Bonjour mes petites loutres, on continue cette tranche de vie que j'aime bien !
Réponse aux anonymes :
Morgane-bzh : à mon sens, être parent n'est pas inné, ça s'apprend, et Sherlock a bien du mal à tout appréhender, mais il progresse activement ;) Et bien que je n'ai aucun intérêt pour le rugby (?) (j'espère que c'est ça, allez le stade si tu veux, je sais pas ce que ça veut dire xD), je te rejoins sur Nougaro, que j'aime beaucoup aussi :) Merci pour la review, j'espère que la suite te plaira ;)
Bonne lecture !
Nuits sans sommeil
Partie 2
Une fois que Sherlock eut accepté son rôle parental, bizarrement, Rosie se calma. Ses phases de sommeil s'allongèrent, la nuit. Ses réveils, bien que toujours stridents et désagréables, se firent moins longs. Une fois calmée, nourrie, changée, elle acceptait facilement de se rendormir, y compris dans sa chambre.
Sherlock n'avait pas perdu l'habitude, en guise d'histoires et de comptines pour l'endormir, de lui raconter toutes ses enquêtes, même les plus sordides.
La première fois que Molly, de passage à l'appartement pour apporter des morceaux de corps humain pour des expériences du détective dont John ne voulait rien savoir, entendit cela, elle ouvrit des yeux ronds.
Elle était restée dîner avec eux, principalement parce que Mrs Hudson avait cuisiné pour un régiment, et qu'elle avait presque forcé la malheureuse légiste à rester. Ce dont elle ne s'était pas plainte, contente de se changer les idées pour une soirée, et la conversation légère avec John était presque aussi plaisante que les grandes déclarations péremptoires de Sherlock sur la résistance des tissus par rapport à l'acide, tandis qu'il faisait brûler un morceau de foie (humain) à côté des reliefs de leur dîner. Mrs Hudson les avait laissés pour retourner chez elle depuis un moment.
— Sherlock ? l'avait interrompu John. Rosie doit dormir. Occupe-toi-en, s'il te plaît.
Le détective avait à peine râlé sur son expérience interrompue en prenant sa fille, pour la bercer contre lui pour tenter de l'endormir.
— Où en étions-nous restés, la dernière fois ? Ah oui, je sais. L'enquête du norvégien. Celui qui avait assassiné treize femmes à travers l'Europe, avant d'arriver en Angleterre. Tu te rappelles où on était resté ? Scotland Yard avait trouvé le cadavre de sa quatorzième victime dans un immeuble de Nothing Hill. On avait mis beaucoup trop de temps à la trouver, ça m'avait fait perdre de nombreux indices, quand, enfin, quelqu'un avait eu le bon sens de m'appeler. Ce qui était intéressant, sur ce cadavre, ce n'était pas tant la façon dont elle était morte que la façon dont elle n'était pas morte, et...
La voix de Sherlock, qui se déplaçait dans l'appartement avec leur fille pour la bercer, avait disparu à ce moment-là et Molly s'était retournée vers John, horrifiée.
— Je sais, avait soupiré le médecin. Il lui raconte des trucs horribles.
— Il lui raconte des MEURTRES ! s'exclama Molly, scandalisée.
— Oh, pas que. Parfois, ce sont simplement des disparitions, des menaces, des mystères... Il les raconte nettement moins bien que moi, d'ailleurs, mais il prétend que Rosie n'est pas contente quand il lui fait la lecture du blog, alors il préfère lui raconter comme il le veut. Mais c'est un horrible conteur, ça manque totalement de cohérence, il dit les trucs dans le désordre, il n'y a pas assez de mots de liaison, beaucoup de répétitions... honnêtement, à la place de Rosie, je crois que moi aussi, ça m'endormirait.
Molly avait l'air tellement hallucinée que seule sa stupeur l'empêchait d'attraper John et le secouer de toutes ses forces.
— JOHN ! C'est un bébé, ce n'est pas adapté à son âge ! Il ne peut pas... tu ne peux pas le laisser...
Le médecin haussa les épaules, fataliste.
— Je m'accroche à l'idée qu'elle ne s'en souviendra pas en grandissant. Au fait que son discours est totalement impersonnel et clinique, il n'y a pas de trucs qui font peur. Que de toute manière, elle va grandir dans un tel environnement, alors autant qu'elle s'habitue...
Molly avait un nombre d'arguments très censés à opposer à cela, mais John ne lui laissa pas le temps de les dérouler.
— Et puis elle DORT Molly. Je t'assure. C'est d'une efficacité redoutable. Je ne sais pas si c'est parce que c'est totalement inintéressant qu'elle préfère s'endormir, ou si c'est juste la voix de Sherlock qui la berce, mais ça marche. Elle DORT. Et nous avec. Enfin, moi surtout. Honnêtement, j'ai bien voulu l'en empêcher au début, mais mon corps a eu raison de moi. Elle DORT quand il lui raconte des histoires de macchabées. Je me dis que tant qu'elle ne parle pas et ne comprend pas réellement ce qu'il dit, je peux le laisser faire juste un peu... juste encore quelques semaines... qu'elle s'habitue à faire ses nuits. Mrs Hudson était comme toi, au début. Mais elle aussi, elle entend Rosie hurler quand elle se réveille. Maintenant qu'elle dort, Mrs Hudson a dit que si c'était ce qu'il fallait, eh bien soit.
Molly était toujours aussi opposée au projet, et elle songeait que la pauvre petite fille ne grandirait jamais dans un environnement normal, avec ces deux-là comme parents, quand Sherlock revint dans la pièce à grandes enjambées. Sans même regarder John, il lui colla dans les mains un petit appareil, le récepteur du baby visiophone.
— Elle dort, annonça-t-il en replongeant dans son expérience. Elle devient vexante, d'ailleurs, elle s'est endormie avant même que j'ai eu fini de lui raconter tous les détails de la scène de crime, à croire que ça l'intéresse de moins en moins, ce que je raconte.
John ne répondit rien. Molly n'arrivait même plus à formuler une phrase cohérente dans son propre esprit. Et finit par intérieurement décréter que peut-être un jour, elle cesserait d'être surprise par ce qui se passait dans cet appartement.
Lentement mais sûrement, au fil des semaines, Rosie cessa d'avoir besoin d'enquêtes pour s'endormir. Ses nuits s'allongèrent, celles de ses pères aussi. Même si Sherlock s'occupait beaucoup plus de la petite fille qu'au début, une fois que Rosie eut des nuits plus apaisées, il refusa à plusieurs reprises d'y aller, et John et lui débattirent ardemment des tours de garde et de biberon. Malheureusement pour le pauvre médecin, la rhétorique agaçante de Sherlock, qui avait toujours réponse à tout, était bien difficile à contrer au milieu de la nuit, l'esprit embrumé par le sommeil.
Ainsi, armé de son génie et de sa capacité de répondre à tout, Sherlock avait beau avoir trois fois moins besoin de sommeil que son compagnon, il y allait trois fois moins que John.
— Si elle hurle encore une fois, je ne sais pas ce que je fais, gémit Sherlock une nuit.
John regarda l'heure sur son radio-réveil. Quatre heures du matin. Rosie avait faim, et elle avait des coliques, ces derniers temps, la pauvre petite. C'était le tour de John de se lever et monter, bien sûr. C'était toujours le tour de John, ces derniers temps. Sherlock n'avait pourtant pas spécialement d'enquête, en ce moment. Il pouvait passer ses journées à se reposer, au contraire de John. Mais suite à une obscure histoire de biberons qui vaut deux fois un cauchemar, et une couche qui en valait trois, et que les week-ends comptaient double alors qu'il s'agissait d'un soir de semaine, le détective avait réussi à conclure que tous les réveils de la nuit à venir était de la responsabilité de John. Groggy, le médecin avait vaguement acquiescé.
Il le regrettait amèrement désormais. Rosie hurlait comme elle ne l'avait pas fait depuis longtemps.
— J'aurais cru qu'on l'aurait vu, pourtant, quand on a signé, reprit Sherlock tandis que John pesait le pour et le contre de se lever, ou coller son oreiller sur son visage pour étouffer le son.
— Remarqué quoi ?
— Le petit 666 sur son front.
Cela acheva de réveiller définitivement John, qui abandonna son oreiller pour se redresser et regarder la forme alanguie de son compagnon.
— Une référence à la Bible, Sherlock, vraiment ? demanda-t-il en haussant un sourcil perplexe.
— Si elle hurle encore une fois, je vais sans doute devenir croyant.
— Ça ne risque pas. Tu n'y connais absolument rien, et pire, tu méprises absolument tout ce qui a trait à la religion, de près ou de loin. Au pire, tu pourrais prétendre le contraire juste pour énerver ton frère. Mais tu ne serais même pas crédible. Tu as parlé de l'exorciste plus tôt dans la soirée, tu te souviens.
Sherlock abandonna l'idée de faire semblant de dormir ou de ne rien entendre des vociférations enragées de leur charmante progéniture, et se retourna dans le lit pour mieux regarder John.
— Et alors ? Tu avais vu dans quel état elle avait mis la cuisine ? Ça ne le méritait pas peut-être ?
John frissonnait encore d'horreur face au chantier qu'il avait trouvé dans la cuisine en rentrant de sa garde. Au milieu du bazar et de la nourriture projetée dans tous les coins par les poings d'une petite fille qui avait envoyé voler son assiette. À plusieurs reprises. Elle ne mangeait même pas encore vraiment, ils introduisaient simplement de nouveaux éléments dans son alimentation pour qu'elle s'y familiarise, et qu'elle les mâchonne. John n'avait pas été là pour le repas et surveiller le tout, et Sherlock s'était laissé déborder.
— L'état de la cuisine le méritait absolument... Mais elle ne peut pas être l'Antéchrist et le Diable. Ce sont deux choses différentes, expliqua posément John.
Sherlock leva un sourcil dédaigneux.
— Je n'ai absolument aucune idée de ce dont tu parles...
— Je m'en doute, soupira John.
— ... mais je suis intimement convaincu qu'elle peut être toutes les malédictions du monde existantes promises par toutes les religions monothéistes et polythéistes quand elle hurle comme ça, asséna Sherlock.
Pour ça, John ne pouvait qu'approuver. En attendant, Rosie hurlait toujours.
— Ce n'est pas faux. Tu ne veux pas monter ? supplia le médecin.
— Elle ne va pas s'arrêter de hurler, hein ? Ce n'était pas juste un cauchemar et elle ne va pas se rendormir tranquillement en nous laissant dormir ? demanda Sherlock, sans répondre.
La possibilité était hautement improbable. Rosie ne se rendormait jamais d'elle-même.
— Je ne crois pas, persifla John. Tu y vas, oui ou non ?
— Je n'ai jamais aimé dormir, poursuivit Sherlock comme si de rien n'était. Jamais. Mais depuis qu'elle est là je ne rêve que de ça.
Il marqua une courte pause, avant de reprendre :
— Et c'est ton tour. On a déjà débattu de ça au début de la nuit, il a été établi que c'était ton tour, John.
— On a débattu de rien du tout ! Tu as décrété ça tout seul, juste après qu'on a fini de faire l'amour, en profitant du fait que j'étais dans un état d'extase à cause de toi, ainsi tu savais que je n'étais pas en état de te répondre quoi que ce soit de cohérent !
Sherlock prit l'air le plus ingénu de sa collection. John ne s'y laissait plus prendre depuis longtemps, mais il pouvait toujours essayer.
— Je ne vois absolument pas de quoi tu parles, John, répondit-il, candide.
— Tu sais exactement de quoi je parle !
— Non.
— Si.
— John, ta fille continue de s'époumoner. Tu veux vraiment la laisser dans cet état-là ? asséna Sherlock.
À cause de l'obscurité de la nuit dans leur chambre, John ne pouvait pas distinguer exactement les détails du visage de son amant, mais il devinait, la moue boudeuse, les iris suppliants, l'innocence incarnée.
Et John céda. Parce que sa fille pleurait à l'étage. Repoussant les couvertures avant de manquer de courage, il fit mine de ne pas se rengorger du regard de Sherlock sur son corps nu, avant qu'il ne se drape rapidement dans une robe de chambre.
— Très bien, décréta-t-il en sortant. Mais je te préviens, je la redescends avec nous immédiatement !
C'était la nuit, et tout était calme au 221 B, Baker Street. John dormait paisiblement, enlacé contre Sherlock, comme souvent. Quand le détective remua, le médecin n'en fit pas grand cas. Son inconscient en plein sommeil paradoxal avait l'habitude que son compagnon dorme nettement moins que lui, et s'agite à des heures incongrues. Généralement, les gigotements ne duraient pas, puisque Sherlock finissait irrémédiablement par se lever et alors faire quelque chose de constructif (ou non, mais c'était sujet à débat entre les deux hommes) au salon pour laisser John se reposer. Du moins, c'était ce qui se produisait depuis que John, bien avant l'arrivée de Rosie dans leur vie, quand dormir était encore une activité normale et continue, avait poussé une gueulante. Sherlock et lui n'étaient alors ensemble que depuis peu de temps, et le détective avait à cœur d'être « normal ». Ainsi, il s'efforçait de passer toute la nuit en compagnie de John, quand bien même son horloge biologique et son corps réclamaient nettement moins de sommeil. Mais, frustré de ne rien faire, et manifestement incapable de réfléchir dans son lit comme il réfléchissait sur le divan du salon, il ne faisait que s'agiter. John, excédé, avait fini par lui hurler dessus que la normalité n'existait pas, de toute manière, et qu'il était Sherlock Holmes, évidemment qu'il était putain de génial. Puis, il l'avait viré du lit manu militari. Sherlock avait appris sa leçon très efficacement, ce jour-là.
Depuis, quand il se réveillait trop tôt, il se levait pour ne pas gêner son compagnon. Il avait aussi appris à revenir au matin, quand John s'apprêtait à se réveiller, pour réclamer des câlins et des faveurs sexuelles.
Mais cette fois, le gigotement ne disparut pas. Au contraire.
Lentement mais sûrement, l'inconscient de John commença à travailler. Sherlock avait le sommeil aussi tranquille qu'une pierre. Ça pouvait même en être horripilant. Il arrivait au médecin de faire des insomnies, et passer des nuits blanches, alors que Sherlock n'avait qu'à poser sa tête sur l'oreiller pour aussitôt ronfler du sommeil du juste, ça pouvait lui donner des envies de meurtre.
Soudain, une lumière flasha les paupières de John, qui sursauta, fauché en plein rêve.
— Heinqusoique ? marmonna-t-il en battant furieusement des paupières.
Il se croyait encore plus au moins aux commandes d'un avion qui roulait (mais ne volait pas) dans Regent's Park, juste après avoir rangé dans un hangar une trottinette qui ne roulait pas, mais qui volait. Les rêves de John n'avaient pas forcément beaucoup de logique.
De l'autre côté du lit, Sherlock avait allumé la lampe de chevet. Se tournant de son côté, pour s'éloigner de l'obscurité, John distingua le radio-réveil lumineux : 3h52
— John.
La voix de Sherlock n'était qu'un chuchotis, mais elle était claire.
— Grrmmmmpfffoui ?
John n'avait aucune réelle envie de se lancer dans une discussion avec son amant.
— John, écoute !
Manifestement, Sherlock était dans une grande crise mystique dont seul lui avait le secret. D'expérience, John savait que lutter ne servait à rien. Il était bien plus efficace d'aller dans son sens pour faire passer la pilule le plus vite possible.
Alors religieusement, John écouta. Et n'entendit absolument rien, sinon le son de leurs respirations hachée : l'angoisse de Sherlock, son réveil en sursaut pour lui.
Rassuré par le silence, John referma les yeux, et se réinstalla. Il s'apprêtait à demander à son compagnon d'éteindre la lampe quand celui-ci le coupa :
— John, John, John, écoute !
La voix de Sherlock vrillait sur le dernier mot. Il était réellement paniqué. Et John, lui, était réellement réveillé sans vraie raison.
— Sherlock, bordel de Dieu, il est quatre heures du matin, Rosie ne pleure pas, je voudrais dormir ! décréta-t-il en attrapant son oreiller, bien décidé à se réfugier en dessous pour ne rien entendre, et surtout ne rien voir.
— Non, écoute ! insista Sherlock.
De guerre lasse, John relâcha le malheureux oreiller pris en otage, et tendit encore l'oreille. Sans rien percevoir.
— Écouter quoi ? Il n'y a pas un bruit ! soupira-t-il.
— Justement ! Elle ne pleure pas ! Elle n'a pas pleuré de toute la nuit, à aucun moment ! Alors que d'habitude, elle réclame au plus tard à manger vers deux heures ! Et si elle avait un problème ?
Il y avait tellement d'angoisse et de stress dans la voix du détective que ça laissa John pantois un instant. Comment avait-il pu passer d'un homme qui avait peur de toucher sa propre fille et qui refusait de s'en occuper la nuit à cette espèce de grand couillon qui se réveillait parce qu'elle ne hurlait pas comme d'habitude ? Parfois, John se disait que le karma avait un drôle de sens de l'humour.
— On appelle ça « faire une nuit complète », Sherlock, espèce de crétin ! Tu sais, dans tous ces bouquins que tu as lus, quand il parle de « votre enfant fait ses nuits » ! Eh bien on en est là ! Enfin, ELLE en est là ! Pour elle, c'est une nuit complète, puisqu'à moi tu viens de me la gâcher ! Et c'est censé être une bénédiction, pour l'amour du ciel ! Pas une source d'inquiétude ! On aurait pu continuer à DORMIR !
Ce n'était sans doute pas ce qu'il y avait de plus doux, mais John était de très mauvaise humeur d'avoir été coupé en plein rêve.
— Je vais monter voir, décréta Sherlock.
John hallucina totalement. Il n'était même pas certain que Sherlock l'ait entendu. Il avait les yeux écarquillés, le corps tendu d'angoisse. John n'eut pas le temps de protester que son compagnon repoussait déjà les couvertures.
— Évite les marches sept et treize qui grincent ! décréta-t-il avec humeur. Et surtout ne me réveille pas en revenant ! Je veux dormir, MOI ! Et si tu la réveilles, je te jure que...
Il n'acheva jamais sa phrase. Sherlock avait quitté la pièce. John soupira. Et, de guerre lasse, roula sur le matelas pour atteindre le côté du lit de Sherlock et éteindre la lampe de chevet. L'obscurité et le silence de la nuit reprirent aussitôt leurs droits. John se réinstalla convenablement, étreignant son oreiller, s'obligeant à respirer lentement. Sherlock était capable de revenir et de se rendormir comme une bûche en trois secondes chrono. Si John n'était pas parvenu à se rendormir à ce moment-là, il y aurait probablement un meurtre. Et rendre leur fille à moitié orpheline n'était pas dans les plans de vie idéale de John.
Prochain chapitre le Me 30/06
Reviews, si le coeur vous en dit ? :)
