Petit résumé de mon absence: j'ai trouvé du travail, je vis avec mon copain et surtout, je suis devenue maman en octobre 2019!

C'est un UA et des persos sont dans leur forme Nyotalia. Si vous êtes encore là après tout ce temps, merci, et si vous êtes nouveaux, merci aussi !


Je m'appelle Alice. Alice Kirkland. Je viens d'avoir vingt ans, je suis sans famille et j'ai enfin trouvé un travail. J'ai économisé au mieux afin de me payer un uniforme décent et de quoi payer le coché pour me rendre dans la ville voisine. Être domestique n'est pas le rêve de ma vie mais à vrai dire, je n'en ai jamais vraiment eut, à part celui de vivre. Vivre un peu plus longtemps et peut-être découvrir de nouvelles choses. Ou une personne. Enfin, si quelqu'un peut aimer une jeune fille pauvre et sans réel intérêt. Je suppose que je finirais mariée à un autre domestique ou quelque chose du genre... Mais aujourd'hui, c'est un jour nouveau!

Le soleil commence à baisser, d'après ce que je vois depuis la calèche. Il fait froid et je resserre ma cape doublée, tout en frottant mes doigts couverts des gants de cuir doux. J'ai reçu l'uniforme complet avant de partir, ce sont mes vêtements les plus chers. Je devrais essayer de dormir... La forêt un peu plus loin a une allure étrange, elle dénote dans le paysage mais je n'arrive pas vraiment à savoir pourquoi. Malgré le froid, le balancement de la calèche m'endort peu à peu et je sombre dans un sommeil lourd. Je suis pourtant brutalement réveillée par des secousses terribles, quelque chose semble tirer la calèche, le coché crie et les chevaux hennissent de peur. Je m'agrippe d'une main au bord de la fenêtre et de l'autre à la banquette moelleuse.

- Monsieur! Monsieur qu'est-ce qu'il se passe?!

Il ne me répond pas, occupé à crier à l'aide. Je suis terrifiée mais je n'arrive pas à voir ce qu'il passe, il fait bien trop noir. Je m'accroche comme je peux alors que nous sommes ballottés en tout sens jusqu'à ce que j'entende le bois de l'attelage craquer, les chevaux gémirent et le silence soudain du coché. Je sens l'étreinte glaciale de la peur s'enrouler autour de moi avant que ma tête ne frappe violemment l'encadrement de la porte.

Je me suis réveillée péniblement, la tête lourde. Le reste de mon corps me semble comme... flou? Je me sens réellement bizarre. Lorsque ma vue se stabilise enfin, je m'aperçois qu'une femme est à mes cotés et elle me fixe sans ciller. Perturbée, j'ai besoin d'un instant avant de me rendre compte que je devrais parler.

- Je... Euh... une quinte de toux me prend.

La femme bouge alors afin de me tendre un verre d'eau. Je le prends et bois une gorgée, me sentant mieux. Ou du moins, plus en phase avec moi-même et le monde autour.

- Où suis-je? Que s'est-il passé?

- La calèche, elle a été attaquée. Je suis désolée mais le coché et les chevaux n'ont pas survécu.

- Oh, je vois... J'ai eut de la chance alors...

Le silence retombe à nouveau. Je me relève un peu, préférant être assise plutôt qu'allongée pour me sentir moins oppressée. Un effort vain, cependant. Le décor est luxueux, le lit moelleux à souhaits, la lumière tamisée. Pourtant ce qui est le plus beau ici c'est la femme à mes cotés. Elle est d'une splendeur... particulière. Spéciale. Elle a une peau de porcelaine, signe de beauté et de richesse à notre époque, mais surtout, de beaux et magnifiques cheveux blancs, une nuance pure comme de la neige fraîche. Et ses yeux... Un regard aussi profond qu'un rubis poli, un rouge sublime. Elle est... extraordinaire, au sens littéral du mot.

- Il est impoli de dévisager les gens.

Sa voix, assez basse pour une femme, me fait sursauter et cela provoque une pique douloureuse dans mes côtes que j'ignore, me sentant idiote et en effet, mal polie.

- Pardonnez-moi, j'ignore même votre identité et je ne me suis pas présentée. Ni même remerciée de m'avoir sauver. Alors merci beaucoup. Et je m'appelle Alice Kirkland.

- De rien. Je suis Maria Beilschmidt. Reposez-vous encore un peu, je reviendrais plus tard maintenant que je sais que vous êtes hors de danger.

Je me contente de hocher la tête. Elle se lève et je jette un œil à la longue robe noire qui l'habille. Simple, élégante, elle la porte comme un gant. Fatiguée je me recouche, tirant les couvertures sur moi et à force de fixer le décor, mes yeux se ferment à nouveau.

A mes parents qui êtes aux Cieux, ce n'est pas encore ce jour que je vous reverrais.

Je me suis remise de mes blessures, assez pour me tenir debout par moi-même et marcher tranquillement. Le manoir est immense et magnifique, le jardin a l'air tout aussi splendide, j'ai hâte de le voir. Même si c'est pour quitter les lieux. Où est-ce que j'irais d'ailleurs? Je n'ai plus d'argent pour payer un autre attelage et je pense avoir comprit que nous sommes loin de la ville. Les chaussures délicates de mon uniforme ne sont pas faites pour marcher sur de si longues distances... Je soupire et passe machinalement la main dans mes longs cheveux blonds, ils sont doux grâce aux soins disponibles ici. Je n'ai pas l'habitude d'être autant choyée.

- Alice?

Je me retourne en entendant cette petite voix et je souris en voyant Ludwig, un garçon d'une dizaine d'années. Il est le petit frère de la Lady du manoir. Il est aussi blond que moi et ses yeux sont bleus comme le ciel. J'ai supputé que sa sœur aînée doit être atteinte d'une quelconque rare maladie lui conférant cette apparence féerique.

- Bonjour Ludwig, que fais-tu?

- J'ai fini mes leçons et ce n'est pas l'heure de manger. Alors je suis venu voir si tu allais bien.

- Je me porte à merveille, merci de t'en soucier.

- Tu pourrais rester, on n'a plus de domestiques ici.

- C'est vrai, je pourrais demander à ta sœur... Mais je ne voudrais pas déranger.

Travailler ici... Cette idée est plaisante. Il y a de quoi faire du ménage, du linge, de la nourriture... Bien que je sois toujours seule dans la salle à manger jusqu'à présent. Ludwig et sa sœur ne mangent pas avec moi, je suppose que c'est une raison d'étiquette ou alors pour préserver la santé, que je présume, fragile de Maria.

- Tu sais où est ta sœur Ludwig?

- Dans sa chambre, comme toujours. Puisque tu vas la voir, je vais aller lire à la bibliothèque.

- D'accord, je te remercie. A plus tard.

Il me sourit gentiment puis s'en va à ses occupations. Prenant mon courage à deux mains, j'avance à travers les couloirs qui me deviennent familiers jusqu'à trouver la porte de Maria. Je la reconnais facilement car il y a un immense tableau près de celle-ci. Une fois de plus je m'y attarde. L'homme est austère, les traits marqués mais pas vieux ni même réellement ridé. Juste l'apparence d'un homme mûr, ayant vu la vie. Il ressemble beaucoup à Ludwig et je me demande si il fait parti de la famille, son père peut-être? Je chasse cette pensée un peu inutile et me redresse. Je me souviens parfaitement de mes cours de maintien, je suis droite, les épaules dégagées, la poitrine bombée et la tête haute. Je toque doucement à la porte et quand la voix de l'autre coté me dit d'entrer, je le fais en discrétion. La pièce est relativement sombre mais la chevelure lunaire de la dame me permet de la repérer vite. J'avance à pas légers, comme on me l'a apprit.

- Maria, je voudrais vous demander quelque chose d'important.

- Tu veux rester. Fais le si tu veux mais sache que travailler ici pourrait être compliqué.

- Parce que le manoir est grand?

- Il est grand et nous ne sommes pas les seuls habitants, Ludwig et moi.

Je suis surprise, je n'ai jamais vu personne d'autre ici. Ou alors ils sont venus pendant que j'étais occupée ou endormie. Mais j'ai noté qu'elle n'a pas refusé que je reste ici.

- Je serais ravie de rencontrer les autres alors.

Elle me jette un regard énigmatique. Il émane d'elle une beauté mélancolique que je ne saurais expliquer.

- D'accord, puisque tu le veux. Tu as déjà un uniforme et l'éducation qu'il faut pour ce travail. Je te paierais en accord avec tes compétences.

Maria se lève subitement, comme si un bruit l'avait fait sursauter. Personnellement je n'ai rien entendu du tout mais peut-être n'y ai-je simplement pas fait attention, concentrée que j'étais sur notre conversation. Elle m'ordonne de la suivre tout en passant devant moi d'un pas rapide. Je respire profondément son parfum, troublée malgré moi. Je lui emboîte néanmoins le pas.

Même de dos, Maria est magnifique. Ses cheveux se sont défaits de son chignon, quelques perles sont emmêlées dans ces fins brins nacrés. Sa robe est d'une nuance de rouge profond, longue jusqu'au sol et un châle de dentelles noir couvre ses fines épaules. Elle a une stature longiligne, bien qu'elle soit pourvue de formes féminines. Plus que moi en tout cas. Elle m'emmène jusqu'à une aile du château qui m'est totalement inconnue et je m'interroge alors sur ce que nous faisons ici. Cependant je n'en dis pas un mot, ayant apprit à me taire lorsqu'il le fallait. La maîtresse de maison s'arrête brusquement devant une double-porte, très haute et très belle. Maintenant que j'y regarde de plus près, ce couloir ressemble davantage à une galerie des glaces. La lumière ici est à couper le souffle. Maria ouvre alors les portes et je me tiens là, droite comme un i à attendre de rencontrer je ne sais qui ou voir je ne sais quoi. Je tente de voir, justement, mais la pièce semble encore plus éclairée que ce couloir et j'ai le réflexe de fermer les yeux.


Voili voilou, j'ai un chapitre d'avance mit de coté ^^