Résumé complet:
"On sait tous qu'entre le cuisinier et le sabreur, ce n'est pas l'amour fou… et si on amplifiait se sentiment au maximum… et qu'on jouait avec qu'est ce que cela donnerais ? Un massacre… ou… quelque chose… de bien plus… chaleureux ?

Je me hait, et je le hait. Pourquoi ? Car je suis un vulgaire esclave. Et lui est la vampire qui m'a acheté…Je ferais tout pour regagné ma liberté et m'enfuir de ce manoir qui forme une prison sans barreaux. Du moins… j'en était persuadé… Assis au dessus de lui, ma lame brillait d'un éclat mortel a la lueur de la lune. Mais je n'arrivais pas a baissé mon bras. Cela me libérerais pourtant, si je mettais fin a sa vie. La maintenant…Mais je n'y arrivais définitivement pas… Zoro… dit moi pourquoi je n'arrive pas a te faire du mal ? Au fond…je savais très bien pourquoi… Et ça n'allais clairement pas me facilité la tâche…"


Hey ! Bonjour ! *sautille partout avec un air excité sous le regard blasé d'une dragonne noire. Posé juste a côté* Ceci est ma première "vrai" fan fiction, donc soyez un peu indulgent pleaaase Et bien évidement c'est un ZoSan !

*se roule au sol comme une fangirl hystérique puis se relève en toussant* Hum… A quoi sert ce prologue ? XD Je vous prévient juste que les personnages ne m'appartiennent bien évidemment pas mais sont ceux d'Eiichiro Oda. Et que même si j'ai essayé de reproduire au maximum leurs caractère dans la version originale. Vous allez peut être vous rendre compte que certain de leurs traits sont différent. Si ce n'est pas le cas, alors tant mieux XD Sinon, c'est seulement par ce que j'ai du adapté certaine chose au vu du contexte qui s'éloigne bien de celui original XD *se cache sous une table* aaaaa J'ai abimé leurs caractère pas tapeeeeeer

L'image qui me sert de couverture pour cette fanfics a été faite par Kaellyr, une personne géniale ! Qui fait aussi des Zosan ! Et je vous conseil vivement ces histoires, j'en suis fan ^^ elle ne publie malheureusement pas sur ce site, mais sur Wattpad ^^

Bref, c'est un peu prêt tout, a oui ! L'histoire est racontée a la première personne et suit généralement le point de vue de Sanji. Et par soucis de clarté, quand du texte est entre {...} c'est simplement les pensées directes du personnage.

Voila, je vous laisse découvrir le chapitre ! en espérant qu'il vous plaira ! je ne sais pas encore si mon rythme de publication sera régulier mais je ferrais au mieux !
Bonne lecture !


Dans une salle aux allures lugubres. Éclairée faiblement par les lampes à huile accrochées aux murs, et la porte en bois restée entrouverte, qui donnait sur l'extérieur. Les bruits de la ville parvenaient étouffés, les chariots qui roulaient sur la route de terre battue, le pas des chevaux et l'appel des marchands aux côtés de leurs échoppes. Cela semblait grouillant de vie, une vie heureuse, tout le contraire de ce qu'il se passait dans cette pièce faite de planches de bois.

La moitié de l'espace était pris par une cage aux barreaux de fer rouillés, à l'intérieur, hommes, femmes et enfants, les mains enchaînées. Tous avaient un regard vide, le teint pâle et les côtes amaigries. Aucune lueur d'espoir ne brûlait dans leurs pupilles. Leurs yeux étaient fixés avec une certaine horreur sur l'autre partie de la pièce. Un jeune homme était agenouillé au milieu, un esclave, comme ils l'étaient tous. Et celui-ci était sur le point d'être acheté.

Une femme à l'allure bourgeoise tournait autour de lui comme un vautour autour de sa proie. Ses habits brodés de perle cliquetaient au moindre de ses gestes. Un sourire sur son visage, elle prit soudain le menton du malheureux et l'examina sans gêne. Pour finir par se retourner vers un petit bonhomme, resté dans le coin de la pièce.

- Dites, lâcha-t-elle d'un ton froid, vous êtes sûr qu'il est en bonne santé ? C'est à peine s'il réagit… vu son prix, il a intérêt à ne pas être bon à rien.

Elle haussa un sourcil en attendant la réponse de l'homme, qui ne tarde pas à venir. Il afficha un sourire commercial et ses bottes grincèrent dangereusement sur le plancher quand il avança de quelques pas assurés.

- Mes esclaves sont garantis d'excellente qualité, il a juste appris à respecter ses maîtres, c'est tout, ne vous en faites pas. Il sera à même de combler tous vos désirs.

Il jeta un regard au prisonnier, comme s'il ne voyait là, qu'une simple source de profit, dans ses yeux ne se refléta que la lueur de la cupidité. L'argumentaire horrible qu'il avait tenu juste avant suffit à convaincre la femme, qui s'empressa de lui répondre, comme si cela était la chose la plus normale au monde.

{bande de monstres}

- Bien bien… je le prends.

Elle s'éloigna de sa nouvelle acquisition, tendit une bourse pleine de pièces d'or, que le marchand s'empressa de saisir. Le sac cliqueta légèrement, signe de la richesse qu'il contenait. Ce simple tintement vrilla les oreilles de tous ceux présents dans la cage, ce maudit son qui était l'unique symbole de leur infortune. L'argent qui servaient à faire d'eux de simples possessions.

L'acheteuse signa le document qui lui fut présenté, la liste des ventes sans doute. Une fois ceci fait, le bonhomme s'approcha de l'esclave et lui passait un collier muni d'une chaîne. Sans que celui-ci réagisse, le regard toujours terne, vide de toute l'horreur qu'il aurait dû contenir. Il avait accepté son sort, que pouvait-il faire d'autre ? Son cou partit légèrement en avant dans un bruit métallique quand le marchand tendit sans douceur, la laisse pour qu'elle la saisisse, ce qu'elle fit rapidement, l'air content de sa nouvelle acquisition.

- Et voici madame, en espérant vous revoir pour d'autres achats

- Je n'y manquerais pas

Les deux s'échangèrent un sourire de connivence, fiers de leurs affaires, et la bourgeoise ressortit en faisant un gracieux signe de tête au bonhomme, trahissant sa bonne éducation. Qui n'avait visiblement pas suffit à lui donner une morale, alors qu'elle traînait derrière elle l'humain qu'elle venait d'acheter.

La scène horrifique avait cloué sur place certaine les prisonniers, qui s'imaginaient déjà être vendus de la même manière, d'autres étaient tellement brisés que cela ne leur faisait plus rien. Par contre tous autant qu'ils sont baissèrent les yeux d'eux-même quand le marchand passa son regard oppressant sur la cage.

Sauf moi… mon regard qui lançait sûrement des éclairs, chargé de rancœur, restait fixé droit dans les pupilles de mon « maître ». Cette personne qui se satisfaisait d'être à la tête d'un trafic d'humains… traités comme du bétail, des objets de décoration tout au plus… chaque cellule de mon corps le haïssait, je sentais cette rage palpiter au fond de mon ventre n'attendant que le bon moment pour exploser.

C'est peut être car, comparé aux autres, cela ne faisait pas bien longtemps que j'étais dans cette cage… je n'avais pas eu le temps d'être réduit à l'état de coquille vide. Et sans doute ne le serais-je jamais. J'étais bien plus fort que ça, jamais je ne laisserai quelqu'un me détruire à ce point. Mais je m'en voulais d'avoir été attrapé… il fallait par contre que je reconnaisse m'en être bien tiré dans mon malheur. Comme j'avais la peau naturellement blanche, des cheveux blonds bien entretenus et des yeux bleus aussi profonds que l'océan, j'avais été classé dans la catégorie des esclaves pour « le bonheur des yeux » si j'ose dire… donc on me traitait plus convenablement que les autres… c'était un bien grand mot, mais au moins, j'avais la chance d'avoir un peu plus de nourriture.

J'étais agenouillé sur le sol froid, les mains liées, mais contrairement aux autres, je ne baissais pas la tête. Une grimace de rage déforma un instant les traits du vendeur. Lui qui s'imposait en tant que maître impérial de nous autres. Cela apparaissait comme insupportable de son point de vue que quelqu'un puisse soutenir son regard sans trembler. Alors il s'exclama d'un ton tranchant,

- Encore toi ! La correction de la dernière fois ne t'a pas suffi ! Soit, je vais t'apprendre…

Il avait voulu me faire peur… dommage, son manque de charisme me donnait juste envie de lui rire au nez. Mes yeux ne dérivèrent pas. Alors il s'avança dangereusement proche de la cage, la main tendue vers un présentoir que je connaissais trop bien. Ses doigts se refermèrent sur un fouet qui reposait là, attendant qu'un malheureux ait l'audace de défier le marchand. Il avait donc l'intention évidente de punir le rebelle que j'étais. Son éclat sinistre faisait apparaître des souvenirs bien désagréables. Ce n'était pas la première fois, les lignes sanglantes qu'il traçait douloureusement dans ma chair témoignaient de mon insoumission. Mes muscles se crispèrent d'eux-mêmes et mon cœur se mit à battre plus rapidement, mais contrairement à ce que criait mon bon sens, je restais sourd à ses mises en garde, et ne me soumettais pas. Au moment ou il allait ouvrir la cellule pour me traîner à l'extérieur, et ainsi m'infliger quelques souffrances, l'ombre d'une personne se dessina dans l'encadrement de la porte. Un nouveau client.

Aussitôt, le vendeur se retourna et raccrocha l'objet de torture, sans doute pour ne pas montrer à l'éventuel acheteur que ses « produits » étaient indisciplinés. Je poussais un discret soupir de soulagement en me détendant, j'y avais échappé pour cette fois. Ce qui ne m'empêcherait pas de recommencer à la prochaine occasion. Mes yeux suivirent les prochaines actions de mon ennemi. L'éclat vacillant des torches refléta le grand sourire manquant de sincérité qui s'était répandu sur son visage. Il se dirigea vers le client en se frottant les mains,

- Bienvenue mon cher monsi…

Il se stoppa presque immédiatement, une exclamation mourant dans sa gorge, car l'homme rentra complètement et révéla son identité. Il s'agissait du maître de l'île sur lequel je me trouvais. Grand et musclé, sa carrure imposante rendait le marchand à côté de lui totalement ridicule. Quoi que, de son côté il était pas mal non plus avec des cheveux courts, en bataille et… verts ?

Il arborait un air neutre, presque froid tandis que ses yeux se fixèrent sur le marchand, avec suffisamment de force pour faire fondre la pierre. Il n'y avait pas à dire, tout son être respirait la puissance. Je me surpris à l'observer avec attention. Cet individu n'était pas prendre à la légère. Je le sentais, il avait l'air d'un prédateur et mon instinct m'enjoignait à la prudence… il releva légèrement la tête, faisant cliqueter au passage les trois boucles d'oreilles qu'il portait à sa gauche. Le bruit s'amplifia sur les murs et résonna étrangement dans la pièce, tant le silence qui avait accompagné son arrivée était lourd. Les esclaves osaient à peine respirer.

Il ne jetait pourtant pas un seul regard aux prisonniers, qui s'étaient tous mis à trembler en sa présence… et il y avait de quoi… les rumeurs qui couraient… étaient loin d'être rassurantes. On racontait qu'il dépensait pas mal de son argent pour acheter des esclaves qui, aussitôt entre ses mains, disparaissaient tous. Plus personne ne les revoyait. D'habitude, les croiser au travail ou en train de faire les courses pour leur maître étaient des choses courantes, mais pas avec lui. D'autant plus… il en prenait régulièrement, et c'était à se demander ce qu'il en faisait… ça associé à la peur qu'il inspirait aux gens qu'il rencontrait avait suffit pour lui donner cette réputation. Et je devais bien reconnaître que même moi je n'en menais pas large face à l'impression que dégageait cet homme. Je me fis violence, et consentis à baisser les yeux à mon tour, me mettant à fixer un côté du plancher comme si celui-ci était soudain devenu source de distraction. Je frémis légèrement, détestant ce que j'étais. Un simple esclave, et je me rebellais à chaque fois que je pouvais. Mais là… Je préférais rentrer dans le rang, ou du moins, m'en rapprocher et surtout… surtout ne pas attirer l'attention du maître de l'île. Roronoa Zoro… voilà ce nom qui suffisait à glacer l'échine de n'importe qui ici. Et les dieux savent que je détestais réagir de cette manière…

{Tch… regardes-toi… tu es faible. Incapable de soutenir le regard de cet homme… et si je ne compte pas me soumettre à qui que ce soit… si c'est lui… ça va me compliquer la tâche, alors inutile de faire sa forte tête maintenant… on raconte qu'il prend plaisir à torturer à mort ses… esclaves… évitons les problèmes…}

Mes yeux restèrent dans le vague un instant, mais mon regard avait beaucoup de mal à rester baissé, alors quand le marchand se reprit enfin, mes pupilles bleutées étaient tout naturellement revenues sur son visage, pour suivre silencieusement le cours de la conversation,

- Je suis honoré de recevoir un être tel que vous dans ma modeste échoppe, qu'est-ce que vous recherchez ? Je serais ravi de vous indiquer la meilleure option et…

Le maître de l'île lui jeta à peine un regard, occupé à détailler le bureau situé derrière lui. Un éclat agacé passa dans ses yeux, comme si le simple fait de l'entendre parler l'ennuyait profondément. Il ne répondit pas à sa question, pas plus qu'il n'attendit la fin de sa phrase pour lancer:

- Le document ou la description de la marchandise est consigné. Je veux le voir.

- Euh… bien sûr cher client, mais que voulez-vous en faire ?

- Maintenant.

Le regard de Zoro se durcit, se faisant aussi tranchant qu'une lame en acier et son interlocuteur frémit. J'avais raison… il était dangereux… l'éclat mortel de ces pupilles avait suffi à me mettre sur la défensive. Je décidais immédiatement de détester ce personnage. En tout cas, le vendeur ne chercha pas à en savoir plus et récupéra vite le livret pour lui donner. Il le prit sans cérémonies et le feuilletta rapidement, dans un bruit léger de papier froissé.

Au détriment de tout bon sens, je relevais encore un peu la tête, un sentiment de curiosité commençant à poindre… jamais aucun des clients n'avait jeté un œil à ces pages. Le suspens montait légèrement au fur et à mesure qu'elles se tournaient.

Mes pensées furent interrompues, car un sourire presque menaçant se répandit sur le visage de l'homme aux cheveux vert. Il s'était arrêté à un endroit bien précis, et montra son choix au vendeur comme s'il exhibait un trophée.

- Celui-ci

Le bonhomme s'approcha imperceptiblement pour regarder les informations affichées et finit par se reculer, un sourire sarcastique s'étirant sur son visage. Qu'est-ce qui avait bien pu le réjouir à ce point ? Au moment où un étrange malaise s'emparait de moi, les yeux de Zoro glissaient vers les miens, me dévisageant sans la moindre gêne. Un frisson glacé descendit le long de ma colonne vertébrale, j'eus soudain la chair de poule. Je n'aimais pas du tout ces pupilles d'acier…

Le doute n'était pas permis, c'était moi le malheureux élu… mes poings se serrèrent d'eux-mêmes tandis que je détournais le regard en fermant les yeux. Pourquoi avait-il fallu que ça tombe sur moi ? Des légers courant d'air vinrent m'effleuré alors que tous les prisonniers avaient poussé de discret soupire de soulagement, semblant respirer à nouveau, en plus de celui du vert, je ressenti d'autre regard sur moi, a la fois soulagé, et plein de pitié. Ils étaient heureux de ne pas avoir été choisit, même si cela signifiait que c'était moi qui allait y passé. c'était chacun pour sois, mais je ne leurs en voulait pas, le soucis ne venait pas d'eux. Ma colère s'intensifia, le problème c'était cette foutue île.
Je ne me donnais pas la peine d'écouter les prochaines paroles du marchand, cherchant déjà dans ma tête un moyen d'échapper à ce qui allait suivre… mais j'avais beau réfléchir comme si ma vie en dépendait, rien ne vint… elle resta désespérément vide. Mes chaînes cliquetèrent quand je donnais un coup de poing dans le sol, rageant contre ma détestable impuissance. Les deux autres n'y prêtèrent pas attention, continuant sur le ton des formalités

- Hum je vois, excellent choix… sa peau est parfaite et il est assez résistant, par contre, il n'est pas bien dressé… il vous faudra de la persévérance, mais je pense qu'il peut être un très bon investissement sur le long terme.

- Je vois. Combien ?

Je notais au coin de ma tête que Zoro avait à peine réagi aux paroles de l'homme, à croire qu'il se fichait bien des caractéristiques… il avait l'air d'avoir choisi au hasard en plus de ça… ce n'était quand même pas le cas… si ?

Je n'avais pas encore de réponse à cette question, je n'entendis pas mon prix… en fait, je ne voulais pas l'entendre. Je sus que mon sort était scellé quand un sac de pièces passa d'une main à l'autre et que le marchand ouvrit la cage pour venir me chercher… bien sûr je résistais autant que mon état pouvait me le permettre. Je ne réussis qu'à m'écorcher les genoux sur le sol dur quand il me traîna au milieu de la pièce par les menottes qui ceignait mes poignets, je ne pus que m'affaler aux pieds de ces deux hommes. En un éclair, je me redressais pour sauver le peu d'honneur qu'il me restait… c'était sans compter le vendeur, qui me passa aussitôt un collier en fer autour du cou. Je tirais dessus pour essayer de le retirer, et faute de mieux, voyant que je ne pouvais pas, je lui lançais un regard assassin. Je sentais ma colère bouillonnante remonter, j'avais envie de les frapper jusqu'à ce que mort s'ensuive pour oser faire un truc pareil. Le marchand tiqua et ses paroles pleines de fiel me firent vibrer de rage.

- Tch, et toi j'espère que ton nouveau maître saura te dresser comme il faut. Je compte sur vous monsieur Roronoa.

La lumière tremblante faisait ressortir l'air mauvais qui était peint sur son visage, les ombres dansèrent autour de son sourire inquiétant. Le vert ne dit rien et moi je cherchais comment lui faire payer ces paroles. L'autre saisit ma chaîne pour m'entraîner à sa suite, tirant un petit coup sans douceur pour me sommer d'avancer, mais toujours en silence… je fus obligé de détourner mon regard du marchand pour fixer l'endroit où il voulait m'emmener. Je serrais les dents en tirant automatiquement dans le sens opposé. Le frottement de l'acier irrita ma gorge, mais je n'en avais que faire. Mes pieds nus glissèrent sur le sol en bois tandis que je lançais des regards assassins aux deux hommes, comme si j'allais leurs facilités la tâche. Je vis Zoro se crisper et lentement, il se retourna pour me jeter un regard aussi glacé qu'une nuit d'hiver, et aussi tranchant que du verre… je me figeais malgré moi, ce regard promettait de mauvaises choses… je déglutis, mais lui renvoyait un regard similaire. Comme si j'allais le laisser me prendre de haut… c'était peut-être un prédateur, mais je n'étais pas une proie. Néanmoins, je finis par me laisser entraîner… si je ne pouvais pas encore gagner contre lui, je pouvais le faire avec une autre personne, cela serait toujours ça de pris.

En passant devant le marchand, j'eus un sourire sarcastique, il allait voir si j'étais bien « dressé ». Mes mains et mon cou étaient enchaînés. Mais je n'en avais pas besoin pour faire ce que j'allais faire.

Quand je fus au bon niveau, je lui donnais un bon coup de pied latéral, qui lui faucha les jambes. Il tomba sur le dos dans un grognement de rage, le parquet émit un craquement satisfaisant sous son poids, et je ressentis une certaine satisfaction à le voir rouler au sol. Voilà ce que ça faisait quand les rôles étaient inversés. Le maître de l'île avait bien évidemment vu la scène, mais il ne releva pas. Un léger sourire lui étira même les lèvres le temps d'une seconde, alors qu'il m'entraînait définitivement hors de la pièce. J'échangeais un dernier regard sombre avec l'homme à terre. J'avais au moins réussi à faire ça… on savait tous les deux qu'il ne pourrait plus rien me faire à présent.

Je suivais le vert à la lumière du jour. Tout en traînant volontairement les pieds, pour la forme… après tout… malgré mon statut, il fallait bien que je sauve la fierté qu'il me restait. Et puis je venais d'être acheté par l'homme à la réputation la plus cruelle de l'île entière… alors que me restait-il à part le désespoir que l'avenir me réservait ?

Perdu dans mes sombres pensées, je clignais des yeux face à la puissance du soleil de midi qui m'arrivait dans la figure, je n'étais plus sorti depuis un bon moment déjà… et mes rétine sensibles protestèrent. Je fermais les yeux par réflexe et je ne fis pas trois pas que je trébuchais déjà… je me sentis tomber vers le sol, mais Zoro tira légèrement sur ma chaîne pour contrebalancer, et je repris mon équilibre. Quand je levais les yeux, je surpris son regard. Fermé… mais pas aussi glacial que dans la pièce… ou peut-être était ce juste l'effet de la lumière… il se dépêcha de reprendre la marche, sans décrocher un seul mot… parfait. S'il m'avait parlé, j'aurais eu du mal à ne pas l'envoyer balader ou lui répliquer quelques phrases acerbes… au détriment de tout instinct de survie je pense…

Malgré ma situation, je ne pus m'empêcher de regarder partout autour de moi, cela faisait si longtemps que je n'avais pas vu l'extérieur, que je pensais l'avoir oublié… enfin, je suppose que ce n'était rien comparé aux autres esclaves restés dans la pièce… j'eus un instant pitié d'eux, avant de me dire que mon sort… serait sans doute bien pire que le leur…

La rue était assez large et propre, les bâtiments étaient faits en pierre blanche et en bois, je devinais que c'étaient les quartiers aisés. La plupart des maisons appartenaient sans doute aux nobles de la ville. La fine poussière des pavés se soulevait sur le passage des charrettes, tout me sembla si attrayant, que se soit l'éclat des jouets dans cette vitrine ou alors l'odeur que dégageait un restaurant, en passant par les miaulements lointains de quelques chats de gouttière. Je redécouvrais tout cela avec une certaine curiosité enfantine, avant de vite revenir à la réalité, j'avais surpris la tête que faisaient les passants quand ils voyaient Zoro… ils s'écartaient de son passage et me dévisageaient comme si je n'étais qu'un animal… certains avec de la pitié… dégoûté par ce que je devais inspirer, je me mis à fixer le sol de nouveau, remarquant au passage que le vert empruntait des chemins de préférence ombragés. N'aimait-il pas le soleil ? Oh et puis après tout, je m'en fichais… mon esprit se concentra à nouveau vers l'endroit qui semblait être notre destination… les rues laissèrent place à un petit chemin de terre, les maisons étaient devenues des fermes, puis des champs, et enfin, je me retrouvais face à une forêt…

La haute cime des arbres se referma sur moi, assombrissant le ciel de ses branches inquiétantes, je frissonnais légèrement… ce n'était pas vraiment un lieu accueillant… je regardais bien où mettre les pieds, pour ne pas manquer de tomber encore une fois, mais l'étroit chemin de pierre ne me facilitait pas la tâche. Affaibli par le manque de nourriture et mon dos encore meurtri par la dernière correction du marchand, je ralentis l'allure… aussitôt, la chaîne se tendit en m'entraîna légèrement en avant, puis redevint normale. Venait-il de réduire sa vitesse ? Je levais légèrement les yeux, mais il avait le dos tourné. Aussitôt je me souviens de la rage que je ressentais contre lui, et retournais à mon observation active du sol…

À peine quelques mètres plus loin, nous étions arrivés… une grille coupait le chemin, et derrière, se trouvait un grand manoir, à l'aspect irréprochable. Les nombreuses feuilles des arbres bruissèrent, agitées par le vent alors que le portail sembla s'ouvrir de lui-même dans un petit crissement et je pénétrais dans les jardins à la suite de mon « maître », prenant soin de mémoriser le trajet.

L'habitation semblait grande, et luxueuse, et je ne pus m'empêcher d'apprécier son architecture complexe… même si ce lieu était sans doute la promesse de mes ennuis futurs…


Et voila !
qu'en avez vous pensé ?
J'espère que cela vous donnera envi de lire la suite en tout cas ^^