NOTE : Je suis à la recherche d'un(e) beta pour relire les chapitres et corriger les éventuelles erreurs (d'accord, d'orthographe, de traduction, etc.). Fais-moi signe par MP si tu es intéressé.
O..20..O
Ron vit avec horreur l'éclair de lumière verte exploser de la Baguette de Sureau et s'envoler vers Narcissa qui restait imperturbable avec les yeux fermés, attendant sans crainte l'inévitable. En revanche, l'inévitable n'avait pas pris en compte Harry Potter. L'éclair vert changea de direction avec de toucher Narcissa, comme s'il avait rencontré un mur et avait rebondi dessus.
À la place, il s'abattit sur Harry, le renversant au sol et envoyant la Baguette de Sureau rouler sur le bois. Ron entendit un fort crac, à peine audible à cause de son hurlement.
« Harry ! » hurla-t-il.
« Que se passe-t-il ? » cria Narcissa.
Ron se jeta sur Harry et agrippa son visage. La tête d'Harry pendait et ses yeux verts regardaient dans le vide à travers sa paire de lunettes penchée. Oh non, pensa Ron. Oh non, non, non, non. Il essaya désespérément de percevoir un pouls.
« Merde, Harry ! »
Ron combattit son envie de le secouer et tenta de se calmer alors qu'il posait ses doigts contre la jugulaire d'Harry. Ne sois pas mort, ne sois pas mort, je t'en prie ne sois pas mort. Putain de merde, s'il te plaît, je vous en prie qu'il ne meure pas. Ron combattit sa panique et affermit ses doigts sur la gorge d'Harry. Rien.
« Putain ! Je l'emmène à Ste Mangouste ! Où est la cheminée la plus proche ? »
Sa voix était stridente et sonnait hystérique même à ses propres oreilles. Il n'osa pas transplaner. Il avait à peine de la force pour transplaner par lui-même ces derniers jours, il n'y avait aucune chance qu'il réussît un transplanage d'escorte.
« À l'étage », dit Narcissa. « La première porte à droite. Draco. Oh, Draco ! »
Sa voix démontrait sa panique et Ron regarda derrière lui pour voir le corps de Malfoy convulser.
« Oh, non, non, non ! »
Pendant un instant, Ron fut tenté de l'aider, mais s'il voulait emmener Harry à Ste Mangouste rapidement, ils pouvaient le sauver. Il devait y avoir des sortilèges, des potions ou quelque chose qu'ils pouvaient utiliser, car putain ils devaient à Harry de faire tout ce qui était en leur pouvoir. Malgré le fait que personne ne pouvait « se remettre » d'un Avada Kedavra, Ron devait essayer, car c'était Harry et il était déjà revenu de la mort une fois, alors pourquoi pas une deuxième fois ?
Comment tout était allé de mal en pis ?
Ron usa de toutes ses dernières forces pour hisser Harry sur une de ses hanches, le tenant fermement d'un bras alors qu'il le sortait de la chambre. Des Escaliers. Putain, il devait forcément y avoir des escaliers. Ron serra les dents et continua à avancer.
Quand il atteignit le haut des escaliers, sanglotant, il cherchait désespérément sa respiration et toussait en crachant des gouttes de sang à chaque expiration. Ron s'arrêta en entendant un long cri derrière lui. Une image horrifiante de Malfoy s'élevant de la table comme un Inferius emplit son esprit et il frissonna en sachant qu'il devait y retourner. Mais il pouvait voir la porte de la pièce contenant la cheminée à quelques pas devant lui. Il était si proche.
« D'abord Harry », marmonna-t-il.
Harry d'abord, puis il reviendrait et aiderait Narcissa.
D'un air sombre, il avança dans le couloir en portant Harry.
O….O
Harry ouvrit ses yeux et vit le néant… alors il sourit. Il roula pour se mettre debout et observa la solidité pâle pendant qu'il imaginait des vêtements pour recouvrir son corps. Un robe rouge apparut à ses pieds et il la mit sur lui, il n'en avait pas besoin pour le confort, mais pour être décent si quelqu'un arrivait pour le saluer.
Il plissa du front et regarda autour de lui. La dernière fois, il avait créé un lieu ressemblant à la gare de King Cross, mais cela semblait différent maintenant. À la place des bancs, des rangés de tables se formaient à partir de la brume qui disparut lentement jusqu'à ce qu'Harry reconnut la Grande Salle à Poudlard.
Il n'y avait aucun enfant horrible et tourmenté cette fois-ci, heureusement, mais pas de Dumbledore non plus… Mais alors qu'Harry y pensa, la porte près de la table des professeurs s'ouvrit et Albus Dumbledore la franchit.
« Harry », fit-il. « Je ne m'attendais pas à te voir si tôt. »
« Bonjour, monsieur », salua Harry en retour en avançant vers lui avec un grand sourire. « Je ne m'attendais pas non plus à être de retour si vite. »
« Je vois que tu as trouvé une solution au problème de M. Malfoy. »
« Ah oui ? » s'enquit Harry en se redressant. « Cela a-t-il fonctionné ? »
« Ce n'est pas à moi de le révéler. Qu'attendais-tu comme résultat ? »
Harry fronça des sourcils.
« Eh bien, Narcissa et Ron étaient tous deux déterminés à mourir pour que Draco vive. Et Draco était tout aussi déterminé pour que personne ne meure pour lui. »
« Je suis heureux de voir que je ne m'étais pas trompé sur le caractère de M. Malfoy. »
Cette parole tira un sourire à Harry qui opina de la tête.
« Ouai, il est vraiment spécial. »
« Donc tu as décidé que tu serais celui qui devait mourir. »
« Oui. »
« Et tu as utilisé la Baguette de Sureau. »
Harry passa une main dans ses cheveux, se demandant s'il devait être fier de sa duperie.
« Je devais faire cela. Je voulais me tuer et je n'étais pas certain que ma propre baguette en serait capable. Je devais être certain qu'elle obéirait à son maître, sans considération pour le bien ou le mal, pour la vie ou la mort. Ron aurait essayé de m'arrêter si j'avais pointé la baguette vers moi-même, donc je devais prétendre de choisir Narcissa. Même si j'ai donné l'impression de jeter le sort vers elle, mon intention était de le jeter sur moi-même. Manifestement, la baguette l'a comprise. Et me voilà. »
« Mais tu n'as pas l'intention de rester ici. »
Harry secoua sa tête.
« Je ne l'espère pas. »
« D'où la potion. »
Harry fit un grand sourire.
« D'où la potion. »
« Tu as fabriqué la potion avec ton sang et tu l'as échangée avec celle de Narcissa. »
« Oui. J'espérais que le sacrifice de ma mère me lierait à Draco, comme cela m'avait lié à Voldemort la dernière fois que j'ai été ici. J'espère que cela me permettra de retourner là-bas. »
Harry se mordit la lèvre, inquiet pour la première fois. Il n'était pas complètement certain qu'il pourrait retourner. Et même s'il le pouvait, il était terrifié par ce qu'il trouverait. Le sort avait-il fonctionné ou Draco était-il toujours un fantôme ? Ou pire, n'existait-il plus ou était-il un Inferius ? Il regarda Dumbledore.
« Vous avez dit que vous devinez souvent correctement, donc c'est ce que j'ai essayé de faire. Qu'en pensez-vous ?"
« Je pense que tu es toujours un homme très altruiste, Harry. »
Le regard de Dumbledore était doux comme se rappelait Harry.
« Je ne suis pas sûr d'être altruiste cette fois-ci. J'ai fait tout ça car je… »
« Car tu l'aimes. »
Harry soupira et acquiesça.
« Oui, et parce que je veux qu'il soit à nouveau vivant. Je suis fatigué de perdre les personnes que j'aime. Et maintenant Ron… Son sacrifice n'aurait jamais fonctionné, n'est-ce pas ? Si je lui avais permis de mourir à ma place ? »
Dumbledore secoua sa tête.
« Je crois que ta supposition est juste. L'étape du sortilège que les autres ne pouvaient pas accepter était le meurtre. C'est pour cela que c'est de la magie noire. Pour retourner l'âme de M. Malfoy, un échange devait être fait. Une vie pour une vie. Cependant, si tu avais tué Ron Weasley ou Narcissa Malfoy, le don de leur sacrifice aurait été teinté par le meurtre. Ce sort particulier n'avait jamais été réussi par le passé, même quand il était accompli avec la meilleure des intentions. Le résultat était toujours un Inferius. »
Harry tressaillit.
« Et maintenant ? Pensez-vous que cela a fonctionné ? »
« Ton sacrifice était pur, Harry. Non souillé. Le sort requerrait que celui qui jetait le sort ne devait pas être la victime à sacrifier, en partie dû au fait qu'aucune baguette ne pourrait être si insensible pour détruire son propre maître. La conscience à l'intérieur de la baguette du sorcier sert majoritairement son propre intérêt. C'est un conduit pour la magie à l'intérieur du sorcier. Retourner cette magie contre son porteur serait contraire à son propre intérêt, contre sa raison d'être. Seulement quand il mal fonctionne – dans le cas de la baguette cassée de Ron Weasley – il se retournera contre son maître. La Baguette de Sureau n'aura jamais de défaillances. Chaque sort sera lancé à la perfection. »
Harry plissa du front. Il n'avait pas poussé sa réflexion aussi loin. Il voulait simplement être certain que quand le sort serait lancé, cela le tuerait et non Narcissa, même s'il la visait de sa baguette.
« Alors cette partie de mon plan a fonctionné. Ne pouvez-vous pas me dire pour le reste ? »
Dumbledore soupira.
« Tu devrais peut-être retourner là-bas et découvrir le résultat par toi-même, Harry. Bonne chance à toi. »
Il se détourna, puis s'arrêta, fronçant sévèrement ses sourcils en regardant Harry.
« Et Harry ? Ne fais plus ça à nouveau. La prochaine fois que tu atterris ici sera très certainement la dernière fois. »
Harry déglutit difficilement et hocha de la tête.
« Je vous remercie, professeur. Je ferai de mon mieux. »
O….O
Harry s'éveilla et il était désorienté. Tout semblait bouger et ses pieds heurtaient le sol. Ses orteils souffraient.
« Quo… ? »
Il essaya de lever une main. Il ne pouvait rien voir et n'était pas certain d'avoir bougé. Quelque chose n'allait pas.
« Harry ? Putain ! »
C'était la voix de Ron.
Harry cligna des yeux, mais il ne vit que les ténèbres. Il tenta de parler à nouveau, mais aucun son ne sortit.
« Tiens bon, mec, je t'emmène à Ste Mangouste. Putain de corps faible ! Accroche-toi. »
Il y eut une autre mouvement et Harry tressaillit quand ses orteils heurtèrent le sol encore une fois.
Draco, essaya-t-il de demander, Que s'est-il passé pour Draco ?
Il pensa qu'il commençait à être malade. Et il ne pensa plus à rien d'autres.
O….O
Quand il se réveilla pour la deuxième fois, l'ambiance fut plus paisible. Il n'y avait ni mouvement ni son. Harry ouvrit les yeux avec hésitation pour voir que tout était noir. Il eut un moment de panique jusqu'à ce qu'il vît une lueur vacillante. Son regard s'y reporta et se posa sur une lampe lointaine, illuminée par une lueur faible sur la table de chevet.
Peu à peu d'autres images commencèrent à se forme, se détachant de l'obscurité. Des lits bien faits, l'embrasure des fenêtres et des rideaux flottants. Harry se demanda s'il était de retour dans les limbes mystérieuses avec Dumbledore, ou même s'il était au-delà de cet endroit, mais le lieu devint familier.
Il était à Poudlard, à l'infirmerie.
Il fronça des sourcils et tourna la tête, seulement pour entendre une inspiration brutale. Quelqu'un se jeta sur lui. Il entendit un petit pleur.
« Harry ! »
Quand il fut enveloppé dans des bras parfumés et qu'une masse de cheveux couvrit son visage, il réalisa que c'était Hermione.
« Oh dieu, Harry, nous pensions que tu ne reviendrais plus jamais ! »
Elle s'accrocha à lui pendant un long moment puis recula pour l'observer. Un sort rapidement jeté alluma la lampe de chevet, lui faisant cligner des yeux face à la soudaine clarté.
« Désolée », dit-elle, et ses yeux brillaient de larmes. « Comment te sens-tu ? As-tu besoin de quelque chose ? De l'eau ? »
Il essaya de parler, mais sa gorge lui apparaissait soudainement sèche et il réalisa que de l'eau était la meilleure chose au monde. Il acquiesça.
Elle lança un Aguamenti sur un verre et le lui donna quand il était à moitié rempli. Harry le but avec avidité et l'eau semblait mouiller ses vêtements. Putain, depuis combien de temps n'avait-il rien bu ? Et pourquoi était-il à Poudlard ? Il se souvenait du Manoir…
« Draco », prononça-t-il avec une voix rauque malgré avoir bu. « Qu'est-il arrivé à Draco ? »
« Tu étais dans le coma pendant trois semaines, Harry », révéla-t-elle. « Nous craignions le pire. Nous t'avons déplacé de Ste Mangouste comme ils ne pouvaient rien faire pour toi. »
« Qu'est-il arrivé à Draco ? » répéta Harry en levant une main pour agripper son poignet.
Il s'en fichait de tout ça. Ce qu'il lui était arrivé pouvait attendre, il avait besoin d'obtenir des informations sur Draco.
Un bruit de course se fit entendre et la porte d'entrée claqua en s'ouvrant.
« L'alarme s'est mise en marche ! Putain, quand je m'en vais, c'est là que… »
La figure qui s'approchait s'arrêta au pied de son lit et le cœur d'Harry voulait échapper de sa cage thoracique.
Draco Malfoy était là, en pleine santé, vigoureux et… en vie… comme il l'avait été avant. Harry ne parvint pas à trouver les mots : il le fixa du regard, essayant d'assimiler que Draco était bien présent. Ses cheveux étaient un peu ébouriffés et ses vêtements – il portait une chemise pâle et un pantalon noir. Il n'avait plus son éternelle robe et sa peau… était étincelante de vie, sa phosphorescence argentée due à son état de fantôme avait disparu.
« Harry ? » demanda Draco en un murmure.
Harry déglutit et s'efforça de parler à travers toutes les émotions qui le menaçaient de l'étrangler.
« Draco », parvint-il à prononcer.
Draco fit le tour du lit et se jeta sur lui, l'enlaçant d'une façon plus menaçante que l'embrassade d'Hermione. Harry commença à craindre sérieusement de mourir étranglé, mais cela n'avait pas d'importance car Draco était vivant. Draco était vivant ! Et… furibond.
Draco se dégagea et ses doigts s'enfoncèrent brusquement dans ses épaules. Il commença à le secouer douloureusement, ponctuant chaque mot avec un mouvement brusque.
« Cela fait des jours que je voulais te crier dessus ! As-tu la moindre idée de ce qu'il aurait pu se passer ? D'abord tu complotes derrière mon dos, puis tu m'as lancé un putain de Patronus et ensuite… ensuite… ! »
Harry explosa de rire. Il ne pouvait pas s'en empêcher. Draco lui hurlait dessus, ses doigts le blessait réellement et être secoué n'était pas agréable, mais il s'en fichait. Hermione tentait en vain de retirer les mains de Draco.
« Malfoy ! Arrête ça ! »
« Il n'y a rien de drôle, Potter, espèce de con ! »
Harry se sentait prêt à exploser de joie. Il calma son rire car cela se transformerait bientôt en un rire hystérique. Il avait du mal à respirer, et maintenant il ne pouvait plus voir correctement et ce n'était pas seulement à cause du manque de lunettes.
« Tu es en vie », dit stupidement Harry.
« Évidemment que je suis en vie. Tu ne t'attendais quand même pas à faire toutes ses actions ridicules avec la potion, le sortilège et la baguette sans que cela fonctionne, n'est-ce pas ? »
Draco roula des yeux, mais au moins il avait arrêté de le secouer.
« Je suis sûr que tu as pensé à cette fin. Tu t'attendais à ce que tout t'explose au visage et que cela nous emporte avec toi. »
« Je n'étais pas certain. Ta mère ? »
« Bien. Elle va bien. Heureusement qu'elle était là, car elle a dû utiliser des sortilèges compliqués pour m'aider à respirer après le choc ressenti en revenant à la vie. Tu as failli mourir aussi, ça aurait été le cas si Weasley ne t'avait pas emporté à Ste Mangouste. Espèce d'idiot complet. »
« Ron », s'enquit Harry, « Où est Ron ? »
« À l'hôpital », dit simplement Hermione.
Harry la regarda et nota son apparence exténuée. La pression avait eu de lourdes conséquences sur elle et Harry tressaillit en sachant qu'il en avait ajouté.
« Désolé pour ne t'avoir rien dit… à propos de tout ça. »
Elle opina de la tête.
« J'étais distraite. Je n'aurais probablement pas été d'une grande aide, sauf pour essayer de te dissuader de faire ça. »
Draco eut un mouvement de recul, mais Harry s'agrippa à lui, serrant ses poignets fermement. Son attention se focalisa sur Draco à nouveau, la joie immense de pouvoir le toucher l'emporta sur sa raison.
« Ne t'en va pas ! »
Draco se relaxa et ses mains raffermirent leur prise sur les épaules d'Harry, pas aussi douloureusement cette fois-ci, mais de manière rassurante.
« Je ne vais nulle part. »
Harry rougit et jeta un coup à Hermione.
« Euh… Draco et moi nous sommes… »
Elle sourit.
« Oui, j'ai en quelque sorte compris quand tu es mort pour lui et qu'il a refusé de quitter ton lit dès qu'il fut assez en forme pour se déplacer. »
Draco toussa.
« Je devais être certain qu'il n'irait pas entreprendre une autre action stupide. »
Hermione se releva.
« Je dois m'en aller et envoyer un hibou à tout le monde pour leur dire que tu es de retour parmi nous. Je suis certaine que madame Pomfresh sera bientôt là pour faire plein de tests. Comment te sens-tu ? »
« Merveilleusement bien » annonça Harry et c'était la vérité, même si sa tête pulsait, sa poitrine était douloureuse et qu'il se sentait aussi faible qu'un chaton mais si besoin il pensa qu'il serait capable de voler jusqu'à la lune si Draco restait à ses côtés.
Hermione s'en alla, fermant la porte doucement derrière elle et Harry s'abreuva de la présence de Draco. Il relâcha les poignets de Draco et leva leurs deux mains vers son visage. Ses doigts caressèrent les lignes douces de ses sourcils, son nez, ses joues et un pouce effleura ses lèvres, d'un toucher presque révérencieux.
« Tu es si chaud », soupira Harry.
Draco s'inclina et l'embrassa. Même s'ils s'étaient embrassés une centaine de fois auparavant, cela lui semblait entièrement nouveau. Les lèvres de Draco étaient chaudes, si chaudes, et se pressèrent presque précautionneusement contre celles d'Harry avant qu'il n'ouvrît la bouche pour l'autoriser à entrer. Sa langue était encore plus chaude et était meilleure qu'avant, humide, chaude et alléchante. Draco avait le goût de…
Harry recula avec un grand sourire.
« Tu viens de manger des bonbons. »
Draco grogna et reposa son front contre celui d'Harry. Ses doigts passèrent à travers la chevelure d'Harry, ils étaient solides et merveilleux.
« Je vais devenir gros. Je me suis gavé de tout ce qui m'a manqué. Je ne prendrai plus jamais l'action de manger pour acquis. C'est presque aussi bon que le sexe. »
Harry respira son odeur et ses mains se glissèrent le long du dos de Draco pour le tirer plus près de lui.
« As-tu eu du sexe alors ? »
« Seulement avec moi-même, j'attendais que tu te réveilles. »
« Je suis réveillé maintenant », dit Harry.
Il l'embrassa à nouveau, avec avidité cette fois-ci. La gêne de le trouver vivant et réel commençait à disparaître, noyée sous le bonheur de le tenir, de le toucher, de le goûter…
Des bruits de pas les tirèrent loin l'un de l'autre. Harry sourit doucement face au regard étourdi de Draco alors qu'il se redressa et se mit debout en toussant.
« Harry ! Je suis heureuse de voir que tu es enfin revenu parmi nous. »
Madame Pomfresh claqua sa langue avec désapprobation et tira sa baguette.
« Expérimenter avec de la magie noire. J'espère que tu as appris la leçon, même si je suis certaine que Draco l'apprécie probablement. »
« En fait, c'est le cas », signala Draco en faisant un clin d'œil à Harry.
« Tu dois t'en aller maintenant. Je dois faire quelques tests pour être sûre qu'Harry est en bonne santé. »
« Très bien. Je te verrai plus tard, Harry. »
La voix de Draco était suggestive et Harry rougit, sa respiration se coupant avec anticipation. Son corps avait déjà bien réagi après leur baiser. Il espérait que les preuves physiques diminueraient avant que madame Pomfresh ne commençât à l'examiner. Cela l'aidait que Draco s'en allait, bien que la vision de son fessier dans son pantalon bien coupé ne l'aidât pas. Draco s'arrêta de marcher et il se retourna vers lui.
« Et Harry ? Je te remercie. »
Le sourire d'Harry menaçait de faire souffrir ses joues.
Madame Pomfresh soupira.
« Les garçons », fit-elle de façon énigmatique.
O….O
Hermione revint peu avant que Madame Pomfresh n'eût fini ses tests. Au plus grand soulagement d'Harry, elle ne trouva rien d'anormal, si l'on oubliait les symptômes causés par son coma. Finalement lui conseillant de retourner à Ste Mangouste pour faire d'autres analyses, elle le laissa avec un feu vert.
« Elle ne sait pas pourquoi j'étais dans le coma aussi longtemps », expliqua Harry à Hermione qui s'installa sur le bord de son lit. « En fait, moi non plus. Quand j'ai été… tué, par Voldemort, je suis revenu. Il n'y avait pas eu d'effets secondaires.
Hermione hocha de la tête.
« J'ai une théorie à ce propos. J'ai fait beaucoup de recherches sur les problèmes médicaux dernièrement, comme tu le sais bien. Bref, je pense que cela a plus à voir avec le premier sort que tu as jeté qu'avec le sortilège de la mort. Ce sortilège requiert un jeteur de sort et un sacrifice. Le transfert d'énergie du jeteur de sort est ce qui force l'âme à retourner dans le corps, et le sacrifice le garde à l'intérieur. Comme tu étais à la fois le jeteur de sort et le sacrifice, tu as été effectivement drainé de ton énergie et de ta vie. Quand ta force de vie est revenue… eh bien, ton énergie non. Bien sûr, c'est la version simplifiée de ma théorie. »
Harry sourit.
« Bien sûr. »
Son sourire se fana.
« Dis-moi comment va Ron. »
Elle soupira.
« Je peux t'emmener le voir, si tu veux. »
Harry jeta ses couvertures sur le côté en opinant de la tête. Il se sentit un peu étourdit quand il jeta ses jambes en dehors du lit et s'assit, mais il se dit que c'était probablement dû au fait de rester allongé aussi longtemps. Au moins, il espéra que c'était bien le fait d'être resté allongé et non à cause de quelque chose que les tests n'avaient pas perçu.
« Où est-il ? »
« À l'hôpital de la Princesse Grace », répondit-elle.
Harry la regarda avec des yeux perçants et il réalisa qu'il ne portait que des pyjamas.
« N'est-ce pas un hôpital pour moldus ? Où sont mes vêtements ? »
Un sortilège d'attraction lancé rapidement envoya ses vêtements voler vers lui d'un placard dans la pièce. Il les attrapa et se déshabilla sans pudeur. Les autres occupants de l'infirmerie dormaient derrière des rideaux et Hermione avait passé des mois avec lui dans la nature. Ses lunettes étaient sur la table de chevet et il les mit avec un soupir de soulagement.
« Et ma baguette ? »
« Ta baguette, ou la Baguette de Sureau? » demanda-t-elle avec un sourcil levé.
Harry rougit.
« Les deux sûrement. »
Elle entra sa main dans un petit sac sur sa hanche et en sortit deux morceaux de bois pâles. Elle les lui donna et il reconnut la Baguette de Sureau. Il s'était brisé en deux. Harry fronça des sourcils et posa ses yeux sur elle.
« Je me suis demandé qu'elle en serait les conséquences. »
« Elle a tué son propre maître et s'est vaincu elle-même. »
Harry acquiesça.
« C'est le prix à payer pour avoir trop de pouvoir. J'imagine qu'il y a une morale ici. »
Il sourit largement et sentit son moral remonter.
« C'est sa fin alors. Plus de Reliques de la Mort. »
« Il ne reste plus que la cape. »
Harry hocha de la tête et lui rendit les morceaux brisés. Il les remettrait dans la tombe de Dumbledore plus tard. Elle sortit la vieille baguette d'Harry et il l'attrapa avec gratitude avant de jeter un sortilège pour connaître l'heure. Il était presque minuit.
« N'y aura-t-il pas de problèmes pour lui rendre visite aussi tard ? »
Hermione sourit.
« C'est un hôpital pour moldus, tu te souviens ? Ils ne nous verront pas. Viens, nous utiliserons la cheminée dans ton appartement. C'est le plus près. »
« Où est Draco ? »
Elle rigola.
« Il t'attend. Peux-tu arrêter de poser autant de questions ? »
Il voulut lui demander à nouveau pourquoi Ron était dans un hôpital pour moldus, mais il craignit qu'elle lui lance un maléfice, alors il garda le silence jusqu'à sa chambre. Aussitôt qu'Harry ouvrit la porte, son corps fut pressé contre celui de Draco. Alors qu'Harry le serrait fortement, il réalisa qu'il pouvait facilement s'accoutumer à cette sensation.
« Tu es en parfaite santé alors ? » s'enquit Draco.
« Oui. Je crois que je vais vivre. »
« Moi aussi. »
Harry enfouit son visage dans le cou de Draco, submergé par ses émotions pendant un instant.
« Allez-vous venir ? » demanda Hermione.
« N'est-ce pas une question trop intime, Granger ? »
Harry pouffa de rire, ce qui se transforma en éclats de rire quand le ventre de Draco gargouilla contre lui.
« Honnêtement, vous êtes impossibles. Retrouvez-moi dans l'Atrium du ministère de la Magie. Je ne vous attendrai pas. »
Elle jeta de la poudre de cheminette et s'évanouit dans les flammes.
« Elle ne nous attendra pas », dit Draco.
« Elle attendra une ou deux minutes », répliqua Harry et il l'embrassa.
Ses mains touchèrent le dos de Draco, ses épaules et…
« Je n'arrive pas à croire que je peux te toucher. Je ne peux pas croire que tu es en vie. »
« Donc tu pensais que cela ne fonctionnerait pas et que je deviendrais un horrible Inferius ? »
Harry rougit.
« Je pensais que cela ne fonctionnerait pas et que je t'accompagnerais en tant que fantôme. »
« J'imagine que c'est une idée attrayante. »
« Ça c'est mieux », fit Harry, en mordillant les lèvres de Draco.
« Bien mieux », accorda Draco. « Viens, elle ne nous attendra pas longtemps et je sais que tu veux voir la Belette. »
Harry s'efforça de s'éloigner de Draco. Il voulait voir Ron, il était juste difficile d'accepter le fait que Draco ne s'évanouirait pas dans quatorze heures. Il se tourna et attrapa une poignée de poudre de cheminette, la jeta dans le feu, et rejoignit Hermione.
O….O
L'hôpital était silencieux et ils passèrent inaperçus devant le personnel moldu grâce au sortilège de désillusion lancé par Hermione et à l'ajout de sortilèges de silence par prudence. Draco offrit de surveiller près de la porte et fit un clin d'œil à Harry avant que ce dernier ne suivît Hermione dans la pièce sombre. Bizarrement, ce geste avait calmé Harry qui était devenu de plus en plus inquiet en avançant. Il souhaita qu'il eût été plus ferme en demandant pourquoi Ron était dans un hôpital pour moldus.
Ron était allongé dans un lit partiellement incliné, encore plus pâle, maigre et chétif comme un squelette. Sa bouche était ouverte et des ronflements sonores s'y échappaient.
« Il a l'air terrible », dit Harry en chuchotant alors qu'il s'avançait rapidement pour se tenir près du lit de Ron. Il prit un main pâle et la tint fermement, espérant sentir un pouls. Ron ressemblait plus à un mort que ne l'avait été Draco avant.
« Son état s'améliore », chuchota Hermione.
« Combien de temps lui… ? »
Harry retourna brutalement sa tête vers elle.
« Qu'as-tu dit ? »
Elle sourit avec une sorte de joie tranquille.
« Son état s'améliore. Il n'en donne pas l'impression, mais il va très bien. Ils disent qu'il pourra rentrer chez lui demain. »
« Mais comment ? »
Hermione s'assit sur une chaise semblant inconfortable et releva ses jambes.
« C'est un de tes livres de magie noire qui m'en a donné l'idée. Un sortilège qui devait être jeté sur le foie, qui est le « centre des énergies magiques » ou quelque chose du genre. Je pensais que c'étaient des inepties, bien sûr, mais cela a continué à me titiller l'esprit, donc j'ai commencé à faire quelques recherches, me demandant s'il pouvait vraiment avoir un lien entre le foie et les maladies magiques. »
Harry s'installa avec précaution sur le bord du lit de Ron et l'écouta.
« Étonnement, il y a un lien ! Je suis partie en Chine où ils démontraient des liens entre les organes et les énergies magiques depuis des siècles. Bizarrement, cela me conduisit en Suisse où ils accomplissent une médecine avancée en utilisant une combinaison de techniques chirurgicales moldues et de la magie. C'est vraiment fascinant. Dans un cas, ils ont réellement… »
« Peut-on rester concentré sur Ron pour l'instant ? » interrompit Harry, sachant sa tendance à la digression et à oublier le sujet principal.
Elle fit la moue.
« Oui, d'accord. Bref, après avoir discuté du cas de Ron avec plusieurs spécialistes, ils ont conclu que le foie de Ron devait certainement mal fonctionner, en envoyant une sorte de signal qui avait causé la magie de Ron à se retourner contre lui. Nous avions décidé qu'une transplantation de foie était son seul espoir.
« Nous ? »
Elle acquiesça.
« Toute sa famille et moi. Il a fallu du temps pour que Molly soit d'accord, mais elle s'accrocherait à n'importe quelle solution que de le perdre. Et Charlie était de mon côté, donc cela l'a aidée à prendre cette décision. »
Les yeux d'Harry s'étrécirent.
« Et as-tu une affaire avec Charlie ? »
« Quelle question me poses-tu ? »
Sa voix était colérique et il vérifia deux fois que sa baguette n'était pas dans sa main.
« Ron a pensé que tu étais avec lui. »
« Oh bon… » Elle roula des yeux. « J'étais en Roumanie pour discuter avec Charlie à propos de donner une moitié de son foie à Ron. Il était le donneur le plus concluant, pour le groupe sanguin et pour la signature magique. Il était parfait. »
« Un donneur… de foie ? »
« Oui, c'était aussi la réaction de Ron. Il avait été décidé que nous ferions appel à hôpital moldu pour réaliser l'opération, comme ils le font fréquemment et avec succès depuis longtemps. Ils disent que les effets seront presque immédiats, et une fois qu'il pourra bouger avec facilité, nous pourrons partir de Suisse pour accomplir des soins magiques. Ils sont confiants qu'il sera en parfaite santé dans six mois, peut-être en moins de temps. »
Harry posa ses yeux sur Ron, qui soudainement semblait moins pâle, même s'il savait que c'était seulement son point de vue qui avait changé. Il s'était tellement résigné à la mort de Ron que d'entendre qu'il pouvait vivre… ressemblait à un miracle.
« Nous n'aurions jamais dû douter de toi », déclara Harry en lui envoyant un regard larmoyant.
Elle grimaça.
« Pendant un long moment c'était une situation délicate. Je doutais énormément de ma propre capacité à trouver quelque chose d'utile. Évidemment, cela m'a appris qu'il y a un manque de partage de connaissances entre le monde moldu et le nôtre. Pense à toutes les vies qui pourront être sauvées si nous mélangions des techniques moldues et magiques dans notre manière de soigner ! »
Sur ces paroles, Hermione était partie, digressant sur la transplantation, l'épissage, la médecine magique de régénération, et autres choses qu'Harry oublia rapidement. Il suspecta qu'il y aura plus d'activisme et d'acronyme dans le futur d'Hermione.
« H'mione ? » La voix de Ron était faible et il tourna la tête vers le son de sa voix. « Harry ? »
« C'est moi », dit Harry et il serra sa main.
« Tu es en vie ! »
« C'est grâce à toi, oui. »
« Et je suis en vie. Et Malfoy aussi. Nous sommes tous en vie. Et Charlie. Charlie est-il en vie ? »
« Charlie va bien, Ron. Il est juste au fond du couloir et est venu te voir plus tôt. »
« Pourquoi Charlie peut-il sortir du lit et moi non ? »
« Car il n'était pas aux portes de la mort quand ils l'ont emmené ici. »
« Oh. Oui, c'est logique. Je pourrai sortir demain. Comment vas-tu, Harry ? Tu as l'air un peu flottant. Tu es sûr que tu n'es pas un fantôme ? »
« J'en suis certain », assura Harry en lui serrant sa main à nouveau avec un regard questionneur lancé vers Hermione.
Elle haussa des épaules.
« Ils lui ont injecté des analgésiques assez puissants. Il chantait tout à l'heure. »
« Je ne chantais pas ! » protesta Ron.
Hermione rigola.
« Si, tu faisais ça. En fait, c'était du Celestina Warbeck. Probablement à cause de la présence de ta mère. »
Ron plissa son nez.
« C'est déroutant que je connaisse les paroles. Eh, pourquoi n'es-tu pas mort, Harry ? Es-tu une sorte de bête immortelle maintenant ? Est-ce que l'Avada Kedavra ne fonctionne plus sur toi ? À combien d'entre eux as-tu survécu ? Trois ? »
Harry cligna des yeux quand il réalisa que Ron avait raison. En effet, il avait survécu à trois sortilèges de la mort. Il se sentait un peu comme un chat, mais il n'avait pas envie de pousser sa chance et d'essayer neuf fois. Ou même une quatrième fois.
« En fait, tout le crédit revient à ma mère », admit Harry. « J'ai donné une potion à Draco dont mon sang est un ingrédient. Cela l'a en quelque sorte lié à moi à la manière dont cela m'a lié à Voldemort quand il avait pris cette potion dans le cimetière. »
« Et cela t'a permis de revenir ? »
Harry opina de la tête.
« Donc tant que Draco est en vie, tu ne peux pas mourir ? »
Harry regarda Hermione, qui plissa du front, certainement réfléchissant plus profondément à cela qu'Harry.
« Oui, j'imagine, peut-être. Je crois que nous le verrons bien avec le temps, un jour. Peut-être que je mourrai quand il mourra, et vice versa. »
Pour être honnête, Harry s'en fichait des logistiques de la mort, surtout quand Draco se tenait derrière la porte, l'attendant avec un souffle chaud et une peau tangible.
Ron grogna.
« Je reconnais cette expression. Où est le crétin ? »
« Dehors, il surveille le personnel de l'hôpital. »
« Il était assez agréable. Je pense que tu n'es pas complétement stupide de l'aimer. »
« Merci, Ron. »
« Allez », dit Hermione en se relevant. « Nous allons te laisser te reposer maintenant. Je reviendrai dans la matinée. Je voulais juste que tu saches qu'Harry s'est réveillé, et vice versa. »
Elle se pencha sur Ron et lui planta un doux baiser sur sa bouche alors qu'Harry se levait et se dirigeait vers la porte pour leur laisser un peu d'intimité. Il regarda en arrière pour les voir enlacés dans une étreinte affectueuse.
Il sourit et sortit.
Draco était appuyé contre le mur. Il inclina sa tête sur le côté et observa Harry en un geste familier.
« Tout va bien ? »
« Tout est parfait », dit Harry en prenant sa main.
