Bonjour mes petites loutres ! Premier interlude aujourd'hui, qui sont donc basés sur le Mystrade et leur fille Sephy, et eux uniquement (on pourra les retrouver en outre en toile de fond des chapitres principaux). C'est court, plus que le reste des chapitres, mais j'espère que ça vous plaira. Vous savez combien j'aime Mycroft.

Bonne lecture !


Interlude 1 – Mycroft travaille trop

Mycroft glissa silencieusement sa clé dans la serrure. Il inspira profondément, puis fit tourner la clé dans la clenche, et poussa la porte le plus doucement possible. Il ne savait que trop bien ce qui l'attendait à la maison et n'avait aucune envie de s'y précipiter. Avoir même dix secondes de tranquillité pour ôter sa veste et ses chaussures ne serait pas du luxe avant la dispute.

Mais il réalisa immédiatement après être entré dans le vestibule à quel point il s'était trompé. La maison était silencieuse, plongée dans le noir. Quand Greg l'attendait, il laissait toujours une lumière allumée dans le couloir de l'entrée, pour Mycroft. Et une dans le salon, pour lui, là où il attendait son compagnon.

Aujourd'hui tout était plongé dans le noir le plus total, et bizarrement cela fut bien plus douloureux que l'idée d'une dispute. Mycroft ne savait même pas l'heure qu'il était. Toby venait de le déposer chez lui avant de rentrer dans son pavillon annexe à la maison.

Il savait qu'il avait promis de rentrer tôt. Sephy avait deux exercices de mathématiques, et une poésie à apprendre et Greg détestait les poésies. Il avait promis de rentrer.

Et puis le Premier Ministre était entré dans son bureau avec un dossier estampillé urgent. Il n'avait pas pu faire autrement. Il n'avait même pas pu mettre la main sur son téléphone pour appeler son compagnon et sa fille. C'était Anthea, merveilleuse et efficace Anthea, qui s'en était chargée à sa place. Il savait, en rentrant si tard, ce à quoi il s'exposait : que Sephy soit déjà couchée, comme bien trop souvent. Et que Greg l'attende dans le salon, à moitié épuisé, pour lui reprocher son absence de la soirée, et qu'ils se disputent à voix basse pour ne pas réveiller leur fille endormie.

Aussi douloureux que cela soit comme situation, c'était habituel. Mais ce noir, ce silence, cette absence... c'était nouveau. Et ça faisait beaucoup plus mal.

Et si Greg en avait eu assez ? Qu'il soit parti ? Emportant sa fille avec lui, trouvant refuge Dieu savait où ? Un hôtel, sa mère, un ami, John et Sherlock ?

Mycroft n'oubliait jamais que toute Holmes qu'elle s'appelait, Sephy n'était pas liée à lui de manière biologique. Si Greg décidait, un beau matin, de le quitter et réclamait la garde exclusive de Sephy, l'adoption vaguement illégale de Mycroft ne pèserait pas bien lourd face aux tests de paternité de Greg.

— Mraou.

En avançant à travers les couloirs sombres, il se pencha soudain pour récupérer Antigone, manifestement venue voir ce qui se tramait (avant de probablement filer retourner dormir sur l'oreiller de Sephy, voire sur la tête de Sephy, comme toujours). C'était, d'une certaine manière, rassurant. L'enfant ne serait jamais partie sans son chat, et c'était donc la preuve qu'elle et Greg étaient toujours là. Endormis. En sécurité.

Il grattouilla vaguement l'animal, qui se débattit presque immédiatement et sauta à terre. Antigone n'aimait pas franchement Mycroft, ce n'était pas un scoop. Il la laissa filer en arrivant dans la cuisine américaine ouverte sur le salon. Pas la moindre trace de lumière, de Greg ou même d'un mot accusateur du genre « je suis allé me coucher à une heure du matin après t'avoir attendu, je suis sûr que le canapé sera très confortable, bonne nuit ». Il n'aurait même pas pu en vouloir à son compagnon pour un truc comme ça. Au contraire, il en mériterait chaque mot.

L'absence et le silence étaient tellement pires que la colère et les cris. Sa culpabilité se déployait tellement plus puissamment dans l'obscurité, seul avec sa conscience. Pourtant, il faisait ça pour eux. Pour payer la magnifique maison en plein cœur de Londres, ultra haute sécurité, le confort, le jardin, la baby-sitter de Sephy. L'école privée, et la future université. Les vacances, les loisirs, et tout le reste.

Mais c'était un mensonge. Il aimait son métier. C'était ce qu'il avait toujours voulu dans la vie. Il n'imaginait pas vivre autrement. Mais il n'imaginait pas non plus vivre sans Sephy et Greg. Ils étaient sa famille. (Et sa mère l'assassinerait sans doute immédiatement si elle apprenait que Greg le quittait et qu'il la privait de sa petite princesse).

Il abandonna l'idée de fouiller dans le frigo à la recherche de quelque chose à manger, et laissa toutes ses affaires sur le comptoir, dénouant sa cravate et ouvrant ses boutons sur le chemin des chambres, montant l'escalier qui ne grinçait pas. Il passa la tête dans celle de Sephy. La veilleuse bleue était allumée. Et la fillette ronflait doucement, le chat sur sa tête, comme prévu. Le soulagement intense de la voir si apaisée dans son sommeil fut de courte durée en entendant le bruit dans la chambre à l'autre bout du couloir. Greg aussi était là, et il marmonnait dans son sommeil.

Silencieusement, Mycroft se glissa dans la chambre conjugale, conscient d'avoir commis une erreur ce soir et pourtant si apaisé et heureux de voir le profil endormi de son amant, éclairé par la lune qui pénétrait par la baie vitrée de leur chambre. Le balcon et la salle de bains de la suite parentale était un bonus, mais il fallait reconnaître que les nuits de pleine lune, la lumière blanche flattait très agréablement les traits du DI.

Toujours dans un souffle et sans un bruit, Mycroft se déshabilla, abandonnant tout à même le sol. Le maniaque du couple, ce n'était pas toujours lui. Puis il glissa sous les couvertures et vint enlacer son amant qui émettait toujours des grommellements incompréhensibles dans son sommeil. Il ne ronflait pas, mais il parlait.

— Mikey ? murmura la voix ensommeillée du DI.

— Bonsoir mon Amour... Pardon d'être rentré si tard, murmura Mycroft en se collant un peu plus contre le corps chaud et alangui, embrassant l'épaule nue.

— Mikey, répéta Greg dans un soupir.

— Je suis désolé, reprit Mycroft. Vraiment désolé. Je... Tu pourras m'engueuler demain, d'accord ? Mais pas ce soir. Je dois dormir. Et toi aussi. Je veux te laisser dormir. Je suis désolé. Vraiment désolé. Tu avais le droit d'aller te coucher, tu as eu raison de le faire. J'espère que Sephy ne m'en veut pas trop... je suis vraiment, vraiment désolé.

Greg avait ouvert les yeux, et le regardait, avec une expression indéchiffrable à cause des traces de sommeil qui s'attardaient encore sur son visage.

— Qu'est-ce que tu racontes ?

— Pardon ? Je croyais que tu étais fâché... Tu ne m'as pas attendu. Tu es allé te coucher.

— J'étais crevé ! Sephy a été infernale, elle est épuisante en ce moment, si je ne savais pas qu'elle a seulement sept ans, je jurerais qu'elle fait une crise d'adolescence ! Anthea m'avait appelé pour me dire que tu risquais de rentrer très tard. Elle avait l'air inquiète, je me suis dit que ça devait être très important...

— Mais, et la poésie ? Tu détestes lui faire apprendre ses poésies !

— La poésie a été repoussée à demain par la maîtresse. Enfin, à après-demain par rapport à hier ce qui doit faire demain par rapport à aujourd'hui, vu qu'il est plus de minuit, mais je ne suis plus très sûr de ce que je dis non plus.

Il bâilla et Mycroft sourit, soudain soulagé. Greg n'était pas fâché. Et il pourrait rentrer ce soir tôt pour obliger leur terreur de fille à apprendre Victor Hugo.

— Je ne suis jamais fâché quand tu rentres tard, Mikey... Enfin si, peut-être un peu, mais je suis surtout triste. Triste parce que Sephy et moi, on aime quand tu es là. Parce qu'elle a beau être de mon sang, c'est quand même toi son préféré... Mais je suis surtout triste, parce que je sais que toi aussi, tu aimerais être avec nous.

— Je ne te mérite pas.

— Absolument pas, sourit largement Greg. C'est pour ça que maintenant que tu es rentré et que tu m'as réveillé, tu vas te faire pardonner.

Et il l'embrassa passionnément.


Prochain chapitre le Me 07/07

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