CHAPITRE UN
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- Woaw, c'est ta nouvelle déco ?! Amazing !
Tu souris de joie en faisant entrer ton meilleur ami dans le petit appartement d'étudiant que tu avais acquis quelques temps auparavant.
- Bon, ça manque encore un peu de chaleur... nuança Alfred en finissant d'inspecter.
- Comme si j'avais le budget pour avoir plus... soupiras-tu.
Tu servis à ton invité quelque chose à boire et vous prîtes place sur ton canapé.
- Tu vis toujours toute seule ?
- Oui... Je n'ai pas trouvé de colocataire. (Tu perdis ton regard dans le vide, en plein dans tes réflexions.) Je me sens un peu seule, des fois...
- Toujours pas de petit ami en vue ? fit Alfred en sirotant sa boisson, taquin.
Tu te mis à rougir.
- Je... Je crois que je n'intéresse définitivement pas Kiku, répondis-tu dans un soupir. Pourtant, j'ai tout essayé : me rapprocher de lui, le faire rire, partager des choses avec lui... Mais je ne fais que le mettre dans l'embarras.
Tu fermas les yeux pour tenter de chasser des souvenirs où tu te sentais particulièrement inutile.
- Et ?
- … Il a fini par me rejeter.
Alfred bondit sur ses pieds.
- What ?! Mais tu lui avais même pas fait de déclaration ! C'est pas juste !
- Je sais ! t'exclamas-tu. Mais bon, je ne peux quand même pas le forcer...
L'Américain te regarda avec un air désolé. Dans ses iris couleur azur brillait une compassion sincère. Il avait beau être un peu naïf parfois, il était un ami en or.
- …... (nom), appela-t-il doucement en s'asseyant à côté de toi.
Il passa un bras réconfortant dans ton dos et son autre main vint mettre le bazar dans tes cheveux.
- T'sais quoi ? En fait, c'est simple : tu peux pas mélanger du coca cola et du thé froid, c'est juste inbuvable. Par contre, deux cocas et deux thés froids, ça fonctionne complètement ! Kiku était un coca, et toi un thé froid. Tu finiras par en trouver un autre qui ira super bien avec toi.
Tu pouffas de rire.
- Elle est un peu bizarre, cette comparaison... (Alfred émit un petit bruit faussement blessé et fit la moue.) Mais au fond, pourquoi pas...
Tu serras ton ami contre toi, ragaillardie par sa bonne humeur et son humour particulier.
- Merci, Alfred, tu es adorable.
- Je suis ton héros, ne l'oublie pas !
Depuis toutes ces années que vous vous connaissiez, il était comme ton grand-frère, ou comme il aimait s'appeler lui-même, « ton héros ». Tu pouvais compter sur lui en toutes circonstances.
- Tu trouveras quelqu'un de bien... Je te le promets, dudette.
XXX
Tu menais une vie tranquille d'étudiante d'université, entre les cours et ton petit job du soir, même si la fatigue se faisait grandement ressentir par moments. Tu étais quelqu'un d'appliqué et tu aimais ce que tu faisais. Parfois, quand tu ne mangeais pas sur le pouce dans ton coin pour retourner travailler, tu allais dîner avec quelques amis, dont Alfred le plus souvent. Ce midi-là, alors que le soleil du début de printemps réchauffait l'air, tu étais allée retrouver ton meilleur ami à la terrasse d'un café.
- C'est cool, les cours, dit Alfred en mordant d'un coup dans son sandwich. Par contre, y'a ce gars, là...
- Tu veux parler d'Arthur ? devinas-tu avec un sourire.
Si beaucoup de personnes semblaient apprécier Alfred, il y avait tout de même une ombre au tableau. Arthur Kirkland. Son nom était plus d'une fois pendu aux lèvres d'Alfred avec une certaine dose de mépris. Alfred le décrivait comme un « insupportable crétin d'Anglais aussi gonflé d'arrogance qu'un hamburger de sauces industrielles ». Pourtant, tu ne l'avais jamais rencontré et tu essayais de ne pas trop avoir d'a priori négatifs sur lui. Ceci dit, tu tentais de soutenir Alfred comme tu le pouvais. Être une amie présente pour les tiens, c'était ta ligne de conduite.
- Il me fiche la trouille, admit Alfred avec une grimace. Sérieusement, ce matin, il parlait avec ses potes de son nouveau bouquin de magie ou Dieu-sait-quoi...
- Donc, tu les as écoutés ? fis-tu remarquer.
- Il est complètement à fond dans ses trucs spirituels ! Et tu sais pas ce que c'est le pire ?
Tu haussas un sourcil, curieuse.
- Non ?
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- Tu écoutes encore nos conversations ? soupira Arthur. Tu n'as pas mieux à faire ?
- Bien sûr que oui, mais cette histoire de magie...
Arthur eut un rictus mauvais.
- Tu voudrais essayer, peut-être ? Avec un peu de chance, ça comblera certains manques...
- Comment tu oses ! s'exclama Alfred. Hors de question, dude !
- Quoi ? Aurais-tu peur, Alfred Jones ? se moqua Arthur.
Parfois, Alfred sentait naître au fond de lui des envies de meurtre. Tout son groupe le regardait. Les poings serrés, les sourcils froncés, il faisait face au jeune Anglais qui restait assis, bras croisés, l'air excessivement suffisant. Il pouvait encore s'estimer heureux, son ennemi n'était pas au meilleur de sa forme. Alfred choisit de changer de tactique et dissimula un fin sourire en tournant le dos.
- Non, c'est juste que j'en ai rien à foutre, lança-t-il victorieusement.
- Qu-
Arthur se crispa, outré.
- Comment tu peux dénigrer la magie comme ça devant moi ? Tu feras moins le fier quand ça te retombera dessus !
L'Américain pouffa de rire, il se doutait que plus que de la magie en soi, c'était de l'ego de l'Anglais dont il était question. Arthur en possédait un démesuré qu'il était facile de faire vaciller... Il le connaissait assez pour savoir ça.
Arthur soupira avec mauvaise humeur. Ses yeux verts pétillaient de rage, quand soudain ils prirent une toute autre lueur. Son interlocuteur n'y fit pas attention
À la fin du cours, Arthur s'éclipsa rapidement sans qu'Alfred ne le voit. Lorsque ce dernier rejoignit son casier, il découvrit à l'intérieur un mot écrit à la main. En le dépliant, il y lut un inquiétant message anonyme.
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Il t'avait tout raconté en détails, tu l'avais écouté sans l'interrompre.
- On m'a donné rendez-vous ce soir à une certaine adresse, conclut Alfred. À la fin, c'était écrit : « Viens et viens seul, sinon je peux t'assurer que le livre de magie dont tu as entendu parler fera de toi son premier cobaye. »
Tu déglutis, les yeux écarquillés.
- … C'est une menace.
- C'est clairement une menace ! explosa Alfred, faisant se retourner les autres clients du café. Je suis sûr que c'est encore cet Anglais attardé !
- Alfred, pas si fort...
- Il va voir, celui-là ! Je vais venir et lui faire regretter de m'avoir provoqué !
- Tu veux vraiment rentrer dans son jeu ? demandas-tu, un peu inquiète.
- Ça peut plus durer ! continua-t-il. Il m'a encore fichu la honte ce matin, et l'autre jour, à la cafétéria, il m'a renversé son thé dessus ! Il fait exprès !
Tu soupiras. Intérieurement, malgré tes efforts pour rester relativement neutre, tu ne pouvais que prendre parti pour ton meilleur ami, pensant que cet Arthur était définitivement quelqu'un à ne pas avoir à dos.
- Je sais pas pourquoi il me convoque, mais je vais lui faire sa fête.
Tu souris légèrement. L'Américain avait toujours un sacré tempérament qui lui avait parfois nui, mais tu voulais le soutenir. Il en avait vraiment assez et tu ferais tout pour l'aider, à la mesure de tes moyens.
- Retrouve-moi ici demain midi, je te raconterai tout, sourit Alfred de toutes ses dents.
- J'y serai ! ris-tu, même si au fond cette histoire ne te semblait pas tout à fait nette.
XXX
Tu passas une nuit agitée et le lendemain, tu rejoignis Alfred au lieu et à l'heure du rendez-vous. Il était déjà là, dos à toi, il avait passé commande et t'avait pris ta boisson préférée. Tu t'approchas et posas une main affectueuse sur son épaule. Il tourna lentement la tête vers toi. Tu hoquetas de stupeur.
- Bon sang, Alfred, tu ressembles à un zombie ! Tout va bien ?!
Tu pris place devant lui et lui serras brièvement la main, devinant qu'il s'était passé quelque chose.
- Tu veux me raconter... ?
Alfred ne pipa mot, ce qui était très inhabituel de sa part. Tu lui offris un silence respectueux, l'observant avec inquiétude et douceur. Tu pressas un peu plus sa main alors qu'il semblait se réveiller d'un état second. Il serra les dents.
- Il...
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Alfred se rendit à l'adresse indiquée et faillit s'étrangler quand, après avoir toqué à la porte, Arthur Kirkland lui ouvrit.
- Bonsoir, Alfred Jones, sourit-il, les bras croisés.
- Arthur ! s'exclama l'Américain. Qu'est-ce que c'est que ce prank
- Oh, je peux t'assurer que ça n'a rien d'un prank, dit-il avec sérieux. Suis-moi, je vais t'expliquer.
Alfred fronça les sourcils.
- Tu crois vraiment que je te fais confiance au point de te suivre ?
Arthur garda un calme condescendant.
- Parfois, il faut savoir mettre de côté ses différends pour pouvoir trouver une solution convenable, dit-il simplement.
Le jeune Américain grogna et entra finalement. Il suivit son hôte jusque dans une salle qu'il pensait être le salon, mais qui se révéla être... une grande salle étrange. Arthur le poussa à l'intérieur et ferma la porte derrière eux.
- Eh ! Non mais ça va pas ?!
- Ah, Alfred, réjouis-toi ! On dirait que tu vas être le premier à goûter de ma magie noire !
L'Américain pâlit, les doigts crispés et tremblants. Il recula, dans une position défensive. Autour de lui, il y avait quelques meubles, des objets inconnus, des mannequins/poupées vaudous, un pentacle au sol... Alfred crut que sa vessie allait lâcher.
- T'es malade ?!
- Pas du tout ! Mais tu dois savoir que j'ai un certain goût pour l'occultisme, et puisque j'ai reçu ce nouveau grimoire, ç'aurait été dommage de ne pas en expérimenter le contenu.
Son vis-à-vis inspira bruyamment, paniqué.
- T'oserais pas faire ça ! C'est quoi, ce sort ? Et pourquoi moi ?!
- First : oui, j'oserais. Second : tu vas assez vite le savoir. And third : … eh bien, je te déteste, c'est aussi simple que ça. Tu vends une mauvaise image de moi rien que pour m'isoler du reste des étudiants et tu lances des rumeurs sur moi. Je ne peux plus tolérer ça, alors je vais te réduire au silence...
Alfred déglutit.
- Tu vas pas... me... tuer, n'est-ce pas ? bafouilla-t-il.
Arthur se délectait de sa position de supériorité.
- J'aimerais, dit-il simplement – même s'il ne le pensait pas, bien sûr. Mais je vais simplement te donner une leçon et te faire changer de forme, qu'est-ce que tu en dis ?
- Changer de forme... ?
- Vois plutôt !
Sur ce, Arthur, qui avait ouvert un épais livre en cuir, se mit à prononcer d'une voix solennelle ce qui ressemblait à une formule dans une autre langue, puis une traduction dont Alfred ne saisit pas tout le sens.
« Il est complètement fou, il faut que je m'échappe asap !... À moins que... »
Concentré sur la formule, l'apprenti magicien ne vit pas l'Américain se décaler de quelques pas discrets sur le côté. De la lumière naquit de la paume de sa main, l'enveloppant dans un voile de brume verte. Sans plus attendre, il brandit le bras en direction d'Alfred pour jeter le sort, mais à sa grande surprise, Alfred bondit sur le côté pour échapper à l'orbe magique. Celui-ci alla percuter l'objet qu'Alfred avait révélé en se déplaçant, à savoir une armoire avec une glace. Rencontrant la surface du miroir, elle rebondit contre et revint droit sur Arthur, qui eut à peine le temps de comprendre ce qui se passait.
Alfred assista, médusé, à la scène. Un brusque nuage opaque de fumée tiède se déploya, et avec lui, un cri qui s'évanouit rapidement. Terrorisé, le jeune Américain courut vers la porte, la déverrouilla et sortit de la maison à la quatrième vitesse.
Les volutes se dissipèrent enfin. Le jeune homme rassembla peu à peu ses esprits, se sentant comme... différent. Jetant un coup d'oeil confus au miroir, il aperçut son propre reflet : ne restait désormais d'Arthur Kirkland qu'un magnifique Scottish Fold roux et blanc.
« ... WHAT THE BLOODY HELL?! »
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/!\ Notes de l'auteure /!\
- Attention : langage grossier (injures) parfois employé.
- Cette fanfiction à la deuxième personne parle de VOUS, lectrice/lecteur, comme protagoniste. (Si vous êtes lecteur, je suis désolée, j'ai dû choisir de faire les accords au féminin. Mais sentez-vous libre de vous mettre dans la peau d'un personnage masculin.~) Vous incarnez une jeune femme humaine.
- Vous pouvez parfaitement comprendre l'histoire même sans connaître le manga duquel la fanfiction est inspirée.
- Les références et les clichés sont voulus, afin de respecter au mieux le caractère des personnages.
[!] La trame de cette histoire vient de mon imagination. Le reste provient de l'imagination de Hidekaz Himaruya, auteur du manga Hetalia.
[!] Aucune image ne m'appartient, seul le collage de la couverture a été fait par mes soins.
[!] TOUS DROITS RÉSERVÉS.
