Les vacances de fin d'années avait été horriblement fatiguantes pour Mérida. Son emploi du temps s'était considérablement renforcé depuis la fameuse punition et de façon intense, si bien qu'elle se couchait chaque soir avec de nouvelles courbatures. Elle avait espéré avoir un peu de répit durant ses jours de congé, malheureusement ses frères, tout contents de la revoir, lui en avaient fait voir de toute les couleurs. Elle revenait donc en cours aussi exténuée que deux semaines plus tôt, si ce n'est plus.

-Salut blondinette, lança-t-elle à sa voisine de chambre en entrant.

Jetant sa valise et son sac à dos directement sur le sol, elle s'affala sur son lit sans même prendre le temps d'enlever ses chaussures.

-Alors, ces vacances ?

Etant donné qu'elle avait dû prendre l'avion pour passer deux semaines chez elle en Ecosse, la rousse faisait partie des derniers arrivés au dortoir. Bien entendu, Elsa s'y trouvait déjà en train de bouquiner, confortablement calée contre son oreiller. Et comme d'habitude, son enceinte diffusait un peu de musique à un volume réduit, mais juste assez fort pour que la rousse puisse apprécier les solo de guitare.

-Mieux que les tiennes je suppose. T'as bonne mine.

A vrai dire, aux yeux de Mérida, le visage de la blonde avait toujours été un exemple de beauté. Il était fin et délicat, comme taillé dans de la glace lorsqu'elle était plongée dans ses pensées, mais absolument radieux quand elle y ajoutait un peu d'émotion. Mérida n'était pas du genre à être envieuse, et encore moins de ses amies. Néanmoins, elle enviait cette capacité qu'avait Elsa à toujours réagir avec calme, à s'entendre avec littéralement tout le monde. Elle admirait Astrid pour sa force bien sûr, mais c'était une solitaire tout comme elle. Elsa, au contraire, était un exemple à suivre, elle en était persuadée.

-D'ailleurs, dit-elle en farfouillant dans un des sacs plastique posés sur son bureau, je t'ai ramené des chocol...

-Elsa, tu es une déesse incarnée dans un corps mortel, réagit aussitôt la rousse en se jetant sur la boîte que son amie lui tendait.

Elle dévora un à un les chocolats, laissant Elsa lui raconter ses vacances en rigolant. Malgré toute la fatigue que le cursus lui procurait, DisWork lui avait manqué.

-J'ai faim, dit-elle brutalement.

-Déjà ?

-Je suis en pleine croissance !

-Mais oui, bien sûr. Malheureusement, tu vas devoir attendre. On a été convoqué ce soir.

Aussitôt, la rousse sentit ses poils se hérisser. Une mission, enfin. Un mois et demi s'était écoulé depuis l'annonce de leur punition, et ils n'avaient toujours pas été mobilisés. L'instinct de chasseur de la jeune fille, bouillonnant, avait alors pris son mal en patience. Et le fameux soir était enfin arrivé.


-Bien, tout le monde est là.

Ils s'étaient réunis dans la même classe que l'autre jour. Mr Potté, un chat anthropomorphe aux allures de mousquetaire, présidait la réunion en compagnie de Raya. Harold avait appris par le biais de cette dernière qu'il s'agissait du chef-adjoint des Gardiens. Il s'était demandé si un être aussi petit pouvait vraiment être aussi puissant, mais il avait eu sa réponse en voyant le regard tendu d'Astrid. L'instinct de survie de la blonde était affûté, et avait sauvé le brun tant de fois dans son enfance qu'il s'y fiait complètement désormais.

-Vous avez été réunis ici pour votre première mission, dit-il en allumant le projecteur de la salle. Il s'agit d'une urgence de la plus haute importance, donc vous serez mobilisés dès ce soir.

Les adolescents se regardèrent, surpris. Ils ne s'attendaient pas à aller sur le terrain dès leur retour de vacances.

-Je sais que cela semble brusque, mais il s'agit d'un schéma que vous avez déjà travaillé à l'entraînement plusieurs fois. Il n'y a pas de souci à se faire.

Manipulant une petite télécommande, il mit en marche le diaporama, qui afficha le visage d'une femme d'une quarantaine d'année.

-Voici Mme Poppins. Il s'agit d'une de nos anciens élèves ayant rejoint le programme spécial il y a environ vingt ans. Très talentueuse, major de promo. Elle nous a envoyé un message de détresse il y a moins de vingt-quatre heures.

Raya fronça les sourcils, bouleversée. A voir son visage, on aurait dit qu'elle connaissait cette personne.

-Nos services de renseignements sont formels, elle est actuellement séquestrée dans une base en Irlande. Il s'agit d'une menace classée surnaturel, donc les services de presse ne sont pas au courant. Votre mission consiste à l'extirper de là et rentrer ici en quarante-huit heures.

Tous hochèrent la tête, mais Raya fixait toujours le Gardien d'un air incrédule.

-Et que faisait exactement Mme Poppins en Europe ?

-Nous l'avions mobilisée pour de la recherche d'informations. Malheureusement, compte-tenu des circonstances, nous allons annuler sa mission. En aucun cas vous ne devez chercher à récupérer les informations vous-même.

-Vous plaisantez, grogna l'asiatique. Ces jeunes n'ont aucune expérience du terrain, et vous les envoyez affronter un ennemi que Mary Poppins elle-même n'a su terrasser ?

L'ambiance changea du tout au tout. L'aura de Mr Potté devint si imposante et menaçante que même Harold, qui n'avait pourtant aucun sens du combat, sentit ses poils se hérisser.

-Croyez-moi, gronda le chat, je n'aurais jamais fait ça si j'avais eu le choix. Malheureusement, la moitié de nos équipes ont été mobilisées pour retrouver Scar qui, je le rappelle, s'est échappé grâce à ces jeunes ici-présents.

-Et l'autre moitié ?

-Vous savez très bien ce que fait l'autre moitié.

Raya fit la grimace, pas satisfaite malgré tout.

-Pourquoi ne pas avoir envoyé un escadron beurkiens ? Ils...

-Ne sont pas disponibles non plus. Croyez-moi ma chère, nous activons actuellement toutes les forces disponibles. La menace est plus grande que jamais. Ils commencent à s'assembler, à se réunir. L'évasion de Scar était le déclencheur.

Raya pâlit légèrement, puis baissa les yeux, résignée.

-Soit. Mais sachez que je ferai en sorte qu'ils reviennent tous indemne, même si cela doit compromettre la mission.

-J'y compte bien, assura le Gardien. Votre sécurité passe avant tout jeunes gens.

Son regard fit frissonner Harold, mais il se redressa en assemblant tout le courage qui lui restait. Anna, Mérida et Astrid semblaient prêtes à agir. Kristoff et Flynn échangeaient des regards inquiets tandis qu'Elsa et Raiponce demeuraient muettes. Quand à Jack... Harold ne savait quoi dire. Il faisait une tête étrange, et son regard était sombre tandis qu'il fixait le visage de Mr Potté.