AVANT LA FIN DU MONDE
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Disclaimer
Ce monde appartient bien entendu à JKR, je joue avec sur mon temps libre, c'est tout. (Et je fais comme si Cursed Child n'avait pas existé, si vous voyez de rares similitudes, c'est une coïncidence, les grandes lignes de cette histoire datent d'avant la sortie de cette chose et j'ai vraiment fait ce que j'ai pu pour l'oublier depuis.)
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Petite note introductive
Hello !
C'est la deuxième histoire que je publie en une semaine, c'est ma petite fierté. J'avais dit sur mon profil que je terminerais No Touching avant de publier cette fic, mais en fait soyons réaliste, ça ne me fera pas publier No Touching plus vite xD Il me reste une scène à écrire et normalement ça ne devrait pas prendre un temps fou – j'espère –, il faut juste que je trouve l'angle sous lequel l'écrire, j'y mettrai un point final de toute façon, c'est promis !
Les personnages de cette histoire-là vivent dans ma tête depuis des années maintenant (genre beaucoup d'années), ils sont têtus et ont enfin accepté de se laisser écrire... C'est la première enquête que je construis, j'en profite pour aborder plein de choses sur cet univers qui me questionnent et me tiennent à cœur. La reconstruction d'après guerre, le système politique sorcier face aux problématiques actuelles, les rapports avec les moldus... Tout ça avec des chapitres qui alternent entre le point de vue de Scorpius et celui de Rose. J'espère que vous apprécierez.
Remerciement à Pamphile qui a lu cette fic jusqu'au bout pour me rassurer sur sa cohérence. Si vous aimez les troupeaux de Weasley, les mystères et les histoires bien écrites, allez jetez un œil sur son profil à Molly II Weasley, vous le regretterez pas.
Cette fic est terminée donc pas d'inquiétude, vous aurez la réponse au mystère, une fin et même... TADAAAM une publication régulière !
Bonne lecture !
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Prologue
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« Pour prévoir l'avenir, il faut connaître le passé,
car les événements de ce monde ont en tout temps
des liens aux temps qui les ont précédés. »
(Nicholas Machiavel)
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oOoOo
La télévision trafiquée crachotait dans un coin du salon. Deborah Lebovski la regardait avec intérêt. Même après toutes ces années, elle ne pouvait s'en empêcher, avalant l'écume amère que les informations ne manquaient jamais de faire naître dans sa bouche. Lucy Hockings présentait les news et le sentiment qu'elle en éprouvait était toujours le même, l'impuissance et la colère, face aux maladies, aux incendies qui dévastaient les forêts, la fonte des glaces, la montée des eaux et la destruction lente mais assurée de leur univers.
L'avocate avait repoussé loin d'elle La Gazette qui ne cessait d'interviewer des lâches, aurait bien écrasé Marcus Ziegler sous son talon, puis tous les autres, un par un, la lente agonie des insectes. Sur la même table trônait le Borderline qu'elle n'avait pas encore ouvert.
A côté encore, un petit flacon bleu.
Deborah n'avait pas sorti sa baguette. Elle savait que c'était inutile. Elle se contenterait d'attendre, ou d'appeler l'ombre qui l'observait derrière les rideaux.
Le Renard avait pourtant essayé de l'avertir, lui enjoindre de fuir.
Deborah était restée.
Elle n'avait nulle part où se cacher. Elle n'était pas naïve. Ils la retrouveraient. Elle s'efforça de garder les yeux rivés sur la télévision et non sur le flacon qui ne lui appartenait pas.
Quand avait-elle compris ?
Et surtout, comment avait-elle pu les croire ?
Du coin de l'œil, Deborah vit que l'ombre s'était approchée. La marque sur son poignet la brûlait à la manière de la marque des ténèbres.
— Tu as du courage, Lebovski, je t'accorde au moins ça.
La voix de l'ombre était masculine. Il n'avait pas pris la peine de la dissimuler, ce qui était mauvais signe.
— Toi, constata-t-elle simplement.
Un capuchon lui dissimulait le visage mais elle l'avait suffisamment entendu pour le reconnaître. Et au fond, elle n'était pas vraiment surprise.
Peut-être que ça devait se finir comme ça depuis le début.
Deborah inspira un grand coup en repoussant la peur. C'était trop tard pour ça. Trop tard pour les regrets et les réparations, elle ne pouvait qu'espérer que ce qu'elle avait déjà fait suffirait, que l'autre comprendrait, il n'y avait rien qu'elle pût faire de plus.
Malgré la tempête qui faisait rage dans son esprit, Deborah s'exprima d'une voix neutre.
— Je te sers quelque chose ? Un thé peut-être ?
— Non merci.
L'ombre s'avança vers elle. Deborah ne bougea pas. Elle songea un instant à toutes les justifications possibles, le hasard ou l'inattention, et choisit de se taire. Elle savait que ce serait inutile. Elle n'était pas le Renard, elle, elle n'avait pas tendance à sous-estimer ses alliés – ou ses adversaires.
L'ombre sembla apprécier son honnêteté.
— C'est vraiment dommage.
— Tu tires des conclusions bien hâtives, murmura Deborah.
L'aurait-elle fait ? Aurait-elle franchi le cap ? Elle n'en était même pas sûre.
— On vous avait prévenus. En as-tu parlé aux autres ?
— Ils ne sont pas au courant.
— J'ai envie de te croire. Vraiment.
Sur la table, la lueur bleutée parut briller plus fort encore. Elle grimaça.
— Ce n'était pas le Plan.
— Bien sûr que si. Mais ça vous arrangeait, alors vous n'avez pas voulu le voir. C'était quoi, déjà ? Ah oui, la fin justifie les moyens.
— Je le crois toujours. Mais je crois que ça dépend quand même des moyens.
— Alors tant pis pour toi.
Deborah n'avait rien à ajouter. Elle effleura sa baguette tout en sachant qu'il était inutile de s'en saisir. Au moindre de ses mouvements, l'homme dissimulé derrière l'armoire la tuerait. Il n'y avait pas d'issue possible.
Et si elle y réfléchissait bien, il n'y en avait même jamais eu.
Elle avait mal géré cette histoire de dossier.
Comment avait-elle pu imaginer qu'elle avait du temps ? Elle aurait dû insister davantage, être plus franche encore, quitte à se sacrifier, au diable la prudence. A la place, elle avait voulu récolter les preuves, se battre sur deux fronts à la fois. En vain.
C'était trop tard.
L'ombre lui désigna la fiole de lumière bleue déjà sur la table.
— J'imagine que l'Araignée veut que je la boive.
Les lèvres de l'autre s'étirèrent en un étrange sourire.
— Tu es intelligente. Tu sais ce qui arrive à ceux qui s'opposent au Plan. Si je me souviens bien, tu n'es pas non plus une innocente dans le domaine.
— Vous n'allez pas vous en sortir comme ça.
— Sans doute.
Ils en étaient là.
Cette idée la désolait. Pour l'humanité, elle avait rangé la sienne au placard. Sans doute découvrait-elle qu'il lui en restait un peu au fond d'elle-même. La certitude qu'ils allaient gagner ne lui procura aucun plaisir. Le prix à payer était bien trop lourd.
Deborah n'était pas triste. Elle ne sentit aucun désespoir l'envahir, pas plus que sa vie ne défila devant ses yeux.
« C'est vraiment dommage. »
Elle était bien d'accord. Mais c'était aussi trop tard pour revenir en arrière, trop tard pour annuler des choix qu'elle avait fait en son âme et conscience. Elle leva les yeux une dernière fois vers l'ombre qui lui faisait face et soutint son regard.
— A la tienne.
(A suivre)
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Note d'auteur
Merci d'avoir lu jusqu'au bout ! J'espère que ce prologue vous aura intrigué (à défaut d'y avoir compris quelque chose :p). Je suis curieuse d'avoir vos impressions dessus !
Le premier chapitre épousera le point de vue de Scorpius et devrait arriver d'ici une petite semaine !
