Ce qui compte ce n'est pas le but mais le chemin…mais quand même !
1-
Laurence était à son bureau en train de rassembler ses pensées pour essayer de coincer un médecin suspecté d'abréger la vie de ses patients sans trouver encore le chaînon manquant, il ne désespérait pas….
Malgré cette enquête délicate, l'esprit de Laurence ne pouvait s'empêcher de vagabonder sur les derniers mois écoulés qui avait changé son quotidien et surtout sa vie. Jamais il n'aurait imaginé partagé sa vie avec une femme, accepter d'être l'homme d'une seule femme et de ne pouvoir imaginer sa vie autrement. Son mariage l'avait complètement bouleversé.
Le destin avait croisé le chemin de Laurence et comblé un manque qu'il n'imaginait pas. Sa vie de célibataire l'avait comblé mais son rêve avait été exaucé dans des circonstances totalement inimaginables.
L'objet de ses désirs n'avait aucune idée de la toile qui s'était tissé autour d'elle par Laurence, malgré lui, il faut l'avouer mais qu'il avait accueilli avec joie. La recherche de la vérité l'avaient guidé mais sa découverte lui avait imposé de jouer un rôle dont il n'était pas fier. Mais convaincu d'agir pour le bien, les conséquences n'avaient pas d'importance pour l'instant.
L'amour entre les deux époux n'était pas vraiment réciproque mais ils se connaissaient tellement bien et qu'au fil du temps, ils s'étaient rendus à l'évidence du bonheur qu'ils avaient à construire s'ils avaient le courage d'affronter leur peur et de se déclarer.
Ces temps avaient été difficiles car les circonstances avaient bouleversé la jeune femme qui avait eu à découvrir une histoire et un passé qu'elle voulait dépasser mais qui se présenter à nouveau à elle. Laurence avait senti qu'une occasion se présentait pour lui expliquer toute l'histoire mais il avait peur de la colère de sa femme et de lui donner l'impression de l'avoir manipulé. Alors que le piège s'était refermé sur sa bonne volonté.
Des bruits sourds et des cris s'échappaient du couloir du commissariat et il entendait la voix de son épouse expliquait à Carmouille qu'elle devait absolument voir le commissaire et le déranger.
Comment freiner une telle fougue, rêvassait Laurence. Même un chien de garde comme Carmouille ne pouvait s'opposer.
La porte s'ouvrit avec fracas et il vit arriver droit sur lui une furie. Ses yeux pourraient me tuer se fit il la réflexion.
Il se leva pour aller à sa rencontre en même temps qu'il reboutonnait sa veste et qu'il arborait le sourire d'un homme heureux et amoureux, bien qu'au fond il n'était pas très rassuré. Sa tentative de désamorçage tomba à plat et sa joie fut de courte durée quand il vit la colère défigurait le visage de la femme de sa vie.
- Bonjour ma chérie, quel plaisir de te v…
Il n'avait pas le temps de finir sa phrase qu'il reçut une gifle magistrale envoyée avec la force du désespoir. Le souffle coupé, il n'eut qu'à écouter la litanie ininterrompue de paroles qui lui était adressée.
- Tu savais tout depuis le début ? Comment as-tu pu me faire ça !? Toute notre histoire ne repose finalement que sur des mensonges … tu me manigances toute cette histoire depuis combien de temps ? c'est quoi ton but ? Mettre la main sur un héritage et me planter ? Déjà au moment de nous marier tu connaissais l'histoire et tu m'as laisser dérouler cette histoire ? Pourquoi je t'ai fait confiance….Comment as-tu pu ? Qu'est ce qui est vrai dans toute cette histoire entre nous ? A quel moment as-tu été sincère au moins une fois avec moi ? Je me rends compte que rien n'a changé tu m'utilises toujours ?
Quelques visages connus s'étaient attroupés devant la porte restée ouverte avec l'arrivée intempestive de la furie. Carmouille, Tricard et Glissant se faisaient tout petit pour ne rien perdre de la conversation.
-Mais que se passe-t-il ici ? Marlène se frayait un chemin entre eux et revenait dans le bureau accompagné de Bubulle dont elle venait de changer l'eau.
- Il se passe que ton patron, ce résidu de l'humanité n'est qu'un sale type profiteur et manipulateur. Je le savais et pourtant j'ai accepté de me marier avec lui. Je lui ai fait confiance et j'ai encore une fois morflé.
S'adressant à Laurence :
-Regarde moi bien c'est la dernière fois que l'on se voit, tu auras des nouvelles de mon avocat. Deux fois divorcés avant 35 ans c'est un beau record. MERCI !
Les larmes coulaient devant le désastre de sa vie. Elle leva son regard empli d'une tristesse qui fendit le cœur à Laurence
- C'est fini entre nous Laurence, tu m'as trahie une fois de trop…Adieu Swan
Laurence avait été le témoin impassible des paroles de sa femme sans qu'il puisse répondre ou réagir à ce qu'elle disait. Il était dans un brouillard.
- Attends, parlons, je ne comprends pas ce que tu dis, je ne t'ai jamais menti ou manipulé. Je veux ton bonheur, je t'aime et …
- Et moi je ne te crois plus.
- Mais Alice…. reviens !
Le sentiment profond que le monde s'écroulait le toucha de plein fouet. Pourtant, seule la vérité l'avait guidé et il payait le prix cher.
Tout ce qu'il avait voulu était d'offrir la vérité à Alice et il avait tout gâché.
Gênés par la tournure des choses, le groupe de curieux s'envola en une seconde pour ne pas alourdir une atmosphère portée d'électricité et de déception.
Le regard de Marlène sur Laurence était lourd de reproches mais également touché par la peine qu'elle voyait en Laurence. Celui-ci lui tourna le dos, tellement la honte de cet esclandre le portait.
Il prit ses affaires et essaya de rattraper Alice en faisant le chemin du retour vers chez eux en voiture, sans succès.
Arrivé à leur appartement, il arriva et ne trouva que le silence et le vide.
Une larme coula sur son visage piqué encore par la douleur de la gifle mais aussi par la certitude d'avoir perdu Alice.
Comment ai-je pu en arriver là, souffla t-il. Ça ne devait pas se passer comme ça….
A suivre… (si ça vous intéresse)
