L'âge de la raison

Réparer, protéger, épargner

Auteur : Rain

Disclaimer : Shaman King…. Ne m'appartient pas ! Je sais, je sais, quel choc, quelle surprise. Pardon d'avoir ainsi dissimulé la vérité. Je ne suis qu'une humble fanartiste.

Notes :

Merci à Solemntempo, à Corporal Queen, Allie, Hessy, Julia, LugiaP2K et Realgya pour leur soutien éternel. Et merci à tous les autres ! Je vous aime.

...

La dernière fois dans L'âge de raison :

Les X-II débattent du futur des X-Laws et de leurs sentiments pour Jeanne, qui ne va pas très bien. Tamao est interpelée par Yoh et Anna et doit leur expliquer son comportement. Hao libère Meene, et réfléchit à ce qu'il veut faire des X-Laws.


« Seigneur Maiden ? Seigneur Maiden ! »

Jeanne s'éveille en sursaut. Elle ne s'est pas rendu compte qu'elle s'endormait; elle est encore agenouillée au pied de son lit, dans sa robe froissée, où elle s'est laissé tomber après l'appel de Rackist. Elle a pleuré un moment; elle n'avait pas prévu de perdre conscience.

Combien de temps s'est-il écoulé depuis ? Elle essaie de se lever, mais ses jambes sont engourdies. Le ciel derrière son hublot est encore sombre.

Il s'est écoulé un peu moins de deux heures, lui souffle Shamash, pour la rassurer.

« Alors pourquoi est-ce que John…
- Seigneur Maiden !
- J'arrive ! »

Se redressant, Jeanne se dirige vers sa salle de bain et tente de chasser le rouge de ses joues humides.

« Que se passe-t-il ?
- Sortez, seigneur. Lyserg et Marco sont réveillés ! »

Jeanne lâche sa serviette comme si elle l'avait mordue. Elle ne peut retenir son cri interloqué : « Quoi ? »

Rackist, songe-t-elle immédiatement. Un éclair dans la poitrine. Mais pourquoi ? Il lui a dit qu'il ne l'aiderait pas.

« Je vous en prie, seigneur Maiden, venez ! »

Jeanne traverse sa chambre en à peine deux bonds et manque de se briser une cheville au passage. L'homme qui l'attend à l'extérieur a l'air secoué, mais pas nerveux, ou sombre. Il porte encore des gants en latex.

« Venez, venez, » lui répète-t-il en se pressant vers les escaliers. « Ils vous attendent. Porf dit qu'ils auront encore besoin de quelques soins, mais ils vont s'en sortir.
- Comment ? »

Elle doit courir pour rester à son niveau. Elle est pieds nus. Ni l'un ni l'autre n'en a cure.

« Ce n'est pas encore très clair mais Meene est revenue.
- Quoi ? »

Elle ne peut retenir son cri de surprise. John rit, un rire un peu fou. La symphonie de leur course et de son rire, l'espace d'un instant c'est comme s'ils avaient déjà gagné la guerre.

Ils arrivent rapidement à l'infirmerie, et à travers la fenêtre Jeanne les voit : Lyserg, assis contre le mur, un bandage épais recouvrant la partie inférieure de son visage. Ses yeux, cependant, sont alertes et concentrés. Marco est encore allongé, mais il se tient sur les coudes et a déjà trouvé le moyen de s'agiter. Le pauvre Porf tente de le garder immobile, sans grand succès.

Et puis il y a elle. Meene. Il suffit d'un coup d'œil pour deviner qu'il lui est arrivé quelque chose; elle n'a rien d'un fantôme normal. Elle rappelle plutôt à Jeanne une photo que Kevin lui a montrée par le passé, un tronc d'arbre fendu et brûlant de l'intérieur : sa peau est partiellement noircie, parsemée de craquelures et de fissures. Il en coule quelque chose comme de la lave en fusion qui laisse de grandes traces rouges sous son menton et sur son uniforme. Mais elle est bien là. Elle est de retour.

Jeanne prend une grande inspiration, John ouvre la porte. « Capitaine, elle est là.
- Seigneur Maiden, » s'exclament Marco et Lyserg d'une seule voix, et sans prévenir les larmes montent à ses yeux.

C'est sa voix. Il est de retour. Marco est de retour, et il est vivant.

Comme dans un rêve, elle rentre dans la pièce. Elle entend à peine Porf qui gronde Marco, lui dit de ne pas bouger au risque de faire tomber le cataplasme qu'il a appliqué à son dos; elle s'avance déjà entre les deux lits occupés et vient s'assoir près de lui. Le fantôme de Meene, lui, se tient de l'autre côté.

« Porf a raison, » dit-elle, surprise que sa voix ne tremble pas. « Tu ne devrais pas bouger ainsi avec de telles blessures. »

Leurs regards se croisent et il tressaille, les mains crispées dans ses draps. « Je dors depuis près de cinquante heures, mon seigneur. Je ne peux me prélasser au lit. »

Sa voix et son corps sont tendus. Jeanne ne sait pas comment le calmer; elle sait simplement qu'il a besoin de repos.

« Bien sûr que tu peux. À quoi servira mon capitaine s'il ne peut pas se lever ? »

Il la regarde encore, et cette fois-ci il ne détourne pas le regard. Elle l'entend s'excuser dans le silence, sent sa culpabilité, et elle aussi se sent coupable de lui infliger tout cela. Elle ne voit pourtant pas d'autre voie à suivre.

Le silence s'étire entre eux tous, jusqu'à ce que Lyserg s'éclaircisse la gorge. « Nous avons été informés de vos soins. Je ne peux vous remercier assez, seigneur Maiden.
- Bien sûr que si, Lyserg, en te reposant jusqu'à ce que tu sois complètement guéri, » répète-t-elle. « Comment te sens-tu ? »

Son regard tombe sur les draps, et il avale sa salive. « T-triste, » admet-il. « Tellement… tellement triste, je n'arrive pas à m'arrêter de pleurer. Mais je n'ai plus – plus aussi mal, pas comme avant.
- Ton œil ?
- Il va bien, je…
- Nous avons fait un test avant votre arrivée, » confirme Porf. « Pas d'atteinte visuelle.
- Tant mieux. »

Elle lui sourit, son pauvre soldat fragile à qui elle ne faisait pas confiance avant le match. Les choses ont-elles changé ? A-t-elle changé ? Changeront-elles ? Elle n'en est pas persuadée.

« John nous a dit que la situation avait évolué, » dit Marco de là où il est allongé. « Pouvez-vous nous expliquer ? »

Porf tente de l'en empêcher, mais il se redresse. Les mots dorés sur son dos sont encore rougis et gonflés.

« Capitaine, je vous en prie ! Vous allez rouvrir vos plaies !
- Je ne suis pas en sucre.
- Marco, tu es trop impatient. »

Jeanne plisse les lèvres et tend la main, nimbée d'énergie spirituelle. Les tissus se recousent progressivement, laissant sa marque intacte.

Puis elle redresse la tête, et voit ses joues un peu moins pâles qu'à son accoutumée. Embarras, confusion, tout à la fois.

« Seigneur Maiden, je… » Il hésite. « Merci.
- Ne crois pas que cela te donne le droit de quitter ton lit plus tôt que Porf ne le décidera. Une fois cette discussion terminée, tu te reposeras. »

Elle ancre son regard dans les yeux bleus de Marco jusqu'à ce qu'il acquiesce. « Bien sûr, mon seigneur. »

Jeanne regarde Lyserg, puis les trois hommes dans la pièce, et enfin Meene. Meene, silencieuse et souffrante.

« Je suis tellement, tellement désolée, » lui dit-elle. « Tout est de ma faute.
- Quoi ? » Marco, bien évidemment. Son ton scandalisé la recroqueville dans son siège. « Que dites-vous, seigneur ?
- Agir seuls et sans réfléchir à notre avenir nous a coûté cinq soldats, » dit-elle, plus fort, pour couvrir sa voix. « Nous ne pouvions pas nous permettre de tenter quelque chose au hasard. Nous avons joué avec vos vies et j'implore ton pardon.
- Mais – les informations que nous avons obtenues…
- Ne valent rien, » l'interrompt John. « Après… Après Meene, Kevin l'a attaqué et s'est consumé comme une torche humaine. Et Chris – Chris a failli l'avoir, mais maintenant qu'il a échoué nous ne pourrons plus le prendre par surprise ainsi. C'était de la merde, voilà ce qu'on a fait.
- John. » Marco est presque violet, mais c'est Porf qui arrête son chef d'équipe. « Pas en présence de notre seigneur. »

John s'empourpre. « Je suis désolé.
- Je ne t'en tiens pas rigueur, » dit Jeanne à voix basse. « Ces derniers jours nous ont tous éprouvés. Nous sommes tous sous le choc, et c'est de ma faute. Je ne peux m'excuser assez pour vous avoir tous faillis. »

Ils froncent les sourcils, laissent échapper des exclamations un peu confuses. Jeanne regarde le fantôme. Pourquoi elle ? Pourquoi elle et pas les deux autres ? C'est une question importante. Un casse-tête qu'il lui faut résoudre, comme Kevin l'aurait fait. Mais dans les yeux de Meene elle ne trouve que du feu, et de la souffrance, et en la regardant,

Jeanne commence à pleurer.

« Seigneur Maiden ! » Les hommes se rapprochent d'un même mouvement, et s'arrêtent à moins d'un mètre d'elle. Marco est le plus proche, mais même lui n'ose pas la toucher. « Que se passe-t-il ? Êtes-vous blessée ? Êtes-vous souffrante ? Avez-vous besoin de quelque chose ? »

Elle secoue la tête, incapable de se calmer. Comment peut-elle leur dire ? Comment pourraient-ils comprendre ? Il y a un contrat silencieux établi entre eux et elle. Elle les guide, ils la suivent. Elle promet, ils la croient. Mais maintenant ?

« Jeanne, » murmure une voix douloureuse, rauque, si bas qu'elle l'entend à peine. Clignant des yeux, elle voit le fantôme de Meene s'installer devant elle. Ses lèvres éclatées se plissent en un faible sourire.

Meene prend gentiment ses mains dans les siennes, et Jeanne la regarde, puis les regarde. Ils ont tous l'air si préoccupés, si… vivants, mais elle ne trouve aucune force dans leur fébrilité. Les mains de Meene, qui pourtant lui font mal, l'aident plus.

« Je n'aurais jamais dû vous laisser y aller, » lui dit-elle. « Je n'étais pas prête à vous perdre et j'aurais dû vous dire de rester.
- Seigneur Maiden, » murmure Lyserg.

« Ça vaut pour vous tous, » l'interrompt-elle, en regardant le reste de son armée. « Vous m'êtes tous si chers. Je ne souffrirai pas que l'un de vous meure. Je ne vous enverrai pas à votre mort, pas maintenant, pas après ce cauchemar.
- C'est – la mort – il s'agit un sacrifice auquel nous avons consenti, » l'interrompt Marco. Sa voix est altérée, moins stricte, moins assurée. Comme si quelqu'un avait cassé quelque chose en lui. « Cette possibilité, nous l'avons acceptée.
- Pas moi, » lui répond-elle. « Plus maintenant. Il n'y a pas d'information ou d'avantage qui vaut de vous perdre. »

Elle les regarde tout à tour, s'attendant à devoir se battre sans savoir si elle gagnera le combat, mais rien ne vient. Même Marco se contente de la regarder; d'attendre qu'elle continue.

C'est Lyserg qui finit par briser le silence. « Que faisons-nous, alors ? On abandonne ? »

Ses mains sont aussi blanches que ses draps. Il les a rejoints pour tuer Hao; il est tout aussi prêt qu'eux à mettre sa vie en jeu. Est-ce une trahison, ce qu'elle fait aujourd'hui ? Un abandon ?

« Non, » promet-elle, « mais nous devons œuvrer différemment. Nous avons besoin d'alliés et d'un plan viable.
- Alors Yoh, » interroge John.

« Yoh est un allié crucial. Il a toutes les raisons de nous faire confiance, maintenant que nous lui sommes venus en aide. Son groupe a beaucoup de potentiel, et les Asakura savent certainement beaucoup d'éléments à propos de Hao que nous ignorons. »

Quand elle dit 'potentiel', l'enfant aux cheveux roses lui revient en tête. Elle choisit d'ignorer le fait, pour l'instant.

« Il faut bien commencer quelque part, et nous devons agir rapidement. Nous ignorons pourquoi Meene nous a été rendue, ou ce que Hao fera ensuite. » Parce qu'il fera quelque chose. Elle en est sûre.

« On a peut-être des idées, » dit John, « s'il faut élaborer un plan.
- Pourquoi ne pas en parler demain matin ? » Porf regarde l'horloge murale. « Pour l'instant, nous avons tous besoin de sommeil.
- Je suis d'accord, » acquiesce Jeanne. « Demain matin, Marco, tu appelleras Yoh et accepteras son invitation. »

Son capitaine semble un peu secoué, mais il se redresse. « J'aurai besoin de détails, mais… à vos ordres.
- Seigneur, avant que vous ne partiez, » les interrompt Porf.

« Oui ?
- Vos mains vont avoir besoin de soins. »

Ils baissent tous les yeux. Là où Meene tient encore ses mains, elles sont noires et brûlées.

La maison Asakura est réveillée aux aurores par le cri strident du téléphone fixe mis à leur disposition. Tamao court à travers le salon pour essayer de couper la sonnerie avant que les garçons ne se fâchent, mais quand elle arrive à son niveau Anna a déjà l'objet pressé contre l'oreille.

« Manager de l'équipe du Funbari Onsen à l'appareil. Qui est-ce ? »

Une voix masculine, grave mais tendue, se fait entendre. « Je suis Marco, le capitaine des troupes angéliques des X-Laws. J'ai cru comprendre qu'une invitation à dîner avait été émise lors de notre dernière rencontre. »

Les yeux d'Anna trouvent ceux de Tamao, qui sont complètement écarquillés. Marco est réveillé ?

Grands dieux. Sa lettre a fonctionné ?

« C'est exact. Combien de personnes accueillerons-nous ?
- On m'a indiqué que l'invitation s'étendait à nous six. Quand devrions-nous nous présenter ?
- Sept heures ce soir serait parfait. Il nous faudra préparer une table supplémentaire.
- Merci pour votre grande hospitalité. Nous l'apprécierons à sa juste valeur. »

Anna sourit, clairement flattée.

« Eh bien, si c'est tout ce que vous vouliez savoir…
- Il y a autre chose. »

Elle fronce le nez. « Quoi ?
- Nous aurons besoin d'un guide. Tamamura Tamao, si cela est possible.
- Nous ferons notre possible. » Anna interroge Tamao du regard. Son cœur est en train de tenter de sortir de sa poitrine par sa gorge. Elle acquiesce.

« Il faudra peut-être une deuxième personne. Nous sommes trop nombreux pour une seule voiture.
- Ils seront sur le quai à 18 h 30. »

Et ils le sont.

Tamao a insisté pour que Manta soit l'autre guide. Sa présence la rassure, et elle craint que les autres garçons énervent les X-Laws. Accidentellement, bien entendu, mais le mal serait alors fait. Anna a rappelé Marco avant leur départ pour vérifier que cet arrangement lui convenait, et il faut croire que cela lui convient.

Ils patientent sur le quai alors que les X-Laws finissent de se préparer. Il semble y avoir un problème, ou du moins un retard, mais on ne leur explique pas la situation. À la place, Marco interroge Manta quant à sa présence sur l'île, lui qui est humain et héritier de l'empire Oyamada. Comment est-il arrivé ici ? Que sait sa famille ? Manta semble esquiver un peu maladroitement les questions, mais au moins ce n'est pas elle qui est sous les feux des projecteurs. Elle ne fait que se tenir droite, presque au garde-à-vous.

Au moins, les autres adultes semblent amicaux. Ils ont perdu la solennité qu'ils avaient lors de la résurrection de Ren; le chauve lui sourit ouvertement, et le plus grand chantonne quelque chose alors qu'il vérifie que les deux véhicules garés sur la plage sont prêts pour le départ.

« Tamao, » dit Manta. Elle a dû se perdre dans la lune une seconde, parce qu'elle ne l'a pas vu s'approcher, et elle rosit.

« P-pardon, que… ?
- Je vais partir devant avec les X-II, » répète-t-il patiemment. « Ils peuvent s'installer chez Yoh, aider à installer ce qu'il faut pour le repas. Marco dit que le seigneur Maiden serait prêt dans une minute. »

Les yeux de Tamao s'écarquillent. Elle se sent paniquer. Elle doit rester ici toute seule. Avec Marco ? « Je…
- Tout va bien ! Lyserg va arriver d'une seconde à l'autre. Yoh a dit qu'il était super gentil. J'ai dit à Marco que tu étais timide, il a dit que ça ne serait pas un problème. »

Rien de tout cela ne la rassure. « Tu as dit quoi à Marco ? » Elle va mourir. Elle va se creuser une tombe et s'y allonger et mourir.

« Pardon, je croyais… » Manta fronce les sourcils et lui tapote le genou maladroitement. « Tout va bien se passer. À moins que tu ne veuilles échanger… ? »

Tamao ne peut plus parler, mais elle secoue la tête. Ce qui est fait est fait, et elle accepte son destin tel qu'il est. Son horrible, horrible destin. Manta lui sourit et fait signe aux trois X-II avant de les rejoindre. C'est le plus grand d'entre eux qui s'installe derrière le volant.

« Désolé, mon garçon, » dit le chauve à Manta, « tu es trop petit pour aller à l'avant. Si on devait freiner, tu passerais direct à travers le pare-brise.
- Aucun problème, j'ai l'habitude.
- La musique passe mieux à l'arrière, de toute façon, » sourit leur chef d'équipe, et il ouvre l'autre portière avant pour le chauve.

Ils disparaissent bientôt en direction du village, et Tamao reste seule sur le quai. Marco est reparti sur le navire, et elle attend, de plus en plus fébrile. Dans une minute ou deux, elle partagera une voiture avec le seigneur Maiden. Son cœur se serre.

Elle entend un bruit sur le navire, et tout son être se concentre sur la passerelle.

D'abord viennent des bruits de pas : Marco, qui marche rapidement et enfonce ses talons dans le sol, puis ce qu'elle imagine être le pas pressé de Lyserg qui peine à le suivre, et… là. Elle s'attendait à ce qu'une jeune femme comme l'Iron Maiden ne fasse presque aucun bruit en marchant, mais ses chaussures doivent être renforcées car elle fait le même clac-clac-clac que la mère de Yoh dans ses talons de ville. Son pas est assuré, régulier, et Tamao n'a que le temps d'épousseter son jeans avant qu'ils n'apparaissent au sommet de la passerelle.

Puis elle la voit. Sa robe sort tout droit d'une gravure de mode extravagante, et quand elle voit Tamao elle lui sourit.

Ses genoux flageolent, et elle lui sourit elle aussi. Son cœur tente de s'échapper de sa poitrine en lui brisant les côtes.

Marco est le premier à terre. « Mademoiselle Tamamura, » dit-il sèchement. « La compagnie de notre sainte Iron Maiden est une bénédiction rare, surtout pour les non-initiés. Vous ne lui adresserez pas la parole à moins qu'elle ne vous pose de question, et vous prendrez garde à ne pas lui manquer de respect. C'est bien compris ? »

Tamao avale sa salive. Il est terrifiant.

« Marco, » dit Jeanne avant qu'elle n'ait pu réagir. Les inquiétudes de Tamao s'évanouissent comme des bougies qu'on souffle. « Ne sois pas malpoli.
- Bien sûr, seigneur, mes excuses.
- T-tout va bien, » Tamao parvient à dire. « Je ne serai pas – je ne vous ferai pas de problèmes. »

Il retourne son attention sur elle. Il est si grand que Tamao doit lever la tête pour le regarder dans les yeux. Puis il lui fait un sourire. « Parfait. »

Il émet soudain tant de bienveillance que c'est perturbant, et Tamao acquiesce. Les choses semblent calmées, tout d'un coup.

Lyserg arrive près d'elle. Elle ne s'attendait pas à ce qu'il soit aussi grand, ou aussi calme. Il s'incline. « Enchanté. Je m'appelle Lyserg Diethel, j'ai voyagé avec Yoh-kun en Amérique pendant quelques temps.
- T-tout le plaisir est pour moi. »

Il la mène à la voiture, un véhicule blanc qui doit coûter plus que l'entière maison de Funbari. Il lui ouvre la porte. « Monte.
- Merci. »

Elle s'installe à l'arrière, et Lyserg va s'assoir sur le siège passager avant. Puis l'autre portière s'ouvre, et tout l'air quitte les poumons de Tamao alors que l'Iron Maiden s'installe à côté d'elle.

Marco attache sa ceinture et lui demande quelque chose dans une langue que Tamao ne parle pas. Puis cette portière aussi se ferme.

C'est comme si une bulle s'était formée autour d'elles. Tamao ne voit plus Lyserg ou le reste de la voiture. Ne songe ni au dîner, ni à Hao, ni à rien d'autre. Il n'y a plus qu'elle, assise tout près.

L'Iron Maiden a son Oracle Bell sur les genoux, les doigts posés de chaque côté de l'écran. Tamao ne veut pas être indiscrète, mais on dirait qu'elle est en train d'écrire un message. On dirait qu'elle est inquiète.

La voiture démarre, et l'Iron Maiden relève la tête. Tamao croise son regard et détourne immédiatement les yeux. Ses joues rougissent violemment, et elle espère passer inaperçue.

Alors qu'ils quittent la plage, la route serre de près la falaise qui sépare le domaine de Hao du reste de la forêt. La montagne est menaçante au-dessus d'eux, et Tamao repense à sa lettre. Hao a libéré Marco et Lyserg. Il l'a fait parce qu'elle le lui a demandé. C'est terrifiant.

Du coin de l'œil, elle remarque que l'Iron Maiden regarde la falaise, elle aussi. Qu'est-elle en train de penser ? Qu'a fait Hao, d'ailleurs ? Les X-Laws semblent prêts à s'ouvrir un petit peu, mais pour l'instant leurs lèvres sont scellées. Savoir s'ils ont parlé à leur ennemi, comment il a libéré les leurs, s'ils ont réussi à les sauver malgré lui… Impossible. Et l'Iron Maiden, avec son beau visage impassible, est indéchiffrable.

Malgré l'ordre de Marco, Tamao veut lui adresser la parole.

Pour dire quoi, demandent les morceaux encore rationnels de son cerveau.

C'est un honneur.

Votre robe est magnifique.

Qu'allez-vous faire maintenant ?

J'ai conclu un accord avec Hao pour que vous n'ayez plus à être triste.

Je suis heureuse que vous m'ayez choisie comme votre guide.

Pourquoi m'avez-vous choisie comme votre guide ?

C'est forcément elle, pas les autres. Marco et Lyserg étaient inconscients. Elle ne voit pas les X-II insister pour elle.

Pourquoi m'avez-vous choisie comme votre guide ?

Sa bouche. Refuse. De s'ouvrir.

« Mademoiselle Tamamura, » dit Marco, et elle sort de ses pensées.

« O-oui.
- J'ai dit, je vais avoir besoin de vos indications maintenant. Il y a plusieurs routes pour aller au village, et je ne sais pas laquelle nous mènera chez vous.
- B-bien sûr. »

Elle lui dit où tourner. Ils quittent le flanc de la falaise et s'enfoncent dans la forêt. Tamao a l'impression de sentir des doigts brûlants sur son échine.

L'Iron Maiden la fixe de nouveau. Elle veut que tu lui dises quelque chose ! Allez. Ouvre la bouche. Parle-lui de sa robe ! Tu aimerais pouvoir porter quelque chose comme ça. Non, c'est trop bizarre. Dis-lui juste que c'est mignon.

Dis quelque chose !

« Tamao, tout va bien ? »

Lyserg s'est retourné sur son siège pour la regarder. L'inquiétude se peint sur son visage.

Marco lui jette un œil dans le rétroviseur. « Vous avez le visage rouge. Êtes-vous malade ?
- Non, non, tout va bien, je… »

Alors le monde explose en éclats de métal et de lumière.

« Je t'en prie, ne sois pas morte, » sanglote Tamao, dans l'après-coup lumineux de l'accident. « Oh, s'il te plaît, ne sois pas morte, s'il te plaît…
- Ça ne sert à rien, gamine, » lui dit leur meurtrier. Il ne se moque pas; il n'est même pas particulièrement heureux de son forfait. Quand elle parvient à lever les yeux vers lui, il est en train d'allumer une cigarette. Pendant une seconde, Tamao se voit lui sauter dessus, le bourrer de coup. Lui arracher sa cigarette et le sourire qui lui fend le visage. Le tuer. Elle en sait ses mains capables, même sans Oversoul, même sans shamanisme.

Elle ne lui a même pas dit que sa robe lui plaisait. C'est une robe tellement jolie, songe-t-elle stupidement. Ses larmes l'aveuglent alors qu'elle repose la jeune fille, doucement. C'est un cauchemar. Elle vit un cauchemar. Voir l'Iron Maiden morte dans ses bras, c'est… C'est une erreur. Un faux point dans l'étoffe du réel. Elle ne la connaît pas et déjà elle la perd.

« Tu ne fais pas partie de la mission, tu sais, » lui dit-il encore. « Le village n'est pas très loin. Vas-y, oublie ces gens. C'est ce qui se fait ici, non ? »

Elle ne comprend pas de quoi il parle. Tout ce qu'elle sait, c'est qu'il faut qu'elle agisse, avant qu'il ne soit trop tard. Ses mains picotent; elle a l'impression que sa tête se remplit de lave.

L'homme se tourne vers le village, vers là où Yoh et les autres l'attendent – d'où l'aide peut venir, réalise-t-elle, elle peut appeler à l'aide, les X-II ont peut-être déjà compris qu'il y avait un problème, peut-être que les secours arrivent déjà – et puis c'est comme un briquet qui s'allume dans son cerveau, et elle se jette en avant. L'air se fait chaud dans ses poumons, elle saute sur le dos de l'ennemi et lui laboure le visage des ongles.

Il hurle et se recroqueville alors qu'elle lui enfonce les ongles dans la peau. Elle parvient à s'accrocher pendant quelques secondes avant d'être projetée sur le côté. Son Oversoul se stabilise en une seconde; Ponchi et Conchi, pour une fois, ne lui refusent pas leur appui. « Tu ne leur feras rien d'autre, » lance-t-elle en s'élançant vers lui avant même de tirer. Son corps ne lui appartient plus; ses pieds et ses mains bougent selon des instincts qu'elle ne se souvient pas avoir appris. Elle évite la première patte du Sphynx, roule sous la seconde, et tire presque à bout portant dans son estomac. « Je ne te laisserai pas leur faire de mal ! »

Il se tient encore le visage et le Sphynx attaque au hasard; elle espère pendant une seconde lui avoir arraché les yeux. Puis il tourne la tête brusquement pour la fixer, et s'il y a du sang sur son visage, ses deux yeux trouvent les siens avec une facilité alarmante. Puis le Sphynx s'abat sur elle pour la mordre.

Elle réussit à éviter les crocs terribles et trébuche en reculant, les pattes du Sphynx heurtant le sol tout près d'elle. Elle essaie de se reprendre, mais elle n'est pas assez rapide, et elle heurte quelque chose de mou. Avec un cri elle tombe sur le dos, le visage tout près de celui de l'Iron Maiden.

Elle est tombée sur le corps de Lyserg, comprend-elle fugacement.

« Tamao, » hurlent ses esprits gardiens, alors que le Sphynx fond sur eux.

« Très bien, » crache leur attaquant, la voix pleine de rage. « Tu veux mourir avec eux ? Pas de problème ! Je m'en fous !
- Le mal n'est jamais à un corps près, » répond une autre voix près d'elle. À l'instant où l'Oversoul gigantesque s'apprête à les aplatir contre le sol – Tamao tente de couvrir le corps de la fille morte du sien, en vain, en vain – le Sphynx explose.

Un sifflement strident empêche Tamao de se concentrer, mais à travers ses larmes elle se tourne à demi et elle voit l'ange.

Ce n'est pas juste Marco. Ce n'est pas juste sa poitrine, intacte quand elle était devenue une bouillie sanglante au début de l'assaut. Ce n'est même pas juste son Oversoul Michael.

C'est aussi l'étrange fantôme incandescent aux yeux pleins de flammes. Sa peau est parcourue de craquelures rougeoyantes, et elle se tient au-dessus de Marco, le visage tordu en une grimace terrifiante. Quand il parle, il y a un écho, le grondement lointain d'un incendie : « Quand une personne risque sa vie pour défendre ce qui est juste, il est naturel que les anges descendent pour l'aider, pour la protéger. » Il (ils ?) halète, et leur (sa ?) façon de bouger lentement ne donne pas confiance à Tamao quant à la survie de Marco au long terme, mais l'heure n'est pas au long terme. L'heure est au châtiment pour l'homme qui a tué l'Iron Maiden.

Alors les anges se lèvent et attaquent le Sphynx. Ils parlent à peine, tout en efficacité explosive. Tamao sait qu'elle devrait les aider. Elle en est capable, elle pourrait tirer sur Anahol, au moins le distraire… faire quelque chose pendant qu'ils l'attaquent au corps à corps. Mais elle en est incapable.

Son corps, allongé sur le sol, ne répond pas à ses ordres. C'est comme si la gravité la plaquait à terre. Elle a presque du mal à respirer.

« Tamao, » murmure Ponchi avec inquiétude. « Tu nous entends ? »

Elle parvient à acquiescer, faiblement.

« Ce fantôme, elle t'a possédée, » ajoute Conchi. « C'était comme si tu étais faite de feu. »

Ça explique sa fatigue, peut-être. L'esprit de flamme et elle partageaient le même objectif, mais Tamao ne maîtrisait absolument pas leur fusion. Le fantôme l'a utilisée, et maintenant elle n'a pas d'énergie.

La fille étendue si près d'elle n'a pas l'air fatiguée. Elle n'a l'air ni blessée ni apeurée. C'est comme si elle était tout simplement endormie.

Les larmes coulent de nouveau sur les joues de Tamao, une cascade terrible qui s'est amassée derrière ses yeux. Elle lève une main hésitante vers le visage de l'Iron Maiden. « Ce n'est pas juste, » dit-elle à la fille morte entre deux sanglots. « Ce n'est pas juste. Je t'ai aidée et tu n'en sais rien. Je ne peux même plus te le dire. » Sa main hésite dans les cheveux en désordre de la fille morte. Ils sont doux; elle est douce et chaude.

Encore chaude.

« Je voulais que tu souries. Je voulais que tu sois heureuse. »

Sans réfléchir, elle se rapproche. L'espace d'un court instant, son front frôle celui de la morte.

Elle refroidit déjà. Tamao sanglote de plus belle. Le chaos au-dessus d'elles disparaît presque tout à fait alors qu'elle se tortille pour se rapprocher de l'Iron Maiden, et –

« Je suis désolé, Marco, Meene. »

Elle connaît cette voix.

Tamao se redresse juste assez vite pour voir Anahol abattre son poing dans le visage de Marco. Il tombe comme un arbre mort. Derrière eux, un groupe approche. Ils sont trois : le prêtre qui l'a aidée, un enfant, et

Hao.

Il s'immobilise presque quand il croise son regard, ou du moins elle se l'imagine, avant qu'il ne se reprenne et n'affiche un rictus froid. Marco lâche un grognement faible alors qu'Anahol enfonce son pied dans sa poitrine, probablement là où il a été blessé. L'homme parle, le prêtre aussi, mais Hao se contente de la fixer, et elle fait de même, sans rien entendre.

Le monde autour d'eux perd en couleur, en intensité. Le temps lui-même semble ralentir.

Lentement, délibérément, Hao tourne la tête et se tourne vers Anahol. « Beau travail. Je prends la suite. »

Sans réfléchir, elle se lève, et elle dirige son arbalète vers lui. Son furyoku pulse autour de l'arme, l'Oversoul plus fluide qu'il n'a jamais été. Chaque fibre de son corps lui hurle qu'elle ne le laissera pas faire. Il ne va pas la prendre. Elle ne le laissera pas faire.

« Fais bien attention, » lui dit-il d'une voix légère, mais elle ne le laisse pas continuer.

« Je ne te laisserai pas lui faire du mal, » promet-elle, et le poignet de Hao s'enflamme d'or.

« Je ne te laisserai pas lui faire du mal, » siffle Tamao à voix haute. Elle pleure comme une plaie saigne, et sans qu'elle ne s'y attende son poignet – celui qu'il avait déjà levé pour la tuer, les tuer toutes les deux – s'auréole de lumière. Pendant un instant, le monde est comme suspendu, et Hao lui-même baisse les yeux vers sa marque.

Je ne te laisserai pas lui faire du mal.

Les yeux de Tamao s'écarquillent, et s'écarquillent encore. Il suit ses pensées : si elle avait peur, avant, trop pour penser, maintenant tout s'est arrêté et elle entend ses mots dans sa tête. Fais bien attention. Il l'écoute réaliser ce que tout cela signifie. Elle regarde sa jambe de pantalon. Ils ne peuvent pas voir la marque dorée sur sa cheville, mais ils l'imaginent très bien, tous les deux.

Il n'avait pas prévu de lui parler. De l'embraser. Encore moins de la laisser l'embraser, lui. Quel désordre. Comment n'a-t-il pas réalisé, pourquoi n'a-t-il pas senti ce qui était sur le point d'arriver ?

« Je croyais que nous avions un accord, » dit-il, à voix dangereusement basse, les yeux toujours sur sa marque dorée. « Tu devais rester à l'écart. »

Il la voit hésiter. Puis elle resserre sa prise sur son arme.

Il plisse les yeux, et il pense dans sa tête : As-tu déjà tiré sur quelqu'un avec cette arbalète ? Pas une cible d'entraînement, pas un arbre, pas un animal. Quelqu'un.

Elle pâlit. Elle peut l'entendre, beaucoup plus distinctement que l'autre fois. Leurs marques ont ouvert un passage, quelque chose de différent du reishi, et pourtant si proche.

Non, répond-elle, mal assurée. Mais ça n'a pas d'importance.

« Je ne savais pas que vous aviez accepté cet accord, » dit-elle. Choix courageux de sa part, parce que ce n'est pas entièrement la vérité, mais ce n'est pas exactement un mensonge, non plus. Hao se prend à l'admirer, ce qui l'irrite, plus contre lui-même que contre elle. Personne d'autre ne bouge; Marco ne laisse échapper qu'un grognement faible quand il lui passe par-dessus pour s'approcher d'elle.

« Trêve de plaisanteries, petite fille, » dit Hao. « Ta précieuse Iron Maiden va rester morte. Personne ne se dressera entre moi et le trône. »

Tamao ne recule pas. Ses pas sont assurés alors qu'elle fait un pas vers lui.

« Comptes-tu m'affronter pour protéger leur vie ? Je ne te le conseille pas. »

« Tamao, non ! »

Maxwell. Il tente de se relever, de se battre. En cet instant, même le chef fanatique des X-Laws ne pense pas que sa précieuse poupée et Lyserg puissent être sauvés. Même lui ne veut pas voir mourir une enfant sans raison.

Admirable, vraiment.

Anahol donne un coup de pied dans les avant-bras du X-Law et le renvoie au sol. Personne ne s'interpose entre Tamao et Hao alors qu'il s'avance jusqu'à s'appuyer contre l'arme qu'elle tient devant elle.

Je t'en prie, non.

Il secoue la tête, un sourire mauvais aux lèvres.

« À quoi penses-tu ? Tes mots t'ont menée jusqu'ici, mais si tu n'as rien à me dire, je vais me contenter de prendre ce que je suis venu chercher.
- Non, tu ne le feras pas, » dit-elle, avec beaucoup trop d'assurance pour sa frêle stature.

Ne me défie pas, la prévient-il.

Est-ce que cet homme nous a attaqués parce que je t'ai demandé de libérer l'esprit de cette femme ?

Peut-être bien. Après tout, j'avais besoin de me débarrasser des X-I, et le plus tôt était le mieux, non ?

Elle te faisait peur ?

Il ricane, le visage tordu de mépris. Mais elle a vu l'expression sous le masque, juste avant. Elle l'entend dans leurs pensées.

Je te fais peur.

Elle pleure, d'étranges larmes continues qu'elle semble incapable d'arrêter. Elle est tout sauf menaçante. C'est sans doute pour ça qu'il ne s'énerve pas. Qu'il ne l'immole pas immédiatement.

Ça, et il s'enflammerait aussi.

Pauvre petite fille, toute seule contre le grand méchant loup.

« Cela ne change rien, » dit-il à haute voix. Pourtant il ne bouge pas.

Tamao serre ses lèvres l'une contre l'autre.

Si c'était la vérité, lui répond-t-elle sans bruit, tu ne pleurerais pas.

Hao cille et sort de la bulle. Elle a raison : des larmes incompréhensibles coulent de ses yeux à lui aussi. Elles ne lui donnent pas l'impression de lui appartenir. Pas plus qu'elles ne viennent de Tamao, maintenant qu'il y songe. Ils pleurent en même temps, ils pleurent ensemble, mais…

Dans le lointain, un son de flûte.

De kôto, corrige-t-elle, et il fronce les sourcils.

Un poignet embrasé, un poignet silencieux.

Une cheville embrasée, une cheville silencieuse.

Et la flûte.

Le kôto.

Il la fixe, longuement. Son arme s'enfonce légèrement dans sa poitrine quand il respire. Elle ne détourne pas le regard.

Pourquoi pleures-tu ?

Sans répondre, il se détourne.

« Ceci n'était qu'un avertissement. »

Et il s'en va.