Chapitre 4
Quel est le moyen le plus efficace pour se débarrasser d'un témoin gênant dans la communauté magique ? C'est dans ces moments-là que je regrette que les sorciers ne connaissent pas l'existence de Google.
Shacklebolt sait à présent quel genre de personne je suis réellement. Pire que ça, il a même une preuve ! Encore une fois, je me tape la tête contre le mur pour avoir été aussi imprudente. Et l'oreillette anti-pervers alors, elle sert à quoi ? Foutu gadget.
J'ai tout essayé pour me débarrasser du moyen de chantage que Shacklebolt a contre moi. Je suis même tombée malencontreusement sur lui, comme la pauvre fille maladroite que je suis, en allant en cours de Métamorphose dans le vain espoir de réussir à lui subtiliser sa baguette. Il a tout de suite compris la supercherie et m'a simplement renvoyé un sourire narquois en serrant sa baguette plus fort contre lui.
J'assène un autre coup de poing empli de rage sur le mannequin en cuir en face de moi.
— Yipeeeeeeeee ! fait le mannequin en tournant sur lui-même avant de se stabiliser à nouveau face à moi.
Un jour, il faudra vraiment que j'aie une conversation avec les sorciers sur les objets enchantés pour parler. Non, ce n'est pas charmant. Dois-je donc vivre ma vie dans la peur constante de tomber sur des toilettes qui chantent Never Gonna Give You Up ?
Je m'arrête après quelques coups supplémentaires, le souffle court. Je suis loin d'exceller en boxe, mais je connais assez pour me défouler. Heureusement que la Salle-sur-Demande fournit tout ce dont j'ai besoin pour m'entraîner.
Je ne peux m'en passer depuis que je l'ai découverte en 4ème année, après avoir suivi James pendant deux semaines dans le but de la trouver. James était encore moins discret à l'époque et aimait bien se vanter de ses connaissances incomparables des recoins du château, alors maintenant tout le monde à Poudlard est au courant de l'existence de la Salle-sur-Demande, bien que la plupart ignore comment y accéder.
A présent, je l'utilise trois à quatre fois par semaine pour apprendre quelques techniques d'auto-défense et, quand je me sens vraiment fébrile, des sorts plus ou moins dangereux…
A chacune de mes visites dans la Salle-sur-Demande, je visualise la même pièce, avec pour seul changement les petites choses qui me manquent pour mes entraînements. La pièce a toujours contenu des matelas comme ceux que l'on trouve en cours de gym dans les écoles moldues, deux mannequins mobiles, des livres de sorts et contre-sorts et une vingtaine de coussins de tailles différentes.
Au fil du temps, des choses diverses et variées s'y sont ajoutées en fonction de mes besoins et de mes envies. La bibliothèque s'est considérablement agrandie, contenant maintenant des livres sur les malédictions et deux livres de magie noire que je n'ouvre que rarement, mais aussi des livres d'histoire sorcière, de langues, un bestiaire impressionnant, et une collection étonnante de livres d'arts martiaux, rédigés par des moldus comme des sorciers.
D'autres objets hétéroclites se sont faits une place dans mon antre, comme cette épée datant de l'époque où je croyais avoir un don pour l'escrime (avant de manquer de m'empaler dessus), un large sofa pas trop poussiéreux accompagné de son plaid assorti, des tapis rugueux, une table basse pour travailler, une cheminée enchantée par mes soins, et plusieurs petites lampes aux usages aussi intéressants qu'inutiles. Comme celle qui s'illumine d'un or royal si on lui chante de l'opéra, mais tourne rouge au son du hard rock.
Intéressant. Mais inutile.
J'enlève mes vêtements collés par la sueur avant de me diriger vers la douche cachée dans un coin par un rideau. C'est une commodité qui m'est très vite apparue nécessaire après m'être entraînée quelques fois en 4ème année. Je ne pouvais rentrer dans mon dortoir pleine de transpiration sans attirer les regards, et j'avais très vite eu assez des questions de mes camarades de chambrée.
La douche me fait un bien fou, mais je ne m'attarde pas car le couvre-feu est passé depuis longtemps et je n'ai pas envie de tomber sur un préfet faisant sa ronde.
Ce n'est qu'une fois bien avancée sur le chemin du retour que je l'entends à nouveau. L'alarme. Elle résonne avec insistance dans mon oreille, mais j'ai beau me tourner et me retourner, je ne vois que des papillons de nuits et quelques araignées aux longues pattes.
— AaaaaaAAAAAAAHHHHHH ! je hurle en sentant quelque chose me toucher l'épaule.
Je n'attends pas une seule seconde et saisi le bras de l'intrus avant de le projeter par-dessus mon épaule. L'intrus s'écrase au sol avec un lourd « OUMF ». Je cligne des yeux, confuse, quand je vois que le bras que je tiens n'est relié… à rien.
Une seconde s'écoule dans mon cerveau fatigué avant que je ne fasse le lien.
— James ?!
Un gémissement de douleur me répond. J'y crois pas. Cet abruti me suivait et m'a fichu la peur de ma vie.
— Qu'est-ce que tu fais dans les couloirs à cette heure-ci ?
— Je pourrais te poser la même question, grogne-t-il en saisissant ma main pour se hisser debout. Tu n'as même pas lancé de sort de Désillusion.
— J'avais juste faim, on ne va pas me punir pour ça. Ils n'ont qu'à installer des distributeurs dans les salles communes.
James fronce les sourcils.
— Les cuisines sont de l'autre côté.
Oups. Quelle erreur de débutante.
— Je me suis perdue. Tu n'as pas répondu à ma question.
James ne semble pas convaincu et il me fixe du regard pendant quelques secondes, mais il finit par laisser couler.
— Je cherchais des passages secrets.
Je sens qu'il n'est pas complètement honnête. Pendant une seconde, un instant, nous sommes bloqués dans ce jeu des secrets, à se regarder en chiens de faïence comme si l'autre allait soudainement tout déballer. Je ne laisse pas l'instant s'éterniser.
— Je me disais… Je sais que tu veux qu'on fasse une pause, mais… tu me laisserais passer la nuit avec toi ? Juste toi et moi, dans ton lit, à discuter jusqu'à ce qu'on s'endorme ? je termine en lui caressant les mains.
Je vois James sourire à travers mes cils. Bon, ça doit dire qu'il ne m'en veut pas tant que ça, non ?
— Puisque tu insistes.
Il me prend la main et m'emmène jusqu'à son dortoir, où nous nous blottissons dans son lit, les yeux dans les yeux. Ou du moins, j'espère que ce sont ses yeux que je fixe et non pas son menton ou un autre truc dans le genre, parce que je ne vois absolument rien dans cette obscurité.
— Bien installée ?
Je me blottis un peu plus contre lui en guise de réponse et il laisse échapper un léger rire. Il commence à me raconter ses journées depuis les deux semaines que nous avons passé séparés et je lui raconte les miennes en retour. Je continue à parler jusqu'à ce que je sente les battements de son coeur s'égaliser, son souffle se faire plus profond.
Quand il est complètement endormi, je souris doucement. Il est temps de mettre mon plan en action.
Moi ? Ne pas publier pendant plus d'un an ? Noooon, jamais de la vie... hé hé. Pardon.
Je ne pourrai jamais exprimer assez ma gratitude envers Feufollet pour sa magnifique review. Elle m'a donné du courage et de la motivation quand je ne croyais plus du tout en ce que j'écrivais et en ce que je pouvais faire de bien. J'ai traversé une période très sombre, comme probablement beaucoup d'entre vous, et recevoir sa review à ce moment-là m'a mis les larmes aux yeux.
Cette année n'a été facile pour personne et certains, tout comme moi, on toujours du mal à surmonter les aléas de la vie. On nous met des obstacles et on nous demande de les surmonter, encore et encore, mais au bout d'un moment on est trop fatigués, on n'en peut plus. Dans ces moments-là, il est important de se rappeler qu'on peut toujours demander de l'aide.
J'espère que chacun d'entre vous sait qu'il y a toujours des gens là pour vous aider.
Je suppose que c'est ma façon à moi de vous dire que je serai toujours là. Je sais que cette fic n'est pas beaucoup lue, et que je n'atteins pas beaucoup de personnes, mais pour ceux qui sont là, sachez que quoiqu'il arrive je n'abandonnerai pas cette fic. Je peux ne pas publier pendant un an ou plus, je reviendrai toujours avec un autre chapitre qui, je l'espère, vous apportera du réconfort et saura vous divertir.
A bientôt (dans un an lol)
SumiShann
