Prologue :
La sonnerie du réveil… cette fameuse sonnerie du réveil… cette putain de sonnerie du réveil ! La première chose que fit Megumi avant même d'ouvrir les yeux c'est d'éteindre ce foutu réveil. Il voulait déchaîner toute cette rage qu'il avait en lui, mais ce fameux réveil se trouvait aussi être son téléphone… Il aurait du mal à s'en passer. Le jeune lycéen se leva difficilement en bayant et en s'étirant. Aujourd'hui il entrait en seconde et il ne savait pas vraiment si le fait de revoir ses amis… de le revoir lui… compensait le fait qu'il était totalement paniqué ! D'apparence si calme et posé, Megumi s'agaçait d'avance des profs qui allaient leur sortir quinze fois par jours « c'est bientôt le bac » en plus des phrases traditionnelles « vous savez c'est pour vous qu'on fait ça » « on peut pas toujours être derrière vous ». Megumi s'apprêtait à rejoindre la salle de bain lorsque son téléphone vibra et afficha un nom ou plutôt un mot : L'excitée : « Hey le bourge je suis déjà devant chez toi t'hiberne ou quoi ?». Megumi poussa un soupir et comme s'il n'avait pas déjà regardé l'heure, il vérifia sur son téléphone qui affichait : 6h50. Nobara Kugisaki, où « la personne qui aime perdre toute son énergie en criant » comme se la décrivait mentalement Megumi. Celle qui lui servait de meilleure amie et qu'il connaissait depuis la sixième tout comme Yuji… Yuji… Megumi effaça au plus vite ce visage de sa mémoire. Il rentra dans sa salle de bain, pris une douche, se sécha rapidement, pris son sac de cours et descendis les escaliers. Arrivé dans le séjour il fut ébloui par la lumière du soleil.
- Salut toi, Megumi se retourna et se retrouva nez-à-nez avec une Tsumiki souriante et lumineuse tel un rayon de soleil, ce qu'il haïssait le soleil... Tsumiki sa demi sœur où sœur adorée comme elle aimait elle-même se qualifiée.
- 'Jour » Lâcha simplement Megumi qui ne voulait pas s'éterniser sachant très bien comment la situation allait tourner s'il tardait trop.
Tsumiki lui tendit un sac qui appartenait à la boulangerie qui se trouvait au coin de leur rue ainsi que son repas du midi. S'il s'apprêtait à refuser le deuxième paquet tendu, il ne voulait pas non plus s'attarder en débat interminable avec sa sœur sur s'il vaut mieux manger à la cantine avec ses amis mais mal ou seul dans le parc à côté du lycée mais bien… Il leva son regard vers Tsumiki dont le visage et l'expression c'était déjà déformée en une moue boudeuse mais il n'avait pas le temps pour ça. Il voulait à tout prix éviter « la catastrophe ». Anxieux il reporta son regard sur l'heure affichée sur le micro-onde et eut un frisson : 7h20.
- Ecoute Tsumiki, souffla-il prêt à affronter sa sœur, ce midi je voulais manger avec…
Megumi n'eut pas le temps de finir sa phrase lorsqu'une furie ou plutôt « catastrophe » ouvrit la porte et se mit à hurler.
- Fushiguroooo Megumiii !
Megumi regarda celle qui lui servait de meilleure amie avec une grimace évidente et un sourcil levé.
Celle-ci même qui s'avança jusqu'à lui pour le prendre par le col de sa chemise et l'obligea à la regarder dans les yeux qui semblaient rouges d'énervement. Elle était postée à quelques centimètres de lui et Megumi avait l'impression de se retrouver face à un animal... « Non mais sérieusement » se dit-il alors que son propre instinct de survie se réveillait. La respiration de la furie en face de lui était saccadée et ne semblait pas ralentir, preuve qu'encore une fois comme se dit Megumi elle allait en faire des caisses…
- Ah bonjour Nobara attendit-il, grimaçant, le brun se tourna vers sa sœur, qui n'avait pas l'air d'esquisser un seul mouvement pour le sauver et qui souriait à nouveau.
En fait il comprenait très bien l'attitude de sa sœur, qui avait fini par s'habituer aux crises de nerfs de son amie.
- Bonjour Tsumiki fit Nobara souriante puis elle rechangea complètement d'expression en se tournant vers Megumi et lâcha, ça fait trente minutes que je t'attends stupide Megumi, vraiment ça serait trop dur de m'envoyer un message, je passe ma vie à t'attendre !
Megmi leva les yeux au ciel sachant très bien que ce qu'elle disait était… vrai... oui très vrai en fait Nobara passait sa vie à lui courir après, Nobara disait toujours qu'il était le seul idiot qu'elle supportait avec Yuji.
- Non je sais en fait tu me prends vraiment pour une plante verte, s'énerva doucement Nobara puis elle se recula et Megumi pu enfin voir son visage en entier qui semblait avoir pris quelques couleurs durant cet été.
Sa meilleure amie était une très jolie fille avec une couleur de cheveux qui tiraient presque sur l'orange tout comme ses yeux mais c'est son caractère qui faisait fuir tous les garçons avant qu'ils essayent de tenter leur chance. Megumi poussa un soupir puis passa devant elle, l'ignorant totalement et se dirigea vers la porte pour sortir de la maison.
- Passe une bonne journée, je t'attendrai pour qu'on rentre ensemble, lui dit doucement sa sœur.
Il savait très bien que Tsumiki le ferait. Sa sœur avait cette tendance très protectrice envers lui presque étouffante. S'il était probablement la personne qu'elle aimait le plus, Megumi aurait préféré avoir un autre frère pour pouvoir sortir le soir sans qu'elle se mette à paniquer.
Megumi atteignit le portail et le franchit sans se retourner. Il se retrouva dans la rue et poussa de nouveau un soupir en entendant quelqu'un courir derrière lui. Il sentit un poids supplémentaire sur son dos et ses épaules. Nobara venait de s'accrocher à lui et semblait vouloir l'étrangler. Megumi décrocha une des mains qui le serrait au niveau de son cou et se retourna.
- Bon tiens. Lâcha-t-il en tendant le sachet de la boulangerie que Tsumiki lui avait donné ce matin, seul des deux repas qu'elle lui avait proposé qu'il avait accepté.
Nobara prit celui-ci puis grogna un petit « si tu penses que tu peux m'acheter avec ça ». Megumi esquissa un léger rictus avant de continuer son chemin vers leur arrêt de métro, ils avaient cinq minutes de marche avant d'atteindre celui-ci alors il fallait bien qu'il occupe l'autre excitée qui l'accompagnait.
- C'était bien tes vacances ? Devant le manque de réaction de son ami Nobara continua. Dis tu pourrais donner des nouvelles quand même on ne s'est pas vue depuis juillet, ayant à nouveau l'impression d'être ignoré, Nobara se mit à sourire de manière machiavélique puis repris en accélérant le pas pour dépasser son ami. Les téléphones ne servent pas juste à admirer ton âme sœur.
Puis elle se retourna face à son ami dont elle appréhendait déjà la tête… cette expression, elle semblait être la seule que Megumi connaissait et elle était entièrement dédiée à une personne. Si Nobara appréciait autant Megumi, c'est par ce qu'elle pouvait lui parler de tout, sur tous les sujets sans aucune limite, celui-ci ne la jugeait jamais et ne réagissait jamais de manière irréfléchie ou impulsive. Cependant s'il y avait bien une chose qu'elle aimait tout particulièrement s'était voir cette expression qui apparaissait sur son visage dès qu'on mentionnait même indirectement Yuji. Ce mélange entre la panique, la gêne. Pendant une seconde, peut être deux, on pouvait voir ses yeux si sombres s'illuminer. C'était si éphémère et seule Nobara savait à quel point son ami pouvait devenir vulnérable quand on évoquait Yuji. Megumi baissa la tête puis repassa devant Nobara pour s'engouffrer dans la bouche de métro. Ils étaient arrivés à leur arrêt.
En descendant du wagon, Megumi remarqua tout de suite la masse importante de lycéens qui se dirigeaient vers leur lycée, facilement reconnaissables grâce à cette uniforme si caractéristique du meilleur lycée de la ville de Tokyo, il s'en sentait déjà blasé. Nobara qui le suivait de près esquissa une légère pression avec son épaule sur celle de la sienne, pour lui faire comprendre qu'il fallait qu'il continue d'avancer même si sa presque « agoraphobie » ou juste « misanthropie » par ce qu'elle avait fini par se demander s'il ne détestait pas juste le genre humain, s'était réveillée.
Bientôt tous les deux se retrouvèrent devant leur nouveau lycée, un « presque nouveau départ » se fit remarquer Megumi. Il l'avait espéré ce nouveau départ et surtout il y avait cru jusqu'au moment où il avait appris que Yuji avait décroché une bourse dans ce même établissement où il avait prévu de s'isoler. Megumi fut interrompu dans ses pensées quand il sentit Nobara lui chuchoter calmement :
- Ne te retourne pas trop vite mais retourne-toi.
Peu habitué à une telle discrétion venant de celle-ci, Megumi se retourna d'un coup. Quelques mètres plus loin se trouvait l'objet de ses pensées quelques minutes plutôt, enfin quelques minutes plus tôt… disons de chaque instant. Les vacances d'été envers lesquelles il était si reconnaissant pour l'éloignement qu'elle lui avait permis vis-à-vis de ce garçon posté à quelques mètres de lui, ils les avaient hais encore plus car il s'était senti vide, comme si ses émotions ne se rallumaient qu'en présence de ce garçon-là. Yuji Itadori. Yuji… celui dont il était tombé amoureux si rapidement. Megumi se souvenait très bien de ce sourire qu'il trouvait agressif au départ, de ce voisin de classe qu'il ne supportait pas par ce qu'il « passait sa vie à mater une photo de JennyferLawrence en calculant ses chances de compatibilité avec elle sur un site débile ». Puis ce même voisin de classe l'avait raccompagné un soir puis deux puis trois, un lien puissant c'était tissé entre eux, une connexion très spéciale et atypique.
Si Megumi savait que Yuji ne partageaient pas tout à fait des sentiments identiques aux siens, il savait et son meilleur ami lui avait fait comprendre qu'il lui était tout autant indispensable pour lui, qu'il l'était pour Megumi. Le brun s'était surpris à se sentir complet qu'en la présence de son meilleur ami, qu'avec cette boule d'énergie et de folie qui lui donnait le sentiment d'existé.
Megumi dévia son regard vers la silhouette juste à côté de Yuji... Évidement celui-ci était accompagné et c'était une personne qu'il ne connaissait pas, un garçon d'un peu près la même taille que Yuji, les cheveux noirs mi-long et qui semblait mort de rire face aux imitations de Yuji. Megumi savait très bien de quelles imitations il s'agissait, celles du film « Seul au monde ». Yuji « faisait le coup » à tout le monde mais tout le monde n'avait pas les mêmes goûts très particuliers que son ami, ce qui heureusement n'était pas le cas du jeune homme qui l'accompagnait.
Lentement Megumi vit Yuji détourné les yeux vers lui et accrocher son regard au sien, le brun vit un sourire lumineux étirer les lèvres de son ami, à côté l'expression qu'il avait lorsqu'il rigolait avec l'autre jeune homme aurait pu paraître triste. Megumi le vit pratiquement abandonner le jeune homme qui l'accompagnait sur place pour foncer sur lui. Le brun se sentit très rapidement entouré de deux bras musclés qu'il connaissait par cœur, sans répondre à l'étreinte, il se contenta d'un sourire en coin. Yuji relâcha son étreinte pour passer un bras autour des épaules de chacun de ses deux amis.
- Bah vous avez l'air en forme vous deux…Vous m'avez trooop manquez. Par contre j'ai senti direct une injustice dans l'air pourquoi je suis toujours le seul à pas être au courant quand on est censé se retrouver pour aller en cours, dit-il d'un air si enjoué qu'il attira les regards autour de lui.
- Regarde ton téléphone le matin et après tu pourras la ramener répliqua Nobara. Toi et Megumi vous me cassez la tête à oublier comment vous servir de vos téléphones dès qu'on sort de cours.
- Oh lalala s'écria Yuji tout en se tournant vers le brun qu'il tenait sous son bras, tu l'as faite attendre combien de temps cette fois ? Dis-moi t'es au courant que ça se répercute sur nous deux ?
- Elle décide d'attendre toute seule et puis t'avais qu'à nous rejoindre devant la station. » répondit Megumi feignant le ton de l'indifférente.
- Ah ouais… mais tu sais j'avais prévu d'aider Junpei à se repérer, il ne connait pas trop le quartier donc je lui ai fait faire un petit tour.
- Quelle âme charitable mère Thérésa, murmura Megumi entre ses dents.
- Est-ce que vous pouvez arrêter de m'ignorer cinq minutes, les idiots.
Nobara s'attira le regard de ces deux amis et pointa ensuite le jeune garçon qui accompagnait Yuji lorsqu'il était arrivé. Yuji feignit un « O » avec la bouche puis se dirigea vers Junpei pour passer un de ses bras sur ses épaules et le rapprocher de groupe.
- Je vous présente Junpei commença Yuji avec un grand sourire, il est comme moi, il est boursier. On s'est rencontré la semaine dernière, il y avait une réunion avec tous les boursiers de l'établissement pour qu'on puisse avoir déjà quelques repères et qu'on puisse s'entraider entre nous »
- Ce n'est pas carrément discriminatoire comme traitement ça, s'empressa de dire Nobara alors que
Megumi se tourna vers elle en la dévisageant surpris que l'excitée ait appris quelques mots cet été à ajoutéer à son vocabulaire.
Yuji fit un signe de la main signifiant « on s'en fou » et continua :
- On connait déjà bien l'établissement et on sait même combien de classe de seconde y aura donc même si on est boursier vous nous devez un respect immense pour les services qu'on va vous rendre aujourd'hui. Junpei je te présente mes deux meilleurs potes Megumi et Nobara l'excitée.
- C'était mon idée le surnom de l'excitée, reprit Megumi tout en échangeant un regard complice avec Yuji.
- Je vous hais siffla Nobara entre ses dents puis comme si elle avait une double personnalité, elle reprit son plus beau sourire et tendit sa main dans la direction de Junpei. Kugisaki Nobara future mannequin où actrice je n'ai pas encore décidé dit-elle fièrement. Si tu veux bien toi et moi on peut se forger un avenir respectable en entrant dans ce bâtiment et laisser les deux idiots ici.
Junpei hésita, à cause des bruits de désapprobations de Yuji face à la fin du discours de son amie puis il tendit une main timide vers la jeune femme en face de lui.
- Ravie de te connaître et euh... Toi aussi Megumi, réussit-il à marmonner en serrant la main de la jeune femme en face de lui.
Alors qu'il s'apprêtait à lâcher la main de la jeune lycéenne, celle-ci tira d'un coup sur la sienne, ils se retrouvèrent à quelques centimètres l'un de l'autre puis elle fit mine de chuchoter :
- Plus tard toi et moi on sera au sommet, de vraies célébrités, on n'a pas besoin de s'encombrer des deux têtes de linottes. Laisse Yuji contempler sa photo de Jennyfer Lawrence dans sa chambre pendant que toi tu la rencontreras sur le tapis rouge.
Nobara lui fit un clin d'œil, n'ayant toujours pas lâché sa main, elle le tira vers le portail de leur nouveau lycée et juste avant de passer celui-ci, elle se retourna vers les deux « idiots » et leur tira la langue d'un air moqueur.
Yuji éclata de rire et Megumi ne put empêcher ses yeux de se détourner de la jeune femme pour admirer le visage lumineux de son ami. Son cœur tambourinait violemment dans son torse et il se maudit intérieurement de voir son cœur s'affolé de manière si démesurée.
- Arrête de tirer cette tête on dirait que tu vois un alien. J'ai tant bronzé que ça cet été pour que tu me fixes avec cet air perturbé. Quoi que j'aie fais pas mal de sport aussi donc je dois avoir gagner en muscle…
Megumi pour qui le monde s'était arrêté, déglutit difficilement devant les paroles de son ami, il savait que quand il s'agissait de Yuji la discrétion n'existait pas. Il assistait maintenant à une scène typique de son ami Yuji qui tâtait lui-même ses bras musclés. Il ne pouvait pas s'empêcher de le regarder, ce soleil qui brulait sa peau si pâle. Il reprit peu à peu son masque sans expression.
- Ouais t'as raison et ta modestie me pique les yeux aussi, regarde ils saignent.
Yuji éclata de rire à nouveau. Ils avaient l'habitude de se charrier, Yuji adorait tester la patience du brun au moins autant que Nobara. Lui et Nobara le voyaient si peu se laisser déborder par ses émotions qu'une fois ils l'avaient jeté sous la douche après un cours de sport « pour vérifier que c'était par un robot », suite à quoi Megumi avait fait semblant de ne pas réagir le temps de se relever pour finalement les tirer tous les deux sous la douche avec lui. Tous les trois avaient dû s'expliquer auprès des professeurs car ce malencontreux incident était arrivé en fin d'année, au début de l'été et il n'avait pas plu dehors pourtant c'est trois-là étaient trempés.
- Vous m'avez vraiment manqué, repris Yuji en souriant de manière presque nostalgique cette fois. Plus jamais on ne reste aussi longtemps sans se parler, je n'ai pas trop compris ce qu'il était arrivé cet été mais crois pas qu'on laissera ton silence d'un mois passer comme ça.
Megumi ancra ses yeux dans ceux de son ami et compris qu'il ferait mieux de trouver rapidement une excuse car celui-ci le harcèlerait dès la fin des cours et ne le lâcherait pas avant d'avoir une réponse. Yuji, voyant que son ami était encore déconnecté de la réalité, se contenta de le tirer par le bras pour entrer dans le bâtiment qui serait à partir d'aujourd'hui leur nouvel établissement.
