-Mlle Dunbroch ?
-Euh... Oui ?
-Veuillez nous suivre s'il vous plaît.
-Qu'est-ce que vous lui voulez ? Demanda Anna d'un ton las.
L'équipe était rentrée environ une demi heure plus tôt. Elsa avait épuisé presque toute sa magie, aussi s'était-elle écroulée directement sur son lit. Ses sœurs, inquiètes, étaient restées à son chevet dans sa chambre. Le reste de leurs co-équipiers étaient partis se reposer, et Mérida leur distribuait quelques snacks de sa réserve personnelle. Cependant, le quatuor avait été interrompu par l'arrivée inopinée de Mme Parr (Anna avait appris qu'il s'agissait de la mère de Violette) et Mr Prof, les responsables des dortoirs.
-Rien qui ne vous concerne directement, répondit le nain avec sagesse. Vous pourrez la revoir d'ici une demi-heure si tout se passe bien. Normalement.
-Qu'est-ce que... Fit Elsa en tentant de se redresser.
-Vous devriez vous reposer Mlle Corona. Nous souhaitons juste poser quelques questions à votre amie.
-Pas de souci les gars, trancha Mérida en mettant fin au débat. Je reviens.
Elle se leva et quitta la chambre en compagnie des deux adultes, laissant les trois sœurs perplexes.
-Je sais pas vous, commença Raiponce, mais je la sens mal cette histoire.
Tout en discutant, elle dénoua sa tresse et se mit à redonner un peu d 'énergie à Elsa sans même utiliser sa comptine. Du trio, c'était sans doute celle qui avait fait le plus de progrès durant ces derniers mois, et Anna était extrêmement fière d'elle.
-Tu te débrouilles de mieux en mieux, remarqua Elsa en faisant écho à ses propres pensées.
-Tu trouves ? Je pense que j'ai encore du progrès à faire. Je suis loin de vous égaler en tout cas...
-Tu plaisantes ? Anna passe la moitié du temps à dormir en cours, tu vas finir par la dépasser d'ici quelques semaines.
-Eh !
Elles éclatèrent de rire et continuèrent de se taquiner, évacuant la tension accumulée ces dernières heures. Elles furent cependant brusquement interrompues par Jack et Harold, qui déboulèrent sans frapper.
-Les filles, il faut que vous veniez. Tout de suite.
-Qu'est-ce qui se passe ?
-C'est Mérida. Elle est en conseil de discipline.
-C'est inadmissible !
Anna eut un brusque mouvement de recul. La voix de ce colosse, à l'accent écossais encore plus flagrant que celui de son amie, résonnait dans la grande pièce circulaire semblable à un tribunal. Les membres de leur équipe avaient été exceptionnellement autorisés à y assister, malgré quelques roulements de sourcils de la part de Mme Denfer et Mme Mode. Cependant, Astrid, Flynn et Kristoff étaient absents, tandis que Raya était assise à la barre des jurés avec le directeur, Mr Merlin, la directrice adjointe, les professeurs et quelques membres de l'équipe de sécurité. Présidant la réunion à l'endroit où se trouvait le juge, il n'y avait non pas un mais deux siège, occupés par une souris anthropomorphe et un petit garçon tout vêtu de blanc.
Mérida était assise sur une chaise au milieux de tout ces regards. Elle semblait frustrée, mais gardait son calme. Le géant roux à sa droite, en revanche, proclamait haut et fort son désaccord et son indignation.
-C'est qui ce type ? Murmura Anna.
-Je crois que c'est son père, souffla Harold sur le même ton.
-Balèze.
-Ouaip. Peut-être même plus que le mien.
Ils se turent face au regard désapprobateur de Mme Denfer, et reportèrent leur attention sur le Conseil.
-Fergus, je vous en prie, soupira Mr Merlin en essuyant ses lunettes. Nous souhaitons simplement...
-Accuser ma fille d'une telle...
-Allons, allons, intervint Mr Parr, le professeur d'éducation physique. Nous n'avons encore accusé personne.
-Souhaitez-vous faire du clan Dunbroch votre ennemi ? Croyez-moi, Pitch Black et ses petits copains seraient le cadet de vos soucis...
Cette déclaration jeta un froid dans la salle. La femme qui se trouvait à la droite de Mérida, dont la silhouette menue contrastait fortement avec celle de son acolyte, s'avança alors pour détendre l'atmosphère.
-Ce que mon mari veut dire, c'est qu'une accusation sans aucune preuve pourrait, disons... Compromettre nos futures relations. Nous sommes néanmoins prêt à écouter votre argumentaire.
-Mais...
-Fergus.
Le colosse se tut et croisa les bras d'un air renfrogné. Anna fut surprise de voir à quel point Mérida lui ressemblait lorsqu'elle boudait.
-Voyez-vous, avança Mr Potté, plusieurs des opérations que nous avons effectuées depuis l'évasion de Scar se sont soldées par un échec cuisant. Après avoir mené notre enquête, nous avons déduit qu'on nous avait trahi de 'intérieur.
-Mais encore ?
-Les missions que votre filles a effectuées étaient des missions de sauvetage. Seulement, l'ennemi était au courant de l'arrivée de son équipe.
-Cela pourrait être n'importe lequel de ses co-équipiers. Ou même un membre de...
-Sauf que votre fille est directement impliquée dans l'évasion de Scar. C'est elle qui a ouvert la porte à Zira.
-Je ne l'ai pas fait exprès, s'indigna la rousse. Je n'ai fait que suivre les feu-follets !
-Allons bon, répondit le chat d'un ton sarcastique. Ne pense même pas utilisée la destinée pour te tirer d'affaire, gamine.
Anna crut que Fergus Dunbroch allait se jeter sur le chat mais il fut interrompu par sa femme, qui posa simplement son bras sur son épaule. Elle se rendit alors compte, avec horreur, que Mme Dunbroch avait l'air encore plus furieuse que son mari. Elle foudroyait les jurés du regard, et ses ongles commencèrent à dangereusement s'allonger.
-Il suffit.
Tous se turent. L'un des présidents de l'assemblée, la souris, avait pris la parole. Malgré sa voix haut perché, il transparaissait en lui une telle sagesse et une telle prestance qu'il en inspirait le respect, même si Anna ne le connaissait pas.
-Maître Oogway. Puisqu'il s'agit là d'une affaire mêlant le destin, je vous laisse en juger.
-La fille ne mens pas, répondit une tortue géante qui semblait très, très vieille. Son coeur est pur, je peux en témoigner.
-Alors quoi ? Réagit Mr Maui, le professeur de métamorphose. Son destin consistait à libérer l'un des plus grands criminels de l'histoire ?
-Les voies du destin sont impénétrables. On ne peut défaire ce qui devait être accompli. Cependant...
Il marqua une pause et ferma les yeux, l'air confus.
-Ne le sentez-vous pas, Fergus ? Les voies du destin sont troubles.
-Alors pour vous aussi ? S'étonna Mr Dunbroch.
-Il en est de même pour Mr Mushu. Il semblerait que quelqu'un de plus puissant que nous ne fasse des siennes parmi les esprits.
-Qui ça ? Osa demander Raya d'une toute petite voix. Hadès ? Pitch Black ?
-Bien pire que ça mon enfant, répondit le second président, qui avait l'apparence et la voix d'un enfant. Quelque chose de bien plus ancien. Et bien plus puissant.
Les professeurs se regardèrent en fronçant les sourcils sans comprendre. Seul Mr Merlin se mit à trembler.
-Avec tout le respect que je vous doit, ô Doyen, ce que vous dites là est impossible. Voilà des siècles qu'il...
-Et pourtant, les preuves sont là. La tribu de Simba et les autres Anciens s'agitent. Nos forces sont dispersées à travers le monde, nous sommes attaqués de toute part. Mary Poppins et Neptune sont portés disparus. Lucius Frozone a été attaqué au sein même de l'Académie la semaine passée, et il est encore inconscient à l'heure actuelle. Nous sommes plus affaiblis que jamais parce qu'une force maléfique qui dépasse nos capacités est à l'œuvre.
-Ainsi donc, murmura Maître Oogway, le destin échappe même au pouvoir du Garçon qui pêche sur la Lune.
-Malheureusement, mon vieil ami. Je ne peux percevoir que l'avenir proche, comme si un voile sombre obscurcissait ma vue.
-Alors vous l'avez pressenti.
-Oui. C'est pourquoi j'ai réuni ici toutes les forces disponibles qu'il nous reste.
-Excusez-moi, intervint Jack en se levant brusquement. Qu'est-ce que ça veut dire exactement tout ce charabia ?
-Que la guerre commence mon enfant.
Et, comme pour faire écho à ces paroles, une immense explosion retentit à l'extérieur.
