Harry était… perdu, faute d'un meilleur mot. Cela faisait une semaine qu'il résidait à l'infirmerie après avoir affronté le basilic et il n'en pouvait plus. Il était gardé sous surveillance à cause du mélange venin de basilic et larmes de phénix dans son corps. Ce n'était pas l'infirmerie en elle-même qui l'ennuyait, en fait il admettait à contrecœur qu'il aimait l'endroit. C'était calme, reposant, un paradis pour lui. Lui qui devait supporter les chuchotements, les regards curieux ou inquisiteurs partout, il appréciait de ne pas les subir, ici.

Bien sûr, il y avait quelques regards quand des élèves venaient voir l'infirmière, mais c'était tout. C'était un premier constat qu'il avait fait, alors qu'il s'ennuyait entre deux visites de ses amis, une parmi tant d'autres. Il avait bien sûr ses cours à rattraper, gracieusement fournis par Hermione, mais rapidement faits, à sa grande surprise. La cause lui était venue rapidement, il n'avait pas de distraction, comme l'ambiance de la salle commune, ou Ron. Ce n'était pas qu'il n'aimait pas son ami, loin de là, mais quand il se penchait sur la question, il se rendait compte que son ami le détournait de ses devoirs. La faute était partagée bien sûr, c'était lui qui n'avait rien fait pour équilibrer ses tâches. Se détendre autour d'une partie d'échec était bien, parler Quidditch aussi, mais était-ce de la détente ou du bon temps ? Car avec Ron, même sous l'insistance et la surveillance d'Hermione, les devoirs étaient reportés jusqu'à la veille de la date demandée. Ainsi, une tâche rapide et facile devenait difficile car elle devait être faite dans un laps de temps très court, qui les voyait souvent très fatigués.

C'était une de ses résolutions pour l'année prochaine, se concentrer plus sérieusement sur ses études. Il avait le constat devant lui, alors qu'il devait rattraper ses cours rapidement, pour ne pas échouer à ses examens. Il imaginait que les professeurs avaient été cléments l'année passée après Quirell, mais il ne pouvait pas compter sur un séjour à l'infirmerie chaque année pour avoir ses examens, il y avait un côté malsain à cette idée.

En parlant de cours, il avait devant lui la liste des nouveaux cours disponibles dès la troisième année, qui était par ailleurs, la raison de son trouble. Il avait conscience qu'il devait en choisir trois parmi les cinq disponibles, mais il ne savait pas lesquels. Le problème était, à qui demander des renseignements ? Et surtout à qui se fier ? Hermione par exemple, il était persuadé que si elle avait la possibilité elle prendrait les cinq. Ron lui, avait été clair qu'il prenait Soins aux créatures magiques et Divination car c'était des « cours faciles ». La logique voudrait qu'il aille voir le professeur McGonagall, sa directrice de maison, mais il avait du mal à faire confiance à la femme après l'année dernière. Elle ne les avait pas pris aux sérieux quand ils étaient allés la voir au sujet de la pierre alors qu'au final, ils avaient eu raison. Bon, le coupable n'était peut-être pas celui qu'ils pensaient mais la pierre été bien visée !

- Un problème Monsieur Potter ? fit une voix près de lui.

Le faisant sursauter, il se rendit compte que Madame Pomfresh, la guérisseuse de l'école, était près du lit. Nul doute qu'elle était venue voir comment il allait, ou tout simplement lui tenir compagnie, comme quand elle n'avait rien à faire. Il n'avait pas eu cette possibilité l'année précédente, mais elle était une source inestimable d'histoire sur ses parents. Alors, quand elle était libre, elle venait et lui racontait des anecdotes sur ses parents. C'était tellement différent de ce qu'il entendait en temps ordinaire ! Pour elle, il ressemblait certes à James Potter, mais il lui rappelait beaucoup plus une jeune Lily Evans. Elle était douce, d'après la guérisseuse, nullement impressionnable et elle avait un grand cœur. Harry avait été surpris de découvrir que sa mère détestait son père jusqu'à leur septième année. Jusqu'alors, James Potter avait été, d'après les histoires de Madame Pomfresh, un tyran vantard.

Cela avait changé quand elle lui avait précisé que la plupart des farces de son père visait ceux qui était en voie de devenir des mangemorts et de faire rire quand l'atmosphère était sombre après un raid de Voldemort. En dehors de ça, Harry lui-même devait reconnaître, que son père avait fait tous les efforts imaginables pour séduire sa mère, ne reculant pas devant le ridicule et les déclarations publiques. Toujours d'après la guérisseuse, le plus gros obstacle de James était sa haine envers le professeur Rogue, qui à l'époque, était le meilleur ami de sa mère. La haine entre les deux était intense et avait poussé les deux sorciers dans les rangs des meilleurs élèves à force de confrontation. James Potter était vantard mais un élève intelligent et très doué pour maîtriser sa magie, bien qu'il l'utilisait d'une manière créative. Tous les sorts qu'il apprenait, que ce soit en cours ou dans les livres, étaient mis en application, soit pour attirer Lily Evans, ou pour faire des farces.

Puis il avait changé en septième année. Le comment du pourquoi était inconnu de la guérisseuse, mais il l'avait fait. Les blagues et démonstrations avaient fondu comme neige au soleil pour devenir plus discrètes. Les signes étaient partout, mais cela fonctionnait beaucoup pour une Lily Evans qui n'aimait pas être le centre des regards. Cependant, la haine entre James et Rogue n'avait jamais disparu, renforcée par un incident survenu en sixième année. Il n'avait pu en savoir plus à ce sujet, Madame Pomfresh déclarant que ce n'était pas ses affaires.

Revenant au présent, il regarda la guérisseuse et eut l'impression qu'un poids lui était enlevé des épaules. C'était la personne à qui il pouvait demander au sujet de ses choix ! Pour Harry, il avait devant lui un adulte sur lequel il pouvait compter. Elle l'avait toujours soigné et d'après ce qu'il avait vu, elle ne faisait pas que soigner les blessures. Pendant qu'il était là, il avait vu des élèves venir pour diverses raisons, comme le mal du pays ou des doutes. De ce qu'il en avait vu, et des explications qu'elle lui avait données, beaucoup de nés moldus avaient peur de rentrer à la maison. Ils voulaient revoir leurs parents, mais au fil du temps, ils perdaient le lien qu'ils avaient avec eux, vivant dans un monde différent. Des choses comme les discussions simples, telles que le sport ou l'actualité étaient difficiles car aucune des deux parties ne comprenait l'autre. Ce n'était qu'un exemple parmi tant d'autres, mais Harry avait compris. Ainsi, plus qu'une personne soignant les blessures, elle était une psychologue et comme elle aimait dire, une mère de substitution pour ceux qui en avaient besoin. Elle ne faisait rien, disait-elle, elle se contentait d'offrir une tasse de thé et de les laisser raconter leurs petits tracas. Ce n'était pas grand-chose de son avis, mais Harry comprenait mieux que quiconque, l'importance de ce qu'elle faisait. Pour lui qui n'était pas aimé chez les Dursley, avoir quelqu'un qui écoutait ce qu'il disait, était précieux. Plus le temps passait plus il respectait la femme et la prenait comme modèle.

- Je regarde les choix de troisième année, dit-il en désignant la lettre. Mais je ne sais pas quoi choisir ni à quoi cela sert et surtout pourquoi maintenant.

- Et bien Monsieur Potter, répondit-elle en s'installant près du lit, je peux répondre à la plupart de vos questions. Ils vous sont proposés maintenant, car je parle ici de la moyenne des élèves, votre magie est prête à faire plus de magie. La plupart sont des cours à la fois principaux et secondaires. Prenons Runes par exemple. Ce cours va vous enseigner leur utilité, les différentes utilisations qu'elles ont et comment les créer. Si vous choisissez cette option, vous découvrirez plus tard des cours plus précis visant une carrière spécifique comme briseur de sorts, Auror, ou artisan magique.

- Quels sont ces métiers ? demanda Harry, curieux, en prenant une feuille pour prendre des notes.

- Les briseurs de sorts sont principalement employés par Gringott's, dans ce qui est l'équivalent de l'archéologie moldue. Il s'agit de briser les protections des pyramides égyptiennes par exemple. Les Aurors sont les forces de police magiques pour faire simple. Les artisans magiques sont ceux qui créent les malles, plumes enchantés et bien d'autres.

- Quel est l'utilité des autres cours ? dit Harry sans lever les yeux de ses notes. Si cela ne vous dérange pas bien sûr !

- Je n'ai rien d'urgent, le rassura la guérisseuse en revoyant une jeune Lily lui demander la même chose. Soins aux créatures magiques est ce qu'il est. Vous serez orienté vers des cours comme la Zoologie magiques ou la guérison. La divination est pour le moins inutile, si vous n'avez pas le Don et ceux qui l'ont le savent déjà, voyez-y plus un cours culturel sur les méthodes qu'ont les voyants pour utiliser leur don. C'est intéressant en fait, mais très peu utile. L'étude des moldus veut dire ce que cela veut dire. Pour ceux vivant dans le monde moldu ce cours est inutile, voire dépassé. Pour un élève venant du monde sorcier, il peut être utile s'ils visent un métier de diplomate entre les mondes par exemple ou le commerce. On y voit comment vivent les moldus, les façons de vivre, de se déplacer etc.

- Et le dernier ?

- Arithmancie. Le cours est très ennuyeux au début, mais il devient passionnant après deux années d'études. Il s'agit pour commencer de mathématiques et de schémas, puis devient progressivement la création de sortilèges et de charmes permanents. Pour vous donner un exemple, le plafond enchanté dans la grande salle est un ensemble de runes et d'arithmancie. Les runes fixent le plafond, pendant que les charmes créés permettent aux runes de tenir et alimente la magie. Je ne peux pas trop expliquer comment ça marche cependant, je n'ai pas suivi le cours. D'autres questions ?

- Oui, dit Harry en levant les yeux. Que choisir ?

- C'est une très bonne question, dit Madame Pomfresh en rigolant. Mais cela c'est à vous de choisir et surtout en fonction de ce que vous voulez faire plus tard. Vous avez une idée ?

- Non, chuchota Harry après un moment.

- Ce n'est pas grave mais je vais vous donner la même réponse que j'ai donnée à votre mère alors qu'elle me posait la même question. Choisissez en fonction de ce que vous aimez et de la façon dont vous vous voyez.

- Elle est venue vous voir ? demanda Harry, voulant en savoir plus.

- Oui en effet, elle sautillait partout et voulait tout prendre, rit la guérisseuse en rigolant du souvenir. Elle venait souvent pour échapper à James, mais aussi pour parler de ses petits soucis comme sa sœur. Pour votre information elle a choisi Runes et Arithmancie, puis s'est orienté vers une maîtrise en charmes. Elle était fasciné par eux et voulait en créer en permanence et Merlin sait qu'elle était brillante avec eux !

- Vraiment ? demanda Harry excité en apprenant une nouvelle histoire sur sa mère.

- Oh oui et je vais même vous révéler un petit secret qu'elle a partagé avec moi. Dans les derniers mois de sa grossesse, elle est venue me le confier. Il y a sept enchantements dans le château fait par elle. Ils sont discrets mais, de ses dires, magnifiques. Elle était tellement fière d'elle, en le disant ! Elle m'a dit qu'à l'instar des maraudeurs, le groupe de votre père, qui allait vous pousser à faire des farces, elle allait vous défier de trouver ses travaux. Ce serait pour elle la preuve que vous avez parcouru le château de fond en comble. Alors je vous transmets ce message. Sept mystères sont cachés dans ce château, trouvez les ! Pour votre information j'ai cédé à la curiosité et les ai cherchés partout et je n'en ai trouvé qu'un et je cherche toujours !

- Ma mère à fait ça ? fit Harry, les yeux émerveillés.

- Elle était très joueuse malgré ses airs de fille studieuse ! dit la guérisseuse. Il faut toujours se méfier des plus calmes ! je l'ai toujours dit ! Et elle a fait ça sous le nez de votre père et de ses amis ! Elle était tellement fière de cela, c'était très drôle à voir. Si vous pouviez me faire part de votre avancée dans ce domaine, j'en serais ravie. Mais ne me dites rien surtout ! Jamais ! Je veux les trouver moi-même ! Mais je vous préviens, ça ne sera pas facile, elle n'était rien de moins que très intelligente et ambitieuse. Merlin ! Chaque année des élèves trouvent des passages secrets, des salles cachées, mais rien qui se rapproche de votre mère !

- Whoa, ne put que dire Harry.

- C'est ce que j'ai dit lorsque j'ai découvert le premier, dit Madame Pomfresh en hochant la tête. Et ce que je dis chaque fois que j'y retourne. La magie peut faire bien des choses monsieur Potter, mais votre mère est entrée dans le domaine de l'excellence avec son travail, nul doute qu'elle aurait eu sa maîtrise. Pour en revenir à notre discussion d'origine, prenez votre temps pour découvrir ce que vous voulez faire. Questionnez-vous, regardez vos passions et ce qui vous plait, l'important est de faire quelque chose qui reflète ce que vous êtes, non ce que les autres s'attendent à ce que vous soyez.

- Merci Madame Pomfresh, répondit Harry avec un grand sourire.

- Appelez-moi Poppy quand nous sommes que tous les deux d'accord ? C'est comme ça que votre mère m'appelait.

- Seulement si vous m'appelez Harry, répondit Harry en souriant à la femme qu'il voyait de plus en plus comme un modèle.

- Vous avez un accord Harry, dit Poppy en gloussant. Vous me rappelez de plus en plus votre mère, elle a répondu de la même manière. Je vais vous laissez maintenant, j'ai du travail à faire. Appelez-moi si besoin.

Sur ces mots elle s'éloigna, laissant Harry réfléchir à tout ce qu'elle venait de lui dire. S'il le pouvait, il serait en dehors de ce lit et prêt à examiner toutes les pierres du château pour trouver les secrets de sa mère. Plus que tout, c'était monté directement en tête de ses résolutions pour l'année prochaine.