Bonjour mes petits pandas roux ! Cette fois encore, on a fait un bond dans le temps assez important. Dans les premiers chapitres, c'était lent, mais là on avance plus vite. Sephy avait 13 dans le dernier chapitre, donc Rosie 6 environ, elle a 10 ici... on avance ! Je vous rappelle que la fic se termine à ses 18 ans ;)
RaR des anonymes :
Avril (chap 15) : Je les aime beaucoup aussi, ces trois là, je suis ravie que tu apprécies autant ces chapitres ! On repasse à John, Sherlock et Rosie pour ce chapitre, j'espère que ça te plaira tout autant :) Merci pour la review !
Bonne lecture !
Nuit chez une copine
Partie 1
— Salut Greg !
Il y eut un instant de silence à l'autre bout du fil. John imaginait sans peine son ami qui venait d'appeler détacher le téléphone de son oreille pour vérifier le numéro qu'il venait de composer, surtout d'un accueil chaleureux et avec le bon prénom.
— Oui, t'as bien appelé Sherlock, annonça John pour couper court aux questions. Mais il avait la flemme de répondre. Dans mon immense générosité, j'ai pris sur moi de te répondre.
Simultanément, Greg pouffa à l'autre bout du fil, et Sherlock grogna sur le canapé, prenant toute la place.
— Son portable était trop loin de lui au moins j'espère ? demanda Greg.
— Même pas. Il avait juste à tendre le bras. Il a dit que c'était trop fatiguant. Par contre, le fait que je me lève et fasse trois pas ne l'était pas, de toute évidence.
Greg rit de nouveau, marmonnant un truc qui ressemblait à « les Holmes, hein ».
— Dis-lui que j'ai un beau meurtre pour lui.
— Greg dit qu'il a un beau meurtre pour toi, répéta John.
— Qui est Greg ? demanda Sherlock.
John n'eut pas besoin de voir son ami pour savoir que le policier, qui entendait très bien ce que disait Sherlock, venait de lever les yeux au ciel exactement au même moment que lui. Quand le détective décidait d'être champion de la mauvaise foi et de de la mauvaise humeur, il ne faisait pas les choses à moitié.
— Tu sais très bien qui est Greg Lestrade, Sherlock, le morigéna John.
Le détective n'avait pas daigné ouvrir les yeux, toujours alangui dans le canapé, mais un écho de sourire essayait de se dessiner sur ses lèvres.
— Au fait, tu bosses pas aujourd'hui ? demanda Greg à John, conscient qu'intéresser et faire bouger Sherlock allait prendre du temps.
— Nop ! Je prends des pauses, de temps en temps, tu devrais essayer.
— Moi ça va ! C'est plutôt à Myc' qu'il faudrait dire ça ! Je pense qu'il ne sait même pas l'épeler ! Le concept le dépasse. Du coup, si t'as le temps, tu viens avec Sherlock ?
— Je dois récupérer Rosie à l'école en fin de journée, mais je peux toujours venir te le canaliser dans un premier temps. Faudra juste surveiller l'heure pour être sûr que je parte à temps, si ça ne s'est pas résolu d'ici là...
— Je sais que tu as toute confiance en lui, mais j'ai peur que ça prenne un peu plus de temps que ça ! Déjà c'est une chambre close.
— Ah ! Il va adorer !
— Il a bougé ?
— Pas encore. Même pas une paupière. Ça va venir, t'en fais pas. Tu as une adresse ?
Greg énonça une adresse, et John se détourna du détective endormi pour trouver un bout de papier, et un stylo, sur lequel il nota les informations données par le DI, tout en continuant la conversation à son ami, à moitié sur le crime, à moitié sur leurs enfants, à moitié sur leurs conjoints respectifs et la galère que c'était de partager sa vie avec un Holmes... Rosie avait neuf ans, Sephy bientôt quinze, ils vieillissaient, et...
— Vous avez fini de parler de moi comme si je n'étais pas là ? grinça Sherlock en se redressant.
John, posé dans son fauteuil et qui bavardait tranquillement, posa un regard brillant d'amusement sur son amant grincheux.
— La belle au bois dormant a daigné se lever ? s'amusa Greg.
John pouffa. Au rang des classiques, Sherlock était plus proche du nain grincheux en cet instant précis.
— Je te le ramène dans vingt minutes, le temps d'attraper un taxi. À tout' !
Ils raccrochèrent, John regardant Sherlock avec un grand sourire goguenard.
— Tu devrais changer de chemise, celle-ci est froissée, décréta-t-il. Ça ferait mauvais genre, sur la scène de crime.
— Veux pas y aller, marmonna Sherlock.
John leva les yeux au ciel. Parfois, il avait l'impression d'avoir deux enfants. Ou plus qu'un, parce que Rosie grandissait vite, alors que Sherlock était resté au stade où il bougonnait comme un gosse. Rosie avait grandi, John avait vieilli, et Sherlock restait le même, et John sentit son cœur s'emballer quand Sherlock entama d'ôter sa chemise pourpre, toute froissée qu'il ait dormi dedans, au milieu du salon. Il ne cesserait jamais d'aimer cet homme.
— Ça va être rigolo, asséna John. Après tout, je viens avec toi !
Il savait que Sherlock pouvait dire ce qu'il voulait, à partir du moment où il avait commencé à se changer, il avait pris la décision d'y aller. Sans rien savoir du meurtre. Juste parce que John le lui avait demandé, juste parce que John l'accompagnait. Depuis que Rosie était plus grande, qu'elle pouvait s'occuper d'elle toute seule avec la surveillance bienveillante de loin de Mrs Hudson, ils enquêtaient plus souvent ensemble que lorsqu'elle était toute petite, mais ça restait quand même toujours miraculeux.
Hypnotisé, John se leva comme un somnambule, et vint enlacer le torse nu, le corps pâle et bardé de cicatrices, qu'il aimait tant. Il embrassa la clavicule offerte à ses lèvres.
— On ne sera jamais à l'heure, John, grommela Sherlock.
Le médecin releva les yeux pour offrir un sourire au visage boudeur, mais les yeux pétillant d'amour.
— Alors soyons sage et nous attendrons ce soir, promit-il.
Il obéit à sa propre injonction, au grand désespoir de Sherlock. Tandis que le détective finissait de se préparer, John se mit à lui parler, lui racontait le peu qu'il savait sur l'affaire. Puis Greg leur adressa quelques nouveaux éléments par SMS, sur leurs deux téléphones, et Sherlock réalisa qu'au final, il avait besoin d'une enquête, et que celle-là était intéressante. Il arrêta de faire attention à son environnement, ayant toute confiance en John pour le mener à bon port, et s'absorba dans son Palais Mental en pleine ébullition.
C'était un beau meurtre en chambre close, Lestrade avait eu raison. Le temps du trajet en taxi, Sherlock avait eu le temps de s'enthousiasmer de manière totalement déplacée, et il sautillait d'un corps à l'autre sur la scène de crime comme un enfant le jour de Noël.
Greg le regardait faire en secouant la tête de désespoir. Sally Donovan laissa échapper à portée d'oreilles de John quelques commentaires méprisants, dont ce dernier ne fit pas grand cas. Il avait pris l'habitude. Si, un jour, par un malheureux hasard, Sally osait faire ce même genre de remarques à proximité de Rosie, John ne le laisserait pas passer. Qu'elle pense que Sherlock était taré était une chose, que Rosie l'entende une autre. John, lui, s'en foutait éperdument, il savait très bien que son amant était cinglé, et c'était pour ça qu'il l'aimait.
— C'est une VRAIE chambre close, John ! commenta Sherlock, extatique.
— Et un crime absolument sanglant et monstrueux, répliqua John posément, sans grand effet sur son amant.
Trois corps avaient été retrouvés sans vie dans une pièce sans fenêtre, fermée à clé, dans une grande demeure de riches londoniens. Bien que les investigations pour les identifier soient encore en cours, les informations dont ils disposaient jusque-là ne permettaient pas de les relier entre eux. Âge, sexe, origine, métier, niveau de vie, tout en eux les différenciait. Même leur mort semblait différente, l'une la gorge tranchée, l'autre perclus d'hématomes comme s'il avait été tabassé, le dernier énucléé en plus des coupures sur tout son corps... Pourtant, ils étaient tous les trois morts dans un bain de sang ensemble dans la même pièce.
D'après les premières analyses du légiste, ils étaient d'ailleurs tous morts dans cette pièce précisément. Histoire d'ajouter à leur différence, leur groupe sanguin n'était pas similaire, et dans les flaques de sang sur le plancher vieux de plusieurs décennies, il y avait leurs trois sangs mélangés.
Sherlock passait d'un cadavre à un autre à la vitesse de l'éclair, observait des détails connus de lui seul et marmonnait dans sa barbe. Épisodiquement, il demandait une précision médicale à John, qui avait observé les cadavres également, en plus du médecin légiste.
— Il va y passer plusieurs jours, prédit John.
Greg hocha la tête.
— Je pense que la première chose à déterminer est leur point commun. On ne tue pas trois personnes inconnues au hasard au même endroit par erreur. Y'a forcément un lien. C'est typiquement le genre de Sherlock de trouver des liens improbables.
— À moins que leur lien soit justement leur différence ? proposa John. Une femme, deux hommes. Tu as dit qu'absolument tout les séparait...
— Oui, d'après nos premières informations, mais on n'est pas certain de la dernière identification, on suppose que c'est l'homme porté disparu depuis trois jours, mais il nous faudra l'identification de sa veuve.
— Ce n'est peut-être pas un hasard. Si je sors, que je prends les trois premières personnes venues dans la rue, et que je liste leurs différences, ce serait quand même énorme qu'il n'y ait AUCUN point commun. Tu as un blond, une rousse, un brun. Même leurs yeux sont tous différents, bleu, vert et marron. Prends trois personnes au hasard ici, Sally, moi et Robert le légiste, par exemple.
John avait fait exprès de prendre trois personnes sans lien particulier, et non lui, Sherlock et Greg.
— Rien que Sally et le légiste ont les yeux marrons, mais pas moi, mais lui est blond comme moi, pas Sally. Je suis du groupe sanguin O, le plus commun, je peux quasiment être sûr qu'au moins Sally ou Robert le sont aussi.
Greg hocha la tête. Il comprenait où voulait en venir son ami.
— C'est d'ailleurs ça qui m'a alerté, précisa John. Robert a dit que d'après les analyses préalables, ils sont de groupe O+, A+ et AB+. Alors O, d'accord, c'est commun. A+ aussi, même si ça l'est un peu moins. Mais AB ? Quel que soit leur rhésus, ça représente moins de 5% de la population européenne ! Ce serait vraiment un peu trop un hasard.
— John, tu es un génie !
Sherlock qui l'avait manifestement écouté attentivement, le regardait comme un aveugle découvrant le soleil. Il avait un air extatique sur le visage, comme si tout venait de prendre sens, alors que ce n'était absolument pas le cas pour John et Greg. Puis, il fila sans demander son reste, suivant Dieu seul savait quoi dans son cerveau. Greg pouffa.
— Voilà, je suis un génie, s'amusa John. Pourquoi, je n'en ai aucune idée, je te laisserai le découvrir avec Sherlock, le génie que je suis doit aller chercher sa fille à l'école ! Bon courage avec Sherlock, amuse-toi bien !
— Merci du cadeau ! railla Greg. C'est quand même injuste que je doive me farcir ton mec régulièrement, alors que tu n'as pas Mycroft le soir en rentrant en plus !
— Tu l'as choisi ! répliqua John. Au fait, si Sherlock a résolu ce meurtre d'ici là et que tu as du temps, je suis dispo jeudi soir pour aller prendre un verre, si tu veux !
— Ça marche, accepta le DI. Si Sherlock a fini d'ici là, ce sera avec plaisir, Myc' est en Angleterre donc il pourra garder Sephy ! À plus, embrasse Rosie pour moi !
Rosie fut enchantée de le voir, à la sortie de l'école. C'était un miracle que John ne s'expliquait pas. Sa petite fille avait bientôt dix ans, elle avait bien grandi, et à son âge, certaines de ses camarades commençaient déjà à s'agacer de l'ingérence parentale. L'adolescence commençait toujours trop tôt, surtout pour les parents. Rosie n'avait pas ce problème, et continuait de le voir avec une joie enfantine.
Cela faisait du bien à John. Depuis quelques temps, il avait l'impression d'avoir réellement vieilli parmi les parents d'élèves sur le parvis de l'école, qui avaient dix à quinze ans de moins que lui. Voir sa fille le rajeunissait. Au moins, on avait cessé de parler sur son compte, à lui et Sherlock. Ils entendaient des rumeurs fréquentes, ragots et autres murmures sur son passage, et ne savait pas vraiment comment y réagir. Demander conseil à Sherlock était exclus, il avait tendance à toujours trop en faire.
Puis un jour, les murmures des parents ne le concernaient pas, mais s'inquiétaient d'un homme à proximité de l'école, manifestement alcoolisé ou drogué, probablement sans domicile fixe, en train de menacer un adolescent avec un couteau pour lui soutirer Dieu savait quoi, son téléphone, de l'argent ? John avait soupiré de lassitude en voyant que la scène se déroulait à quelques mètres, dans une petite rue de traverse, et qu'aucune de toutes les personnes bien intentionnées qui appelaient la police n'avait l'intention de réagir. Ils s'écartaient prudemment, comme tous ces gens qui ne levaient pas le petit doigt dans le métro quand une femme se faisait importuner. Pourtant, ils avaient juste besoin d'être plusieurs à agir, et il n'y aurait sans doute aucun problème. Un drogué était certes une cible imprévisible, mais souvent aussi très lâche.
Sans la moindre hésitation, John avait avancé vers l'homme, et interpellé de loin.
— Eh ! Laisse-le tranquille, c'est un môme !
Sans surprise, l'homme avait retourné son attention sur lui, tandis que l'adolescent levait de grands yeux terrifiés vers John, heureux d'être sauvé et inquiet que la situation dégénère. Le camé avait tendu son arme blanche en direction de John, qui avait continué d'avancer sereinement.
Un instant plus tard, l'agresseur était à terre, gémissant de douleur, se tenant le bras et incapable de tenir sur ses jambes, frappées durement. Le couteau était dans la main de John, et d'un mouvement fluide, il avait attrapé le flingue que l'homme dissimulait sous ses vêtements, et qu'il avait tenté de dégainer quand John avait attaqué.
En trois gestes d'habitude, John avait désarmé l'homme, ôté le chargeur, mis la sécurité, rangé l'arme à sa ceinture.
La police appelée par les autres parents était arrivée peu après, et l'avait félicité pour sa réactivité, malgré le danger auquel il s'était exposé.
— Plus de quinze ans de service dans l'armée, médecin militaire en Afghanistan, avait-il répondu en haussant les épaules. Si je ne savais pas me battre, désarmer quelqu'un et le mettre hors d'état de nuire, je ne serais plus là aujourd'hui.
Et c'était sans compter l'arme de service qu'il avait encore chez lui et emportait parfois sur les enquêtes avec Sherlock, quand Greg fermait les yeux. Et toutes les situations illégales, dangereuses et absurdes dans lesquelles il avait passé son temps à se fourrer avec son compagnon, et qui nécessitaient nettement plus de violence que ce malheureux camé gémissant, à qui il avait cassé la cheville et brisé le poignet.
La police municipale avait souhaité l'interroger, bien sûr, il avait donné le nom du DI Lestrade, Scotland Yard, pour y échapper. L'école venait de finir, et il préférait nettement récupérer sa fille qu'aller justifier ses actes. Le pauvre Greg passait sa vie à couvrir Sherlock, il pouvait en faire autant avec John. De toute manière, il demanderait à Mycroft s'il le fallait, promesse d'efficacité certaine.
Depuis ce jour, John était devenu le héros des parents d'élèves, bizarrement, et les rumeurs sur son âge, sur son couple avec Sherlock, avaient cessé. Comme quoi, la tranquillité tenait à vraiment peu de choses.
Rosie avait sa main dans la sienne, petit miracle qui arrivait encore de temps en temps. Ça n'arrivait jamais quand Sherlock était là. Elle se la jouait nettement plus adulte avec lui qu'avec John.
— Sherlock est pas là ? demanda-t-elle en sautillant.
— Enquête. Un truc sanglant et bien affreux qu'il ne te racontera pas.
Rosie lui renvoya une œillade désabusée. Il y avait parfois beaucoup trop de Holmes en elle.
— Papa. On sait tous les deux que dès que tu auras le dos tourné, il me racontera tout.
John soupira. Il le savait. Ça le déprimait quand même. Il aurait préféré que sa petite fille, à presque dix ans, ne soit pas aussi au fait du niveau de décomposition d'un cadavre.
— Je sais. Tout comme je sais que je lui dirai de ne pas le faire, et que je te dirai de ne pas écouter, et que personne ne respectera ce que je raconte.
Rosie éclata de rire.
Ils ne revirent pas Sherlock de toute la soirée, mais c'était habituel, quand il était sur une enquête, et ne s'en alarmèrent pas. John reçut quelques messages, aussi décousu et absurde que pouvait l'être Sherlock sur une enquête ; c'est-à-dire qu'il passait aléatoirement du « tout va bien » à des questions sur la coagulation du sang et les rares cas de changement de groupe sanguin des gens atteints de leucémie qui recevaient une greffe de moelle épinière. C'était la preuve que tout allait bien.
Au milieu de la nuit, alors que Rosie dormait du sommeil du juste dans sa chambre depuis longtemps, et que John ronflait dans son lit également, du bruit dans le salon le réveilla.
Dans un geste machinal, il attrapa son téléphone sur la table de nuit. Un message de Sherlock : « je rentre », qui datait de quelques dizaines de minutes plus tôt. John sourit, reposa son téléphone et se retourna pour se rendormir. Que Sherlock pense à le prévenir était ce qu'il pouvait faire de plus romantique et attentionné, et il l'aimait pour ça.
Il allait potentiellement dormir deux heures sur le canapé, avant de repartir avant qu'ils ne soient levés, mais John savait ainsi qu'il était passé à la maison (bien que le bazar du salon et de la cuisine le renseignât efficacement sur ce point au réveil) et ça lui réchauffait le corps.
Il sentit vaguement un poids affaisser le matelas, un peu plus tard. Pas de sommeil rapide sur le canapé, donc. Sherlock venait le rejoindre. Son repos durerait à peine plus longtemps, mais sans un mot, un bras se referma autour de sa taille et John sourit, à moitié endormi. Ils ne parlèrent pas, John pas suffisamment réveillé pour ça, Sherlock s'endormit aussitôt, réconforté par la présence de son compagnon.
Quand John se réveilla, le lit était vide, ce qui ne le déçut pas spécialement. Il s'en doutait. Une enquête n'avait pas passionné Sherlock comme ça depuis longtemps.
Il se leva, direction la cuisine pour y préparer le petit déj de sa fille, avant de la réveiller et partir pour prendre sa garde à la clinique. Elle finirait de se préparer seule et irait à l'école, elle avait l'habitude.
— Rosie ? murmura-t-il en apercevant une silhouette sur le canapé.
Impossible de douter que c'était elle, vu la cascade de cheveux blonds et la petite taille.
— Pa' ? grommela-t-elle en papillonnant des yeux.
— Il est trop tôt... Qu'est-ce que tu fais ici ?
— 'me suis levée pour aller aux toilettes... Sherlock était là, alors suis restée un peu 'vec lui.
Son élocution était embrumée par le sommeil. Elle avait dû s'endormir sans même s'en rendre compte, alors que Sherlock repartait. John lui caressa la tête doucement. Inutile de la ramener dans sa chambre pour une heure de sommeil supplémentaire. Il attrapa un coussin plus confortable que celui qu'elle avait pour faire guise d'oreiller, et drapa sur elle la couverture du canapé, bien chaude et confortable. En un instant, Rosie était rendormie, et il reconnaissait volontiers qu'il en aurait bien fait autant.
Embrassant délicatement sa petite fille qui ressemblait bien trop à Sherlock pour son propre bien, il s'obligea à s'étirer et se redresser, et poursuivre sa routine matinale pour aller sauver des vies.
Sherlock repassa à la maison dans la journée, à voir l'état de l'appartement quand John et Rosie rentrèrent le soir. Il y fit également une apparition dans la soirée, au plus grand bonheur de sa fille, qui exigea de savoir en douce tous les détails du crime qui l'occupait actuellement.
— Pas maintenant, répliqua Sherlock. John, je dois voir un spécialiste de la leucémie infantile. Tu viens ? J'ai besoin de toi.
Son ton n'était pas vraiment une question, plutôt une exigence. John secoua la tête.
— Je bosse, Amour. Je n'ai plus de jours de congés à griller au pied levé pour toi comme ça.
De toute évidence, il n'était pas ravi, et repartit en grommelant, drapé dans son indignation et son manteau. John n'en fit pas grand cas. Il avait l'habitude de l'énergumène. Le visage renfrogné de Rosie, en revanche, le renseigna efficacement sur le fait que la fillette était nettement plus blessée que lui. Elle avait pourtant l'habitude des frasques de son père, de son manque de considération quand il vivait une enquête et plus rien ne comptait, mais parfois elle en était vexée plus que d'autres.
— Il devrait avoir bientôt fini, consola-t-il doucement sa fille. Deux jours qu'il est dessus, ça devrait être bientôt fini. Demain soir, ou au pire après-demain, il sera là à tout te raconter.
Elle haussa les épaules, rejetant ses cheveux blonds derrière elle dans un geste vaguement méprisant. Elle ressemblait définitivement trop à Sherlock.
Prochain chapitre le Me 22/09
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