Salut ! Aujourd'hui je commence une nouvelle fiction, assez courte, sur KNB. Cette histoire peut vous faire penser, par certains aspects, à mon OS Inside Out. Et vous auriez raison.
J'espère qu'elle va vous plaire !
Disclamer : les personnages ne sont pas à moi.
Colorfull
Chapitre 1 : Cinquante nuances de gris
Le monde se résumait à des nuances de gris, parfois si clairs que l'on pouvait parler de blanc, parfois si sombres que cela devenait du noir. Il ne voyait plus les couleurs. Tout ce qui était beau, tout ce qui était joyeux ne faisait plus partis de son monde.
Il ne distinguait plus le rouge sur les joues des enfants qui jouaient, le vert pâle des premières feuilles après l'hiver, la clarté du ciel en plein été, le vert émeraude de la mer, le rose des lèvres de sa collègue de travail, ni même le bleu turquoise qui ornait sa propre chevelure.
Mais n'allez pas croire qu'il n'avait pas essayé de retrouver les couleurs ! Il a essayé, fut un temps, de lutter contre le monde qui s'assombrissait autour de lui. Mais les vaines tentatives ne venaient même pas de lui. C'était Satsuki Momoi, sa collègue, qui le poussait chez le médecin. Celui-ci avait posé un diagnostique mais ne pouvait rien faire.
Achromatope. Voilà un mot étrange que Kuroko Tetsuya avait appris à côtoyer. Quand un policier le reprenait parce qu'il avait traversé alors que le feu était rouge, il avait une bonne excuse. C'était mieux que de dire qu'il l'avait fait exprès, caressant l'espoir qu'une voiture aille trop vite pour freiner.
Il ne voyait plus les couleurs et s'était rendu compte que cela ne lui manquait pas. Mais il ne se rendait pas compte qu'avec les couleurs avaient disparu d'autres choses : la joie, le désir, la tendresse, l'imagination, la confiance,... Il ne ressentait plus rien, il était imperméable au monde extérieur. Plus rien ne le touchait, son cœur était emprisonné par un bloc de glace.
Ce matin encore il se leva comme un automate à la première sonnerie de son réveil. Ses rêves eux aussi étaient monochromes. Il mangea un compote à la pomme, bu un verre d'eau, se brossa les dents et s'habilla. Il ne voyait dans sa penderie que des chemises grises. Il ignorait si la chemise qu'il venait de prendre était bleue ou verte, il ne savait pas si le pantalon qu'il venait d'enfiler était noir ou bleu foncé. De quoi avait-il l'air ? Peut-importait pour lui.
Avant de partir il pria devant l'autel de sa famille. Il y avait trois photos. Sa mère, son père et sa grand-mère. Morts tous les trois quelques mois plus tôt. C'était ça, sa blessure.
Kuroko se rendait à son travail à pied en passant toujours par le même chemin. Il croisait les mêmes gens, les mêmes parents emmenant leurs enfants à l'école, les mêmes adolescents en retard, les mêmes adultes pressés.
Il arrivait souvent en même temps que Nijimura Shûzo, son supérieur. Il le saluait et lui demandait comment il allait. Kuroko aimait bien Nijimura comme il aimait l'hiver : avec ou sans couleur, c'était toujours la même chose. Il était une source de stabilité.
Ils montaient à l'étage où ils travaillaient par le même ascenseur. La conversation s'épuisait très vite et en trois étages, Nijimura n'avait plus rien à demander à Kuroko.
-Bon et bien, travailles-bien.
-Vous aussi, monsieur.
Nijimura acquiesçait et se rendait à son bureau, au fond du couloir.
Kuroko travaillait dans une maison d'édition. L'équipe de dirigeait Nijimura était chargée de la mise en page des livres mais aussi de bandes dessinées, de mangas et parfois de magazines. C'était un métier qui demandait une âme d'artiste et une vision du monde. Il fallait innover, il fallait être organisé. L'équipe était jeune et dynamique. Kuroko se souvenait vaguement des premières années où il avait travaillé sérieusement ici, il se souvenait de l'ambiance légère et agréable, des pauses cafés interminables avec ses collègues. Maintenant, il restait au fond de l'open space et regardait les autres faire. Nijimura le gardait dans l'équipe car Satsuki Momoi l'avait persuadé que Kuroko allait guérir, qu'il avait besoin de temps.
Mais les mois défilaient et aucun changement n'était perceptible. D'ici quelques semaines, Kuroko sera peut-être licencié.
Momoi arrivait toujours en retard. Ses hauts talons claquait sur le sol. Elle disait bonjour a tout le monde avec son plus beau sourire. Elle rayonnait de bonne humeur. Mais le soleil qu'elle abritait ne parvenait pas à dégeler le cœur de Kuroko.
Avant la tragédie qui avait emporté la famille de Kuroko, il était plus ou moins en couple avec Momoi. Ils s'invitaient souvent, flirtaient, parfois s'embrassaient très près de la bouche pour se dire bonjour ou au revoir. Maintenant, leur relation était froide. Momoi avançait vers lui mais ce n'était plus réciproque.
Chaque jour elle espérait que son bonheur atteindrait Kuroko et le ferait enfin sourire.
-Bonjour, Tetsu-kun ! Dit-elle en s'approchant de son bureau.
-Bonjour, Momoi-san.
-Comment tu vas ?
-Ça va.
Chaque matin ils y avait ces mêmes lignes de dialogue. Momoi semblait ne pas se lasser, Kuroko n'en avait rien à faire.
Momoi rapprocha la chaise du bureau d'à côté et s'assit. Elle portait une jupe évasée, des collants à motif et un pull qui moulait le haut de son corps.
-Nijimura m'a envoyé un mail hier : on doit faire la couverture du jump de la semaine prochaine. C'est une aubaine ! Si on fait du bon travail, on se fera remarqué. Tu veux participer ? Si ton nom apparait, le patron retrouvera confiance en toi.
-Je m'en fiche.
Momoi se força à sourire pour ravaler ses larmes et se leva. Elle remit la chaise à sa place et se dirigea vers leurs collègues qui étaient déjà penchés sur leurs planches pour faire les premières esquisses de la couverture.
Le soir, Kuroko repartait une minute après l'heure de fin de journée. Il disait rarement au revoir à ses collègues et disparaissait seulement de la pièce tel un fantôme. Dans la rue, il croisait les mêmes gens sortant de leur travail, la mine plus fatiguée que le matin.
Il rentrait chez lui, priait devant l'autel, se faisait à manger et allait se coucher. Pas de télévision, pas de lecture, aucun loisir. Le samedi il lui arrivait de sortir prendre l'air. Il allait toujours dans le même parc à quelques rues de chez lui. Là, des chiens jouaient avec leurs maîtres. Kuroko les regardait une heure ou deux puis repartait.
Mais ce samedi-là, il y avait quelqu'un qu'il n'avait encore jamais vu dans le parc. Un garçon, très grand avec des cheveux violets mi-long.
Violet ? Dans cet univers grisâtre, ces cheveux et ceux yeux étaient les seuls choses colorés qui ressortaient. Kuroko écarquilla les yeux. Pourquoi voyait-il de la couleur ? Il pensait que cela n'arriverait plus jamais.
Le garçon avait des yeux blasés, un visage allongé, une large bouche. Il portait un t-shirt trop grand et une salopette dont une seule bretelle était attaché. Il mangeait un paquet de biscuit, debout dans le parc à chien. Les chiens l'ignoraient royalement et aucun d'entre eux ne semblaient être à lui.
Kuroko s'assit sur le même blancs que tout les samedis. Le garçon étrange le regarda et enjamba la clôture du parc avant de venir se poster devant lui.
-Kuro-chin.
Il avait une voix traînante...
-Pardon ?
-Tu es Kuro-chin.
-Non. Je suis Kuroko Tetsuya.
-C'est ce que je dis.
Il s'assit à côté de Kuroko et avala les dernière miettes de son paquet avant de sortir un bonbon de sa poche. Il en proposa un à Kuroko.
-Non, merci. Qui êtes-vous ?
Le garçon rit en voyant un chien s'emmêler les pâtes puis tourna la tête vers Kuroko.
-Je suis l'Imagination.
Voilà, c'est tout pour ce premier chapitre ! Je sais qu'il est un peu court mais les autres seront plus longs.
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