Twilight – une nouvelle aube
Quelques instants croqués de la vie de Jacob et Renesmée après l'imprégnation de Jacob, à différents moments de leur vie…
chapitre 1 : Ca ressemble à la gravité
"C'est tellement difficile à décrire. Ça n'a rien à voir avec un coup de foudre, ça ressemble plus à … la gravité. Lorsque tu vois ton âme sœur, c'est comme si tout à coup tu ne dépendais plus de l'attraction terrestre, mais de celle qu'elle exerce sur toi."
La chaleur envahit Jacob, encore plus forte, mais elle avait changé de qualité – elle ne brûlait plus. Elle rougeoyait.
Tout ce qui le constituait se délitait pendant qu'il fixait son visage. Tous les fils qui le retenaient à la vie furent vivement tranchés. Tout ce qui participait de celui qu'il était - son amour pour la morte à l'étage, son amour pour son père, sa loyauté envers sa nouvelle meute, son amour pour ses autres frères, la haine de ses ennemis, de son foyer, de son nom, de lui-même - fut coupé en un instant comme des ficelles de ballons - clic, clic, clic -, qui s'envolèrent dans le ciel. Jacob ne s'envola pas. Il resta attaché là où il se trouvait. Pas par une ficelle, par un million de ficelles. Pas par des ficelles, pas des câbles d'acier. Un million de câbles d'acier qui tous le liaient à une seule chose - au centre même du monde.
Il lui apparut alors que l'univers tournait autour de ce point unique. Lui qui n'avait encore jamais pris conscience de la symétrie des choses, il la découvrait clairement. La gravité terrestre ne le retenait plus à l'endroit où il était. A la place, c'était cette petite fille dans les bras de Rosalie. Renesmée.
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Il sentit une de ses jambes céder, et mit un genou à terre, s'équilibrant de des mains qu'il posa sur le sol, le souffle coupé et le cœur battant sous l'impact de la vérité qu'il venait de réaliser, telle une révélation : lui, Jacob Black, s'était imprégné de Renesmée Cullen…
Le bruit de ses mains et de son genou cognant sur le plancher fit tourner la tête de Rosalie :
- Jacob ? Tu es venue admirer Renesmée ?
Jacob resta sans voix, le regard toujours fixé sur les yeux ambrés du bébé qui le fixaient avec attention.
- Jacob ?
Rosalie se leva, tenant toujours Renesmée en lui maintenant délicatement l'arrière de sa tête et se dirigea devant Jacob :
- Que fais-tu à genoux ?
Jacob se mordit la lèvre si fort qu'il sentit le sang couler de la blessure, presque aussitôt refermée. Le goût métallique du sang sur sa langue provoqua une légère nausée, mais ne réussit pas à le faire réagir.
- Eh, cabot, mais tu pleures ?
C'est alors que Jacob prit conscience des larmes chaudes qui coulaient sur ses joues brûlantes, sans qu'il ait pu les retenir… Rosalie s'accroupit devant lui, scrutant son expression pour essayer de comprendre, tandis que Jacob gardait les yeux rivés sur Renesmée. C'est alors qu'elle comprit : ce regard d'admiration, c'était le même que celui de Quil pour Claire, ou que celui de Sam pour Emilie.
- C'est pas vrai !
Rosalie éclata d'un rire aigue et sonore. Jacob réussit enfin à s'arracher à la contemplation de Renesmée et la regarda :
- Quoi ? parvint-il à articuler.
- Alors là, si on me l'avait dit, je ne l'aurais pas cru !
- Que veux-tu dire, Blondie ?
- Je veux parler de toi : tu n'as rien trouvé de mieux que de t'imprégner de Renesmée !
- Je…
- Ose prétendre le contraire !
Jacob baissa le regard, presque honteux de ne pouvoir contrôler ce sentiment.
- Au moins, je suis sûre d'une chose maintenant : tu ne chercheras pas à tuer Renesmée, et même tu feras tout pour la protéger, pas vrai ?
Jacob ne répondit rien.
Rosalie se redressa, maintenant toujours Renesmée contre elle, mais elle tendit l'autre main vers Jacob. Incrédule, il lui prit la main, dont il sentit le contact froid comme l'acier contre sa peau, et entrainé par sa force, se retrouva debout devant elle, qui lui souriait. Il se sentait vaciller ses jambes encore tremblantes…
- Tu veux la prendre un peu ? proposa-t-elle.
Il resta d'abord stupéfait de la question et sans voix, puis bégaya :
- Je … je ne sais pas si je pourrai…
- Bien sûr que si, c'est facile…
Et n'attendant pas sa réponse, elle fit glisser doucement Renesmée vers Jacob, qui par réflexe, tendit les bras pour recevoir le bébé.
- Tu lui maintiens bien la tête, même si elle a déjà beaucoup de force pour un nouveau-né, elle ne tient pas encore bien son cou… Voilà ! C'est parfait, tu te débrouilles très bien ! Je vous laisse faire connaissance, les amoureux, j'ai un biberon à aller laver, avant que le sang ne coagule dans la tétine ! dit-elle avec un clin d'œil. Et elle recula pour récupérer le biberon sur la table basse à côté du fauteuil.
- Eh, Blondie… Rosalie !
C'était la première fois qu'il l'appelait par son prénom…
- Rosalie ! Ne me laisse pas ! supplia Jacob d'une voix étranglée, se sentant parfaitement maladroit et malhabile.
- Tout ira très bien ! Parle-lui, elle te répondra surement ! cria-t-elle de l'encadrement de la porte. Et elle disparut.
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A l'idée d'être seul, Jacob sentit l'angoisse monter en lui, mais un mouvement du petit corps tiède entre ses bras lui rappela qu'il ne l'était pas. Il abaissa les yeux vers Renesmée et son regard plongea dans le sien. Deux yeux ambrés le contemplaient, semblant attendre, interrogatifs. Il sentit son cœur s'affoler à nouveau, et la nouvelle gravité dont il dépendait depuis peu l'attira à nouveau inexorablement. Une chaleur de bien être l'envahit, il se sentait si bien, complet, comme si son but dans la vie était enfin atteint :
- Bonjour Renesmée, chuchota-t-il de sa voix grave. Je suis Jacob, un ami de ta maman.
A l'idée de Bella morte là-haut, laissant sa fille à moitié orpheline, son cœur se serra, mais il continua :
- Je suis enchanté de te connaitre !
Le bébé ne pouvait pas lui répondre, et pourtant, elle le fit, à sa manière : elle lui adressa son premier sourire, auquel Jacob répondit aussitôt.
- Tu es adorable !
Renesmée leva alors la main droite et la posa délicatement sur la joue de Jacob. Il frissonna sous la caresse, mais fut aussitôt saisit par une vision de couleurs chaudes qui l'envahit, suivie de sons variés, parmi lesquels il reconnut la voix de Bella, puis la sienne.
Il sursauta, et Renesmée rompit le contact.
- Qu'est-ce que…
Renesmée sourit à nouveau.
- Tu arrives à transmettre tes souvenirs par le contact ? pensa Jacob à voix haute. Tu es vraiment incroyable, Nessie !
Le surnom lui était venu spontanément, sans qu'il l'ait réfléchi…
Cette fois, Renesmée ne se contenta pas de sourire, elle éclata de rire, un petit rire cristallin et léger.
Rosalie arrivait à ce moment-là, s'arrêtant de stupéfaction à l'écoute du premier rire de Renesmée, mais perdu dans son adoration, Jacob ne l'entendit pas, et doucement, déposa un baiser sur le front de Renesmée, percevant son parfum, un mélange subtil de sucre et de menthe polaire.
- Je vous y prends, coupa-t-elle, je vous laisse une minute et déjà, vous batifolez tous les deux ! C'est du propre !
Jacob sursauta, mais se détendit aussitôt en voyant l'expression de Rosalie, confiante et souriante.
- Je ne te raconte même pas comme Bella va être furax en apprenant la nouvelle de ton imprégnation, Emmett a déjà parié qu'elle te foutra la raclée du millénaire, tu ne devrais pas t'en remettre, d'après lui…
- Attends une minute, tu veux dire que Bella est vivante ?
- Vivante ? si on peut dire… Disons qu'elle est… comme nous, maintenant. Il n'y a plus qu'à attendre qu'elle se réveille.
Jacob sentit un soulagement immense l'envahir, au point qu'il eut presque envie de rire devant tant de bonheur et sourit à Renesmée :
- Tu as entendue Rosalie, Nessie ? Maman va bien ! Maman va bien ! Tu la verras très bientôt…
- Jacob, je pense que Bella va être dix fois plus furax si elle apprend le surnom stupide que tu viens de trouver à ta future femme !
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