O..11..O

Évidemment cela dura bien plus que deux heures. Warner le Morse aimait apparemment le son de sa voix, et débattit chaque point jusqu'à en vomir, même quand les autres étaient d'accord avec lui. À la fin de la réunion, Harry était prêt à lui envoyer un sort sous la table pour le rendre muet.

« Je vous remercie, Gouverneur », dit Minerva en lui coupa la parole pour la huitième fois. « Nous prendrons en considération vos conclusions jusqu'à ce que le conseil les vote. Maintenant M. Potter et moi devons partir. Nous avons des devoirs à accomplir. »

L'homme fanfaronna et fit des bruits de condescendance. Harry y porta peu attention. C'était ridicule à quel point le Conseil aimait discuter de chaque situation minime et la tourner en une « situation sérieuse ». Dans ce cas, un élève de septième année avait jeté un Imperius à un de ses camarades. Le garçon a été justement renvoyé, mais ses parents avaient de l'influence, avaient réclamé une immédiate réunion du Conseil ainsi que l'attention des parents, de la presse et même de personnes vaguement impliquées.

Le père du garçon lui rappelait presque douloureusement Lucius Malfoy avec sa supériorité de sang-pur et son arrogance dirigée vers ses propres intérêts. Harry réalisa qu'il n'avait demandé ni à Draco ni à Narcissa ce qu'était devenu Lucius. Le père de Draco avait échappé à Azkaban en recourant à des moyens proches de l'illégalité car il avait jeté une quantité phénoménale de gallions au Ministère ravagé par la guerre. Terriblement conscient de sa dette de vie envers Narcissa, Harry avait peu protesté à ce moment-là : il s'était simplement plaint avec ses amis et s'était promis de garder un œil sur l'homme.

Apparemment cette promesse n'avait pas été tenue, mais Harry savait que s'il se produisait quelque chose d'important en rapport avec Malfoy, Hermione le lui rapporterait. Aux dernières nouvelles, Lucius s'était rendu en Chine à la recherche d'un nouveau marché industriel. Était-ce il y a deux ans déjà ? Y était-il toujours ?

Malgré la garantie faite à Malfoy qu'il serait de retour au bout de deux heures, la réunion en elle-même avait duré plus de deux heures et vingt minutes, et Minerva lui demanda s'il aimerait dîner à Londres plutôt que de retourner directement à Poudlard. Même s'il en avait hâte , Harry n'arrivait pas à trouver une excuse logique, donc il accepta.

La nourriture copieuse était bonne et il était agréable de passer du temps avec Minerva, rediscutant de la réunion et parlant des différentes politiques qui l'avait influencée, mais Harry se réfrénait difficilement de jeter un Tempus toutes les minutes et d'avaler sa nourriture.

Il avait prévu d'être de retour à six heures et il était presque neuf heures quand il revint. À sa non surprise, Malfoy n'était pas à sa place habituelle sur le lit, ni debout près de la fenêtre. En effet, il n'était pas du tout dans la pièce.

Soupirant, Harry mit son pyjama et patienta avec un livre qui ne parvenait pas à retenir son attention, au bout d'un moment il s'endormit avec la lumière allumée, en attendant que Malfoy revienne.


O….O

Malfoy ne revint pas. Harry ne le vit pas pendant les trois jours suivant et il était à moitié affolé de peur – rien ne pouvait plus vraiment arriver à un fantôme, ou au moins, Harry l'espérait – mais surtout à cause de ses sentiments naissant pour le crétin.

Au début, Harry avait cru que Malfoy était agacé par lui et s'était éloigné pour le punir, ce qui fonctionnait mieux que ce qu'avait imaginé Harry. Il était fatigué, irrité et de mauvaise humeur. Heureusement pour ses élèves, ils n'avaient pas affaire à lui pendant le week-end, et il réussit à se distraire pendant quelques heures en aidant George Weasley à préparer sa fête d'Halloween annuelle.

Mais le dimanche après-midi, alors qu'il n'avait pas vu Malfoy depuis le jeudi, Harry partit finalement à sa recherche. Il interrogea chaque fantôme pour leur demander s'ils l'avaient vu (la majorité d'entre eux n'avaient pas vu Malfoy depuis des jours et même des semaines), il s'aventura dans la salle de bain de Mimi (elle l'avait vu ce matin, heureusement) et enfin partit à la quête du repère des sombrals dans la forêt près de la cabane d'Hagrid.

« Je ne l'ai pas vu dans les alentours depuis un moment », dit Hagrid. « Bien sûr ça ne veut pas dire qu'il n'est pas venu ici. Il aime rendre visite aux sombrals de nuit d'habitude. Je crois qu'il aime son intimité. »

Harry jeta une tranche de viande ensanglantée dans l'air. Un sombra bondit gracieusement sur elle et l'attrapa entres ses mâchoires aux crocs acérés.

« Vous vous entendez bien finalement ? »

« Oui », fit Harry et il regarda les sombrals manger avec un vague sentiment de haut-le-coeur. C'étaient des créatures fascinantes, mais elles étaient tout de même terrifiantes.

Harry abandonna sa quête pour trouver Malfoy et retourna au château, il prépara enfin ses cours pour la semaine, feuilleta apathiquement un livre et finalement s'endormit.

Il s'éveilla plus tard sous un toucher glacial qui le sortit de force de son sommeil. Il s'assit, attrapa instinctivement sa baguette pour lancer un faible Lumos.

À sa surprise, les traits argentés de Malfoy s'illuminèrent. La tirade de colère d'Harry mourut sur le bout de sa langue face aux mots de Malfoy.

« Enlève tes vêtements. »

Une chaleur explosa dans son corps, attisée par trois longs jours sans libération. Sa queue s'allongea et se remplit, énergisée par le besoin brut dans la voix de Malfoy. Même à demi éveillé, Harry savait qu'il ne devrait pas céder. Trois jours sans fantôme et seul avec ses propres pensées l'avaient presque convaincu qu'il était mieux sans Malfoy, malgré ses efforts pour chercher le crétin. Mais qu'importe, les doigts d'Harry déboutonnèrent sa chemise de pyjama et l'exposèrent au regard de Malfoy.

Les mains de Malfoy étaient occupées avec ses propres vêtements, écartaient les tissus fantomatiques, et il observait Harry repousser les couvertures qui traversèrent ses cuisses. Pendant qu'Harry descendait ses bas, Malfoy se déplaça jusqu'à se trouver entre ses jambes.

« Où étais-tu passé ? » demanda Harry en touchant son pénis et en fixant ses yeux sur la main pâle de Malfoy qui entourait le sien et qui faisait des va-et-vient.

« Essayais de rester à l'écart », dit simplement Malfoy.

Harry voulut demander pourquoi, mais il avait peur de connaitre déjà la réponse et il pouvait à peine dépasser la folle sensation de bien-être qu'il ressentait juste en ayant Malfoy dans sa chambre.

« Tu m'as manqué », lâcha-t-il avant de ne pouvoir retenir ses mots.

La main de Malfoy eut quelques ratés avant de s'arrêter de bouger sur sa verge et son regard s'ancra dans celui d'Harry.

Harry tenta de sourire, mais il n'y parvint pas.

« Ne laisse pas ça te monter à la tête. » tenta de se rattraper Harry.

Malfoy fit un rictus et commença à bouger de nouveau, alors Harry arrêta de penser pour regarder, ressentir, et souhaiter, jusqu'à ce que l'éjaculation froide de Malfoy se répande et atterrisse sur son abdomen, et se mélangea avec la sienne.

Malfoy rampa à moitié sur lui et Harry ferma les yeux alors qu'une froide torpeur ne lui vole un baiser. Son cœur désirait un véritable baiser, mais s'il se concentrait assez il pouvait y croire. Cette pensée était insupportablement déprimante. Était-ce cela sa vie maintenant ?

Malfoy semblait avoir senti son humeur et s'éloigna. Harry ouvrit ses yeux brutalement face à ce mouvement.

« Ne t'en vas pas. » dit-il alors que sa raison laissait à nouveau place à ses pulsions.

« Je ne m'en allais pas. » déclara Malfoy.

Ce dernier s'allongea à côté de lui, à l'endroit qui était maintenant le côté du lit de Malfoy pour Harry. Il s'appuya sur son coude et posa sa tête sur sa paume. Un sourire de satisfaction étirait ses lèvres.

« Donc. Je t'ai manqué. »

Harry prit son temps pour ajuster son pyjama et pour retourner sous la chaleur des couvertures.

« Peut-être », admit-il nonchalamment. « J'imagine que je me suis habitué à ton bavardage incessant. »

Harry attira son oreiller vers lui et installa sa tête dessus, conscient que cette position lui permettait de mieux observer la forme inclinée de Malfoy. Il voulait lui poser des questions. Où étais-tu ? Pourquoi étais-tu parti ? Qu'est-ce qui t'a poussé à revenir ? Mais Malfoy donnait l'impression d'être au bord d'une falaise, prêt à s'en aller à tout moment. Harry n'était pas certain, mais il pensait distinguer un pli de regret sur le front de Malfoy. Si seulement il pouvait tendre la main et pousser en arrière ses cheveux pour en être certain.

« Les cours d'ingrédients de potion t'ont manqué, n'est-ce pas ? » s'enquit calmement Malfoy.

Harry ferma simplement les yeux et sourit.


O….O

Un cauchemar le réveilla quelques heures plus tard. Il se débarrassa des couvertures, haletant, l'image des yeux rouges enflammés et du visage inhumain s'attardaient dans son esprit embrumé.

« Qu'est-ce qui ne pas va ? » interrogea Malfoy.

Harry respira profondément pour calmer ses battements de cœur accélérés. Voldemort était mort et avait disparu. Il ne pouvait plus blesser quelqu'un. Les mains acérés et la voix sifflante n'étaient rien de plus qu'un nébuleux…

« Rêve », répondit Harry.

Il plongea sur ses oreillers et jeta un coup d'œil à Malfoy, qui semblait être à la même position qu'il occupait quand Harry s'était endormi. Harry savait que le temps avait défilé : la pleine lune à travers les rideaux jetait une ombre différente sur le sol.

« As-tu bougé ? »

« Pas besoin », dit Malfoy, « Je ne dors pas. »

Harry opina de la tête. Malfoy cligna des yeux et une mèche fut bloquée dans ses cils. Sans y penser, Harry tendit un doigt pour la repousser. Sa main s'arrêta dans le vide et il se renfrogna.

« Bon sang, pourquoi c'est énervant d'être le seul… » Il plissa le front. « Quel est le terme ? Solide ? Tangible ? »

« Corporel », aida Malfoy.

« Oui, ça ! » Harry acquiesça. « Corpo… réel. »

Il s'assit avec un sursaut et poussa les couvertures sur le côté pour la seconde fois, les lançant partiellement à travers Malfoy dans sa hâte.

« Corporel ! Oh mon dieu ! »

« Es-tu complètement fou, Potter ? » demanda Malfoy sèchement.

Harry attrapa sa baguette et trébucha sur ses propres chaussures en avançant à travers la pièce. Il se rattrapa avec une de ses mains et rappa ses jointures contre la table. Il ne prit pas la peine de répondre à la question de Malfoy pendant qu'il jurait et mit son articulation dans sa bouche. Corporel, corporel

Harry ouvrit brutalement sa valise qui renfermait les livres de magie noire en sa possession. Il les avait cachés après une visite surprise de Ron qui avait fini en une tirade d'Auror.

« J'enseigne la Défense Contre les Forces du Mal, Ron » dit sèchement Harry. « Je dois me renseigner. »

Une couverture rouge se souvenait-il. Une lumière brillante naquit au bout de sa baguette et il l'enfonça dans sa valise. Cela avait une couverture rouge et… là. Il attrapa le livre et le tira avant que le couvercle ne se referme. Il l'amena au lit et retourna dans la chaleur de ses couvertures.

« Une incontrôlable envie d'étudier à trois heures quinze du matin, Potter ? » la voix de Malfoy était sarcastique, mais Harry savait qu'il était curieux.

« Te souviens-tu quand j'étudiais ce livre ? Et j'avais trouvé ça ! Une potion qui rend les fantômes corporels. Nous en avions ri parce que les fantômes ne peuvent pas boire. Mais maintenant je suis curieux. »

Malfoy se rapprocha. Harry lança un sort pour tourner les pages pour rechercher rapidement, et pour éviter de se brûler les mains. Les pourvoyeurs de magie noire trouvaient parfois amusant de laisser des sorts horribles ou des poisons à l'intérieur des pages de leur livre. Harry l'avait déjà désensorcelé, mais il préférait faire attention.

« Ici » fit Malfoy. Harry retourna la page. « La potion Phasmatactus. »

Harry approcha sa baguette lumineuse de la liste des ingrédients.

« Tu vois ? Du sang de chèvre. »

« Tu rates l'information importante Potter. »

Harry la remarqua. Du sang de sombral. Il regarda Malfoy avec des yeux écarquillés.

Malfoy hocha de la tête. « Tu sais, cela peut fonctionner. »


O….O

Harry ne perdit pas de temps pour sortit sa cape d'invisibilité et la carte des Maraudeurs. Il s'habilla rapidement, ouvrit la carte à plat sur la table en même temps et chercha des obstacles, principalement Rusard et Peeves.

« Nous faisons cela maintenant ? » demanda Malfoy.

Harry lui fit un grand sourire, il sentait son sang courir à travers ses veines d'une façon qui ne lui était plus coutumière depuis des années. Bon sang, comme cela lui avait manqué de briser le règlement intérieur et de frôler le danger ! Non pas que cette mission était intrinsèquement dangereuse, mais c'était certainement risqué. Il pourrait perdre son travail si Minerva le prenait à se faufiler dans l'école pour préparer une potion illégale, et il aimait vraiment son travail.

Malgré cela, il ne s'arrêta pas, lança sa cape sur ses épaules et la ramena sur sa tête.

« Rusard patrouille près de la tour de Gryffondor et Peeves est dans la salle des Trophées. »

Harry roula la carte et la fourra dans sa chemise avec la liste des ingrédients qu'il avait écrite sur un bout de parchemin.

« Une carte bien utile », commenta Malfoy.

« Oui, mon père a participé à sa fabrication », révéla Harry et il avança vers la porte. « Viens. »

Ils atteignirent les cachots sans problème et un assortiment de sorts ouvrit la porte de la classe de Potion. Harry se glissa à l'intérieur et espéra que le professeur Tincture n'avait posé aucun sortilège qu'il la préviendrait si quelqu'un pénétrait dans la pièce. Personnellement, Harry pensait qu'elle était un peu incompétente, mais il admit que cette opinion était influencée par les conversations qu'il avait entendues parmi les étudiants. Harry sortit la liste.

« De la poudre de cornaline », chuchota-t-il.

Malfoy glissa vers une étagère contenant la poudre de pierre précieuse.

« Ici », dit-il.

Harry se pressa vers lui et attrapa un flacon.

« Des écailles de vipères. »

« À l'intérieur de ce cabinet. »

Les autres ingrédients furent rapidement trouvés. Des ailes de chauves-souris, du miel, des plumes de corbeau.

« Jonquille », dit Harry.

La main de Malfoy se figea, flottant devant une rangée de poudre de pétales à l'intérieur de bouteilles.

« Jonquille ? » répéta-t-il.

« Euh, oui… »

La voix d'Harry s'éteignit, il se rappelait soudainement les propriétés magiques de la fleur en question. Des fleurs du monde souterrain, associées à la renaissance et… La tête d'Harry se dressa subitement et il observa Malfoy, dont les mains avaient recommencé à bouger, se déplaçant devant les étiquettes. A un amour non réciproque. La main de Malfoy s'arrêta.

« Là. »

Harry prit une longue inspiration et attrapa la bouteille. Cela ne voulait rien dire, mais c'était étrange qu'Harry s'en souvenait.

« La peau de Salamandre. Du sang de chèvre. Et du sang de sombral. »

« Le sang de chèvre est un agent liant pour le sang de sombral. », précisa Malfoy. « Tu trouveras une fiole dans la chambre froide de stase, mais tu dois collecter du sang de sombral frais pour préparer la potion. Le sang n'est efficace que quelques heures avant de commencer à perdre ses effets. »

Harry bailla en regardant les ingrédients collectés. Il ne pouvait pas les prendre tous – il était certain que les étudiants de Tincture auraient besoin de ces derniers le lendemain. Il se débarrassa de sa fatigue et commença à mesure les portions dont il avait besoin, les plaça dans des pots vides et des fioles, et les enveloppa afin de les transporter dans sa chambre.

Il ne prit pas de chaudrons. Son propre chaudron se trouvait à square Grimmaurd et cela lui serait facile de le chercher par cheminette demain.

Et ensuite, il se chargerait du sang de sombral.


O….O

La main de Malfoy caressait le cou musclé d'un sombral.

« Doucement, Eclipse. Cela ne te fera pas mal. Je l'espère. »

« Facile à dire », murmura Harry en plissant du nez.

Il avait versé une grande quantité de sang de verrat au-dessus de ses épaules et marchait à travers la forêt. Plusieurs sombrals s'étaient approchés de lui en sentant l'odeur et léchaient maintenant ses manches, dont le sombral que caressait Malfoy.

« Eclipse ? »

« Je n'ai pas choisi leur nom ! » Malfoy semblait être sur la défensive.

« D'accord », répondit Harry, amusé. « Comment les distingues-tu ? »

« Allez, dépêche-toi. As-tu le couteau ? »

Harry acquiesça, même si Malfoy ne faisait pas attention à lui et ne pouvait pas voir son mouvement de tête dans le noir. La main d'Harry serra la manche du petit couteau aiguisé magiquement. Son autre main tenait une petite fiole.

« Là, près de l'épaule. Incise rapidement. »

Harry fit une petite coupure où Malfoy avait indiqué. Le sombral recula en renâclant, mais après un moment d'hésitation, il retourna lécher la robe d'Harry. Harry lui murmura des paroles sans queue ni tête et le caressa avec une main pendant que l'autre tenait sa petite fiole près de la blessure qui commençait à déverser des gouttes de sang noir. Cela lui semblait durer des heures et Harry craignait que les sombrals commenceraient à manger sa robe – et possiblement son bras – avant que la fiole ne fût remplie, mais enfin Malfoy lui dit qu'il y en avait assez et Harry boucha la fiole et recula.

« Fiche le camp, maintenant » fit Malfoy et il poussa la bête, cependant son intonation était affectueuse.

Il regarda Harry comme s'il le défiait de dire quelque chose, mais Harry tint sa langue alors qu'il rangeait la fiole et la cachait à nouveau sous sa cape.

« Viens, allons préparer cette potion. »

Ils se dépêchèrent de retourner au château en évitant quelques personnes qui se baladaient dans les couloirs : surtout des préfets qui patrouillaient pour trouver des élèves hors de leur lit. Les vagabonds ne firent pas attention à Malfoy et Harry fit en sorte de rendre ses pas silencieux jusqu'à atteindre la sécurité de ses appartements. Les autres ingrédients de potion étaient déjà mesurés (deux fois) et placés dans des bols à portée de main dans l'ordre d'ajout. Les plumes de corbeau étaient proches et prêts à être utilisés comme des tiges à mélanger au moment approprié. Harry étouffa son anxiété alors qu'il enlevait sa cape et posait la fiole après des autres ingrédients. Il n'avait jamais apprécié de faire des potions, mais avec l'aide de Malfoy, cela devrait bien se dérouler.

Harry fit mijoter l'eau dans le chaudron avant de chercher le sang de sombral, et elle bouillonnait joyeusement maintenant. Il ajouta les écailles de vipères et plaça l'alambic au-dessus du chaudron pour aspirer la vapeur.

« Seulement six gouttes », annonça Malfoy en l'observant avec attention et en lisant la page du livre à nouveau pour être certain de ne rien rater.

« Six gouttes », répéta Harry.

« Et ne mets pas ta manche dans le feu. »

Harry déplaça son bras et pensa ironiquement que travailler avec Malfoy était presque comme travailler avec Hermione.

« Rapproche un peu plus le bol. Tu as appliqué du romarin dessus comme je te l'ai dit ? »

Harry soupira et rapprocha le bol. Oui, c'était presque la même chose.


O….O

Quand il eut terminé, il était presque minuit. Les épaules d'Harry étaient tendues et douloureuses à force de remuer, il était courbaturé. Il couvrit le chaudron chaud avec une étamine et le souleva avec des gants en peau de dragon.

Il le plaça dans un coin sombre de son armoire – près de sa collection pornographique – et enleva les gants avec un soupir.

« C'est fini alors. Maintenant cela doit reposer pendant dix jours. » Il regarda Malfoy avec un grand sourire. « Ah, ce sera Halloween ! »

« N'est-ce pas prophétique ? » dit Malfoy sèchement. « La nuit traditionnelle pour célébrer la réunion des morts avec les vivants. »

Harry regarda le désordre après avoir préparé la potion et il considéra de tout laisser comme cela et de nettoyer le lendemain, mais il imagina l'expression désapprobatrice sur le visage de Malfoy et il abandonna cette idée pour se mettre au travail. Après avoir fait disparaître les derniers résidus de poudre de pétales et de cornaline, il était presque une heure du matin et Harry s'endormit dès que sa tête toucha l'oreiller.


Note : Alors que pensez-vous de cette idée et de cette potion ? Pensez-vous que Draco pourra la boire et que cela fonctionnera ?