O..17..O
Ce soir-là Harry était trop distrait pour lire. Il parcourait encore et encore la même feuille listant les leçons qu'il ferait le lendemain sans que les informations n'atteignissent son cerveau. Il continuait de se représenter le corps de Draco qui reposait dans la chambre vide au Manoir Malfoy, et il repensait aux mots de Narcissa :
« Peut-être quand je serais une très vieille femme, il changera d'avis. »
Cette pensée le troublait. Harry vieillirait aussi. Draco voudrait-il encore de lui ? Il aurait dix-neuf pour l'éternité. Il ne serait certainement plus intéressé quand Harry deviendrait vieux et ridé, et commencerait à perdre ses cheveux, sa vue et son ouïe.
Il frémit.
« A quoi penses-tu maintenant ? » interrogea Draco.
« A la vieillesse. »
Draco plissa du nez.
« Pourquoi ? »
« À cause de quelque chose qu'a dit ta mère. »
« Par pitié, ne l'écoute pas. Clairement elle devient sénile avec le temps. »
Harry rigola.
« Ne dis pas cela devant elle. Quel âge a-t-elle ? Quarante ans ? »
« Trente-neuf ans selon elle. Je parie que c'est le cas pour la troisième ou quatrième année de suite. Pourquoi parliez-vous de ta vieillesse ? »
« Nous n'en parlions pas. Elle a à peine mentionné quelque chose qui m'en a fait penser. Tu sais, un jour je serais vieux et gris et tu seras… exactement comme tu es maintenant. »
« Romps-tu préventivement avec moi ou es-tu juste sentimental ? »
Malgré son intonation joueuse, Harry ressentait une tension sous ses mots et s'empressa de le rassurer. Il ne voulait certainement pas que Draco décidât de disparaître à nouveau.
« Rien de tout ça ! Je réfléchissais simplement. Tu sais, j'ai le droit de réfléchir. »
Draco renifla comme s'il pensait le contraire.
« Penser. À cause d'une parole de ma mère. Essaie-t-elle de te convaincre de la tuer ? »
Harry secoua sa tête.
« Non, elle ne l'a pas mentionné. »
« Évidemment qu'elle ne l'a pas fait. C'est une Serpentard. Elle plante les graines et attend que tu germines l'idée tout seul. »
Il se tut et Harry perçut plusieurs questions non posées.
« Je te l'ai déjà promis, Draco », fit-il doucement.
Draco se mordit la lèvre et posa des yeux argentés et sérieux sur lui.
« Weasley a posé des questions à ce sujet aujourd'hui. Des questions sur le livre et pourquoi j'étais si irrité par ma mère. »
« Lui en as-tu parlé ? »
« Je n'ai pas tout dit, juste les grandes lignes. »
Draco s'arrêta et ajouta :
« Il a offert sa vie pour moi. »
Harry se força à rire, car c'était un comportement attendu et il ne préférait pas révéler avoir écouté aux portes.
« Ron ? »
Draco sourit, comme s'il s'y efforçait.
« Je crois qu'il me faisait marcher. J'ai évidemment refusé. Honnêtement, pense-t-il que je sois si stupide ? »
Il s'interrompit et ajouta gaiement :
« Mais si tu te décides à le sacrifier, je ne t'arrêterai pas. Ça lui apprendra de tricher aux échecs. »
Harry put à peine parler à cause de l'étau enserrant son cœur. Normalement, il aurait été surpris et outré face à une telle déclaration, ce à quoi s'attendait Draco à en juger par son coup d'œil furtif. Apparemment, il espérait qu'Harry allégerait l'ambiance, se disputerait avec lui ou lui dirait que c'était bien une blague – qu'il dirait quelque chose.
Harry essaya, s'efforça de froncer sévèrement les sourcils, mais il continuait d'entendre les mots qu'avait prononcés Draco à Ron plus tôt. Il n'avait pas simplement refusé, cela avait été un refus catégorique. À quel point était-ce ardu de vouloir énormément une chose, qu'on la lui offre, mais finalement de la refuser ?
Draco le regardait comme s'il attendait quelque chose : il aurait dû sourire, mais Harry savait qu'une partie de lui avait considéré l'offre. Ron était mourant, pourquoi ne pourrait-il pas donner un présent à Draco – à eux deux ? Ce devait être incroyablement tentant, et pourtant Harry avait entendu la sincérité dans ses précédents mots lancés à Ron. Oublie cette idée.
« Je plaisante », fit finalement Draco.
Je t'aime, pensa Harry et cette vérité le traversa, l'emplit à la fois d'émerveillement et de terreur, et l'éreinta émotionnellement. Il ne put prononcer qu'une parole :
« Je sais », murmura-t-il.
Il mémorisa le visage de Draco, même s'il connaissait déjà chaque courbe, la longueur de ses cils, la douceur de ses lèvres, et la manière dont sa mâchoire se contractait brièvement quand il voulait dire quelque chose, mais qu'il s'y abstenait.
Draco baissa des yeux comme s'il était incapable ou qu'il ne voulait pas se confronter à ce qu'il avait vu dans les yeux d'Harry. Il retourna à son livre et déclara :
« Je plaisantais en disant qu'il avait triché aux échecs. Et non, sur le reste. »
Un rire s'éleva à travers l'étau douloureux encerclant le cœur d'Harry. Il le libéra avec soulagement.
« Bien sûr », accorda-t-il.
Il voulait tendre sa main et toucher Draco si intensément que ses doigts s'enfoncèrent douloureusement dans la couverture du livre au point où la douleur se répandit de ses jointures à ses poignets.
Draco roula des yeux et lut son livre.
O….O
Harry retira sa robe d'enseignant, il avait hâte d'avoir une soirée du vendredi relaxante après une journée exténuante et quelque peu éprouvante pendant laquelle Ned Blackstone, un Poufsouffle en troisième année, avait réussi de mettre le feu à sa manche, ainsi que trois bureaux et un paquet entier de copies qu'il n'avait pas encore notées. Harry n'avait pas encore décidé si c'était un sabotage intentionnel, puisque la dissertation de Ned en faisait partie et il n'avait pas d'excellentes notes.
Il raconta tout ce fiasco à Draco qui commentait ironiquement après chaque phrase, ce qui remonta son moral presque immédiatement. Il était étrange que le sarcasme autrefois irritant de Draco lui plût maintenant.
Les flammes dans la cheminée s'illuminèrent soudainement, ce qui le surprit. Le visage d'Hermione apparut dans les flammes.
« Harry ! Heureusement que tu es là ! Je dois me rendre en Roumanie et je n'arrive pas à trouver Ron pour le prévenir. Peux-tu lui dire ? »
« Quoi ? Roumanie ? La Roumanie ? Pourquoi ? »
« Je ne peux pas t'expliquer maintenant ! Le portoloin s'active bientôt. Dis simplement à Ron que je suis désolée pour ce soir et que je promets de le reporter à plus tard. À plus ! »
Et elle fut partie, laissant Harry regarder les flammes dansantes avec confusion.
« Le reporter à plus tard ? » demanda Harry bêtement.
« Leur rendez-vous », lui rappela Draco. « Bellissimo. »
« Oh, merde. »
« Apparemment, ce ne sera pas pour ce soir. »
Harry lui lança un regard noir et se rendit dans sa chambre pour mettre un jean au lieu de ses habits de Poudlard. Il pouvait oublier sa soirée de détente. Ron était probablement chez lui, sous sa douche, se préparant pour son rendez-vous annulé. Il espérait qu'Hermione était partie pour une bonne raison. Un peu plus de détails aurait été apprécié avant de laisser Harry détruire la bonne humeur de son petit-ami.
O….O
Ron décida de passer la soirée avec lui et Draco, il buvait énormément au goulot d'une large bouteille de whisky Pur Feu que ses mains agrippaient, puisqu'il n'avait pas voulu d'un verre.
« Hermione m'a jeté pour Charlie », dit-il finalement. « Pour mon propre frère. »
Harry tirait sur ses cheveux, ce qu'il faisait fréquemment depuis la précédente heure et ils devaient ressembler à un nid de mulots, il soupira :
« Ron, elle ne t'a pas jeté pour Charlie. »
« Pour quelle autre raison serait-elle allée en Roumanie ? » demanda Ron. « Charlie est là-bas. Il est grand et a toutes ses muscles et… et ses cicatrices. Tu sais à quel point les filles aimes les cicatrices ! En plus, c'est un véritable dompteur de dragon. Et il a des bottes en peaux de dragon. Des foutues bottes en peaux de dragon ! J'aurais dû m'acheter une paire. Je ne peux pas prendre mes gallions avec moi, n'est-ce pas ? J'allais dépenser une bonne partie pour un dîner, mais maintenant peut-être que je m'achèterais des bottes. Et elle verra. »
Ron arrêta de parler pour avaler une gorgée.
Harry regarda désespérément Draco qui semblait prêt à exploser de rire à tout moment, ce qui n'était certainement pas d'une grande aide. Harry se retourna vers son ami alcoolisé.
« Ron, penses-tu qu'il soit raisonnable de boire autant ? L'alcool pourrait réagir avec une des potions que tu prends. »
« Merde aux potions », grommela Ron et le regarda méchamment. « Merde à tout. Je suis foutrement en train de mourir et ma copine m'abandonne à notre soirée spéciale pour s'enfuir et voir mon frère. Sais-tu à quel point c'était compliqué de réserver à la dernière minute ? J'ai tiré la carte 'J'ai combattu aux côtés d'Harry Potter pendant la guerre'. »
Harry tressaillit. Draco ricana. Harry le foudroya du regard.
« N'as-tu pas à prendre soin de sombrals ? »
« Si tu veux que je parte, dis-le simplement, Potter. »
Draco inclina sa tête et l'observa sans être un tout petit contrit.
« Qu'importe. Je n'ai pas besoin que vous boudiez tous les deux. »
« Je ne boude pas », répliqua Ron. « Je rage. Il y a une grande différence. »
« Une très grande différence. », accorda Draco joyeusement.
« Tu vois ? Malfoy est d'accord avec moi. »
Ron leva sa bouteille vers Draco et plissa du front.
« Même si c'est vraiment anormal, maintenant que j'y pense. »
Draco fit un grand sourire vers Harry.
« Nous aurions dû le rendre soûl bien avant. »
« Vous êtes des idiots », déclara Harry. « Je vais me coucher. »
O….O
Quand une main froide se posa sur son ventre, il se réveilla en sursaut.
« Weasley est malade », révéla Draco quand Harry s'assit et le regarda avec un regard moins embrumé.
« Oh dieu, lui as-tu permis de continuer à boire ? »
« Comment voulais-tu que je l'arrête ? » demanda sèchement Draco.
Harry roula sur le lit et se dépêcha d'aller dans l'autre pièce où il trouva Ron en train de vomir dans la poubelle près de son bureau et de trembler de manière incontrôlable. Le tremblement se transforma en convulsion et après l'avoir transporté à Ste Mangouste par cheminette, un soignant aux traits tirés emporta Ron.
Assis sur un siège, Harry patientait dans la salle d'attente depuis des heures, il feuilletait le magazine Perte de cheveux et toi et jetait des sortilèges à répétition pour réchauffer ses pieds nus, quand enfin une médicomage aux cheveux gris arriva pour lui dire qu'il avait éliminé l'alcool dans son sang ainsi que la plupart des symptômes et que Ron dormait confortablement. L'expression sur son visage était désapprobatrice, Harry ressentit de la culpabilité pour ne pas avoir enlever la bouteille des mains de Ron et, si cela avait été nécessaire, de ne pas avoir lancé un stupéfix.
Il se demandait s'il devait en parler à Molly, mais il oublia cette idée et repartit à Poudlard. L'horloge sur le manteau révélait qu'il était quatre heures quinze.
Harry retira son peignoir et se glissa dans le lit.
« Tout va bien ? » s'enquit Draco dans le noir.
« Je commence à croire que jamais plus tout ira bien. »
O….O
Ron sortit de Ste Mangouste le jour suivant. Il envoya un hibou à Harry pour lui signifier qu'il se portait bien, mais qu'il ne voulait voir personne. À travers les lignes, son embarrassement était évident et Harry ne put contenir un soupir de soulagement. Il savait que ça aurait pu être pire.
« Je devrais aller chez moi et présenter des excuses à Mère », déclara sans s'y attendre Draco quand Harry revint après son petit-déjeuner. « J'étais plutôt grossier avec elle même si elle était insistante et indiscrète. »
« Insistante et indiscrète ? Qui d'autre possède ces qualités ? » songea Harry.
« Oh, tais-tu. Veux-tu venir ? Nous pouvons… »
Draco s'interrompit et détourna le regard de gêne.
« Nous pouvons quoi ? »
« Nous pouvons prendre la potion et passer la nuit au Manoir. »
Harry cligna des yeux.
« Ton lit te manque. »
Draco hocha de la tête d'un coup sec.
« Mon lit me manque, mes vêtements et mes affaires et… merde, même les maudits elfes de maison me manquent. Personne ne prépare du chocolat chaud comme Berry. Je ne pourrais pas le boire, mais elle pourrait t'en préparer. »
« Oui, ok », fit Harry.
Il n'était pas certain ce qui avait déclenché cette soudaine nostalgie chez Draco, mais il n'avait aucune raison de passer le week-end à Poudlard. Ron s'était auto-exilé et Hermione était en Roumanie, Harry ne devait se rendre nulle part.
« Viens-tu ? »
« Évidemment. Pourquoi ne viendrai-je pas ? »
Draco éleva un doigt.
« Mais tu ne te soûles pas, tu restes loin de ma mère et de ses folles discussions, d'accord ? »
« Je peux rester tout le temps dans ta chambre, si tu préfères. »
Le regard de Draco devint rêveur.
« Dans mon lit ? »
Harry lui fit un regard coquin et descendit lentement sa main qui se trouvait sur son cou à son torse jusqu'à la ceinture de son jean, où ses doigts effleurèrent sa fermeture éclair. Il se sentait un peu idiot, mais le désir brûlant sur le visage de Draco menaça de l'enflammer.
« Combien de potions avons-nous ? » demanda Draco.
« Pas assez. »
« Il n'y en a jamais assez. »
« Je prends ce que je peux. Allons au Manoir. »
O….O
Draco partit pendant qu'Harry lançait des vêtements dans un sac. Avec précaution, il emballa deux potions et se demanda s'il devait prendre quelques livres. Finalement, il prit le dernier roman que Draco lisait, et le grimoire français que Narcissa avait acheté. Mais il ne parvenait pas à le retrouver. Il le chercha dans tous les endroits logiques et essaya de se souvenir si elle l'avait repris après la diatribe de Draco.
Il décida qu'il était mieux de poser la question à Draco que d'être en retard, donc il attrapa ses affaires et voyagea par cheminette jusqu'au Manoir Malfoy.
« Nous sommes chanceux », annonça Draco avec une étincelle dans les yeux. « Mère est partie faire du shopping. »
« Donc, nous pouvons… l'attendre ? dans ta chambre ? »
« Dans ma chambre », opina Draco en se rapprochant assez pour refroidir le lobe d'oreille d'Harry en parlant.
« Faisons une course jusqu'à ta chambre », fit Harry.
Draco rigola et s'éleva vers le plafond quand il disparut.
« Merde, pourquoi j'oublie à chaque fois qu'il peut faire ça ? » marmonna Harry et il se précipita dans le couloir.
Il monta les escaliers deux par deux. Draco prétendait toujours de marcher, s'asseyait et s'allongeait comme un vivant, respirait comme une personne peut-être s'il agissait plus comme un fantôme, Harry ne serait pas si fou de lui.
Harry rit à l'idée quand il ouvrit en grand la porte pour voir Draco qui prélassait sur le lit avec une expression sur le visage disant : « Qu'est-ce qui t'a pris autant de temps ? » Harry referma la porte et fouilla dans son sac à dos pour trouver la potion. La seule pensée de toucher Draco à nouveau fit descendre son sang à son pénis, surtout couplé à l'idée de le baiser dans sa chambre luxueuse.
Harry plongea pratiquement sur le lit. Ses mains tremblaient quand il enleva le bouchon. Draco le remarqua, mais heureusement ne dit rien. Il ouvrit seulement sa bouche et permit à Harry d'y verser la potion. Ce rituel avait acquis un certain niveau de sensualité comme si c'étaient des préliminaires. Harry s'inclina pour l'embrasser avant même qu'il ne l'eut avalé, il ressentait le besoin de savourer chaque instant. Les lèvres de Draco se solidifièrent contre les siennes et alors son visage et ses cheveux pouvaient être à nouveau touchés. Harry les caressa avec un soupir venu du cœur.
« On dirait que cela fait des années », déclara-t-il.
« Tout comme », opina Draco.
Le reste de la potion était amère sur le langue d'Harry, mais il s'en fichait. Cela disparaîtrait et la sensation de la bouche de Draco valait toute amertume. Draco lui avait assuré que la potion n'aurait aucun effet sur lui, même s'il buvait toute une fiole, bien que cela pourrait le rendre nauséeux.
Ils s'échangèrent des baisers langoureux et Harry allongea Draco sur le lit. Il n'était pas complètement solide : quand Harry changea de position, ses jambes traversèrent Draco, mais la partie sous sa bouche et ses mains restaient fermes. Harry sépara leurs lèvres et pressa des baisers sur son front, son nez et ses joues.
« Que fais-tu ? » s'enquit Draco, amusé.
« J'embrasse chaque partie de ton corps. Chaque morcelle de peau. »
Les doigts de Draco se resserrèrent sur sa nuque. Harry tira les boutons sur la robe de Draco, le dévêtit lentement et mordilla chaque partie douce qui se révélait : son cou, sa clavicule, et cet intéressant creux où commençait son épaule. Harry passa plus de temps sur la courbe intérieure de son coude, son poignet et la paume de sa main, s'émerveillant sur sa sensibilité incroyable même s'il était un fantôme, si l'on se référait à ses halètements de plaisir et la façon dont ses doigts perdaient toute consistance dans les cheveux d'Harry.
Après qu'Harry l'eut à moitié dévêtu, sa hampe était tendue et un liquide argenté gouttait sur son ventre. Harry le lécha avec un sourire coquin. Cela n'avait aucun goût et disparut au moment où sa langue le toucha, mais le regard fasciné de Draco envoyait son sang battre à travers ses veines à chaque fois.
« Tu es un terrible allumeur », grogna Draco.
« Je ne m'arrêterai pas », répondit Harry.
Il descendit son pantalon plus bas pour exposer ses genoux. Il était complexé par ses genoux « osseux », ce qui amusait beaucoup Harry qui les trouvait aussi beaux que le reste de son corps.
« Laisse mes genoux tranquilles, Potter. Tu sais ce qui doit être embrassé ? Mon pénis. »
« J'ai compris », promit Harry.
Il mordit la cuisse de Draco, qui devint intangible et le visage d'Harry se retrouva contre la couverture. Il envoya un regard blessé vers Draco et rencontra un air renfrogné.
« Ne me mords pas ! »
« Ce n'est pas juste de devenir in-solide. »
« In-solide n'est pas un mot. »
La voix de Draco était méprisante, mais sa cuisse se solidifia à nouveau. Harry lécha la zone qu'il avait mordu, ce qui déclencha un gémissement de plaisir.
« Espèce de salop. »
Harry ignora ses complaintes et continua sa vénération méthodique du corps de Draco, ainsi plus aucune critique ne fut émise, sauf si l'on comptait les sifflements parmi les halètements et les doux gémissements. Quand Harry arriva finalement à la jointure des cuisses de Draco, il lécha toute la longueur de sa queue et Draco se cambra et jouit, à son plus grand plaisir.
« Je me vengerai, Potter », menaça Draco. « Dès que je pourrais bouger. »
Harry s'effondra à côté de lui, sa mâchoire était douloureuse et sa langue était râpeuse.
« Je reste là et je te laisse faire ce que tu veux avec mon corps. »
« Peut-être que tu devrais retirer tes vêtements d'abord. »
« Mmm, bonne idée. »
Harry défit ses vêtements et les enleva. Si Draco pouvait débouter ses vêtements fantomatiques facilement, ceux d'Harry étaient beaucoup plus difficile. Aussi tôt que le dernier vêtement atterrit au sol, Draco roula sur lui et le bloqua contre le matelas.
« À mon tour », dit-il.
Alors il répéta la performance d'Harry en l'embrassant partout, cependant Harry était tellement excité d'avoir touché Draco que le simple toucher des cheveux de Draco sur son pénis le fit venir comme un adolescent inexpérimenté. Draco l'observa avec un froncement de sourcil, mais son sourire narquois montra que ce n'était pas à prendre au sérieux.
« Honte sur toi Harry. Pour un Gryffondor, je pensais que tu tiendrais plus longtemps. Où est passé ton endurance ? »
« Je te montrerai mon endurance. Donne-moi seulement une minute. Ou dix. »
Draco se glissa pour s'allonger près de lui. Harry tendit une main pour toucher son visage avec un sourire doux. Draco attrapa son poignet et tira les doigts d'Harry à ses lèvres pour y presser un baiser.
« Cinq. »
« Compte sur moi. »
O….O
Plusieurs heures plus tard, Harry se reposait en somnolant un peu pendant que Draco fouillait dans son armoire. Des objets divers étaient éparpillés autour de lui, quelques-uns bien rangés, d'autres jetés n'importe où. Il y avait des livres, des chaussures et des objets en métal d'apparence insolites qu'Harry ne reconnaissait pas. À cet instant, Draco avait une mission à remplir et ses vêtements étaient la cible.
« Que fais-tu ? » marmonna Harry.
« Rien », répondit Draco.
Il plaça un habit noir dans le tas en désordre, puis plia avec précaution un deuxième vêtement noir et le plaça doucement sur la pile à sa droite qui grandissait. L'amas d'objets à jeter était plus énorme.
Harry se mordit la lèvre. Draco semblait trier ses vêtements pour les donner. Comme s'il purgeait sa vie. C'était déstabilisant, et Harry se demanda si ce serait une mauvaise idée de l'arrêter. Sans aucun doute, sa mère serait horrifiée. Et pourtant, cet acte était en quelque sorte cathartique pour Draco, c'était une action qu'il ressentait le besoin de faire.
« Viens ici », dit Harry.
Draco jeta un regard impatient par-dessus son épaule.
« Tu ne peux pas déjà être en forme. »
À la vérité, Harry n'était pas certain de l'être déjà. Sa libido avait été contentée six fois et son pénis souffrait littéralement grâce à tous les soins prodigués par Draco. Évidemment, se rappeler simplement de ces soins le fit tressauter mollement et Harry sourit.
« Pas encore », admit-il. « Mais bientôt. »
Les traits de Draco s'adoucirent et il laissa tomber le vêtement qu'il tenait et glissa vers Harry. Il se pencha et rencontra les lèvres d'Harry à mi-chemin.
« Très vite », chuchota Harry contre sa bouche. Son estomac gronda.
Draco recula.
« Quand as-tu mangé pour la dernière fois ? »
Harry jeta un coup d'œil à travers les rideaux à moitié ouverts. C'était bientôt le crépuscule à en juger par la couleur du ciel.
« Au petit-déjeuner. »
« Tu as besoin de te remplir le ventre. Appelle un elfe de maison pour qu'il t'apporte quelque chose. »
Harry secoua sa tête. Il détestait manger près de Draco, il savait que la nourriture était une des choses qui lui manquait terriblement et qu'il ne pourrait plus jamais y goûter. Cela devait être une torture de voir les autres manger.
« Et si j'allais simplement à la cuisine ? Je pourrais certainement trouver des ingrédients pour me faire un encas. »
« Ils détesteront ça. Attends dans la salle à manger et ils te serviront. »
Harry hésita.
« Ne t'inquiète pas, ma mère mange généralement dans sa chambre. La salle à manger vide la perturbe. »
« Te montreras-tu à elle ? »
« Pas cette fois. Elle me sermonnera pour avoir fait ça. »
Il agita sa main vers le désordre éparpillé sur le sol.
« Ton ménage de printemps ? » suggéra avec espoir Harry.
« On peut dire ça », fit Draco et il retourna à son activité. « Va manger. »
Harry remit ses vêtements et se demanda s'ils devaient enlever ses chaussures, mais le satané sol était froid à certains endroits et il fallait parcourir une longue distance avant d'arriver à la salle à manger. Il les chaussa.
« Je reviens vite. »
Draco lui fit distraitement au revoir de la main et Harry s'en fut, arriva à la salle à manger en ne se trompant qu'une seule fois de virage, et en se faisant gronder par deux ancêtres Malfoy à l'apparence froide dans leurs tableaux aux cadres sombres.
Il s'installa à une table énorme et vide, et se sentit un peu idiot jusqu'à ce qu'un elfe de maison apparût à côté de lui.
« Grumbly souhaite une bonne soirée à M. Harry Potter, monsieur. M. Harry Potter veut-il dîner ? »
Malgré les paroles amicales, l'elfe de maison les prononça d'une intonation plate et austère qui suggérait qu'il préférerait coller ses oreilles à un fer chaud que de chercher le souper à Harry.
« Ce serait excellent, oui, ou peut-être juste une collation… »
L'elfe de maison ne prit pas la peine d'attendre qu'Harry ait terminé sa phrase. Il disparut avec un pop. Trois autres apparurent plus tard, portant du pain, du jambon, de la soupe, une moitié de poulet rôti, et une grande quantité de légumes, dont quelques-uns Harry ne reconnaissait pas. L'odeur lui fit presque tourner la tête et il réalisa qu'il était affamé. Il remercia distraitement les elfes de maison, attrapa sa fourchette et commença à manger.
Harry avait dévoré le poulet, les pommes de terre, des choux, et d'autres légumes verts recouverts d'une sauce au beurre et au citron qu'il engloutit avec du pain de campagne, quand il entendit quelqu'un se gratter la gorge derrière lui.
« Bonsoir Harry. Je ne voulais pas te surprendre. »
Harry avala son morceau de pain et une gorgée de jus pour le faciliter avant de répondre :
« Bonsoir Mme Malfoy. Euh… Narcissa. »
« Un de mes elfes de maison m'a dit que tu étais ici. Draco l'est-il aussi ? »
Elle s'approcha et s'installa en face de lui. Sans un mot, les elfes de maison commencèrent à poser des plats devant elle.
« Il est dans sa chambre. Je pense qu'il cherche quelque chose et voulait se débarrasser de moi pendant une minute ou deux. »
Elle rencontra son regard, puis tourna son attention sur son assiette, mais cela dura assez longtemps pour qu'Harry rougît. Certainement, elle savait exactement ce qu'ils faisaient dans sa chambre. Il prit une autre gorgée et souhaita qu'il eût pris quelque chose de plus fort.
L'assiette d'Harry fut enlevée et un petit plat contenant une sorte de gâteau à la crème qui nageait dans une sauce au caramel apparut face à lui. Il pensait être rempli, mais s'interdire une dernière bouché ou deux lui donnerait des regrets plus tard. Il prit une bonne part du dessert décadent et ferma ses yeux sous l'explosion de chocolat. De la tristesse éclata en lui à la pensée que Draco ne pourrait plus jamais goûter une telle création.
Narcissa prit une bouchée et le regarda. Harry voulait manger son dessert à toute vitesse et fuir, mais ce serait impoli, alors il se força à manger lentement. Elle but son verre de vin blanc et le reposa sur la table.
« Avez-vous, à tout hasard, jeter un coup d'œil au livre que je vous ai laissé ? » demanda-t-elle.
Harry plissa du front et essaya de s'en rappeler. Ah oui, l'édition française. Il y avait peu pensée depuis cette soirée, et il ne l'avait plus vu. Il s'était vaguement demandé si elle l'avait repris, comme Draco ne pouvait pas le toucher et qu'il était entièrement un fantôme jusqu'à ce matin.
« Pas encore », admit-il.
« Je pense que vous verrez que le livre original en français contient quelques nuances qui ont été perdues lors de la traduction en anglais. »
Cela le rendait curieux, même s'il savait que continuer de ressasser l'idée de ramener Draco était dangereux. Cependant, discuter simplement des possibilités de ce sort en particulier ne blesserait personne, et une telle recherche ne pouvait qu'être utile pour son travail.
« Des nuances ? »
Elle opina de la tête.
« Ce sortilège est pratiquement le même que celui utilisé pour créer des Inferi : réanimer en échange d'une force vitale. »
Harry grimaça.
« Une vie pour une vie. »
À partir de ses propres recherches, il savait que les Inferi était imprégnés de vie au moyen d'un meurtre – un élément assez commun des sortilèges plus sombres. Typiquement, celui qui jetait le sort tuait un ennemi récalcitrant en échange d'un esclave docile et horrible. Encore une autre raison de ne pas l'essayer sur Draco.
« Oui, mais comme pour toute magie, l'intention est importante », dit-elle.
« L'intention. »
Harry prit une autre bouchée de chocolat tout en réfléchissant. L'intention finale du sort était de donner la vie. De redonner la vie à un corps mort. Évidemment, le corps de Draco n'était pas exactement mort, car il restait en vie grâce à la magie. Il se demanda si cela ferait une différence. C'était probable, mais oseraient-ils prendre ce risque ? Et ça ne supprimerait toujours pas le fait que quelqu'un devra mourir pour que le sort fonctionne.
« Oui, quand quelqu'un crée un Inferius, il désire engendrer un outil, un gardien mort-vivant ou un soldat sans âme. Ainsi a-t-il été imaginé pendant des siècles. »
Harry éloigna son assiette, il se souvenait soudainement de la grotte avec le médaillon, de Dumbledore, et des événements terribles qui étaient ensuite survenus. Il connaissait Draco maintenant, assez pour savoir qu'il regrettait encore d'y avoir participé, même si cette participation avait mené directement à la chute finale de Voldemort.
« Excusez-moi », déclara-t-elle. « Ce n'est probablement pas le meilleur discussion à avoir pendant un dîner. Mais je ne suis pas certaine que je vous verrai à nouveau et je veux en parler. »
Harry hocha de la tête.
« Je comprends. »
« Malgré l'utilisation la plus connue du sort, je crois qu'il avait originellement été conçu pour la même raison qui m'intéresse. Quelqu'un s'évertua à conquérir la mort et de ramener un être aimé derrière le voile. »
« Cela n'a pas fonctionné », signala Harry.
« Cela n'a pas fonctionné car l'esprit de cette personne avait déjà traversé le voile. Cette barrière est difficile – peut-être impossible – franchir. Une fois de l'autre côté, les âmes ne semblent pas vouloir revenir. »
C'était plausible.
« Cependant, dans le cas d'un fantôme, l'âme n'est pas passé de l'autre côté. Il est encore là, tangible, presque comme si la personne existait toujours. Il serait possible de les rattacher à leur corps, à condition que leur corps soit encore présent. Ce qui est le cas pour Draco. »
Harry secoua sa tête. Il y avait trop de variables. Elle éleva sa fine main.
« De plus, mon intention n'est pas de créer une marionnette prête à suivre mes ordres. Je veux que mon fils me revienne comme il était, Harry. Je ne cherche pas à le faire avec de la haine dans le cœur, mais de l'amour. »
« L'amour n'est pas une excuse au meurtre. Malgré l'intention, il n'en reste pas moins que ce sort n'est complété qu'en prenant une vie. La pureté du but – souhaiter ressusciter quelqu'un grâce à l'amour – ne peut pas surmonter l'objectif second, c'est-à-dire la nécessité du meurtre. »
Harry se pencha en arrière, presque horrifié qu'il ait commencé à parler comme un professeur, il leva ses mains pour signifier qu'il avait fini de parler. Il continua d'un ton normal.
« Peut-être est-ce la raison pour laquelle personne n'a été ramenée de la mort avec succès. Commettre un meurtre annule l'acte d'amour. Le mal annihile le bien. »
« Le bien et le mal sont des concepts relatifs. »
Il leva un sourcil.
« Je pense que beaucoup de personne s'accorde à dire qu'un meurtre est mal. »
« Mais un sacrifice ne l'est pas. »
« S'auto-sacrifié ne l'est pas. »
« Je ne suis plus que volontaire pour me sacrifier pour Draco. »
« Et pourtant, il refuse. »
Ses yeux bleus s'illuminèrent.
« Il refuse. »
« Et vous ne pouvez pas jeter le sort sur vous-même. »
« Vous savez que je ne peux pas. »
« Et même si vous aviez pu, le fait que Draco ne le veuille pas rendrait le sort incomplet. Il pourrait revenir, mais il ne serait pas complet. Il ne serait pas lui-même. Il serait… »
« Plus proche d'un Inferius », chuchota Narcissa en devenant pâle.
Harry opina de la tête tristement. À la vérité, il avait vérifié le sortilège une centaine de fois, en cherchant des failles, une ambiguïté, une chance. Mais qu'importe de quel angle il l'observait, un seul fait restait. Trois parties devaient être impliquées : le sujet, le sacrifice, et le jeteur de sort. Et tous les trois devaient être volontaire et avoir une motivation pure, qui se teintait immédiatement à la perspective du meurtre. C'était une énigme sans solution.
Étrangement, ce savoir conféra à Harry un respect envieux envers Lucius Malfoy. Confronté à une situation impossible, et à Narcissa qui ne voulait pas simplement essayer le sort mais qui l'exigeait, il avait fui le pays, probablement pour échapper à la tentation grandissante. Lucius devait savoir aussi bien qu'Harry que même des participants volontaires, avec les meilleures intentions, ne garantissaient pas que Draco reviendrait entier et en bonne santé. Les probabilités étaient plus grandes qu'il reviendrait en monstre.
Narcissa devait sûrement le savoir aussi, mais avec évidence elle s'était convaincue que le risque en valait la chandelle. Elle voulait donner une chance à Draco, même mince, avec la pleine connaissance qu'elle ne serait pas en vie pour être témoin du résultat.
« Cela ne fonctionnera jamais », prononça doucement Harry en espérant qu'elle verrait l'angoisse dans ses yeux.
Elle détourna le regard et sa fourchette piqua sa nourriture sans but. Après quelques instants de silence gênant, Harry se leva.
« Dois-je l'envoyer vous voir ? » s'enquit-il.
Elle le regarda avec le masque d'arrogance des Malfoy bien en place.
« Non. Je ne voudrais certainement pas forcer Draco de faire quelque chose qu'il ne veut pas. »
Les mots étaient amers et emplis de significations. Harry eut la sensation qu'elle ferait exactement ça si on lui donnait le choix. Il lui fit un petit sourire et retourna à la chambre de Draco.
