NOTE : Je suis à la recherche d'un(e) beta pour relire les chapitres et corriger les éventuelles erreurs (d'accord, d'orthographe, de traduction, etc.). Fais-moi signe par MP si tu es intéressé.


O..21..O

Harry passa voir Charlie, qui, incroyablement, était en bonne santé si l'on prenait en considération la lourde chirurgie moldue qu'il avait subie. Il montra sa cicatrice avec fierté et informa Harry qu'il avait l'intention de la garder plutôt que de laisser les guérisseurs l'enlever. Après tout, combien de sorcier pouvaient dire qu'ils avaient été opérés par des moldus ?

Malgré l'heure tardive et son étrange fatigue grandissante – n'avait-il pas été endormi pendant des semaines ? – Harry fut content quand il retourna enfin dans son appartement à Poudlard.

Étonnement, l'endroit semblait différent. Des meubles se trouvaient à différents endroits et il y avait plus de plantes et de bric-à-brac. Il ne s'en était pas rendu compte tout à l'heure, puisqu'ils étaient passés rapidement pour voyager par cheminette au Ministère.

« J'ai vécu ici », expliqua Draco sans regarder Harry.

Une rougeur teintait ses joues, ce qui fascina Harry. Que la peau non-argentée de Draco réagît à n'importe quoi le captiverait encore longtemps.

« Je voulais être près de toi quand Pomfresh s'occupait de toi. Cela te gêne-t-il ? J'ai peut-être changé quelques petites choses. Et j'ai apporté quelques objets du Manoir. »

« Bien sûr que non, cela m'importe peu », répondit Harry, rassuré à la pensée que Draco se faisait une place chez lui. Il se mordit la lèvre et lâcha : « Resteras-tu ? »

Draco se tourna vers lui et lui sourit, semblant étrangement timide.

« Si tu veux de moi. »

Harry expira de soulagement et attrapa sa main.

« Si je veux de toi ? Quelle est cette parole ridicule que tu me sors ? Honnêtement penses-tu que je te jetterai maintenant que tu es en vie et entier et… si incroyablement magnifique, à croquer et… et plus encore ? »

« Ta capacité à parler de manière cohérente te fait à nouveau défaut, Potter, mais j'aime entendre ce plus encore. »

Harry l'attira à lui.

« Attardons-nous là-dessus alors, si tu veux bien ? »

Draco sembla fondre dans ses bras et la fatigue que ressentait Harry s'envola. Il embrassa Draco comme s'il allait disparaître à nouveau, le tenant presque d'une façon désespérée.

Draco recula avec un petit rire et secoua sa tête.

« Doucement, Harry. Nous avons plus de quatorze heures maintenant. Nous n'avons pas besoin de tout faire en une seule nuit, bien que j'aimerais essayer une chose en particulier. »

Il s'éloigna, se dirigeant vers la chambre et se tourna pour faire un sourire coquin à Harry par-dessus son épaule. Il fit deux autres pas et sa chemise glissa de ses épaules jusqu'à tomber au sol.

« Tu viens ? »

Qu'un autre seigneur des ténèbres naquît, n'aurait pas réussi à éloigner Harry. Il s'empressa de suivre Draco, s'arrêtant seulement pour prendre la chemise au sol. Il la posa sur une chaise dans la chambre et observa, captivé, Draco déboutonner son pantalon et le laisser glisser au sol.

« Tu n'as pas idée à quel point c'est agréable d'enlever ses vêtements et que cela reste ainsi. Le premier jour, j'avais dû essayer quinze tenues. Ma mère était enchantée, probablement car ça m'avait poussé à venir au Manoir pour me changer avant de retourner rapidement à Ste Mangouste. »

« Es-tu vraiment resté avec moi à l'hôpital ? »

« Maintenant qui est ridicule ? As-tu l'intention de rester habillé ? Mais ce serait un changement intéressant. »

Harry passa son t-shirt par-dessus sa tête en un seul mouvement et l'envoya par-dessus son épaule. Le petit sourire de satisfaction de Draco lui fit rapidement enlever son jean et le pousser sur le côté d'un coup de pied, ôtant dans le même temps ses chaussures.

Draco se laissa tomber sur le lit, s'allongeant en une pose séductrice.

Harry cligna des yeux.

« Est-ce mon boxer ? »

Cela y ressemblait à cause de la couleur. Il était d'un rouge Gryffondor avec des lignes dorées.

« Peut-être. Si tu le veux, tu devras venir le prendre. »

La voix de Draco était grave et pleine de défis.

Harry s'empêcha de rire et s'avança nonchalamment, inclinant sa tête sur le côté et posant ses mains sur ses hanches comme s'il considérait l'idée.

« Je l'aime bien », admit-il. « Mais je trouve qu'il te va très bien. »

Il retroussa ses lèvres et s'arrêta d'une façon dramatique. Son cœur se réchauffa quand les yeux de Draco brillèrent de joie.

« Je pense que je viens le chercher. »

Sur cette parole, Harry bondit. Il sauta sur le lit et se jeta sur Draco, attrapant ses poignets et le coinçant contre le lit avant de planter ses dents dans la peau de son épaule en une parodie de morsure. Harry émit un grognement et demanda :

« As-tu l'intention de me combattre pour le garder ? »

Le rire de Draco s'échappa finalement, erratique et magnifique.

« Certainement pas, espère de brute de Gryffondor. Je ne pensais pas que retrouver ma chair ferait ressortir ta nature bestiale. » Il s'arrêta, puis ajouta : « Je crois que j'aime ça. »

Harry grogna contre son cou. Son érection avait peu à peu grossi depuis qu'il avait observé la chemise de Draco voleter au sol, et maintenant il jaillit en un instant, presque d'une dureté douloureuse à l'écoute de sa voix sensuelle. Et en effet, Draco aimait ça. Harry avait passé beaucoup d'heures plaisantes à mordre la peau fantomatique de Draco et il avait hâte de savoir si retourner à la vie lui avait conféré une meilleure sensibilité.

Il mordilla doucement son cou et passa ses dents jusqu'à sa clavicule.

« Où commencer ? » murmura-t-il, presque dérouté par son besoin de tout toucher en une seule fois.

« Tu peux commencer par me baiser », dit Draco alors qu'il enlevait les lunettes d'Harry et les posa sur un coin du lit.

La tête d'Harry se releva d'un coup et il regarda Draco avec surprise. Malgré tout ce qu'il avait fait, il n'avait jamais fait ça. Harry n'était pas certain du contrôle qu'avait Draco sur sa solidité et avait refusé de le pénétrer, alors que Draco n'avait pas eu envie d'envoyer son fluide fantomatique à l'intérieur d'Harry. Après une discussion gênante à ce propos, ils avaient tous deux exprimé leur volonté de continuer avec leurs mains et leur bouche.

Mais maintenant…

Harry se précipita en avant et arracha presque le tiroir de la table de chevet dans sa hâte d'attraper le lubrifiant. Quand il se retourna, le boxer rouge s'abattit sur son visage. Harry le poussa de son visage et envoya à Draco un regard sévère.

Draco fit un sourire un coin.

« Je n'en aurais plus besoin. »

Un sourire étira les lèvres d'Harry et il fit tout un spectacle pour retirer son sous-vêtement en tirant sur la couture et en se dandinant. Les yeux de Draco étaient fixés sur sa queue, puis ils se posèrent sur son visage. Il ne dit rien, ce qui fut tout l'encouragement dont Harry avait besoin. Il se glissa entre les jambes ouvertes de Draco et se figea, presque subjugué par la vision. Même en tant que fantôme, Draco avait été magnifique, mais maintenant la faible lueur de la lampe dansait sur sa peau rosée et étincelante de santé.

La respiration d'Harry se coupa et il observa… un peu trop longtemps.

« Avant que je ne meure, Potter, si cela te convient. »

Harry plongea ses dents dans sa lèvre inférieure pour retenir un rire. Draco était magnifique, impossible et Harry l'aimait à la folie. Sur cette pensée, il entreprit de le prouver.

Le lubrifiant était familier et chaud, Harry l'appliqua d'abord sur le pénis de Draco, ressentant le désir de le toucher. Il regarda avec un sourire de prédateur Draco se cambrer sous son toucher, ses doigts plongeant dans le lit, ses yeux gris se fermant en papillonnant. Tout son corps était délicieusement solide et réel. Harry se demanda pendant combien de temps cela lui prendrait pour surmonter son pur étonnement face à ce savoir.

Il continua de le masturber pendant que son autre main s'attela à prendre en main les testicules de Draco, les tenant gentiment avant de toucher la peau douce en dessous. Ses jambes s'entrouvrirent plus grands et il éleva ses hanches pour donner plus d'accès à Harry. Ce dernier déglutit difficilement et avec son index fit un cercle autour de l'entrée de Draco.

Draco émit un bruit qui semblait être un mélange entre l'approbation et le besoin. Harry plongea ses doigts dans le lubrifiant et répéta ce geste, tournoyant plusieurs fois avant d'enfoncer un index à l'intérieur. Ils l'avaient déjà fait avant c'était à la fois connu et complétement nouveau.

« Est-ce différent ? » demanda Harry.

« Oui », admit Draco. « C'est… plus. Je ne peux pas l'expliquer. Mais je n'ai plus à me concentrer pour rester solide, laisse-moi te dire que c'est un changement foutument sympathique. »

Harry rigola.

« Reste allongé et détends-toi alors, pendant que je prends soin de toi. »

Il se pencha en avant et pressa un baiser sur le ventre de Draco alors qu'il ajoutait un deuxième doigt. Il l'enfonça en dedans et en dehors avec des va-et-vient lents sur le pénis de Draco, souriant quand sa respiration se coupa et que sa main attrapa les cheveux d'Harry, en une douce caresse.

« Tu ne t'y prends pas trop mal, pour l'instant. »

Harry fit un bruit d'approbation et continua son travail. Quand Draco haleta et commença à tirer ses cheveux pour de bon, Harry comprit qu'il était temps. Il retira ses doigts et délaissa la verge de Draco pour se préparer. Il recouvrit son pénis de lubrifiant, le plaça à l'entrée, et verrouilla ses yeux avec ceux de Draco.

Aucun mot n'était nécessaire. Harry se mordit la lèvre et s'enfonça.

Les mains de Draco s'affermirent douloureusement dans ses cheveux et Harry arrêta de bouger même si c'était incroyable, chaud et serré, et qu'il ne voulait rien de plus que de s'enfouir complètement.

« Ça va, Draco ? »

« Ton pénis est énorme. Le savais-tu ? »

Harry rit. Il ne put s'en empêcher.

« Je voudrais dire merci, mais cela ne ressemble pas vraiment à compliment à cet instant. »

« Je suis certain que je l'apprécierais à nouveau dans le futur. Donne-moi juste un… »

Draco remua ses hanches et Harry grogna quand le mouvement créa une délicieuse friction contre sa queue. Putain, il ne durerait pas longtemps.

« Très bien, tu peux bouger. Doucement ! »

« Tu es vraiment autoritaire, tu sais ? »

« Ferme-la et… oh ! »

Harry se figea.

« Était-ce un bon oh, ou un 'je vais te tuer si tu fais ça à nouveau' oh ? »

La main de Draco quitta ses cheveux et ses deux mains entourèrent le bassin d'Harry.

« Un bon oh. Continue de bouger comme… mmmmm, comme ça. »

Il tira et poussa Harry, dirigeant ses mouvements. Harry se relaxa et laissa Draco le guider, fermant les yeux sous les merveilleuses sensations, et se mordant la lèvre pour retenir la litanie de si chaud, si serré, si bon qui menaçait de sortir. Il voulait se concentrer sur les sons qu'émettaient Draco à la place.

« Harry… »

Comme celui-là, décida-t-il avec une montée d'émotions. Il arrêta de bouger assez longtemps pour presser sa bouche à celle de Draco et pour l'embrasser à s'en couper la respiration avant de lui sourire avec, ce qui devait être, une expression complètement amoureuse sur le visage. Draco lui renvoya son sourire et secoua sa tête.

« Ce que tu as dit avant de t'avada kedavriser… » commença Draco.

« Ouai », répondit Harry en s'en souvenant. « Je le pensais. »

Les mains de Draco se resserrèrent sur les hanches d'Harry et il l'enfonça plus profondément avant de le garder là, comme s'il voulait insister sur leur lien.

« Je ressens la même chose pour toi. Mais ne t'attends pas à ce que je me transforme en Gryffondor avec des cœurs, des fleurs et des déclarations. »

Un rire remonta dans la poitrine d'Harry.

« Je serai le Gryffondor pour nous deux alors. »

Harry se retira un peu, puis s'enfonça à nouveau, prenant un rythme que la poigne de Draco ne fit rien pour corriger.

« Je t'aime », murmura-t-il à travers sa respiration pantelante. « Je t'aime tellement. »

« Espèce de mièvre », chuchota Draco, mais il attrapa Harry et l'entraîna dans un baiser brutal qui ne laissa peu de doute que lui aussi, en effet, avait des sentiments réciproques.

Quand le baiser renversant se termina, Harry prit la queue de Draco dans sa main et entreprit de le faire jouir, en concordant ses caresses et ses va-et-vient, et en essayant de retarder son propre orgasme. Il donna tout le crédit à sa détermination de Gryffondor pour avoir duré aussi longtemps.

Seulement quand Draco tressaillit sous lui et éjacula un liquide chaud sur ses doigts – laissant Harry s'émerveiller à nouveau à cette sensation, si différente de l'ancienne éjaculation froide de Draco – qu'il se permit de jouir lui aussi. Il frémit de la tête au pied sous la force de sa jouissance et garda ses yeux verrouillés à ceux de Draco, se noyant dans leur profondeur grise.

Il s'effondra sur Draco, encore une autre chose qu'il n'avait jamais pu faire, et il haleta dans son cou. Des mèches de cheveux de Draco chatouilla son visage, humide avec la transpiration. Harry les lécha expérimentalement. C'était salé et pas très salé. Harry adora la saveur.

« Tu m'écrases », commenta Draco.

Harry fit un geste pour s'éloigner, mais les bras de Draco se resserrèrent autour de son dos.

« Je n'ai pas dit que c'était une mauvaise chose. »

Harry rigola et se relaxa, aimant beaucoup la sensation de son érection qui s'amollissait et sortait tout seul de Draco alors que leurs corps se rafraichissaient. Il sentit la tension de ces derniers mois disparaitre enfin et la dernière chose qu'il se souvint avant de dormir fut la sensation des doigts de Draco qui glissaient sur sa peau.


O….O

Le matin suivant Harry reçut un autre cadeau, cette fois-ci la merveille de s'éveiller dans les bras de Draco Malfoy. Ou plutôt, de se réveiller avec son coude qui s'enfonçait douloureusement dans son côté alors qu'une cuisse – passée au-dessus d'Harry avec possessivité – le clouait au lit. Draco avait presque toute la couette. Et ses cheveux chatouillaient son visage.

Harry resta allongé et les sentit, jusqu'à ce qu'un frisson causé par sa peau non recouverte et qu'un bleu se formant sur ses côtes le forcèrent à bouger. Il leva sa tête et essaya de trouver le bord de la couverture pour se recouvrir.

Le mouvement réveilla Draco, ou sembla le réveiller, qui bougea son coude et fit voler un bras sur la poitrine d'Harry pour le rapprocher de lui. Harry attrapa la couverture et tira.

« A moi », marmonna Draco distraitement.

« Ne sois pas quelqu'un qui prend toute la place dans le lit. J'ai froid. »

« Je te réchaufferai », dit Draco, mais il ne bougea plus, même quand Harry tira sèchement sur la couverture et s'installa plus près de son corps.

Harry sourit et décida de se rendormir. Il semblait être encore tôt.


O….O

La lumière du soleil illuminait la pièce quand il se réveilla pour la deuxième fois. Il ouvrit les yeux pour voir que Draco l'observait.

« Tu es éveillé », murmura Harry.

« Quelle observation précise », dit Draco avec un sourire en coin. « Il est presque midi. J'ai faim. »

Dès qu'il prononça ces mots, l'estomac d'Harry s'éveilla en retour. Il se sentit soudainement vide.

« Moi aussi. J'ai l'impression de ne pas avoir manger depuis des semaines. »

Draco lui donna un petit coup.

« Peut-être que tu n'as pas mangé. Tu vivais grâce à des potions. Dois-je appeler des elfes de maison pour nous apporter quelque chose ? Nous pouvons manger dans le lit. »

Harry fit un large sourire et il descendit une main le long du dos de Draco tout doucement.

« Quelle excellente idée. »

« Je suis tout à fait d'accord », prononça une voix joyeuse et Harry tourna sa tête si vite qu'il sentit un muscle de son cou se froisser.

Mimi flottait près de la porte de la salle de bain, souriant en les regardant.

« Je suis contente de voir que tu es de retour, Harry. J'aimerais que quelqu'un m'aime assez pour mourir pour moi. »

Son sourire s'évanouit et sa lèvre inférieure tremblota avant qu'elle ne commençât à sangloter.

« Évidemment, cela n'arrivera jamais. »

Harry vit avec étonnement avec quelle rapidité elle se débarrassa de sa dépression passagère pour s'égayer.

« Vous doucherez-vous bientôt ? »

Draco fouilla sous son oreiller et sortit une baguette qu'Harry n'avait pas vue depuis longtemps. Sa baguette d'aubépine.

« Expecto Patronum ! » hurla Draco.

Une forme argentée explosa du bout de sa baguette et éclata à travers de Mimi, la faisant disparaître avant qu'elle ne pût sortir un couinement de peur.

« Draco ! » réprimanda Harry. « Ce n'est pas très gentil. »

« Cela servira de leçon à cette petite espionne. Aussi, ce n'est pas très compliqué de reprendre forme. Je le sais bien. »

Il jeta un regard désapprobateur à Harry et glissa sa baguette sous son oreiller. Ce fut seulement à cet instant qu'Harry comprit que Draco était vraiment de retour, avec sa magie et ses autres caractéristiques.

« Tu as lancé un Patronus ! » dit Harry, puis il sourit. « C'est intéressant. »

Draco rougit.

« C'est embarrassant. » grommela-t-il. « Je n'aurais pas dû te le montrer. »

Harry claqua de la langue en une fausse sympathie.

« Un Serpentard avec un Patronus en forme de lion. L'horreur ! Que vont dire tes amis ? »

Harry sursauta face à ses propres mots.

« En fait, qu'ont-ils dit ? J'imagine que tes anciens amis t'ont vu ? »

Draco opina de la tête.

« Pansy a pleuré sur mon épaule. C'était dégoûtant. Blaise s'est vite habitué à l'idée et m'a invité au prochain mariage de sa mère. Et Théo… Eh bien, Théo travaille au Département des Mystères, donc il m'a posé une centaine de questions. Attends-toi à une visite de sa part. je crois qu'ils ont l'intention de t'interroger sans pitié pour obtenir tous les détails. »

Harry grimaça.

« Mince, j'avais espéré garder tout ça loin de la presse. »

« Cela n'arrivera jamais quand le Sauveur atterrit à Ste Mangouste. »

L'estomac d'Harry gronda, lui rappelant de se nourrir, mais avant qu'il ne pût suggérer quelque chose, une chose frappa contre la fenêtre. Un hibou de couleur claire qu'il ne connaissait pas était posé sur le rebord de la fenêtre.

Draco jeta un sortilège pour ouvrir la fenêtre et l'oiseau vola à l'intérieur et se posa sur le lit.

« C'est de ma mère », dit Draco et il prit le message.

Harry caressa la tête du hibou.

« Les friandises sont là-haut », dit Harry et il fit un geste vers la perche près de la fenêtre. Le hibou voleta en cette direction et picora dans le plateau avec un faible hululement.

Draco déroula le message.

« C'est étrange. Elle sollicite ma présence pour le thé. Et elle a ajouté 'Je t'en prie, viens'. Cela me semble de mauvais augure. »

Harry fronça des sourcils.

« De mauvais augure, pourquoi ? Pour moi, c'est poli. »

« Trop poli. C'est très formel. Elle prépare quelque chose. »

Draco se redressa, exposant son torse nu au regard admiratif d'Harry.

« Elle ne sait pas que tu t'es réveillé. J'imagine que j'irai au moins pour lui annoncer cette nouvelle. »

Il tourna ses yeux gris vers Harry.

« Viens avec moi ? »

Harry avait tellement peu envie d'être séparé de Draco qu'il n'hésita même pas.

« Bien sûr. »


O….O

Ils sortirent de la cheminée à l'intérieur du Manoir pour trouver un elfe de maison connu qui les attendait.

« Bon après-midi, maître Draco et maître Harry Potter, messieurs. Maîtresse Narcissa vous attend dans le petit salon ouest. »

« Je te remercie, Jolli », fit Draco et il jeta un regard peiné à Harry. « C'est pire que je le pensais. Nous ne nous rencontrons jamais dans le petit salon ouest. »

« Pourquoi pas ? » demanda Harry, mais Draco sortait déjà rapidement de la pièce. Harry s'empressa de le rattraper.

Ils se dirigèrent vers une partie de la maison où Harry n'avait jamais été. Cela lui semblait plus froid et plus formel que les autres parties dans lesquelles il avait été. Tout brillait avec de la dorure et les meubles qui composaient l'aile étaient énormes, en bois sombre et minutieusement sculptés. Les portraits de Malfoy hautains les foudroyaient du regard quand ils passaient devant eux.

Des portes en bois sculptées étaient ouvertes au milieu d'un long couloir et Draco chancela. Harry tendit une main pour le toucher et Draco lui envoya un sourire.

« Beaucoup trop de souvenirs dans cette pièce. Pas tous sont de bons souvenirs », expliqua-t-il.

Sur ces paroles, il se redressa, revêtit le masque impassible des Malfoy, et marcha pour passer entre les portes. Harry, d'un pas moins certain, le suivit. Il entra presque dans Draco qui s'était arrêté vivement. Harry sut immédiatement pourquoi quand ses yeux virent l'homme assis dans le fauteuil.

« Harry ! » cria Narcissa.

Elle était assise aux côtés de Lucius, mais elle se releva et traversa rapidement la pièce pour jeter ses bras autour d'Harry. Il se figea, trop choqué pour bouger, et ne voulant pas retourner l'embrassade avec Lucius Malfoy qui l'observait comme un Magyar à pointes.

« Draco, tu ne m'as pas dit qu'Harry s'était réveillé ! »

« Il vient juste de sortir de son sommeil la nuit dernière, Mère. Je voulais te faire la surprise. Bonjour, Père. »

L'intonation de Draco était précautionneuse.

Lucius posa sa tasse sur la table et se releva lentement. Ses yeux étaient fixés sur Draco. Narcissa relâcha Harry et recula pour que Lucius pût s'approcher de Draco. À la surprise d'Harry, il y avait des larmes dans les yeux du vieux Malfoy.

« Mon fils », chuchota-t-il, puis il serra Draco dans une solide embrassade.

Narcissa les observa avec un sourire tremblant et une larme glissa le long de sa joue. Elle fit un grand sourire à Harry et articula silencieusement :

« Merci. »

La gorge d'Harry se serra et il sentit des larmes picoter au coin de ses yeux alors que Narcissa entourait son mari et son fils de ses bras. Les Malfoy s'accrochèrent les uns aux autres, se tenant solidement. Harry se sentit comme un intrus témoin d'une scène intime, alors il se retourna et sortit de la pièce. Il s'appuya contre le mur dans le couloir, regardant une urne de style grec qui reposait sur une table en acajou. Des fleurs récemment coupées en sortaient, mais pour une quelconque raison elles ne parvenaient pas à égayer l'espace lugubre. Le Manoir, décida Harry, avait besoin de couleurs plus lumineuses.

Quelques minutes plus tard, un mouvement attira son attention et il tourna sa tête pour voir que Draco était dans l'ouverture de la porte, le regardant avec un doux sourire.

« Eh », fit Harry. « Veux-tu que je m'en aille ? »

Draco secoua sa tête.

« Tu as tous les droits d'être ici. »

Il prit la main d'Harry et l'attira doucement. Harry se poussa du mur et permit d'être guidé. Il n'avait pas envie d'interagir avec Lucius Malfoy, mais voir l'homme agir comme un père décent avait été révélateur.

« M. Potter », commença Lucius. Il était assis à nouveau et tenait une tasse et sa soucoupe. Narcissa avait retrouvé sa place près de lui. « Apparemment je dois vous remercier pour le retour de mon fils. »

Harry acquiesça. Draco serra sa main douloureusement et Harry toussa avant de répondre :

« Oui. »

Draco refusa de lâcher sa main et le fit s'asseoir sur le fauteuil en face des autres Malfoy. Lucius observait toujours son fils, semblant incapable de regarder ailleurs. Harry connaissait cette sensation.

« Évidemment, notre gratitude est sans limite. Marchez avec moi, M. Potter. »

Sur ces mots, Lucius reposa sa tasse sur la table, se leva avec fluidité, et avança par les portes de style français qui menait à un jardin presque vide.

Harry lança un regard à Draco, mais ce dernier lui donna simplement une petite tape et le poussa à se lever.

« Ne t'inquiète pas. Mère a sa baguette. »

Harry grogna et se leva. Lucius était déjà dans le jardin, descendant les marches blanches et avançant le long du chemin pavé, Harry le suivit avec réluctance.

Ils avancèrent jusqu'au centre du jardin où de l'eau coulait doucement dans une fontaine. Le bord était couvert de glace. Il faisait assez froid pour un mois de mars, même si Harry avait du mal à accepter qu'on ne fût plus à la mi-février. Il frissonna et souhaita avoir pris une cape, mais ils n'avaient pas prévu que « le thé au Manoir Malfoy » impliquait une balade à l'extérieur. Il aurait jeté un sortilège pour se réchauffer, mais il pensa qu'il était mieux de ne pas sortir sa baguette en présence de Lucius.

« Si vous avez besoin de quelque chose », fit Lucius, bien qu'il apparût parler à la déesse de marbre au milieu de la fontaine plutôt qu'à Harry, « Vous avez simplement à le demander. De l'or, des gallions, des tableaux, du vin rare… » Lucius s'arrêta de parler et lui jeta un coup d'œil avant de continuer d'une voix monotone : « Une garde-robe décente. »

La mâchoire d'Harry se crispa alors qu'il se souvenait avec vigueur à quel point il détestait Lucius Malfoy.

« Je n'ai pas ramené Draco pour obtenir une récompense », rétorqua-t-il sèchement.

À sa surprise, Lucius ne dit rien. Après un moment il soupira lourdement. Au milieu de la lumière de l'après-midi, il semblait plus vieux. Harry pouvait presque voir le frêle vieil homme qu'il deviendrait. Cette pensée ne lui donna aucune satisfaction.

« Je le sais », dit-il finalement. « Vous l'avez ramené car vous l'aimez. Et il vous aime. Je suis certain que c'est très romantique et sentimental. »

Il grimaça.

Harry coupa net toute répartie, sentant que Lucius n'avait pas terminé. Il tint sa langue et attendit, levant ses mains pour agripper ses bras et les serrant fortement dans un effort vain pour retenir un peu la chaleur de son corps.

Lucius tourna des yeux acérés vers lui et sa bouche se tordit presque en un sourire.

« Je ne prétends pas le comprendre, mais je l'accepterai. On ne perd pas son seul enfant sans faire face à des vérités non plaisantes sur soi-même, et sans revenir sur son passé une centaine de fois pour se lamenter sur les actions qu'on aurait dues faire. »

Il détourna le regard et épousseta sa manche distraitement, comme s'il enlevait une peluche ou de la poussière.

« Ou ce que je n'aurais pas dû faire. Donc, pour répondre à la question sous-entendue, non, je ne rendrai pas les choses difficiles pour Draco, je ne questionnerai pas non plus ses choix. Et même si je trouve cela exaspérant, et même ironique, que je vous dois quelque chose, entre toutes les personnes, pour son retour, il n'en reste pas moins que, en effet, j'ai une dette envers vous. Je suis très heureux que mon fils soit de retour, Harry Potter, et je paie toujours mes dettes. »

Lucius s'arrêta et ajouta :

« Prenez soin de lui. »

Harry sourit presque, même à travers sa surprise, car la déclaration finale était une menace limpide.

« C'est mon intention. »

Lucius se tourna et se dirigea vers le Manoir.

« Je ne vous aime toujours pas », déclara-t-il sans se retourner.

« De même ! » cria Harry derrière lui d'une voix chantante.

Il se mordit la lèvre avec un sourire, pensant que cette journée devenait extraordinaire.