Bonjour mes petites loutres ! Dernier chapitre (partie 1 aujourd'hui, et fin définitive la semaine prochaine), il est temps que Rosie aille voler ailleurs ! Quant à vous, ne soyez pas tristes, je vous promets d'autres surprises pour la suite, mais on en parlera plus tard !
RaR des anonymes :
Liseron : merci pour tes reviews et surtout tes compliments ! Je suis ravie que cela te plaise ! :)
Simon : merci de ton opinion, mais personne ne t'oblige à lire si tu n'aimes pas ! Bonne continuation.
Bonne lecture !
Départ
Partie 1
Sherlock râlait, pour ne pas changer. C'était tellement sa marque de fabrique que personne ne s'en étonnait plus vraiment, mais même Greg le trouvait particulièrement insupportable, récemment. Dans les bureaux de Scotland Yard, tandis que le détective pestait contre tout et n'importe quoi, des qualités de photos de l'enquête à l'incompétence des flics en passant par l'absence de clim dans les locaux alors que l'été était caniculaire, Greg coula un regard interrogateur à John, qui l'accompagnait.
Le médecin haussa les épaules avec un geste d'impuissance. Il ne cherchait plus à comprendre. Sherlock n'avait pas eu d'enquête digne de ce nom pendant une semaine, et la dernière en date lui avait fait réaliser que si son cerveau bondissait encore à toute vitesse d'indices en indices, il n'arrivait plus à soumettre son corps au même rythme, et ça le frustrait. Ce n'était pas la seule raison de sa mauvaise humeur, mais ça en faisait partie.
Les deux hommes le laissèrent râler et réfléchir, et se détachèrent de lui pour discuter entre eux, et prendre et donner des nouvelles.
De toute manière, Greg n'était plus depuis longtemps le DI sur le terrain qui faisait appel à Sherlock. Il avait un poste de superintendant, un poste de bureau, haut placé dans la hiérarchie et chapeautant un certain nombre d'équipes, et quand John accompagnait Sherlock à Scotland Yard, ils ne manquaient pas de lui faire une visite de courtoisie. Sherlock n'y pensait évidemment pas quand il était seul.
Ces derniers temps, il était fréquemment accompagné de John, et Greg n'osait pas poser la question, à laquelle John répondit spontanément au cours de la conversation.
— Je me suis encore fait virer. Enfin, j'ai démissionné avant qu'ils ne commencent à trop râler sur mon absentéisme...
Greg soupira.
— Il aura ta peau, hein.
— Je l'ai dans la peau, malheureusement. J'ai quand même réussi à garder mes postes convenablement, quand Rosie était petite, quand je ne pouvais pas l'accompagner systématiquement... Mais j'avoue que maintenant, je n'arrive plus à refuser quand il bondit du canapé pour aller sur le terrain. Je ne suis plus aussi efficace qu'avant...
Ils grimacèrent de concert. Sherlock avait beau râler sur sa condition physique, il était encore nettement plus capable que son compagnon ou Lestrade, affectés par le temps. Greg râlait souvent que les gènes des Holmes devaient être anormaux, parce que Mycroft semblait ne pas changer avec le temps non plus, figé dans ses costumes sur mesure.
— Mais je ne peux pas m'empêcher de le suivre. Ça me fait du bien, à lui aussi.
Il sourit bêtement tandis que Sherlock, à l'autre bout de la pièce, râlait contre la lenteur de la machine sur laquelle il consultait le dossier dématérialisé de l'enquête. Le papier avait intégralement disparu pour les rapports de police.
— C'est ta manière d'appréhender la retraite et de vous retrouver, commenta Greg en riant. Peu conventionnelle, j'en conviens, mais ça marche.
— Je ne suis pas encore si vieux ! protesta John en riant aussi. Je me retrouverai un poste dans quelques mois, histoire de...
Il avait beau avoir une certaine réputation sur la place londonienne à cause de ses liens avec Sherlock, son blog, et sa capacité à tout laisser tomber quand le détective appelait, John, malgré son âge, jouissait encore d'un prestige certain en tant que chirurgien traumato. Ses mains ne s'étaient jamais défaites des habitudes héritées sur le terrain, le vrai, celui des pays en guerre, et il était d'une efficacité incroyable pour gérer les situations de crise et les blessés les plus graves dans les circonstances les plus violentes. Considérant qu'avec le réchauffement climatique, la Terre se déréglait, ils subissaient davantage de tremblements de terre et autres catastrophes naturelles qui déversaient des blessés par dizaines dans les couloirs des urgences.
— Et toi, reprit John, tu arrives à appréhender ta future retraite, les ajustements que ça va donner avec Mycroft ?
Le visage de Greg se ferma sensiblement. Sephy avait vingt-quatre ans, et elle avait quitté le domicile familial pour de bon, pas seulement lors de ses études. Elle vivait dans un petit appartement avec son conjoint, et ils prévoyaient de quitter le pays pour aller travailler en suisse. Depuis le départ de leur fille, Greg et Mycroft avaient du mal à gérer les choses entre eux. Greg fatiguait, éreinté par ses années de service sur le terrain à Scotland Yard, rêvait de repos bien mérité. Mycroft, qui s'était offert la tête du MI-6 à l'âge de trente ans, faisant de lui le plus jeune directeur des services secrets, avait conservé le poste durant des années, avant de le passer à un plus jeune que lui. Ça n'avait pas arrêté son boulot pour autant, continuant à œuvrer dans l'ombre des différents gouvernements qui s'étaient succédé à la tête de l'Angleterre. Il n'envisageait absolument pas de raccrocher, ne voyait même pas l'intérêt de se reposer.
– C'est... compliqué, reconnut Greg.
Il n'ajouta rien de plus, et John n'osa pas demander. Si son ami voulait parler, il le ferait. Il ne pouvait cependant pas s'empêcher d'être désolé pour lui. Greg avait déjà perdu son ex-femme, la mère de Sephy, dans un divorce violent qui n'avait jamais pu être vraiment résolu, puisqu'elle avait ensuite eu un accident de voiture, qui l'avait tué tandis que les médecins sauvaient Sephy. Il n'avait pas besoin de se séparer de son compagnon, en plus. Mais John craignait sincèrement que ça arrive.
— J'ai fini ! grogna Sherlock soudainement, les interrompant. John, on y va.
Ce n'était pas une question, mais un ordre, et le détective se dirigea aussitôt vers la sortie. John, avec un soupir et un signe de la main pour Greg, lui emboîta le pas. Il était vraiment d'une humeur massacrante, ces derniers temps.
Leur retour en taxi à Baker Street se fit dans le silence.
— Salut Papa ! Sherlock !
Rosie était là quand ils rentrèrent, et John se sentit soudain plus apaisé. Il avait vaguement envie de secouer Sherlock (ou de carrément le tuer, parfois), quand il était de si mauvaise humeur, parce que ça le rendait aussi de très mauvaise foi pour absolument tout. Heureusement, sa fille avait le don de le calmer, même s'il savait que sa simple présence allait rendre Sherlock encore plus agressif. Pas contre elle. Il ne s'énervait jamais contre elle. Mais ça le rendait irascible, et il l'exprimait clairement à l'encontre de tout le reste du monde, y compris John.
— Salut Rosie ! s'exclama John en attirant sa fille contre lui pour la serrer brièvement dans ses bras et déposer un baiser sur le haut de son crâne.
Elle se laissa faire, consciente que son père en avait nettement plus besoin qu'elle.
— Bonjour Oliver, rajouta John en serrant la main du jeune homme.
Il était toujours dans le paysage, et toujours aussi amoureux de sa petite amie. En ce qui concernait Rosie, John avait beaucoup plus de doutes. Il n'était pas sûr que leur relation survive à l'année prochaine.
Une porte claqua soudainement, accompagnée d'un hurlement. Celle de la salle de bains, et de la voix de Sherlock annonçant qu'il allait prendre un bain.
— Un bain à trois heures de l'après-midi ? commenta Oliver, étonné.
Rosie se retourna vers lui, excédée. Il avait pourtant bien digéré la personnalité du détective, qui lui en avait fait baver, et il avait tenu bon. Mais parfois, il ne comprenait rien à rien et commentait des choses inutiles, et elle avait de moins en moins de patience pour ça. John ne dit rien, mais c'était typiquement ces regards agacés que Rosie posait sur lui qui lui faisaient dire que ça ne durerait pas éternellement.
— Sherlock n'est pas de bonne humeur, indiqua-t-il, et il vaut mieux qu'il passe son énervement à tenter de se noyer ou de créer un tsunami dans la salle de bains plutôt que sur vous.
— Énervé pourquoi ? demanda encore Oliver.
Cette fois Rosie leva les yeux au ciel et lui jeta le marqueur qu'elle tenait à la figure.
— Mais déduis, un peu ! s'exclama-t-elle.
John pouffa de rire. Leur fille était parfois le portrait craché de son détective de père.
— Vous avez besoin d'aide ? demanda-t-il pour épargner au malheureux Oliver et ses yeux écarquillés d'incompréhension de devoir répondre.
— Non, repose-toi Papa, répondit aussitôt Rosie.
Parfois, sa fille le traitait comme s'il était vieux et incapable. C'était vaguement frustrant, mais il se souvenait de lui au même âge. Ce sentiment que ses parents, simplement adultes durant toute sa vie, d'un âge indéfinissable de « parents », devenaient brusquement « vieux » quand leur enfant atteignait la majorité et prenait conscience de ce que ça impliquait pour ses parents. Il n'allait pas s'en plaindre de trop, cela dit. Se laisser tomber dans le canapé était tout ce qu'il désirait en cet instant précis. Ce qu'il fit, observant Rosie qui récupérait son marqueur et reprenait sa tâche. Oliver, n'osant rien dire, faisait de même.
Baker Street était plus en bazar que jamais. Mais dans quelques jours, tout cela aurait disparu. Tous les cartons que Rosie faisait religieusement seraient soit partis avec elle, soit rangés dans sa chambre de manière ordonné. À la rentrée, dans quelques jours donc, elle intégrait la prestigieuse université d'Oxford, et une chambre étudiante. Elle avait donc, avec le sens de l'organisation hérité de John, décrété qu'il était temps pour un grand rangement de ses affaires. Elle faisait des cartons à tout va, pour déterminer ce qu'elle emmenait, ce qu'elle laissait, ce qu'elle gardait de ses souvenirs d'enfance dans des cartons précieux, et ce qu'elle jetait.
C'était déjà un crève-cœur pour John, mais Sherlock le vivait encore plus mal.
Pourtant, le détective avait été le premier à pousser Rosie vers des universités prestigieuses et de grandes études. John avait trouvé cela surprenant, considérant que Sherlock n'était pas diplômé de quoi que ce soit. Il avait commencé beaucoup de choses, et jamais rien terminé. Ça ne l'empêchait pas d'être aussi pointu que Molly sur certaines questions de médecine légale, ou plus brillant que n'importe quel chimiste aguerri. Rosie en avait suivi des cours, au lycée, et il avait corrigé absolument 100% des cours et des exercices, au motif que c'était incomplet. Le fait que les cours de sa fille soient volontairement simplifiés de certaines problématiques pour apprendre les notions par ordre croissant de difficulté ne semblait pas l'atteindre.
Mycroft semblait plutôt être le Holmes des grandes universités. John avait appris à cette occasion que l'aîné Holmes était sorti major de Cambridge avec trois ans d'avance, sans vraiment que cela ne surprenne quiconque.
John ne savait pas trop ce qui poussait Sherlock à envisager des longues (et coûteuses) études pour Rosie, mais il l'avait accepté comme il acceptait tout le reste des bizarreries de son amant. Il avait sourcillé, cependant, quand il l'avait poussée à remplir les dossiers pour Harvard, Yale, ou encore Princeton ou Columbia. Les huit universités de l'Ivy League y étaient passées.
— Sherlock, tu sais que c'est aux États-Unis ? avait interrogé John, alarmé.
Le détective avait balayé sa question d'une main excédée, comme s'il était offensant qu'il remette en cause ses notions en géographie. John n'avait pas insisté, mais a posteriori, il était rassurant de voir que Rosie avait choisi de rester sur le territoire anglais. Sherlock avait déjà du mal à envisager son départ, il se demandait ce que ça aurait donné s'il avait fallu qu'elle mette un océan entre eux. Probablement que Sherlock aurait déménagé avec elle. S'il avait pu délocaliser Baker Street et poser leur appartement à Cambridge au Massachusetts (et pas Cambridge dans le Cambridgeshire), John restait persuadé qu'il l'aurait fait.
Mais Rosie ne partait pas si loin, à une heure à peine de train de Londres. Son choix était probablement lié au fait que Oliver y étudiait. Quand elle avait postulé, tout allait bien entre eux. Elle ne paraissait pas encore ennuyée par son existence.
Ils fermèrent trois nouveaux cartons, méthodiquement, tandis que Rosie cochait et annotait la liste détaillée qu'elle tenait sur un bloc-notes. À l'ère du tout numérique, cette enfant était toujours viscéralement attachée au papier et au stylo, songea John.
— Fini pour aujourd'hui, décréta la jeune femme. On a bien avancé aujourd'hui. On sort ? proposa-t-elle à Oliver.
Ce dernier acquiesça avec le sourire.
— Ça ne te dérange pas, Papa ? demanda-t-elle.
Elle ne demandait plus vraiment la permission, mais un peu quand même. Elle restait sa petite fille, et jusqu'à preuve du contraire (sous peu), elle vivait sous leur toit et se conformait aux règles de la maison.
— Non. Je vais aller m'occuper de ton père, je crains qu'il ne tente de se noyer dans son bain. Tu rentres dormir ici ?
Elle hocha la tête.
— Permission de minuit, indiqua John. Passez une bonne soirée !
Les deux jeunes, satisfaits de leur travail accompli, quittèrent la pièce en riant. Quand il s'agissait de s'amuser, sortir au ciné ou prendre un verre avec leurs amis durant ce dernier été avant que tout ne change pour les ex-lycéens, futurs étudiants, Oliver et Rosie retrouvaient leur complicité d'antan. Peut-être que leur couple y survivrait. John continuait de parier contre quand même.
Il attendit qu'ils soient partis pour rejoindre Sherlock dans la salle de bains. Dans la baignoire si pleine qu'elle menaçait de déborder, et encore fumante d'une eau probablement bouillante quand on l'avait rempli, Sherlock était entièrement immergé, tête sous l'eau. Ça lui arrivait parfois, de méditer dans cette position, dans l'eau, plutôt que dans le canapé. Mais en l'occurrence, John savait qu'il ne réfléchissait pas à une enquête. Il essayait simplement de ne pas entendre, de se boucher les oreilles à sa manière. Il avait du mal à endurer la voix joyeuse de Rosie, quand lui souffrait de son départ imminent.
John testa la température, la trouva encore bien assez chaude comme ça, et tant pis si ce n'était pas une heure pour prendre un bain. Il se déshabilla entièrement, et attendit que Sherlock remonte à la surface. Il n'était pas inquiet il connaissait les capacités pulmonaires de son amant — il aurait fait un tabac en plongeur en apnée — et il constatait des petites bulles qui venaient s'échouer à la surface, en provenance des lèvres de Sherlock, à intervalles réguliers. Mais il ne voulait pas le surprendre tant qu'il était sous l'eau, au risque qu'il panique et avale sans le faire exprès de l'eau dans ses poumons.
Quand, enfin, il remonta, il darda sur John, entièrement nu, un regard perplexe.
— Pousse-toi un peu, j'arrive, ordonna le médecin.
— Comment tu fais ? demanda Sherlock après un instant de silence. Pour ne pas en souffrir ?
— Je ne le fais pas, reconnut John. J'en souffre aussi, mais différemment de toi. Je le gère mieux, parce que je m'y suis préparé depuis longtemps. Et parce que je rationalise en sachant que ce n'est pas un abandon. Elle sera toujours notre fille. Elle reviendra.
Sherlock soupira en bougeant lentement, faisant clapoter l'eau du bain, et en en reversant encore un peu plus. La baignoire était vraiment trop remplie pour eux deux.
— Mais ce sera différent, murmura le détective.
John, dans un mouvement digne d'un contorsionniste, parvint à récupérer une de ses mains et la monter à la base du cou de Sherlock, là où les boucles alourdies par l'eau étaient ramassées. Il se mit à masser doucement, tant les cheveux que la nuque douloureuse, et il sentit Sherlock se détendre, fermer les yeux et émettre un son sourd à la limite du ronronnement. Sa génétique devait contenir quelques brins d'ADN du chat, John en était persuadé.
— Oui, ce sera différent. Le monde est ainsi fait, il change et devient différent. Je sais que tu n'aimes pas ça.
Il ne savait pas vraiment quoi dire d'autre. Il se refusait à promettre à Sherlock que tout irait bien, que ce serait comme avant, puisqu'il se refusait à lui mentir. Oui, tout allait changer, et il n'y avait pas de mots pour adoucir ça.
— Mais toi, tu ne changeras jamais ? demanda soudain la voix angoissée de Sherlock. Tu resteras toujours là ?
Il s'était brutalement redressé, s'arrachant au massage et aux bras de John, se retournant à moitié vers lui, son corps tordu de manière surprenante. John entendit un énorme volume d'eau passer par-dessus bord et s'écraser au sol. Il ne fallait pas qu'il tarde à nettoyer, ou Mrs Hudson allait avoir des infiltrations dans son plafond. Il n'eut cependant pas le loisir de s'interroger sur le plan des locaux et la pièce située sous leur salle de bains. Les pupilles de Sherlock, dilatées au possible, et ses yeux cerclés de rouge reflétaient la plus pure des angoisses. John oublia tout le reste.
La plupart du temps, il arrivait à peu près à suivre ce qui se passait sous le crâne de son mari, même s'il ne comprenait pas la moitié de ses réflexions et n'avait pas le tiers de ses connaissances sur un panel de sujets divers et variés. Mais celle-là, il ne l'avait pas vue venir, ou alors pas vraiment. Sherlock transposait ses angoisses de voir partir leur fille sur John, craignant qu'il parte à son tour. Y avait-il vraiment réfléchi et s'était dit que sans Rosie pour les relier, ils deviendraient comme ces couples qui réalisent qu'ils n'ont plus rien en commun et se séparent après le départ des enfants ? Ou bien aimait-il simplement Rosie autant que John, et faisait-il des parallèles absurdes entre son départ à elle, qui voulait forcément dire son départ à lui ?
John l'ignorait, et dans tous les cas, c'était totalement déraisonné.
— Je change, mon Amour, comme tout le monde, comme toi. Mais je change avec toi, à tes côtés, et je ne partirai jamais.
Le visage de Sherlock se détendit immédiatement. Il était toujours à moitié redressé, hors de l'eau, retourné dans une posture bizarre, mais il semblait aller mieux. John ne savait plus quand était la dernière fois qu'il avait dit à Sherlock qu'il l'aimait. Il le faisait machinalement, depuis le temps, oubliant que son amant avait besoin de plus que ça. Il avait besoin de sincérité et de puissance, pour se rassurer.
— Je ne peux pas vivre sans toi, Sherlock, reprit-il. Tu es mon existence. Je ne sais pas exister sans toi. J'ai l'impression que tu as toujours été là. Je ne partirai jamais, et je t'aimerai pour toujours...
Il voyait chaque muscle se détendre et se relâcher au fur et à mesure de sa déclaration. Il se sentait toujours un peu gauche dans les grandes déclarations, mais le regard de Sherlock quand c'était ce qu'il avait besoin d'entendre était le plus beau cadeau du monde.
Sherlock frémit, sa peau se couvrant de chair de poule. N'étant plus assez immergé dans l'eau chaude, mais la peau humide et ruisselante, il devait commencer à avoir froid. Inconsciemment, sa peau se tendit tandis qu'il frissonnait. Et John n'était qu'un homme. Le corps de Sherlock, pâle et parfait, parsemé de milliers de gouttes d'eau scintillantes sous la lumière blanche de leur plafonnier, le faisait réagir. Il suivit du regard une petite goutte qui glissait le long de la gorge, franchissant avec difficulté la pomme d'Adam. John déglutit.
— Tu peux voir par toi-même combien je t'aime encore, Sherlock, murmura-t-il en rejetant les épaules en arrière, tendant le buste en avant.
Il s'offrait tout entier à l'examen clinique de Sherlock, qui le scanna du regard en quelques secondes à peine. De toute évidence, son sexe qui commençait à durcir d'envie sous l'eau ne lui échappa pas, et le corps du détective y réagit également.
Sherlock aurait volontiers répliqué que le désir sexuel et physique n'était pas de l'amour, et que ça ne voulait rien dire, mais il savait que dans leur cas, les deux étaient intrinsèquement liés. Et puis de toute manière, John ne lui laissa pas le temps de dire quoi que ce soit tandis qu'il se redressait et écrasait leurs torses et leurs bouches ensemble pour l'embrasser profondément. L'angle était mauvais, la baignoire trop petite pour leur permettre d'être bien installés, de l'eau rejoignit encore un peu plus le carrelage, Sherlock était toujours à moitié tordu, mais c'était un des meilleurs baisers de leur vie, et Sherlock s'y perdit tout entier.
— Chambre. Maintenant, ordonna John en le relâchant.
Le ménage attendrait. Ils avaient la soirée pour eux, et il comptait bien en profiter pour attacher son amant au lit et lui montrer à quel point il l'aimait, encore et toujours.
Sherlock fut le premier à s'extirper de la baignoire et de suivre le programme. De toute évidence, il en avait autant envie que John. En moins temps qu'il ne fallait pour le dire, ils mouillaient les draps, se jetant mutuellement dessus en s'embrassant férocement.
Prochain 'et dernier !) chapitre le Me 10/11
Reviews, si le cœur vous en dit ? :)
