Children of Fire
De Shikadai à Temari & Shikamaru.

Un bruit de pas la tira de ses pensées. Un petit corps se heurta brutalement à sa jambe et elle jeta un regard amusé à son fils. Les joues couvertes de joues, Shikae la regardait comme s'il venait de déterrer le plus beau des trésors dans le jardin. Elle effleura ses mèches brunes du bout des doigts et s'accroupit un instant, lui intimant silencieusement de lui montrer sa trouvaille. Peut-être était-ce des fleurs, pour elle.

- "regarde ça, maman !" s'exclama le gamin.

Shikae entrouvrit légèrement ses mains et elle su immédiatement qu'elle s'était fait avoir en beauté. Des fleurs ? Shikae ? Elle était vraiment idiote lorsqu'il était question d'un de ses enfants.

- "c'est une grenouille." lança-t-il, fièrement.
- "Shikae, on en a déjà discuté, tu te souviens ? tu ne dois pas attraper les animaux dans tes mains comme ça, tu pourrais leur faire mal." rappela-t-elle, doucement.

Une moue boudeuse se glissa sur les lèvres du petit brun.

- "je ne peux pas la garder alors ?"
- "non, tu ne peux pas." souffla-t-elle. "tu dois la remettre près d'un coin d'eau, tu ne voudrais pas qu'elle se blesse, n'est-ce pas Shikae ?"
- "non, maman." marmonna-t-il, clairement déçu.
- "tu es un petit garçon adorable, Shikae."

Le compliment de sa mère sembla suffire à cet instant. Un sourire déforma le coin des lèvres du petit brun et il acquiesça, retournant rapidement dans le jardin pour rendre sa liberté à la petite grenouille dans ses mains. Il n'était pas méchant, juste extrêmement curieux et persuadé de pouvoir faire ami-ami avec tous les animaux de l'univers. Alors il avait parfois un peu de mal à comprendre qu'il risquait un jour de faire mal sans faire exprès à l'un d'eux. Temari et Shikamaru tentaient de lui apprendre le respect de la vie animale doucement. Surtout depuis le jour où Shikae avait tenté de grimper sur un cerf devant ses deux parents. Elle avait récupéré le garçon très rapidement et avait observé Shikamaru, plier en deux, présentant encore et encore ses excuses à l'animal. Elle connaissait ce lien sacré entre le clan Nara et les cerfs.

Elle se releva doucement et retourna dans le salon, récupérant le courrier sur la table basse. Shikamaru l'avait récupéré dans la boîte aux lettres avant de se rendre au boulot, le matin même. Elle jeta un rapide coup d'oeil aux différentes enveloppes, lorsque ses yeux furent irrémédiablement attirés par une écriture en particulier. Des lettres tracées à la perfection. Le coeur de la blonde rata un battement. Elle s'installa au bord du canapé, repoussant les autres lettes et l'ouvrit doucement.

Bonjour maman.
Tu diras bonjour à papa de ma part, je sais que c'est toi qui ouvrira cette lettre.

Un sourire déforma ses lèvres et elle déposa le bout de ses doigts sur ses lèvres, captivée par l'écriture de son fils aîné.

J'espère que tout va bien pour toi, maman. Pour papa et Shikae aussi, bien sûr. Ça ne fait que six mois et pourtant, j'ai l'impression que ça fait une éternité. Tu me manques vraiment beaucoup, j'aurais bien besoin de tes mots. Il y a des jours où je suis juste subjugué par ce qui m'entoure et d'autres où j'ai simplement l'envie irrésistible de faire demi-tour, de rentrer à la maison et de redevenir un petit garçon de sept ans. Je me souviens des nuits que je passais entre papa et toi, quand j'étais petit. Je n'ai que de bons souvenirs de mon enfance et pour ça, je ne suis pas sûr de vous avoir remercié. Alors, merci maman et merci papa. J'ai rencontré des gens sur la route qui n'ont pas eu la chance que j'ai eu, des orphelins, des enfants battus. Papa et toi, vous êtes de merveilleux parents. J'ai grandi dans tout cet amour, cette bienveillance et mon seul regret serait que je n'ai pas été assez reconnaissant jusqu'à maintenant. Je te le promets, à mon retour ça changera. Parce que je vous aime tous les deux et que sans vous, je ne serai rien d'autre qu'un petit garçon perdu. Vous m'avez rendu fort.

Le son d'un sanglot flotta dans les airs et elle décida de prendre une petite pause dans sa lecture. Temari, elle faisait partie de ces enfants qui avaient croisés la route de son fils. Elle était venue au monde uniquement avec l'espoir d'être compatible avec Shukaku, le démon à une queue et quand ça c'était révélé être un échec, elle avait été mise de côté et un autre enfant était venu au monde. Elle avait connue l'amour de sa mère jusqu'à la naissance de Gaara et puis, plus rien. Leur père était obsédé par son village et par Gaara. Kankuro et elle étaient élevés pour être des shinobis parfaits et trop tôt, elle avait du sang sur les mains. Forcément, à la naissance de Shikadai, elle avait été véritablement effrayé à l'idée d'être une mauvaise mère, d'être comme son père, mais Shikamaru l'avait rassuré et l'avait accompagné dans chaque étape de la vie de parent. Et à deux, ils avaient façonnés ce grand homme qu'était Shikadai, même si le concerné ne se rendait pas compte de ce qu'il était.

Je visite des tas de villages et je rencontre des tas de gens. La liste que Sakura m'a donné m'est très utile, j'ai rencontré des camarades qui connaissait autant Sakura que papa. C'est assez drôle de les entendre parler d'elle comme une pleurnicharde et de lui comme un gamin fainéant et blasé.

Un petit rire lui échappa et elle renifla doucement.

Le pays des vagues n'est plus très loin, à quelques jours de marche, puis quelques jours de bateau. J'ai hâte. Je t'enverrai une photo du pont Naruto et des paysages, ça a l'air si différent de Konoha et Suna. Est-ce que tu es déjà allé là-bas toi ? Il faudrait qu'on se pose à mon retour, pour que tu me racontes des moments de ta vie avant ma naissance. J'ai envie de savoir comment était la Temari qui n'était pas encore ma maman, et je suis sûr que Mitsuha sera ravi d'entendre ses histoires, elle aussi. On est tes plus grands fans.

Vous me manquez tous.
Je vous aime,
Shikadai.

Il lui manquait terriblement, mais ça la rendait heureuse de savoir qu'il allait bien et qu'il pensait à eux, même loin.
Shikamaru lui avait offert tout ça. Un amour profond, des enfants, une maison, un second village et pour ça, elle ne le remercierait jamais assez. Ce fainéant. Elle étouffa doucement un rire entre ses lèvres et déposa son regard sur Shikae qui entrait dans la maison, encore plus couvert de boue que la fois précédente.

- "un bon bain te fera du bien, mon garçon." souffla-t-elle, à l'intention du petit brun.