, des craquements semblables au bruit que feraient des pétards se firent entendre partout dans la pièce, recouvrant celui de leurs pas ainsi que leurs toussotements. Elle entendit Gin cracher un juron tandis qu'il tirait à l'aveuglette dans la fumée. Ils venaient tout juste de franchir la porte et avaient faits quelques pas dans le couloir lorsque la pièce derrière eux explosa dans un vacarme tonitruant, se transformant en une boule de feu. Ils furent projetés sur le sol et sentirent la chaleur lécher leur dos.
–C'était quoi, ça ? cria Ran, entendant à peine sa propre voix à travers le bourdonnement dans ses oreilles.
–Je pense qu'une balle a dû toucher l'un des tanks à oxygène à côté du lit, répondit le Kid à bout de souffle tandis qu'il tentait de remettre Ran et Shinichi debout.
Il jeta un regard nerveux aux laboratoires qui les entouraient.
–Bon, allez ! Il faut qu'on trouve un moyen de sortir d'ici, avant que tout ne prenne feu.
ooOO-OOoo
Heiji détestait être laissé de côté. Tout ce qu'il pouvait faire, c'était écouter la radio de police qu'ils avaient installé dans la voiture de Jodie pour se tenir informé du déroulement de l'opération. Dans quelques minutes, ils allaient entamer l'assaut du bâtiment. Il jeta un œil par la fenêtre pour observer l'entrée. Une voiture arriva et s'arrêta devant les portes battantes. Heiji prit une grande inspiration. Il s'agissait d'une Porsche 356 A noire, et Kudô lui avait dressé un portrait fort détaillé de l'homme qui en sortait.
« Merde ! C'est Gin ! Le p'tit avec lui doit être Vodka du coup. J'dois informer Megure et les autres ! »
Il s'empara de son téléphone et composa le numéro de l'inspecteur. Il n'entendit rien lorsqu'il le porta à son oreille. Il regarda l'écran.
« C'pas vrai ! La batterie est vide ! Et cette radio permet de recevoir, mais pas d'émettre. Va falloir que j'y aille moi-même ! »
Heiji savait très bien que Megure avait écouté les explications de Haibara tout comme lui, mais il était prêt à utiliser n'importe quel motif pour être de la partie. Une fois qu'il aurait rejoint l'unité d'intervention, il doutait que Megure le renvoie à la voiture. Il ouvrit la portière et dévala la rue. Pour des raisons de sécurité, Jodie avait garé la voiture aussi loin que possible du bâtiment tout en laissant l'entrée visible.
Quelques policiers observaient les zones cachées du bâtiment pour indiquer le moindre élément suspect à l'inspecteur, qui attendait avec le reste de l'unité dans la rue d'à côté. Aux fenêtres et sur les toits qui faisaient face à l'entreprise pharmaceutique, des snipers avaient pris leurs positions.
Alors qu'il parvenait à la hauteur d'un des policiers, le rugissement d'une explosion se fit entendre à l'extérieur du bâtiment. Heiji pila, fit volte-face et laissa l'officier parler avec Megure. Un instant plus tard il fut face aux portes battantes qu'il traversa sans s'arrêter. Le hall d'entrée était en proie au chaos. L'alarme incendie beuglait et les employés cavalaient depuis les étages supérieurs, se précipitant dans la rue. « J'crois que les hommes de Megure vont avoir du taf.»
Il se mit à la recherche des escaliers, fendant la foule. Les ascenseurs étaient hors service à cause de l'alarme incendie.
« Dixième étage et plus. Heureusement que j'suis dans une forme olympique après mes heures sup' d'entraînement pour les tournois qui arrivent. »
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L'incendie s'étendait à toute allure. Tous les produits chimiques lui donnaient assez pour en faire un brasier infernal.
Kid, qui portait à présent le détective affaibli, s'élançait à travers le couloir, Ran sur ses talons. Le seul avantage de l'incendie était la panique qu'il causait. Personne ne leur prêtait la moindre attention on ne regardait même pas le voleur vêtu de blanc, qui aurait autrement fait sensation. Le bas des escaliers était bondé. Au dixième étage ils furent contraints de faire une pause, Shinichi ayant glissé. La main de Kid raffermit sa prise sur son bras pour le stabiliser, mais les genoux du détective lâchèrent et il s'écroula sur le sol avec un grognement. Kid le tira sur le côté, de façon à ne pas gêner le passage aux évacués.
–Shinichi !
Ran s'agenouilla, la planchette qu'elle tenait toujours contre elle lui glissant des mains.
–Lève toi ! Je t'en prie ! On doit sortir d'ici ! sanglota-t-elle en lui prenant la main.
Elle pâlit sa peau était encore plus chaude qu'auparavant. Son autre main se colla à son front. Il était brûlant de fièvre et il était évident qu'il était en proie à une douleur intense. Il frémit il serrait sa main si fort qu'il menaçait de lui briser les os, mais elle ne lâcha pas prise.
–Ran... haleta-t-il. Ne t'inquiète pas... dans... quelques instants... tu pourras... me porter. AAargh ! cria-t-il lorsque les ondes de douleur se réinstallèrent.
–Dieu merci – j'vous ai retrouvés ! Est-ce que tout va bien ? cria une voix teintée d'un accent d'Osaka.
Heiji s'arrêta derrière le voleur et reprit son souffle.
–C'est la folie ici ! J'pense que la plupart des gens sont dehors maintenant et qu'on devrait suivre leur exemple tout de suite ou bien..
Il chancela lorsqu'il vit dans quel état se trouvait son ami.
–Merde ! Kudô ! T'es en train de changer ?
La seule réponse qu'il obtint fut un cri d'agonie.
Posté le 27.06.2021 (minuit pile =o)
