Bienvenu à toi cher lecteur
Bon et bah voilà, j'ai décidé de me lancer dans cette nouvelle aventure ! C'est pas toute première histoire et j'espère qu'elle vous plaira. J'ai déjà écrit en RPG et il y a plusieurs années, donc mes débuts, je pense, vont être chaotique. J'espère quand même que cela vous plaira et me rattraper par la suite.
Prenez ce premier chapitre comme un prologue, ou un très long résumé. Il y a beaucoup de description et pas beaucoup de dialogue mais je vous promet que ça change par la suite. Les 5 chapitres à venir sont déjà écrits et corrigés, c'est pour ça que je pense que je posterai rapidement le chapitre 2 pour lancer l'histoire officiellement (dimanche prochain). Par la suite, je vais essayer de tenir un rythme de parution toutes les deux semaines.
N'hésitez pas à poster un petit avis, que se soit pour le plaisir ou pour donner son avis. Je suis ouverte à toute critique du moment qu'elle est constructive.
Sur ce, je vous souhaite une bonne lecture.
Rated M : Pour les mots un peu grossier et en prévision de lemon.
Avertissement : Les personnages appartiennent à Hajime Isatama. L'histoire est sortie de mon imagination, merci de ne pas la copier.
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Chapitre 1 : Du rêve à la réalité
« Cours… »
Un murmure, une voix, un souffle, puis de nouveau le silence. Seul ses pas frappant le sol se faisaient entendre, ainsi que sa respiration haletante rythmée par sa course. La pénombre l'entourait, mais il ne s'en souciait pas. Son corps se frayait un chemin habillement parmi les arbres et buissons, comme s'il connaissait déjà le chemin.
A travers les branches d'arbre, la lumière de la pleine lune éclairait son visage. Depuis combien de temps courait-il ? Même lui avait perdu la notion du temps, seul comptait cette course et l'endroit où elle devait le mener. Un craquement se fit entendre, il se stoppa instantanément et tourna la tête vivement pour observer l'obscurité guettant le moindre signe. Rien, juste la pénombre. Le vent se leva alors, faisant danser les ombres des branches sur le sol de la forêt. Le vent se leva, l'air changea, il ferma alors les yeux et inspira profondément pour en remplir ses poumons.
C'était doux et agréable, une odeur boisée et humide l'envahi faisant ralentir les battements de son cœur. Il se laissa aller à cette sensation rassurante qui l'englobait et son esprit se déconnecta de la réalité. Cette odeur, il ne la connaissait que trop bien, rassurante, apaisante, comme une odeur familière d'un foyer que l'on connaît bien et où l'on se sent en sécurité.
« Cours… »
Il rouvrit les yeux vivement, sortant de son état de transe et sans plus attendre, il s'élança de nouveau pour reprendre son rythme effréné. La forêt se fit plus dense, les arbres se refermaient sur lui, rendant le passage entre eux plus difficile et les racines sortaient du sol, faisant de sa course un véritable parcours. Une branche apparut devant ses yeux, mais ses réflexes ne furent pas assez rapide, elle siffla dans l'air et vint fouetter sa joue. Il sentit une petite décharge le traverser ainsi qu'un fin liquide glisser le long de sa joue, mais il ne s'en soucia pas et continua sur le même rythme.
Au loin, il put enfin apercevoir un point de lumière, son cœur s'emballa de plus belle. La sortie… Enfin… Bien qu'il eût l'impression d'être au maximum de sa cadence, son corps puisa dans ces ressources pour accélérer et sa respiration se fit plus vive pour compenser le manque d'air. La lumière se rapprochait toujours plus, et il tendit sa main en avant, dans l'espoir d'attraper cette lueur. Il ne fallait pas qu'elle parte, il devait s'y accrocher, coûte que coûte. Puis, soudain, il fut ébloui et il cligna des yeux quelques instants pour s'habituer à la luminosité. Et quand son regard put enfin voir ce qui l'entourait, il dû contracter tous ces muscles pour que son corps, encore lancé dans sa course, puisse s'arrêter à temps. A ses pieds, la terre chutait vers le bas dans un ravin dont il n'arrivait pas à voir le fond. Alors que ses pieds s'étaient plantés dans le sol pour s'arrêter, le haut de son corps se mit à définir une courbe et se pencha vers l'avant. Il coupa sa respiration, tendit les bras de chaque côté de son corps pour retrouver son équilibre. Doucement, il se sentit repartir en arrière et son centre de gravité retrouva une certaine stabilité.
Quelques cailloux, poussés par son arrêt, glissèrent dans le ravin, résonnant en écho sur la paroi rocheuse. Son regard se perdit dans les profondeurs du gouffre, et balaya d'un mouvement lent la brume qui s'étendait à perte de vue, empêchant d'apercevoir le sol. A quelle hauteurs se trouvait-il ? 30 mètres, 50 mètres ? Aucune idée, mais il n'avait aucune sensation de vertige d'où il était. Il avait plutôt l'impression de flotter, comme si son corps était suspendu dans le vide, bien que ses pieds touchaient encore la terre ferme. Son regard dévia alors, attiré par un grondement constant. En contre bas sur la gauche se trouvait une cascade, l'eau qui jaillissait d'un trou dans la falaise se déversait dans un bruit sourd, et disparaissait dans l'opacité du brouillard. Son regard finit par se lever pour fixer la lune, pleine, ronde, d'un blanc immaculé, éclairant tout le spectacle majestueux qui s'offrait à lui. En face, une plaine à perte de vue, calme mais inaccessible … Au fond, on pouvait y apercevoir un début de forêt, comme celle qu'il venait de quitter. Au-dessus des cimes des arbres, se dressaient des montagnes, elles paraissaient loin et leurs formes s'imposaient tel un mur infranchissable. Seul le gouffre qui plongeait à ses pieds le dissuadait de continuer sa route.
Alors qu'il se plaisait à contempler la vue qui s'offrait à lui, il sentit une ombre passer sur son visage. Il leva les yeux et dans la lumière de la lune se dessina une forme, grande, majestueuse. Deux grandes ailes étaient déployées de chaque côté d'un corps battant l'air pour rester à la même hauteur ainsi que des griffes acérées qui semblaient vouloir l'attraper. Mais ce qui l'hypnotisa, c'était ces deux billes jaunes qui le fixaient intensément.
« Eren… »
xxXxx
Eren se réveilla en sursaut, le souffle coupé, le corps contracté et les yeux grands ouverts fixant un point invisible au plafond. Il avait du mal à respirer et sentait une douleur oppressante dans la poitrine. Il ouvrit donc la bouche pour inspirer le plus d'air possible dans l'espoir de se calmer. En vain… Il ferma les yeux, porta sa main au cœur et essaya d'apaiser ses battements saccadés. Tout de suite, ses pensées l'emmenèrent là où il était quelques instants plus tôt. Au bord de cette falaise et cette forme se dessinant devant lui, le fixant de ses deux billes jaunes comme s'il l'appelait. Un rêve… Ce n'était qu'un foutu rêve… Il n'avait pas effectué cette course effrénée mais pourtant son corps était enduit de sueur et des picotements remontaient le long de ses jambes. Il se sentait vidé…
Il rouvrit les yeux pour chasser ses pensées, posa ses mains de chaque côté de son corps pour pouvoir se redresser. Il était assis dans son lit, au même endroit que quelques heures plutôt quand il avait décidé d'aller se coucher. Le drap glissa le long de son corps pour se poser sur ses cuisses, laissant son torse nu apparaître. Un nouveau soupire s'échappa de ses lèvres et il se leva du lit pour se diriger vers l'une des deux portes de la pièce. Il rentra dans la salle de bain et ne prit pas la peine d'allumer la lumière, laissant celle de la lune l'éclairer par l'unique fenêtre. Il s'avança vers le lavabo, ouvrit l'eau et glissa ses deux mains pour venir s'asperger le visage. Il se redressa et tomba nez à nez avec une tête bien trop familière, son reflet. Il avait une sale tête, vraiment… Comme si un camion lui était passé dessus ! Ses cernes étaient prononcés, sa peau tirait plus vers le blanc que vers son teint halé habituel et ses cheveux étaient partis en guerre contre un ennemi invisible. Bref, il avait la tête d'un mec qui venait de faire un cauchemar et qui n'avait dû dormir que quelques heures à peine ! Seul ses deux yeux, d'un vert brillant, se reflétaient dans la pénombre, contrastant avec son air fatigué.
A la vue de sa tête, il eut un petit rictus au coin des lèvres, se moquant de sa propre apparence et il détourna les yeux dans un soupir, tout en retournant dans sa chambre. Les volets n'étaient pas fermés et la pleine lune venait éclairer l'ensemble de la petite pièce. Un lit collé dans un angle, une armoire dans un autre et une lampe sur pieds à côté de cette dernière. Rien d'autre, à part une pile de vêtements sales qui s'entassaient dans un coin. Pas de décoration, pas de plante, une pièce des plus banale qui ne servait qu'avoir l'utilité de dormir. Seule une photo était posée sur une pile de livre, à côté du lit, mise là par dépit en l'absence de table de chevet. Eren n'avait pas pris la peine de mettre l'endroit à son goût quand il s'y était installé quelques mois plus tôt, il n'y voyait pas l'intérêt vu qu'il ne s'y sentait pas vraiment chez lui. A bien y réfléchir, il ne se sentait chez lui nulle part…
Quand son regard se posa enfin sur l'objet de ses désirs, il s'en rapprocha, pris son téléphone qui était posé non loin du lit et appuya sur un bouton pour que l'écran s'allume. 4h27… Il aurait tout donné pour se rallonger dans son lit et être de nouveau emporter dans les bras de Morphée pour les quelques heures qui lui restaient. Mais il savait aussi pertinemment qu'il n'arriverait pas à retrouver le sommeil. Alors, d'un pas fatigué et las, il sortit de la chambre pour se rendre dans le séjour. L'espace était déjà plus grand, un canapé deux places trônait au milieu de la pièce, avec en face de lui un meuble noir des plus basique. Posée dessus, une télévision de taille standard, le tout collé au mur adjacent à sa chambre. Sur sa droite se dressaient deux grandes baies vitrées qui menaient sur un balcon. Une cuisine pas très grande était ouverte sur la pièce à vivre, avec un simple comptoir pour séparer les deux espaces, faisant office de table à manger. Comme dans la chambre, Eren n'avait pas pris la peine de décorer les lieux et vu comme ça, l'appartement semblait dépourvu d'âme. Même une chambre d'hôtel paraissait plus accueillante ! La seule chose qui l'avait décidé à louer cet endroit était sa situation dans l'immeuble. Bien qu'en l'absence d'ascenseur, ce qui avait dû en dissuader plus d'un, le logement était au dernier étage et surplombait les autres immeubles, laissant une vue dégager sur le ciel. Il se dirigea vers la cuisine et fit ronronner la bouilloire. Après quelques instants à fixer l'eau qui frémissait, Eren y versa son contenu dans une mug qu'il avait au préalable rempli de café soluble.
Prenant le récipient entre ses doigts, il se dirigea vers la baie vitrée qu'il ouvrit et resta ainsi immobile, dans l'encadrement de la porte. Les yeux rivés dans la blancheur hypnotique de la lune, Eren fut perdu dans les méandres de ses pensées, qui très vite le ramenèrent à son rêve. Les songes ne sont qu'éphémère, ils sont là, on les vit, on les ressent, mais ils ne sont qu'un moment et s'évaporent quand notre esprit revient à la réalité. Quelquefois, des brides de ces rêves pouvaient rester, tel un souvenir d'image et de son qui, généralement, n'avaient rien de cohérent. Et puis, il y a des rêves, ses rêves, qui reviennent constamment, toujours les mêmes, toujours la même odeur, la même sensation et la même frénésie de cette nuit mystérieuse. Au départ, ce n'était que des sons, des murmures, des bruits vagues. Puis il y a ce mot, « Eren », comme une évidence soufflée à son oreille. Quand il s'était réveillé, 9 ans plus tôt dans ce lit d'hôpital, il ne se souvenait de rien, le noir, le néant, le vide, rien… Aucun souvenir de sa maison, de ses amis, ni même de la personne qu'il avait été. Rien… Alors, quand la première fois il fît ce rêve, quelques semaines après son réveil, se fut pour lui une évidence, c'était son nom. Il avait été heureux d'en savoir un peu plus sur lui, même si ce n'était qu'un prénom, c'était le sien ! Puis vint ensuite l'excitation, mélangée à l'anxiété d'en savoir plus. Il allait enfin avoir des réponses à toutes les questions qu'il se posait. D'où venait-il ? Où avait-il grandi ? Qui étaient ses proches ? Qui était-il tout simplement ?! Mais rien… rien de plus qu'un rêve, sans queue ni tête, qui ne lui apportait que des doutes et de la déception. Il n'avait jamais ressenti autant d'émotions et de sensations, son corps qui suait, sa respiration haletante, ses sens aux aguets du moindres bruits, ces yeux jaunes qui l'emprisonnaient et prenaient possession de son corps. Et ce vide… Cette sensation, c'était hypnotisant, mais à la fois effrayant de savoir qu'il avait perdu le contrôle. Il avait, plus que les autres fois, l'impression de le vivre !
Il ferma les yeux, huma l'air frai qui s'infiltrait dans son appartement et après quelques instants à savourer cette sensation d'apaisement, il se décida à bouger. Son café s'était refroidit et décida de le boire d'une traite, grimaçant au goût amer qu'il laissa dans sa gorge. Il reprit son téléphone qu'il avait laissé sur le comptoir pour regarder une nouvelle fois l'heure : 05h12. Il était encore tôt, mais il se décida à s'activer et à aller prendre une douche. Il enfila à la hâte un jean bleu ciel troué, un t-shirt blanc et des converses de la même couleur, et se dirigea vers la porte d'entrée, attrapant sa sacoche en vol. Un dernier regard dans l'appartement pour être sûr qu'il n'oubliait rien, Eren claqua la porte de son appartement, sortit de l'immeuble et commença à circuler dans les rues de Trost. Elles étaient désertes, les gens dormaient encore au chaud dans leurs lits, seuls quelques aventuriers sortaient pour faire leurs joggings matinaux. C'était le calme, le calme avant la tempête, avant que la ville ne se réveille. Cela faisait trois mois qu'il arpentait Trost et il s'y était fait. Passer d'un village à la grosse métropole n'était pas facile. Il fallait s'habituer à l'ambiance, à la manière de vivre, aux gens et au brouhaha du train-train habituel. Les gens allaient et venaient pour effectuer le même trajet, à la même heure. Des robots, automatisés par leur routine sans se soucier du voisin d'à côté. Mais quand Eren partait plus tôt, il avait l'impression de redécouvrir la ville et sa sérénité l'apaisait. Après avoir pris un café à emporter, Eren finit par arriver à destination, l'université de Sina.
Passé les portes métalliques de l'établissement, l'étudiant s'arrêta pour contempler l'énorme bâtisse qui se dressait devant lui, de l'autre côté de l'étendue d'herbe. Le bâtiment formait un U, et, au milieu, l'entrée principale était surplombée de plusieurs colonnes blanches qui contrastaient avec la pierre de couleur brique de l'édifice. L'endroit était magnifique ! L'architecture datait de plusieurs décennies mais avait été rénové et des extensions ainsi que de nouveaux bâtiments avaient été construits pour pouvoir accueillir les milliers d'étudiants qui y venaient. Sina était l'université la plus réputée de Trost, elle avait un taux de réussite assez élevé mais offrait aussi différentes options d'études et de filières. Le brun s'avança jusqu'au l'énorme entrée, monta deux par deux les marches de l'escalier et s'engouffra dans le bâtiment.
Il s'avança dans les couloirs de l'université, les lieux étaient assez calmes à cette heure-ci, les cours n'avaient pas encore débuté. L'endroit ouvrait quand même ses portes pour les plus motivés qui désiraient s'instruire à la bibliothèque, ou tout simplement y réviser. L'étudiant se dirigea d'un pas nonchalant vers la bibliothèque, endroit qu'il commençait à connaître à présent. Cette pensée le fit sourire. Si on lui avait dit, il y a encore à peine un an, qu'il allait traîner à la bibliothèque, il aurait ri au nez de son interlocuteur et l'aurait traité de fou. Lui, Eren, à la bibliothèque… Qui l'eut cru… Les seules fois où il y avait mis les pieds au lycée, c'était pour finir ces nuits, mais on l'avait très vite banni des lieux. Pourtant, en ce moment, c'est l'endroit où il allait pour travailler. Il poussa les portes de la bibliothèque du bâtiment littérature. Elle était vide, seul l'employé était là, installé derrière le comptoir. Le brun s'approcha de lui pour lui tendre son badge d'étudiant et après l'avoir scanné, l'autorisa à rentrer. Eren alla s'installer sur sa table habituelle du fond, près de la fenêtre, et sorti ses affaires. Il alluma son ordinateur, ouvrit un cahier avec différentes notes écrites dessus et commença à mettre au propre ses cours d'hier. L'université avait été un véritable tournant pour lui, ils avaient un planning avec les différentes heures de cours, c'était aux étudiants de choisir ceux auxquels ils voulaient participer, et de se faire leurs propres emplois du temps. Et dans les études qu'Eren avait décidé de faire, le journalisme, des cours, il y en avait.
- Si un jour on m'avait dit que je te trouverais à la bibliothèque en train de travailler de si bon matin… !
Eren leva les yeux, c'était Armin, son meilleur ami, qui lui offrait un sourire amusé.
- Et moi alors… Je crois que tu déteints trop sur moi en fait… ?! Va falloir que j'arrête de te traîner avec toi !
Son ami rit de bon cœur tout en s'installant juste en face de lui alors qu'il le dévisageait. Blond, cheveux mi-long au carré, les yeux bleus, il avait le visage légèrement affiné et était de petite taille. Pendant de nombreuses années, quand il était enfant, on le prenait régulièrement pour une fille et on s'était longtemps moqué de lui, ce qui avait eu pour conséquence de s'être renfermé sur lui-même. Mais ce fut grâce à l'arrivée d'Eren et de Mikasa dans sa vie qu'il avait réussi à s'ouvrir aux autres. Un soupir de nostalgie sorti d'entre les lèvres du brun alors qu'il dévisageait encore son ami. Il n'avait pas changé, toujours le même. Armin était le genre de personne à penser avant d'agir, le total opposé d'Eren. Intelligent, Eren s'était toujours étonné de la capacité du blond à retenir les choses et pouvoir les ressortir quelques années plus tard. Mais c'était surtout quelqu'un qui était là pour ses amis, toujours disponible, il était une oreille à qui on pouvait se confier, sans avoir peur d'être jugé. Un véritable ami, dont Eren ne pouvait plus se passer.
- Je crois que Mikasa te cherchait hier, mais je lui ai dit que tu avais dû partir rapidement.
Eren soupira de nouveau, exaspéré par sa sœur qui passe par n'importe quel moyen pour prendre contact avec lui. Il l'adorait, là n'était pas le problème ! Avec Armin, elle était la personne la plus précieuse pour lui. Elle était à l'écoute et avait le don rare d'arriver à supporter Eren. Mais elle était trop… Trop elle ! Trop Mikasa ! Trop collante, trop mère poule. Il avait déjà assez à faire avec ses parents, ce n'était pas pour qu'elle en rajoute une couche. Mais c'était Mikasa…. Après tout, elle était comme sa sœur, et il l'aimait telle qu'elle était.
- Elle m'a appelé plusieurs fois hier, je croyais que c'était urgent ! Finalement, ce sont ses parents qui voulaient savoir si je rentrais pour les vacances…
Mr et Mme Ackerman étaient tout aussi gentils, attachants et présents que leur fille. Les chiens ne font pas des chats après tout… Et Mikasa avait hérité de leurs gênes surprotecteurs. Pourtant, Eren leurs devait tout, ils avaient été là pour lui, que ce soit dans les bons comme dans les mauvais moments. Ils l'avaient aidé à remonter la pente quand il était au plus bas. Mais surtout, ils avaient pris la responsabilité de le prendre en famille d'accueil, chez eux, lui un parfait inconnu qui n'avait en guise de souvenir qu'un stupide prénom. Et puis avec le Eren de l'époque, autant vous dire que c'était se tirer une balle dans le pied
- Et ?
- Je ne pourrais pas, j'ai déjà dit à Ymir que je serais là. Et puis le loyer ne va pas se payer tout seul. Je voulais même essayer de trouver un autre boulot en complément.
Après tout, c'était lui qui avait demandé aux parents à Mikasa d'être indépendant, il se voyait mal débarquer un matin chez eux pour leur dire qu'il s'était fait expulser de son appartement. Et puis c'était le deal ! Il pouvait vivre seul, mais il devait se prendre en main ! D'avoir obtenu sa bourse et d'avoir été accepté à l'université de Sina avait été le feu vert pour qu'il puisse enfin goûter à la liberté de vivre de ses propres ailes. Cela incluait des responsabilités, d'avoir un boulot, un appartement à payer, tout en suivant ses cours. Mais il voulait assumer et prouver qu'il en était capable.
- Ne te surcharge pas trop, généralement les profs aiment bien donner un peu plus de boulot quand ils savent qu'on a du temps libre.
Eren hocha la tête pour acquiescer. C'est vrai que cela faisait deux semaines que les cours avaient commencé et ils avaient déjà une charge de boulot énorme. Alors qu'est-ce que cela serait quand ils seront en vacances. Tous deux se replongèrent dans leurs études, et très vite, ils furent ramenés à la réalité quand une sonnerie retentit. Déjà ? Eren reporta son regard sur l'heure de son ordinateur pour lui confirmer qu'il était tant de commencer officiellement la journée. Il remballa ses affaires parfaitement synchro avec son voisin d'en face pour finalement se diriger vers la sortie. Arrivés à une intersection d'un couloir, ils s'arrêtèrent.
- Tu travailles ce soir ?
De nouveau le brun fit un signe positif de la tête.
- Cool ! On se voit tout à l'heure alors !
Sur ces mots, le blond partit d'un pas pressé et Eren le regarda s'éloigner jusqu'à ce qu'il disparaisse dans un autre couloir. Puis, il tourna la tête pour regarder par la fenêtre pour y voir son ami qui se dirigeait vers un autre bâtiment, plus éloigné des autres. Le bâtiment T se dressait plus loin dans le parc qui constituait l'université, isolé sur une petite colline et entouré d'une clôture. On ne voyait que lui tellement l'édifice était imposant. Semblable à l'architecture de celui de l'université, il datait de la même époque et ses briques rouges se reflétaient avec la toiture blanche de l'édifice. Cet endroit intriguait Eren, comme pas mal d'étudiant de Sina. Mais mise à part des rumeurs à son sujet, personne ne savait dire ce qu'il y avait à l'intérieur. Seule la section Titan y avait accès, cursus très privée dont les étudiants, qui étaient sélectionnés avec soin, étaient surnommés l'Elite.
Eren aperçu une chevelure noire sortir dans le parc et qui pressait le pas pour se mettre à la hauteur d'Armin. Comment ne pas reconnaître sa sœur de cœur et son inséparable écharpe rouge ! A cette vue, le brun leva les yeux au ciel. Quelle idée de porter cette écharpe, on était encore en été et les journées étaient encore étouffante en cette période. Mais elle ne pouvait apparemment pas se résoudre à s'en séparer. Un cadeau précieux qu'elle disait. Tu parles… Eren reporta encore son attention sur ses deux amis qui étaient rentrés dans la cour du bâtiment T et un sourire se dessina sur ses lèvres. Il dû rapidement revenir à la réalité quand la sonnerie retentit pour la deuxième fois. Cette fois c'est sûr, il allait être en retard !
